Actualités, Couture

Artisanat gaulois

Grande maison gauloise (2e Âge du Fer). Photo de l’archéosite.

Tout est parti d’une sortie du CDCD (ou Cercle des Costumes Disparates) lors de laquelle nous sommes allés visiter l’archéosite d’Aubechies-Beloeil, en costumes, puisque c’est la spécificité de notre groupe d’amis (un évènement costumé par mois). Comme je l’ai déjà raconté au jour le jour (ou presque) dans l’article consacré aux premiers costumes que j’ai réalisés, j’ai été acceptée parmi leur groupe d’artisans !

J’apprendrai tout ce qui touche au costume depuis la création du fil et de l’outillage jusqu’au vêtement fini, puis le montrerai en action.

J’ai eu envie de tenir ici un petit journal pour rendre compte de cette expérience. Ce ne sera pas forcément un compte-rendu hebdomadaire, mais j’essaierai de me tenir à une certaine régularité !

22 avril 2021 :

Pour l’instant, je possède deux costumes « gaulois » mais pas tout à fait : les coutures intérieures sont réalisées à la machine, les tissus ne sont pas fait main, et les accessoires non plus. Petit à petit, je compte avoir deux costumes pour moi (plus tard pour Hervé éventuellement) qui soient, le plus possible, historiquement irréprochables : un d’hiver et un d’été. Ils seront réalisés dans les couleurs, matières et techniques de couture les plus historiques possibles. Les coutures à la main ne me font pas peur, et à cette époque-là, les points sont assez simples à réaliser !

Comme matériel, pour l’instant, j’ai un fuseau, une bobine de laine blanche filée main, et une aiguille en os. Je ne vais pas aller bien loin avec ça 😀 ! D’autant que l’aiguille est super large, je ne suis pas sûre de pouvoir coudre avec : je crois qu’elle est plutôt faite pour le cuir, une fois qu’on a percé les trous, ou pour les ouvrages tissés en laine épaisse.

J’ai acheté un petit métier à tisser pour apprendre chez moi, comprendre le mécanisme et progresser sans devoir recourir aux métiers très lourds qui sont sur le site. À l’avenir, je rêve de me fabriquer une saie à carreaux là-bas ! J’ai également acheté 300g de lin non blanchi, qu’il faut que j’apprenne à filer ; apparemment ça ne se pratique pas de la même manière que la laine, il faut se mouiller les mains !

29 avril 2021 :

J’ai reçu le métier à tisser le week-end dernier mais je n’ai pu l’utiliser qu’hier. J’ai commencé par un tout petit projet histoire de comprendre le principe de base et de ne pas me dégoûter. C’est avec des carreaux ! Je l’ai transformé en pochette pour que ça me serve 🙂

4 mai :

J’ai tissé et cousu deux autres pochettes entre temps : la première avec des couleurs plus appropriées et la seconde avec des fils créés sur mon fuseau « d’époque ». Je me suis rendue compte avec celle-là que mon peigne était trop large pour travailler des fils aussi fins, alors j’en ai commandé un autre plus dense !

Amélie, la fille du potier, a pris cette très jolie photo de moi dimanche dernier !

En pleine concentration

Les deux dimanches derniers, j’ai appris beaucoup de choses, dont une technique de tissage du néolithique avec des brins de lin et des cailloux comme poids, et une autre plus tardive pour tisser des bandes, avec comme seul matériel un poteau et ma ceinture !

J’ai aussi modelé des fusaïoles ; malheureusement, sur toute la cuisson des potiers, seule une petite partie a été préservée… dont deux fusaïoles modelées par le potier (les miennes ont éclaté).

Du coup, je viens de terminer mon premier fuseau : il fonctionne bien et je peux faire un fil assez fin. Bon par contre le bâton est un peu tordu alors ça ne tourne pas parfaitement : je vais le remplacer dès que j’en trouve un mieux ! Et ce n’est pas si simple que ça, de trouver un bâton bien droit^^

Mon premier fuseau

Je commence donc tout doucement à constituer mon matériel « d’époque », dont la plus grande partie offerte par les autres généreux artisans. Je possède :

  • deux fuseaux
  • un « dé à coudre » en cuir
  • deux aiguilles en os
  • un gobelet !

