Actualités, Couture

L’année 2021 en costumes

Voici un petit article sur les costumes que j’ai cousus l’an dernier, mais pour la première fois, j’écris ce récapitulatif sur mon nouveau site ! (Nous ne sommes toujours pas parvenus à mettre en ligne l’ancien, faut dire aussi qu’on a un peu laissé tomber…)

1er janvier 2022 :

En 2019 j’ai cousu :

  • 1 corset
  • 3 costumes pour moi (dont deux robes Régence anglaise et trois médiévales)
  • 2 costumes pour Hervé (sans compter les gilets que je change à chaque fois)
  • 7 vêtements de tous les jours
  • 6 chapeaux ou coiffes
  • et un nombre conséquent d’accessoires.

Soit 21 costumes neufs

En 2020 j’ai cousu :

  • 14 costumes pour moi (dont cinq robes Régence anglaise)
  • 3 costumes pour Hervé
  • 2 vêtements de tous les jours
  • 1 chapeau
  • et un nombre important d’accessoires.

Soit 19 costumes neufs

Cette année j’ai cousu :

  • 9 costumes pour moi (dont deux robes Régence anglaise)
  • 3 costumes pour Hervé
  • 3 costumes pour des amis
  • J’ai aussi révisé 18 costumes

Soit 15 costumes neufs

Quand je dis « révisé », ça peut être simplement laver et remettre en forme, mais ça peut être également recoudre, réparer, teindre, changer les systèmes de fermeture, les accessoires, ou en créer de nouveaux… J’ai ainsi porté plusieurs fois mes tenues « Wessex » et « Edith Wharton ».

Cette année, j’ai clairement moins réalisé de nouvelles pièces, et il y a plusieurs raisons à cela :

La première, et la plus évidente, a été la crise sanitaire. Près d’une vingtaine d’événements ont été annulés, et je n’avais pas franchement envie de me lancer dans des projets compliqués que je ne pourrais porter qu’une fois (genre une patineuse olympique de 1900, si si^^), donc j’ai misé sur des costumes que j’étais sûre de pouvoir remettre quand il a fallu en faire de nouveaux. Parmi eux il y a :

  • Mes costumes de gauloise : ceux-là, il est clair que je vais les remettre régulièrement !
  • Une robe 1800 classique et passe-partout : en noir et blanc et pleine d’élastiques, le costume qui va me durer des années
  • Une robe 1800 noire et rouge : elle me servira également dans les bals costumés et m’a permis de mélanger des techniques : applications, broderies, dentelles et perles
  • Une robe 1899 que m’a cousue Falang : une merveille qui couvre une décennie pour laquelle je n’ai qu’une robe de jour

Une exception à ces nouveaux costumes « utiles » est ma robe « Art contemporain« . Celle-là, je ne sais pas du tout quand ni comment j’arriverai à la replacer, mais je me suis vraiment amusée à la peindre !

Une autre raison pour laquelle j’ai moins cousu est que je suis devenue artisan à l’archéosite d’Aubechies depuis le mois d’avril : je m’y suis beaucoup consacrée, et évidemment, mon temps n’étant pas extensible, j’ai pris sur celui des costumes. J’ai donc appris à carder, peigner la laine, à la filer au fuseau et au rouet, à la tisser et la teindre ! Cela m’offre beaucoup de possibilités mais l’exploration et l’expérimentation prennent du temps. Voici un aperçu de mes projets depuis un an :

Il y a trois costumes que j’ai terminés pour la Journée Grand-siècle de Vaux-le-Vicomte qui n’a pas eu lieu :

L’agneau n’apparait pas sur le site, de même qu’un costume de mousquetaire : tous les deux sont des commandes. Si tout se passe bien, nous serons huit personnages des Fables de la Fontaine lors de la journée 2022 !

