Couture

Robe 1805 « En rouge et noir »

Ces derniers temps, je reste à la maison une semaine sur deux pour être avec Hervé. Du coup, j’ai pu boucler pas mal de projets de mon planning, et j’ai un peu de temps pour un projet non prévu ! J’ai eu envie d’une robe regency rouge, car j’en avais deux, mais j’en ai donnée une et vendue l’autre. Je souhaite improviser la décoration et laisser aller mon imagination, aussi il n’y a pas de croquis préparatoire. Je compte également utiliser ce que j’ai sous la main et ne rien dépenser !

27 octobre 2021 :

J’ai commencé par les manches : je veux mêler toutes les techniques que je maîtrise : application, broderie, perlage… Ce qui est bien avec les robes 1800, c’est que je peux me concentrer uniquement sur le bustier et les manches, qui sont de petites pièces. La même chose sur une robe XVIIIè et j’y passerais le triple d’heures !

1er décembre 2021 :

J’ai terminé la broderie des manches ! Je pense que ce sera la robe 1800 qui me prendra le plus de temps 🙂

J’ai bordé les manches en cousant un passepoil noir, puis je les ai rembourrées d’un peu de ouate pour leur donner de la tenue.

Puis j’ai commencé à décorer le bustier :

Couture

Travail du fil

La saison gauloise étant passée, je vais placer ici mes projets concernant le tissage, qui étaient auparavant dans l’article consacré à l’archéosite. J’y mettrais également tous travaux en rapport avec le fil !

5 novembre 2021 :

J’ai commencé avant-hier un tissage à carreaux gris. J’ai prévu de réaliser un châle XVIIIème/ XIXème avec. Pour cela, j’ai coupé mon rectangle en diagonale, ai sécurisé les bords puis cousu les deux moitiés ensemble dans l’autre sens.

Ensuite, je borde les bords au crochet :

Ce qui me permet de rajouter des mailles au tricot.

21 novembre 2021 :

Le voilà terminé ! Avec un petit côté rustique que j’aime bien. Il gratte, mais il est super chaud, et surtout, j’ai tout fait moi-même depuis la laine brute !

22 novembre :

J’ai souhaité teindre de la laine avec des colorants alimentaires et fais des tests de mélanges. Expliquez-moi cette équation s’il-vous-plaît :

Comment un rouge et un turquoise vifs et francs peuvent-ils donner cette drôle de couleur aubergine foncé ? Ce n’est pas le résultat que j’attendais mais il est sympa !

7 décembre 2021 :

En janvier, notre groupe de costumés se baladera certainement du côté de la Comté ! Comme je souhaite suivre mes bonnes résolutions, à savoir coudre moins et réutiliser plus, j’ai composé un costume-placard de hobbit hivernale. Bon, j’avoue, c’est du costume-placard de luxe, car tout le monde n’a pas chez soi un dirndl en satin^^ Pour ne pas avoir froid, je l’ai agrémenté de beaucoup de couches.

Les seuls travaux que j’aurai seront de réparer l’élastique du jupon blanc (un vrai jupon ancien qu’on vient juste de me donner), et de carder, filer et tricoter de la laine bleue pour en faire des mitaines et une coiffe : ainsi, tout le costume sera assorti et aura l’air « fait exprès »!

Couture

Fred Astaire dans « Top Hat »

18 novembre 2021 :

Samedi prochain nous allons à un bal qui devait avoir lieu l’an dernier et a été repoussé, donc ça fait longtemps que je pouvais prévoir, et bien sûr c’est seulement trois jours avant que je m’occupe de la tenue de monsieur ! Il sera vêtu comme en 1900, ou plus précisément en 1899, puisque c’est la date de ma robe. Pour une fois, ce n’est pas moi qui l’ai cousue mais Falang, à qui j’ai passé une commande. C’était une réel plaisir d’avoir une création sur-mesure ! C’est donc pour ça qu’il n’y aura pas d’article dessus. Il y aura peut-être quelques photos de nous après le bal 😉

Quelle élégance !

Il se trouve qu’en fait, une fois le costume presque terminé, j’ai trouvé qu’il ressemblait beaucoup à celui de Fred Astaire dans « Top Hat », ce qui tombe très bien puisque mon amoureux est fan ! Bon, le film date de 1935, mais franchement il n’y a pas grand-chose qui change entre 1880 et 1935 dans les tenues de soirée de ces messieurs :

Cette illustration date des années 1880

En fait de costume, il avait déjà le pantalon, la veste queue de pie et la chemise au col cassé. Je me suis contentée de réaliser deux accessoires et un nouveau gilet. Celui-ci est (une fois n’est pas coutume) réalisé d’après un patron. Je n’ai pas fait les poches parce que je n’avais pas le temps et que ce n’est qu’un costume ! </p

J’ai donc cousu un nœud papillon blanc. Cette petite chose n’a l’air de rien mais pourtant j’ai mis une heure à la réaliser ! C’est que je voulais quelque chose de parfait ! Ensuite, j’ai fabriqué une fleur artificielle. Je voulais un œillet comme Fred Astaire, mais en revanche il est doré pour être assorti à ma robe. J’ai trouvé la technique pour le réaliser dans mon livre « Ornements et détails couture » dont je ne peux plus me passer !

Mon mannequin étant pourvu de nichons je ne peux pas fermer le gilet, alors je prendrais de belles photos avec monsieur dedans !