Pour la laine, j’ai tout ce que je veux (merci Bernadette ! 🙂 ) et pour les tissus, j’essaie de trouver le plus adéquat : je viens de couper les pièces de ma future robe d’été dans un lin que j’ai teint en bleu-vert foncé. Je compte la coudre à la main là-bas. Le temps que ça prendra ne me fait pas peur, par contre, il va falloir que j’apprenne à travailler sans épingles ! Heureusement que le patron est plutôt simple.

17 mai :

Voici mon matériel qui s’agrandit : j’ai ajouté un couteau et un peigne dans des étuis que j’ai cousus (celui du couteau est trop fin, je vais le changer), ainsi qu’une aiguille en métal offerte par un des artisans !

J’ai appris une technique de tissage datant de l’antiquité : le sprang. C’est super simple, il suffit en gros de bâtons, et de croiser les fils avec les doigts. (Après, plus on est doué, plus on tisse d’ouvrages compliqués ; mon premier essai était très moche 😀 ). Cela donne un tissu très élastique avec des trous, un peu du type « filet à provision ». Ils s’en servaient notamment pour faire des résilles à cheveux, mais cette technique a été utilisée jusque tard et notamment par chez nous ! On peut en voir un très joli exemple ici :

Mitaine exécutée par une bourgeoise de Bruges entre 1797 et 1835. Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles (tiré du blog « la libellule s’évade)

19 mai :

Voici mon premier essai de métier chez moi :

Tout d’abord je l’avais placé à l’horizontale entre deux chaises, mais ce n’était vraiment pas pratique ! La position n’était pas idéale et surtout les aiguilles en métal glissaient, et j’ai dû tout recommencer plusieurs fois. Du coup je l’ai suspendu à un montant de mon étagère avec mon appareil photo comme poids ! Ben oui, chez moi, je n’ai pas de pesons^^ (NAMM : en fabriquer lors d’une prochain atelier ! )

Une fois suspendu, et avec des petites baguettes en bois (des piques à brochettes) à la place des aiguilles, c’est devenu plus simple : n’empêche que je me suis tout de même encore trompée ! Mais j’ai réussi à rattraper l’ouvrage sans qu’il ne se défasse : oui ce qui est chiant avec le sprang, c’est que si les baguettes se défont avant d’avoir consolidé et fixé le centre, tout se casse la figure !

Pour le milieu, j’ai pris un crochet et rabattu les boucles pour garder l’élasticité, selon une technique trouvé sur le blog Faire fil de tous poils (merci au cas où vous passeriez par ici^^). Pour fermer, j’ai cousu les lisières entre elles, et pour le haut, il a simplement suffi de passer une cordelette dans les boucles créées par les barres du métier.

Je voulais faire un filet à mes cheveux comme à la Renaissance, mais il est trop long et trop mince, alors j’ai mis mes pelotes réalisées au fuseau dedans ! Bon, le fil est synthétique, alors il faudra que j’en fasse un autre pour Aubechies avec des laines plus historiques : je vais essayer de mettre plusieurs couleurs dans celui-là !

24 mai :

Au quatrième essai, j’ai enfin réussi à obtenir ce que je voulais !

Voilà un filet assez grand pour ma tête et avec une couture plus régulière :

14 juin :

Hier, j’ai pu m’attaquer à un métier à tisser ! Il était monté depuis plusieurs mois, voire années, et les fils étaient abîmés et couverts d’une de ces couches de poussière… Les marrons foncés surtout avaient besoin d’être remplacés (peut-être qu’ils étaient plus naturels et moins résistants ? ). J’ai appris à les remplacer et également à tisser. J’ai avancé l’ouvrage d’un vingtaine de centimètres ! La prochaine étape sera de remonter l’ouvrage pour continuer à travailler et apprendre (on ne pourra pas faire grand-chose de correct avec cet ouvrage-là, un sac peut-être :D). Par la suite, je veux apprendre à ourdir un métier pour un travail perso : mais pour ça il faut que j’ai 5 km de fil ! Et ce n’est pas encore le cas^^

Depuis la dernière fois, j’ai également appris à peigner la laine avec deux peignes, et à créer une mèche plus facile à filer. Je vais avoir mes propres peignes ! J’adore cette technique et je compte l’utiliser désormais.