Comme j’avais moins de projets à terminer pour des événements précis, je me suis permise de coudre trois costumes juste pour le plaisir :

Au départ, j’ai choisi de reproduire la robe de Demelza simplement à cause du tissu ressemblant que j’avais dans mon stock: j’ai du coup un costume de servante XVIIIè qui vient compléter ma garde-robe. De même, celui de « Cranford » a été l’occasion d’explorer une nouvelle période pour laquelle je n’avais rien. Côté XVIIIè, j’ai déjà plusieurs robes de la haute société, mais jamais encore une pour laquelle il a fallu tant travailler, ni avec ce type de manches et de décorations. C’était une envie de robe de « princesse » qui ne se révèle pas si superficielle que cela, car maintenant j’ai une robe qui me va parfaitement bien (les autres sont devenues trop petites) et me permet de montrer ce que je sais faire de mieux pour le moment !

La dernière raison pour laquelle j’ai beaucoup moins cousu cette année est qu’en septembre, on a appris qu’Hervé avait un cancer. Comme il est à la maison depuis lors, je passe plus de temps avec lui et moins dans mon atelier ! Pour les fois où nous sommes sortis costumés ensemble, j’ai préféré qu’il soit à son avantage et j’ai donc créé un costume de gaulois, et repris deux de ses plus beaux ensembles pour les compléter et les améliorer. Il y a les « cosplay » de :

Beaucoup moins de costumes, mais plus de sérénité ! Je me rends compte que ça m’a fait beaucoup de bien de ne plus coudre frénétiquement et d’apprendre de nouvelles choses. Avec le temps, ma garde-robe est plutôt conséquente et il est assez agréable d’utiliser ce que j’ai et de ne coudre seulement que des pièces incontournables, très bien taillées et finies, ou de simplement les réviser ou les compléter avec des accessoires. C’est une tendance qui s’amorçait déjà un peu mais qui a vraiment été visible cette année, et que je vais continuer de suivre !

Bonne année à tous !

Couture

Robe 1838 façon « Cranford »

(Et façon Melle Mars, bien sûr !)

Je viens de terminer les miniséries Cranford et Retour à Cranford et j’ai vraiment adoré ! C’était touchant, drôle, très juste historiquement et avec une belle galerie de personnages. Cela faisait longtemps que je n’avais pas aimé une série à ce point !

Et forcément, quand j’adore une série, j’ai envie de faire des costumes qui en sont inspirés… Jusqu’à présent les années 1830 ne m’avaient pas plus intéressée que ça, certainement parce que j’ai gardé en tête cette image d’une robe de bal typique, pourvue de manches gigantesques et surmontée d’un coiffure « à la girafe » que je trouve particulièrement moches, mais aussi parce que ce n’est pas une période facile à reproduire, ni très représentée dans les films (à part Cranford, je ne trouve que Les Misérables [seconde partie] comme exemple !)

Un exemple de ce que je n’aime pas !

Mais évidemment, les dames de Cranford portent des vêtements de tous les jours, donc plus softs, et qui parfois datent de leur jeunesse et/ou ne suivent pas forcément la mode. Elles ne sont pas aristocrates et, profondément religieuses, ne sont donc pas versées dans l’excentricité : les tonalités sont relativement liées à la terre, la nature et à l’automne (bruns, verts, bordeaux, cuivrés…) comme on peut le voir ci-dessous. J’ai beaucoup aimé leurs costumes et les accessoires qu’elles portaient tels que bonnets, capotes, fichus, mitaines et turban !

Mrs Forrester, au milieu, est ma chouchoute

Cette fois, j’ai dessiné mon croquis en suivant les personnages de Cranford mais aussi en combinant mes éléments favoris.

Mon croquis de base
Cela dit, après coup, je me suis rendu compte que ça ressemblait pas mal à ça !

Mais comme je suis juste au niveau des tissus, il n’y aura pas les volants des manches ni celui du bas de la jupe.