Couture, Ecriture

Pourquoi j’aime prêter mes costumes

11 octobre 2021 :

Il y a plus de trois ans, j’ai créé un groupe qui s’appelle « Le Cercle des costumes disparates » ou CDCD. Nous nous réunissons tous les mois autour d’un thème différent. La création de ce cercle était, au départ, surtout un moyen de m’amuser et d’utiliser mes costumes, qui sont nombreux aujourd’hui. J’aurais pu intégrer un groupe de reconstitution historique, mais j’aime trop d’époques différentes pour me spécialiser dans une seule. J’aurais aussi pu me contenter des bals, mais le côté souvent prétentieux de ces soirées m’agace, et puis si je voulais tous les faire, il me faudrait beaucoup d’argent que je n’ai pas : le déplacement, le logement, la nourriture, les matériaux coûtent cher.

Je préfère prendre le costume du côté bon enfant, sans prise de tête. Par conséquent, ayant entraîné dans mon délire des amis qui, au départ, ne le partageaient pas forcément, je leur prête beaucoup mes costumes pour qu’ils m’accompagnent ! Au tout début, j’étais un peu réticente, parce que j’avais peur qu’ils ne les abîment (ce qui est arrivé), mais avec le temps je me suis rendu compte que j’adorais ça ! Pourquoi ?

Parce que je les révise

Prêter mes costumes me permet de les éprouver. Je les couds avant tout pour qu’ils soient portés ! Ce ne sont pas des œuvres d’art intouchables, et j’ai bien conscience qu’ils peuvent être abîmés. Quand d’autres personnes les mettent, je peux voir ce qui ne va pas, à l’habillage par exemple, ou pour les systèmes de fermeture, la qualité du tissu… Quand on me les rend, je les révise pour les améliorer. Les laver et les entretenir me permet également de me les réapproprier, de faire un retour sur mon travail et, dans un cycle vertueux, d’améliorer les costumes à venir ! De plus, ils vont s’user et obtenir une « patine » qui les rendra plus réalistes : je préfère qu’ils se rapprochent d’un vrai vêtement du passé que d’un déguisement flambant neuf.

Parce que je les vois d’un autre œil

Quand on porte un costume soi-même, c’est bête à dire, mais on ne se voit pas de dos. Quand je le prête, je peux mieux me rendre compte de ce qu’il donne sous tous les angles, de son mouvement, de sa praticité… Depuis quelques années, comme j’ai eu tendance à grossir/maigrir, j’ai cousu des costumes « adaptables » avec des élastiques, des laçages ou des boutonnages qui me permettent de jouer sur une dizaine de centimètres au niveau de la taille et de la poitrine. Je peux ainsi aider des amies qui font du 40 au 44 environ. De toute façon, même si on fait la même taille, comme personne n’est fichu pareil, c’est toujours intéressant de voir ce que couleurs, formes et matières donnent sur quelqu’un d’autre. Dernièrement, on a fait un essayage avec une amie, et c’était enrichissant de voir qu’un de mes premiers choix pour elle ne lui allait pas vraiment, mais qu’au contraire une autre robe que je trouvais fade sur moi la mettait bien en valeur.

Parce que c’est drôle

Les essayages sont toujours des moments très drôles, tout particulièrement les essayages de perruques ! On se découvre une nouvelle tête, on s’amuse comme des gamins ouvrant un coffre au grenier : finalement, les gens de ce milieu s’offusquent quand on dit « déguisement », mais il y a quand même un peu de ça. Quand je me costume, je ressens souvent la même impression que quand j’avais quatre ans et mettais une robe de « princesse » ! D’ailleurs, les petits enfants qui me croisent dans mes grandes robes dans la rue m’appellent comme ça, c’est dire…

Parce que je fais plaisir

À moi, comme à mes amis ! À eux, parce que je leur simplifie la vie et qu’ils se découvrent une nouvelle image dans la glace.

À nous, parce qu’il y a davantage de cohérence dans nos sorties costumées : quand mes amis n’ont rien, ils ne se costument pas, alors autant leur prêter !

À moi, parce que mes costumes vivent et que je suis contente de les utiliser. Je ne vois pas l’intérêt de ne porter qu’une ou deux fois une tenue pour la laisser ensuite dans mon placard… Lors d’un bal « record », il y avait sept de mes robes, et deux de mes gilets ! Il faut dire que j’ai cousu une garde-robe pour Mr Perfect (loin d’être aussi considérable que la mienne^^) et que je peux parfois prêter également aux messieurs. Depuis que je couds, j’ai dû fabriquer près de 400 pièces (sans compter chapeaux, gants et autres accessoires), aussi je me fais plaisir en les vendant (rarement) ou en les donnant (plus souvent) : c’est vrai que les plus anciens ne me plaisent souvent plus, soit parce que je les ai trop vus, soit parce que je m’améliore (j’ai encore en tête un de mes premiers costumes, à savoir la robe « rideau » d’Autant en emporte le vent… avec une fermeture éclair mal posée dans le dos T-T). Les donner me permet aussi de faire de la place dans mes placards, mais il me reste tout de même une centaine de costumes (dont une vingtaine pour mon chéri) !

Aujourd’hui je me rends compte que prêter mes costumes m’a permis de faire évoluer le cercle d’une manière qui me ressemble : amicale, solidaire et amusante. Je me demande à quoi il ressemblerait si je ne l’avais pas fait !

Couture

Le Corbeau et le Renard

(Et autres animaux de Fables)

Imprimé à Epinal, forcément !