J’ai cousu une robe en lin pour cet été : le costume en laine commençait à être trop chaud ! C’est roulé sous les aiss… non, c’est entièrement réalisé à la main avec les techniques et le matos d’époque ! Y a juste le tissu que je n’ai pas fabriqué, mais qui sait, ça viendra !

Mon « matériel » (pour travailler mais aussi pour me costumer) devient plus conséquent et je le transporte désormais dans un panier en osier. Ce sont ajoutés deux aiguilles en os, une épingle à cheveux et un bracelet (tous des cadeaux, je suis gâtée !), un filet en sprang, un gobelet en argile, et surtout un étui pour mon couteau ! C’est le potier qui me les as fabriqués et offerts ! Encore des cadeaux, c’est trop biiiien 😀

En dessous on peut voir un essai que j’ai fabriqué dans un cuir assez épais cette fois, sauf que quand j’ai mis le couteau dedans, j’ai coupé tous les fils T-T. Bref j’ai pas encore acquis toutes les techniques, parce que celui de Jean est parfait 🙂

Et On

On peut voir sur le fuseau de gauche la mèche que j’ai préparée : mon travail est beaucoup plus régulier grâce à cette nouvelle technique !

A la maison, j’ai essayé de fabriquer un métier à tisser simple, en prenant pour base celui que j’avais bidouillé pour le sprang. Hier j’ai emprunté deux pesons du site, qui par hasard s’emboîtent bien dans mon aiguille à tricoter (au début j’avais mis mon appareil photo et un pot de perles pour les poids 😀 ). J’ai fabriqué aussi une barre de lice qui me permet déjà de glisser un fil sur deux facilement. Pour l’autre, je le passe avec une très longue aiguille de tapissier.

Mon projet en cours est une écharpe avec des pelotes solitaires ! Ainsi que quelques brins de mes premiers fils.

26 juin :

J’ai terminé l’écharpe ! Ce fut long, déjà à cause de la barre de lice manquante, et ensuite car j’avais d’autres choses à faire. Parfois, je passais dans l’atelier et glissais un fil ou trois entre deux autres projets. J’aime bien cette écharpe mais je n’utiliserai plus cette technique de nouveau. Elle m’a permis de comprendre un peu mieux comment marchent les métiers de l’archéosite, mais c’est très long ! Je pense tisser, avec le métier pro cette fois, deux mitaines assorties. Wait and see… or not.

2 août :

Avec les vacances, j’ai eu moins le temps de me rendre à l’archéosite, mais j’apprends toujours autant ! J’ai reçu mes peignes, et le filandier qui me les a fabriqués m’a également offert de la laine verte teinte avec des plantes, comme à l’époque. Voilà à quoi le fil ressemble :

Il est réalisé avec un mini-fuseau porte-clefs que j’ai acheté lors de ma première réunion de filandières : c’est très long puisque je tourne le fil à la main, mais j’en a fait presque 13 m, et c’est ce que j’ai fait de mieux pour l’instant !

Je parviens également à faire un fil très fin, beaucoup plus qu’au rouet (je n’ai pas pris de photo, ici, c’est un fil en taille 2-3) : du coup, je compte m’inscrire de nouveau l’an prochain au concours du fil le plus fin. Cette année, je suis arrivée treizième sur dix-sept, et j’étais assez fière puisque c’était mon premier essai : j’ai commencé en octobre dernier avec un fil taille 14 plein de bouloches et d’irrégularités, on part de loin !

J’adore mon porte-clef, je l’emporte en voiture ou bien je file devant la télé, j’ai fait bien 60m de fil en une semaine. Ce n’est pas très rapide comparé au fuseau, et encore moins au rouet, mais c’est très agréable d’avancer dans mon filage sur plusieurs supports.

Pour revenir à l’archéosite, je vous présente une pièce supplémentaire de mon outillage : une boîte à aiguilles en os sculpté et ses quatre aiguilles, le tout réalisé spécialement pour moi par le forgeron !

14 août :

J’ai amené mon mini-fuseau (ainsi qu’un fuseau de dentelle) en vacances, pendant lesquelles j’ai filé toute la laine que j’ai pu amener (c’est-à dire pas grand chose). Je l’ai mesurée en rentrant, et en une semaine, j’ai filé 27 m de vert et 27 m de violet !