12 mars 2020 :

Pour le patron, j’ai adapté le bustier de la Laitière de Vermeer et l’ai essayé directement avec le corset pour être sûr que ça s’ajuste bien. J’ai coupé la doublure en coton blanc au fur et à mesure, et une fois que c’était bon, j’en ai reporté les pièces sur ce superbe coton écossais !

L’écossais était très à la mode dans les années 1840. Le mien est plus voyant que celui de ces dames, mais c’était l’occasion de ne pas acheter de tissus ! En effet j’ai décousu et repassé les rideaux de ma chambre à Ixelles ! Entre cette robe et le précédent spencer, je suis dans ma période rideaux on dirait ?

13 mars 2020 :

La jupe est formée de trois panneaux qui seront plissés. J’ai vraiment joué au Tetris pour utiliser au maximum le tissu. Les manches ont été coupées en dernier !

Les pièces en écossais sont cousues avec un passepoil violet pris dans la couture. C’est le genre de détail que j’ai apprécié dans la série, et qu’on ne voit pas sur les gravures !

16 mars 2020 :

Les manches ont représenté un joli défi car je n’en avais jamais réalisé de pareilles. Elles sont constituées d’une partie très large et d’un poignet bien ajusté, garni de passepoil également. Ensuite, j’ai posé un galon à pompon sur le dessus du bras pour les resserrer, le même que sur le bustier.

Pour le volume, j’avais d’abord essayé avec les boudins de ouate de ma robe « Mary Shelley » (qu’on aperçoit dans le fond), mais ils sont trop gros. Pour l’instant, j’ai trouvé un système qui fonctionne : quand je tire sur le poignet serré, il se coince au niveau de mon avant-bras et alors le gonflant est gardé quand je bouge ! Je verrai à l’usage si je couds tout de même des boudins.

Une autre partie compliquée est la ceinture que je réalise au fur et à mesure pour ne pas me tromper ! La boucle est intégrée pour que ce soit plus pratique : je l’ai trouvée dans mon magasin préféré, il y avait encore le prix dessus : 295 francs !

Cette ceinture se termine par une pointe en « fleur de lys ».

18 mars 2020 :

La ceinture m’a donné du fil à retordre mais j’y suis parvenue ! Par contre, elle aura trois œillets au lieu d’un, vu que je me suis trompée comme une gourde ! Je les ai brodés moi-même sur une rondelle d’œillet à poser au marteau.

Pour que ça ferme bien j’ai mis quatre petites agrafes cachées à l’intérieur.

20 mars 2020 :

Une fois la doublure cousue, il ne me restait que les poignets et le col à faire ! Pour cela j’ai simplement posé des pièces directement sur la robe et les ai disposées puis coupées de manière à ce qu’elle suivent l’encolure ou les poignets. Ensuite, je les ai cousues, ourlées et repassées, puis cousues à gros points sur la robe, pour pouvoir les changer ou les laver éventuellement un jour.

Je me suis dépêchée de tout terminer aujourd’hui pour pouvoir prendre des photos demain, parce que je sais qu’il fera beau !

Mon chapeau m’a été offert par une fan de Jane Austen (je te remercie si jamais tu me lis !) et le châle tricoté tout spécialement pour moi par mon amie Lilla My (Bisous !) Quant aux mitaines, je les ai cousues rapidement le soir devant la télé pour qu’elles soient assorties au chapeau.

21 mars :

Aujourd’hui, premier jour du printemps, je vous propose ces photos au milieu des arbres fleuris du parc royal de Laeken, sous un superbe soleil ! (Un peu trop parfois d’ailleurs, difficile de regarder mon amoureux de photographe !)

Au départ je me suis dit qu’il y avait beaucoup trop de photos et que je ne devais en choisir que deux ou trois, mais il y en avait tellement de jolies que je me suis dit : « Hey, c’est pas grave ! Et puis c’est ton site, alors tu fais ce que tu veux ! »