Ce qui est bien avec les jours fériés, c’est que je peux passer des heures d’affilée à coudre. Enfin, je commence à avoir mal aux yeux et au dos plus vite qu’avant^^ Hier donc, j’ai commencé la partie me concernant d’un gros projet : quatre costumes XVIIème représentant les animaux emblématiques des Fables de la Fontaine. Cette année nous fêtons le 400ème anniversaire de sa naissance, et c’est un choix évident qui s’est imposé à nous pour choisir le thème de notre groupe pour la journée « Grand siècle » de Vaux-le-Vicomte !

Si tout se passe bien il y aura :

  • Le Corbeau
  • Le Renard
  • Le Lion
  • Le Loup
  • L’Agneau
  • La Chatte métamorphosée en femme
  • La Grenouille qui voulait être aussi grosse que le bœuf
  • Perrette et le pot au lait

J’ai déjà presque terminé « l’agneau », bien avancé « le corbeau » (ce sera Hervé, je reprends une chemise blanche, un pantalon et un long gilet noir déjà cousus), et en attendant d’avoir les mesures du « lion », j’ai commencé mon propre costume, à savoir « le renard ».

Ce seront des costumes de théâtre plus que des costumes historiques, et même si la silhouette du grand siècle sera respectée, je vais me faciliter la vie sur le plus d’éléments possibles ! Il y aura des fermetures éclair invisible, de l’élastique et des fausses superpositions.

14 mai 2021 :

J’ai commencé par le bas, à savoir un pantalon orange avec des crevés dorés. Il y a une fermeture éclair et un bouton qui seront cachés par le bustier. Il est très confortable et je peux bien bouger dedans ! J’ai fini par du ruban.

Si le bas était facile et rapide à faire, ce n’est pas le cas du bustier. Je me suis grandement inspirée de celui de Roxane dans Cyrano de Bergerac au moment du discours sur le Tendre. Comme j’ai déjà cousu une jupe dans ce tissu doré, je pourrais le porter en version « fille » ! Par contre, comme je n’ai pas les mêmes tissus ni le temps de broder le parement de devant, c’est une version personnelle pour laquelle je me suis inspirée du matériel que j’avais sous la main.

En temps normal j’aurais cousu ce haut en trois parties : la chemise blanche, le corsage doré et le manteau de robe orange ; là il m’a fallu réfléchir un peu pour superposer toutes ces parties… Et bien sûr, la partie centrale est trop large une fois sur moi. Tant pis, ce sera sympa quand même ! Je suis occupée à coudre tout ça à la main depuis hier, et je n’ai pas encore terminé.

23 mai :

Pressée par le temps, j’ai un peu réduit la prise de photos, et j’ai terminé mon costume de Renard hier !

Après l’essayage, j’ai finalement ajouté une partie pour cacher la braguette du pantalon :

La partie bustier a été un peu longue, surtout que je me suis amusée à broder des perles à la main. Forcément, j’ai pas de temps, je brode à la main T-T, logique ! Les manches et les basques ont également pris du temps d’une part parce que les mancherons avaient une forme bizarre que j’ai dû reprendre plusieurs fois, et d’autres part parce que j’ai cousu un galon doré pris dans les coutures. J’ai repassé plusieurs fois mais le tissu orange a toujours tendance à godiller… Bon, une fois sur moi, ça ne se voit plus ! Si je montre des photos sur cintre, c’est que mon mannequin ne peut pas porter de corset, et ça ne passait plus.

J’ai cousu d’autres manches jaune et blanc, comme si je portais une fausse chemise. Elles sont montées sur biais et vite cousues si jamais je dois les enlever ou les changer.

Je montre en dernier ce que j’ai réalisé en premier ! Ce sont les oreilles et la queue qui sont en laine cardée sur une base en feutrine rembourrée. Et vous pouvez voir ma nouvelle super perruque réalisée par Hair Club selon des photos 🙂 C’est en gros la coiffure de Kate Winslet entre « Raison et Sentiments » et « Titanic » !

11 octobre 2021 :

Depuis le mois de mai, j’ai réalisé le costume de « l’agneau » mais bien sûr j’ai oublié de faire des photos.

Hier, j’ai prêté celui de « La Laitière » pour faire « Perrette et le pot au lait ».

Je travaille en ce moment sur le costume du « lion », pour lequel, cette fois, j’ai réussi à récupérer quelques clichés :

23 octobre :

Je viens de terminer le costume du lion !

Nous avons une nouvelle fois reporté notre événement : finalement, nous irons tous costumés lors de la journée « Grand Siècle » 2022.

Ce sera plus gai et on aura moins froid !

Actualités, Couture

Artisanat gaulois – Saison 1

Grande maison gauloise (2e Âge du Fer). Photo de l’archéosite.

Tout est parti d’une sortie du CDCD (ou Cercle des Costumes Disparates) lors de laquelle nous sommes allés visiter l’archéosite d’Aubechies-Beloeil, en costumes, puisque c’est la spécificité de notre groupe d’amis (un évènement costumé par mois). Comme je l’ai déjà raconté au jour le jour (ou presque) dans l’article consacré aux premiers costumes que j’ai réalisés, j’ai été acceptée parmi leur groupe d’artisans !

J’apprendrai tout ce qui touche au costume depuis la création du fil et de l’outillage jusqu’au vêtement fini, puis le montrerai en action.

J’ai eu envie de tenir ici un petit journal pour rendre compte de cette expérience. Ce ne sera pas forcément un compte-rendu hebdomadaire, mais j’essaierai de me tenir à une certaine régularité !