30 août :

Photo de Marie-Christine

Voici une très jolie photo de moi prise par une des potières de l’archéosite. Je porte une coiffe que j’ai inventée : à l’usage, je me rends compte que c’est ce qu’il y a de plus pratique pour travailler sans que les cheveux ne me tombent sur la figure (bon, la frange, ça, c’est une lubie non archéo-compatible de samedi dernier 😀 ). J’ai également une nouvelle tunique et deux nouveaux colliers, un que j’ai créé d’après un modèle du musée, et un autre offert par Marie-Christine (la photographe) pour mon anniversaire.

Couture

Colonel Christopher Brandon dans « Raison et Sentiments »

En août 2020, j’ai cousu la redingote du colonel Brandon dans « Raison et sentiments », pour qu’Hervé la porte lors de la visite du mémorial de Waterloo (bon, et aussi pour rêver un peu, c’est un de mes héros austeniens préférés 😀 ❤ ). En décembre, j’ai fait la ceinture, et ce mois-ci, je couds enfin le pantalon ! C’est un pantalon historiquement juste qu’il pourra remettre assez souvent, notamment à la fin du mois, pour une murder-party dans laquelle il interprétera un capitaine anglais. Ce pantalon a une taille haute, et enfin on ne verra plus sa chemise lorsqu’il lèvera les bras (ou voudra défaire l’aigle napoléonienne^^) !

8 juin 2021 :

J’ai dessiné les pièces en mélangeant les observations que j’ai faites sur un pantalon qui lui va bien, et la documentation que j’ai trouvée sur la mode de l’époque. J’ai eu un peu de mal à comprendre comment les pattes de boutonnages fonctionnaient, mais après quelques essais, je suis parvenue à le reproduire ! Le pantalon est doublé pour qu’il soit plus solide et ne gratte pas.

Bientôt des photos de la tenue complète !

16 août 2021 :

Voilà !

(On fait les cons sur les 3/4 des photos, j’ai toujours du mal à en trouver de sérieuses^^)

Couture

Tenue 1805 « Wessex, mensonges et contredanses »

26 juin 2021 :

« Wessex, mensonges et contredanses » est le nom d’une murder-party écrite par Ouam il y a quelques années, et que je rejoue demain. J’ai supprimé deux rôles, en ai fusionné deux, puis récrit tout le reste en fonction de mes nouveaux joueurs. Seule Gasparde aura joué deux fois cette murder, mais je lui donne un rôle différent et elle m’a dit qu’elle ne se souvenait de rien hormis avoir volé une lettre !

Pour l’occasion j’ai décidé de réaliser une tenue 1805, encore, comme si je n’en avais pas assez ! Je voulais utiliser un tissu que je conserve dans mon étagère depuis des années, et également avoir quelque chose d’un peu sérieux : je joue un rôle d’hôtesse gardienne des bonnes mœurs qui se marie difficilement avec toutes les robes roses, fleuries et colorées que je possède !

Une autre contrainte a été le confort et la rapidité d’exécution. Il me fallait quelque chose d’adaptable, donc j’ai mis des élastiques aux manches, à la taille et sur le décolleté, ainsi que de rapide à faire, aussi j’ai tout cousu à la machine excepté le placement des deux élastiques du décolleté. Du coup j’ai dû la coudre en cinq heures maximum.

8 mars 2021 :

Comme on le voit ci-dessus pour le haut, cette robe est transparente, alors j’ai cousu un jupon : avec la chemise que je porterai en dessous du corset, on ne verra plus rien. Le jupon est en coton blanc, il s’attache au corset par des crochets et se maintient par un lien serré dans le dos. Ce qui est très pratique, c’est que je n’aurais plus qu’à coudre des barres de crochets sur tous mes autres corsets ! En bas, il y a un petit volant pour donner du volume. Un de ces jours j’en ajouterai un autre et je mettrais un peu de dentelle, mais je n’ai pas eu le temps !

Enfin, j’ai ajouté un petit spencer noir sans manche. Il se ferme devant par des liens passés dans des œillets.

A force de passer devant tous les jours depuis une semaine, le spencer ne me plaît plus. Du coup j’ai mis un ruban et une broche à la place. Derrière, on peut voir la coiffure que j’ai prévue !

D’inspiration très antique !