22 avril 2021 :

Pour l’instant, je possède deux costumes « gaulois » mais pas tout à fait : les coutures intérieures sont réalisées à la machine, les tissus ne sont pas fait main, et les accessoires non plus. Petit à petit, je compte avoir deux costumes pour moi (plus tard pour Hervé éventuellement) qui soient, le plus possible, historiquement irréprochables : un d’hiver et un d’été. Ils seront réalisés dans les couleurs, matières et techniques de couture les plus historiques possibles. Les coutures à la main ne me font pas peur, et à cette époque-là, les points sont assez simples à réaliser !

Comme matériel, pour l’instant, j’ai un fuseau, une bobine de laine blanche filée main, et une aiguille en os. Je ne vais pas aller bien loin avec ça 😀 ! D’autant que l’aiguille est super large, je ne suis pas sûre de pouvoir coudre avec : je crois qu’elle est plutôt faite pour le cuir, une fois qu’on a percé les trous, ou pour les ouvrages tissés en laine épaisse.

J’ai acheté un petit métier à tisser pour apprendre chez moi, comprendre le mécanisme et progresser sans devoir recourir aux métiers très lourds qui sont sur le site. À l’avenir, je rêve de me fabriquer une saie à carreaux là-bas ! J’ai également acheté 300g de lin non blanchi, qu’il faut que j’apprenne à filer ; apparemment ça ne se pratique pas de la même manière que la laine, il faut se mouiller les mains !

29 avril 2021 :

J’ai reçu le métier à tisser le week-end dernier mais je n’ai pu l’utiliser qu’hier. J’ai commencé par un tout petit projet histoire de comprendre le principe de base et de ne pas me dégoûter. C’est avec des carreaux ! Je l’ai transformé en pochette pour que ça me serve 🙂

4 mai :

J’ai tissé et cousu deux autres pochettes entre temps : la première avec des couleurs plus appropriées et la seconde avec des fils créés sur mon fuseau « d’époque ». Je me suis rendue compte avec celle-là que mon peigne était trop large pour travailler des fils aussi fins, alors j’en ai commandé un autre plus dense !

Amélie, la fille du potier, a pris cette très jolie photo de moi dimanche dernier !

En pleine concentration

Les deux dimanches derniers, j’ai appris beaucoup de choses, dont une technique de tissage du néolithique avec des brins de lin et des cailloux comme poids, et une autre plus tardive pour tisser des bandes, avec comme seul matériel un poteau et ma ceinture !

J’ai aussi modelé des fusaïoles ; malheureusement, sur toute la cuisson des potiers, seule une petite partie a été préservée… dont deux fusaïoles modelées par le potier (les miennes ont éclaté).

Du coup, je viens de terminer mon premier fuseau : il fonctionne bien et je peux faire un fil assez fin. Bon par contre le bâton est un peu tordu alors ça ne tourne pas parfaitement : je vais le remplacer dès que j’en trouve un mieux ! Et ce n’est pas si simple que ça, de trouver un bâton bien droit^^

Mon premier fuseau

Je commence donc tout doucement à constituer mon matériel « d’époque », dont la plus grande partie offerte par les autres généreux artisans. Je possède :

  • deux fuseaux
  • un « dé à coudre » en cuir
  • deux aiguilles en os
  • un gobelet !

Pour la laine, j’ai tout ce que je veux (merci Bernadette ! 🙂 ) et pour les tissus, j’essaie de trouver le plus adéquat : je viens de couper les pièces de ma future robe d’été dans un lin que j’ai teint en bleu-vert foncé. Je compte la coudre à la main là-bas. Le temps que ça prendra ne me fait pas peur, par contre, il va falloir que j’apprenne à travailler sans épingles ! Heureusement que le patron est plutôt simple.

17 mai :

Voici mon matériel qui s’agrandit : j’ai ajouté un couteau et un peigne dans des étuis que j’ai cousus (celui du couteau est trop fin, je vais le changer), ainsi qu’une aiguille en métal offerte par un des artisans !

J’ai appris une technique de tissage datant de l’antiquité : le sprang. C’est super simple, il suffit en gros de bâtons, et de croiser les fils avec les doigts. (Après, plus on est doué, plus on tisse d’ouvrages compliqués ; mon premier essai était très moche 😀 ). Cela donne un tissu très élastique avec des trous, un peu du type « filet à provision ». Ils s’en servaient notamment pour faire des résilles à cheveux, mais cette technique a été utilisée jusque tard et notamment par chez nous ! On peut en voir un très joli exemple ici :

Mitaine exécutée par une bourgeoise de Bruges entre 1797 et 1835. Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles (tiré du blog « la libellule s’évade)

19 mai :

Voici mon premier essai de métier chez moi :

Tout d’abord je l’avais placé à l’horizontale entre deux chaises, mais ce n’était vraiment pas pratique ! La position n’était pas idéale et surtout les aiguilles en métal glissaient, et j’ai dû tout recommencer plusieurs fois. Du coup je l’ai suspendu à un montant de mon étagère avec mon appareil photo comme poids ! Ben oui, chez moi, je n’ai pas de pesons^^ (NAMM : en fabriquer lors d’une prochain atelier ! )

Une fois suspendu, et avec des petites baguettes en bois (des piques à brochettes) à la place des aiguilles, c’est devenu plus simple : n’empêche que je me suis tout de même encore trompée ! Mais j’ai réussi à rattraper l’ouvrage sans qu’il ne se défasse : oui ce qui est chiant avec le sprang, c’est que si les baguettes se défont avant d’avoir consolidé et fixé le centre, tout se casse la figure !

Pour le milieu, j’ai pris un crochet et rabattu les boucles pour garder l’élasticité, selon une technique trouvé sur le blog Faire fil de tous poils (merci au cas où vous passeriez par ici^^). Pour fermer, j’ai cousu les lisières entre elles, et pour le haut, il a simplement suffi de passer une cordelette dans les boucles créées par les barres du métier.

Je voulais faire un filet à mes cheveux comme à la Renaissance, mais il est trop long et trop mince, alors j’ai mis mes pelotes réalisées au fuseau dedans ! Bon, le fil est synthétique, alors il faudra que j’en fasse un autre pour Aubechies avec des laines plus historiques : je vais essayer de mettre plusieurs couleurs dans celui-là !

24 mai :

Au quatrième essai, j’ai enfin réussi à obtenir ce que je voulais !

Voilà un filet assez grand pour ma tête et avec une couture plus régulière :

14 juin :

Hier, j’ai pu m’attaquer à un métier à tisser ! Il était monté depuis plusieurs mois, voire années, et les fils étaient abîmés et couverts d’une de ces couches de poussière… Les marrons foncés surtout avaient besoin d’être remplacés (peut-être qu’ils étaient plus naturels et moins résistants ? ). J’ai appris à les remplacer et également à tisser. J’ai avancé l’ouvrage d’un vingtaine de centimètres ! La prochaine étape sera de remonter l’ouvrage pour continuer à travailler et apprendre (on ne pourra pas faire grand-chose de correct avec cet ouvrage-là, un sac peut-être :D). Par la suite, je veux apprendre à ourdir un métier pour un travail perso : mais pour ça il faut que j’ai 5 km de fil ! Et ce n’est pas encore le cas^^

Depuis la dernière fois, j’ai également appris à peigner la laine avec deux peignes, et à créer une mèche plus facile à filer. Je vais avoir mes propres peignes ! J’adore cette technique et je compte l’utiliser désormais.

J’ai cousu une robe en lin pour cet été : le costume en laine commençait à être trop chaud ! C’est roulé sous les aiss… non, c’est entièrement réalisé à la main avec les techniques et le matos d’époque ! Y a juste le tissu que je n’ai pas fabriqué, mais qui sait, ça viendra !

Mon « matériel » (pour travailler mais aussi pour me costumer) devient plus conséquent et je le transporte désormais dans un panier en osier. Ce sont ajoutés deux aiguilles en os, une épingle à cheveux et un bracelet (tous des cadeaux, je suis gâtée !), un filet en sprang, un gobelet en argile, et surtout un étui pour mon couteau ! C’est le potier qui me les as fabriqués et offerts ! Encore des cadeaux, c’est trop biiiien 😀

En dessous on peut voir un essai que j’ai fabriqué dans un cuir assez épais cette fois, sauf que quand j’ai mis le couteau dedans, j’ai coupé tous les fils T-T. Bref j’ai pas encore acquis toutes les techniques, parce que celui de Jean est parfait 🙂

Et On

On peut voir sur le fuseau de gauche la mèche que j’ai préparée : mon travail est beaucoup plus régulier grâce à cette nouvelle technique !

A la maison, j’ai essayé de fabriquer un métier à tisser simple, en prenant pour base celui que j’avais bidouillé pour le sprang. Hier j’ai emprunté deux pesons du site, qui par hasard s’emboîtent bien dans mon aiguille à tricoter (au début j’avais mis mon appareil photo et un pot de perles pour les poids 😀 ). J’ai fabriqué aussi une barre de lice qui me permet déjà de glisser un fil sur deux facilement. Pour l’autre, je le passe avec une très longue aiguille de tapissier.

Mon projet en cours est une écharpe avec des pelotes solitaires ! Ainsi que quelques brins de mes premiers fils.

26 juin :

J’ai terminé l’écharpe ! Ce fut long, déjà à cause de la barre de lice manquante, et ensuite car j’avais d’autres choses à faire. Parfois, je passais dans l’atelier et glissais un fil ou trois entre deux autres projets. J’aime bien cette écharpe mais je n’utiliserai plus cette technique de nouveau. Elle m’a permis de comprendre un peu mieux comment marchent les métiers de l’archéosite, mais c’est très long ! Je pense tisser, avec le métier pro cette fois, deux mitaines assorties. Wait and see… or not.

2 août :

Avec les vacances, j’ai eu moins le temps de me rendre à l’archéosite, mais j’apprends toujours autant ! J’ai reçu mes peignes, et le filandier qui me les a fabriqués m’a également offert de la laine verte teinte avec des plantes, comme à l’époque. Voilà à quoi le fil ressemble :

Il est réalisé avec un mini-fuseau porte-clefs que j’ai acheté lors de ma première réunion de filandières : c’est très long puisque je tourne le fil à la main, mais j’en a fait presque 13 m, et c’est ce que j’ai fait de mieux pour l’instant !

Je parviens également à faire un fil très fin, beaucoup plus qu’au rouet (je n’ai pas pris de photo, ici, c’est un fil en taille 2-3) : du coup, je compte m’inscrire de nouveau l’an prochain au concours du fil le plus fin. Cette année, je suis arrivée treizième sur dix-sept, et j’étais assez fière puisque c’était mon premier essai : j’ai commencé en octobre dernier avec un fil taille 14 plein de bouloches et d’irrégularités, on part de loin !

J’adore mon porte-clef, je l’emporte en voiture ou bien je file devant la télé, j’ai fait bien 60m de fil en une semaine. Ce n’est pas très rapide comparé au fuseau, et encore moins au rouet, mais c’est très agréable d’avancer dans mon filage sur plusieurs supports.

Pour revenir à l’archéosite, je vous présente une pièce supplémentaire de mon outillage : une boîte à aiguilles en os sculpté et ses quatre aiguilles, le tout réalisé spécialement pour moi par le forgeron !

14 août :

J’ai amené mon mini-fuseau (ainsi qu’un fuseau de dentelle) en vacances, pendant lesquelles j’ai filé toute la laine que j’ai pu amener (c’est-à dire pas grand chose). Je l’ai mesurée en rentrant, et en une semaine, j’ai filé 27 m de vert et 27 m de violet !

30 août :

Photo de Marie-Christine

Voici une très jolie photo de moi prise par une des potières de l’archéosite. Je porte une coiffe que j’ai inventée : à l’usage, je me rends compte que c’est ce qu’il y a de plus pratique pour travailler sans que les cheveux ne me tombent sur la figure (bon, la frange, ça, c’est une lubie non archéo-compatible de samedi dernier 😀 ). J’ai également une nouvelle tunique et deux nouveaux colliers, un que j’ai créé d’après un modèle du musée, et un autre offert par Marie-Christine (la photographe) pour mon anniversaire.

6 octobre :

Dimanche dernier aura été ma dernière fois de l’année à l’archéosite. Je n’y suis pas allée toutes les semaines mais assez régulièrement pour apprendre beaucoup ! Le filandier auprès de qui j’étais « en formation » m’a appris à remonter un autre métier à tisser et j’ai commencer à travailler dessus. Les autres artisans ont promis de me le laisser pour l’année prochaine, ce que je trouve touchant, parce que j’ai l’impression d’avoir pris une place plus importante là-bas ! Mais on verra s’ils tiennent leur promesse, sachant qu’il y a toujours des démos auprès de classes durant la semaine 🙂

Voici deux bobines et quelques fusaïoles que j’ai modelées et qui ont été cuites dernièrement :

Il y avait deux fuseaux de plus, que j’ai offerts. Le potier les a forés parce que j’avais fait des trous trop petits… Je le saurai pour la prochaine fois !

Il m’a également offert une lampe à huile, pour laquelle j’ai filé une mèche en lin.

Je l’adore ! Elle éclaire plus longtemps qu’une bougie, le seul inconvénient c’est qu’elle fume davantage quand on l’éteint.

Voilà, c’était la fin de mes aventures gauloises pour cette année ! De retour l’an prochain pour une nouvelle saison je l’espère !

Couture

Robe « Art contemporain »

Le thème du mois de septembre est « art moderne », voire « art contemporain ». J’avoue que ce thème ne m’inspirait pas trop, mais je l’ai vu comme un défi, et j’ai réfléchi à plusieurs idées qui chaque fois honoraient un artiste précis. Je me suis dit que n’en aimant pas un plus particulièrement qu’un autre, je n’avais pas à choisir, alors j’ai créé une robe qui les évoque tous ! La coupe est années 50, parce que je trouve que l’art contemporain n’a pas franchement évolué depuis, et chaque poche est comme une fenêtre sur un univers.

Voici le dessin de base, qui a évolué : d’abord la robe était toute blanche, puis le col a été « pollockisé », et j’ai ajouté des boules bleues sur l’épaule pour rappeler les « gazing balls » de Jeff Koons (comme ça, ce sera moi l’œuvre d’art :P) (finalement je pense que je n’en mettrais qu’une mais plus grosse).

Les artistes choisis sont :

  • Seurat
  • Van Gogh
  • Pollock
  • Koons
  • Murakami
  • Kusama

28 août 2021 :

Le patron de base est celui de ma robe 1830, mais entièrement remanié pour être porté avec un soutien-gorge et non un corset : bref, c’est presque un nouveau patron tellement je l’ai changé !

Bien sûr, les choses évoluent toujours entre le dessin et la réalisation. Par exemple, je n’ai pas la place de mettre autant de poches que je le souhaite, aussi Seurat passe à la trappe : ce n’est pas une question de préférence mais seulement de temps : le tableau pointilliste est celui que je risque de réussir le moins et sur lequel je passerai certainement le plus de temps 🙂

De même, comme je n’ai pas le temps et que je ne pense pas porter cette robe souvent, je zappe l’étape passepoil jaune. S’il me reste quelque jours, je peindrais peut-être les coutures ! Et comme je n’avais pas assez de tissu blanc, le col et les poches seront dans un gros coton beige.

Voilà les pièces coupées et posées :

J’ai commencé la peinture : le col et une poche façon « Pollock », et une poche façon « Nuit étoilée » de Van Gogh :

Je suis plutôt fière de moi, parce que j’avais franchement du matos pourri. Je ne crois pas l’avoir ressorti depuis au moins dix ans : les pinceaux tirent la tronche et j’ai dû courir aprés la peinture avec une pioche 😀 En tout cas, c’était super fun à faire (surtout Pollock), et ça me donné envie de me remettre à peindre !

Voici la robe blanche avec le col grossièrement cousu :

Et les six poches ! Finalement, j’en ai ajouté une avec le portrait de Nush Eluard par Picasso, je trouvais que ça s’intégrait bien (et qu’il fallait six poches pour équilibrer la jupe).

9 septembre 2021 :

Aujourd’hui nous fêtons les six ans de notre rencontre avec Hervé ! Et j’ai terminé ma robe 🙂 Je lui ai ajouté un ballon bleu pour rappeler les « gazing balls » de Jeff Koons, me transformant ainsi moi-même en Art contemporain !

Couture

Colonel Christopher Brandon dans « Raison et Sentiments »

En août 2020, j’ai cousu la redingote du colonel Brandon dans « Raison et sentiments », pour qu’Hervé la porte lors de la visite du mémorial de Waterloo (bon, et aussi pour rêver un peu, c’est un de mes héros austeniens préférés 😀 ❤ ). En décembre, j’ai fait la ceinture, et ce mois-ci, je couds enfin le pantalon ! C’est un pantalon historiquement juste qu’il pourra remettre assez souvent, notamment à la fin du mois, pour une murder-party dans laquelle il interprétera un capitaine anglais. Ce pantalon a une taille haute, et enfin on ne verra plus sa chemise lorsqu’il lèvera les bras (ou voudra défaire l’aigle napoléonienne^^) !

8 juin 2021 :

J’ai dessiné les pièces en mélangeant les observations que j’ai faites sur un pantalon qui lui va bien, et la documentation que j’ai trouvée sur la mode de l’époque. J’ai eu un peu de mal à comprendre comment les pattes de boutonnages fonctionnaient, mais après quelques essais, je suis parvenue à le reproduire ! Le pantalon est doublé pour qu’il soit plus solide et ne gratte pas.

Bientôt des photos de la tenue complète !

16 août 2021 :

Voilà !

(On fait les cons sur les 3/4 des photos, j’ai toujours du mal à en trouver de sérieuses^^)

Couture

Tenue 1805 « Wessex, mensonges et contredanses »

26 juin 2021 :

« Wessex, mensonges et contredanses » est le nom d’une murder-party écrite par Ouam il y a quelques années, et que je rejoue demain. J’ai supprimé deux rôles, en ai fusionné deux, puis récrit tout le reste en fonction de mes nouveaux joueurs. Seule Gasparde aura joué deux fois cette murder, mais je lui donne un rôle différent et elle m’a dit qu’elle ne se souvenait de rien hormis avoir volé une lettre !

Pour l’occasion j’ai décidé de réaliser une tenue 1805, encore, comme si je n’en avais pas assez ! Je voulais utiliser un tissu que je conserve dans mon étagère depuis des années, et également avoir quelque chose d’un peu sérieux : je joue un rôle d’hôtesse gardienne des bonnes mœurs qui se marie difficilement avec toutes les robes roses, fleuries et colorées que je possède !

Une autre contrainte a été le confort et la rapidité d’exécution. Il me fallait quelque chose d’adaptable, donc j’ai mis des élastiques aux manches, à la taille et sur le décolleté, ainsi que de rapide à faire, aussi j’ai tout cousu à la machine excepté le placement des deux élastiques du décolleté. Du coup j’ai dû la coudre en cinq heures maximum.

8 mars 2021 :

Comme on le voit ci-dessus pour le haut, cette robe est transparente, alors j’ai cousu un jupon : avec la chemise que je porterai en dessous du corset, on ne verra plus rien. Le jupon est en coton blanc, il s’attache au corset par des crochets et se maintient par un lien serré dans le dos. Ce qui est très pratique, c’est que je n’aurais plus qu’à coudre des barres de crochets sur tous mes autres corsets ! En bas, il y a un petit volant pour donner du volume. Un de ces jours j’en ajouterai un autre et je mettrais un peu de dentelle, mais je n’ai pas eu le temps !

Enfin, j’ai ajouté un petit spencer noir sans manche. Il se ferme devant par des liens passés dans des œillets.

A force de passer devant tous les jours depuis une semaine, le spencer ne me plaît plus. Du coup j’ai mis un ruban et une broche à la place. Derrière, on peut voir la coiffure que j’ai prévue !

D’inspiration très antique !

16 août 2021 :

J’ai reçu des photos de la murder ! Je suis très contente de ma tenue, mais suis un peu déçue de ma perruque : au soleil, c’est vraiment très orange… Chez moi elle avait l’air plus naturel.

Bah, les photos sont tellement jolies que ça compense^^

Couture

Marie-Christine d’Autriche

(Une des onze Marie-Machine)

Toi aussi, tu as repéré la couronne rose en pâte d’amande ?

Quand j’étais petite, j’étais très originale, je voulais être une princesse ! Je voulais vivre dans un château, porter de belles robes, et ne rien faire de la journée. En grandissant, j’ai appris l’Histoire, et je ne veux plus être une princesse ! Oui parce que c’est vraiment super chouette de devoir représenter la couronne en étant parfaite, d’avoir comme unique responsabilité de pondre un héritier mâle, d’être critiquée quoi qu’on fasse par les courtisans comme le peuple, de ne pas pouvoir étudier ni avoir un métier, de voir sa vie réglée par le protocole, de ne pas avoir d’intimité, d’argent à toi, de temps, de choix, de libertés !

Aujourd’hui, le seul truc qui me reste de cette fantaisie, c’est mon amour des belles choses. Mais les beaux châteaux, je préfère les visiter que les entretenir, et les belles robes, je préfère les fabriquer que les porter ! (Rien faire, ça j’avoue, ça me reprend de temps en temps, mais ça ne dure pas la journée).

Or donc, mon amour pour les robes de princesses a ressurgi violemment quand j’ai vu ce portrait de la princesse Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine (fille de Marie-Thérèse d’Autriche et sœur de Marie-Antoinette, une des onze filles dont le prénom commençait par Marie, car leur mère était bigrement originale, ou bien légèrement narcissique). Du rose, des dentelles, des perles, des diamaaaaants ! N’en jetez plus, j’ai bavé des litres. Et j’ai bavé davantage en me rendant compte que j’avais tout à la maison pour la réaliser ! (Avec des perles en plastique et de la dentelle en nylon, évidemment, étant donné que je ne m’appelle pas Marie-Emmanuelle).

Et ce qui est bien, c’est que je pourrais la mettre même quand je serai vieille et moche, parce que les princesses jeunes et belles, ça n’existe pas, ou pas très longtemps !

Pour être un peu juste, Marie-Christine semble avoir été une des rares princesses à former un mariage heureux ; elle a pu également donner libre cours à sa passion pour le dessin, et puis elle et son mari ont construit le château de Laeken devant lequel je passe tous les jours ! Quitte à être une princesse, pourquoi pas elle ?

8 avril 2021 :

Il y a deux ou trois ans, j’ai cousu un corset XVIIIè qui commence à s’user quelque peu. Comme j’en ai cousus deux autres entre temps, et qu’il me reste également des mètres de ce même tissu, j’ai eu l’idée de transformer le corset en robe baleinée. En plus je m’économise quelques couches de tissus et les problèmes d’ajustement ! Oui, c’est un peu de la triche, mais c’est pas pour rien qu’ils font comme ça au cinéma !

J’ai commencé par ce qui me plaisait le plus, histoire de me mettre en train : la pièce d’estomac ! Pour cela, j’ai décalqué la forme sur mon tissu et commencé à coudre, coudre, coudre… D’abord deux applications de broderie redécoupées, puis des rubans attachés par des perles, et enfin des rosettes perlées.

Sur le corset, j’ai cousu deux pièces rectangulaires pour cacher les œillets, qu’on aurait vus au travers de la dentelle.

9 avril :

J’ai passé toute la journée uniquement sur les manches, depuis 7h30 ce matin ! Ce n’est pas difficile, mais qu’est-ce que c’est long…

Il y a trois volants de dentelle plissée, décorés de rangs de perles. Je les ai mal posés au départ donc j’ai recommencé !

Voilà les manches cousues au bustier, auquel j’ai rajouté des perles pour délimiter la pièce d’estomac. Alors, ça a de la gueule, non ?

10 avril :

J’ai passé presque six heures à fixer la dentelle du décolleté :

Et trois autres heures juste pour les nœuds :

Et encore, au début, je voulais border les nœuds de perles comme sur le portrait ; au bout de 20 minutes, j’avais fait cinq centimètres, alors j’ai laissé tombé ! En plus, j’aime finalement mieux sans perles aux bords, cela met mieux en valeur le velours. Ma robe n’est pas tout à fait rose, mais je préfère, c’est un peu comme si elle avait vieilli et s’était décolorée !

Pour le bustier, il ne me reste plus qu’à arranger le dos avec une modestie, et pourquoi pas de la dentelle encore.

Ensuite, la jupe, mais ça ce sera plus tard !

20 avril 2021 :

Je vais faire une pause avec ce costume que je terminerai plus tard. Pourquoi ? Parce que j’ai une nouvelle activité dans ma vie ! (Vous pourrez en savoir plus ici) Je vais m’y consacrer un peu sérieusement et mettre entre parenthèses tous les projets qui ne sont pas pour d’autres personnes ni pour des évènements fixés à une date précise.

En effet, je ne vois pas trop quand je pourrais porter une robe pareille : c’est le condensé du costume inconfortable ! Corset, lourdeur des tissus, jupons, paniers, talons bobines, bijoux, maquillage, perruque… Rien qu’un seul de ces éléments m’embête au quotidien, alors tous rassemblés sur une seul journée ? À part en promenade (sans s’assoir ni marcher sur des terrains accidentés) ou en séance photo, c’est impossible !

À dans quelques temps !

17 juillet 2021 :

Je suis en vacances ! Et j’ai enfin le temps de reprendre cette robe 🙂 J’ai bizarrement commencé par les bijoux, que j’ai réunis pour créer une parure cohérente. J’ai fabriqué un collier et transformé une décoration de serre-tête en une broche perlée et fleurie.

Après avoir réfléchi longuement à la manière de m’y prendre puis respiré un bon coup, j’ai attaqué la jupe ! Un sacré morceau, notamment parce que je teste pour la première fois des plis « tuyaux d’orgue » (une technique expliquée dans mon livre préféré « Ornements et détails couture« ) qui permettent de froncer énormément de tissu (5m ici) et d’obtenir des plis réguliers. Ce n’est pas compliqué mais c’est très long : il faut d’abord marquer le tissu pour froncer les plis, puis passer deux aiguilles, et ensuite fixer les plis à la taille voulue sur une ceinture (en bas et en haut). j’ai essayé de zapper cette étape qui me paraissait optionnelle, mais elle est en fait indispensable ! Sans la ceinture, les plis se froncent n’importe comment et ne tiennent pas ! Du coup, je n’ai fait qu’une moitié des plis en deux heures, mais c’est tellement joli que ça en vaut la peine.

21 juillet :

Et en ce jour de fête nationale, moi je couds des mètres de dentelle ! Sur un rang, et puis deux. J’en avais tout juste assez pour qu’elle soit à plat, mais pas assez pour des fronces : tant mieux, c’est moins long !

23 juillet :

J’ai encore mis deux jours pour les systèmes de fermeture, la voilà de dos :

Et voilà la photo avec la tenue terminée !