16 août 2021 :

J’ai reçu des photos de la murder ! Je suis très contente de ma tenue, mais suis un peu déçue de ma perruque : au soleil, c’est vraiment très orange… Chez moi elle avait l’air plus naturel.

Bah, les photos sont tellement jolies que ça compense^^

Couture

Marie-Christine d’Autriche

(Une des onze Marie-Machine)

Toi aussi, tu as repéré la couronne rose en pâte d’amande ?

Quand j’étais petite, j’étais très originale, je voulais être une princesse ! Je voulais vivre dans un château, porter de belles robes, et ne rien faire de la journée. En grandissant, j’ai appris l’Histoire, et je ne veux plus être une princesse ! Oui parce que c’est vraiment super chouette de devoir représenter la couronne en étant parfaite, d’avoir comme unique responsabilité de pondre un héritier mâle, d’être critiquée quoi qu’on fasse par les courtisans comme le peuple, de ne pas pouvoir étudier ni avoir un métier, de voir sa vie réglée par le protocole, de ne pas avoir d’intimité, d’argent à toi, de temps, de choix, de libertés !

Aujourd’hui, le seul truc qui me reste de cette fantaisie, c’est mon amour des belles choses. Mais les beaux châteaux, je préfère les visiter que les entretenir, et les belles robes, je préfère les fabriquer que les porter ! (Rien faire, ça j’avoue, ça me reprend de temps en temps, mais ça ne dure pas la journée).

Or donc, mon amour pour les robes de princesses a ressurgi violemment quand j’ai vu ce portrait de la princesse Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine (fille de Marie-Thérèse d’Autriche et sœur de Marie-Antoinette, une des onze filles dont le prénom commençait par Marie, car leur mère était bigrement originale, ou bien légèrement narcissique). Du rose, des dentelles, des perles, des diamaaaaants ! N’en jetez plus, j’ai bavé des litres. Et j’ai bavé davantage en me rendant compte que j’avais tout à la maison pour la réaliser ! (Avec des perles en plastique et de la dentelle en nylon, évidemment, étant donné que je ne m’appelle pas Marie-Emmanuelle).

Et ce qui est bien, c’est que je pourrais la mettre même quand je serai vieille et moche, parce que les princesses jeunes et belles, ça n’existe pas, ou pas très longtemps !

Pour être un peu juste, Marie-Christine semble avoir été une des rares princesses à former un mariage heureux ; elle a pu également donner libre cours à sa passion pour le dessin, et puis elle et son mari ont construit le château de Laeken devant lequel je passe tous les jours ! Quitte à être une princesse, pourquoi pas elle ?

8 avril 2021 :

Il y a deux ou trois ans, j’ai cousu un corset XVIIIè qui commence à s’user quelque peu. Comme j’en ai cousus deux autres entre temps, et qu’il me reste également des mètres de ce même tissu, j’ai eu l’idée de transformer le corset en robe baleinée. En plus je m’économise quelques couches de tissus et les problèmes d’ajustement ! Oui, c’est un peu de la triche, mais c’est pas pour rien qu’ils font comme ça au cinéma !

J’ai commencé par ce qui me plaisait le plus, histoire de me mettre en train : la pièce d’estomac ! Pour cela, j’ai décalqué la forme sur mon tissu et commencé à coudre, coudre, coudre… D’abord deux applications de broderie redécoupées, puis des rubans attachés par des perles, et enfin des rosettes perlées.

Sur le corset, j’ai cousu deux pièces rectangulaires pour cacher les œillets, qu’on aurait vus au travers de la dentelle.

9 avril :

J’ai passé toute la journée uniquement sur les manches, depuis 7h30 ce matin ! Ce n’est pas difficile, mais qu’est-ce que c’est long…

Il y a trois volants de dentelle plissée, décorés de rangs de perles. Je les ai mal posés au départ donc j’ai recommencé !

Voilà les manches cousues au bustier, auquel j’ai rajouté des perles pour délimiter la pièce d’estomac. Alors, ça a de la gueule, non ?

10 avril :

J’ai passé presque six heures à fixer la dentelle du décolleté :

Et trois autres heures juste pour les nœuds :

Et encore, au début, je voulais border les nœuds de perles comme sur le portrait ; au bout de 20 minutes, j’avais fait cinq centimètres, alors j’ai laissé tombé ! En plus, j’aime finalement mieux sans perles aux bords, cela met mieux en valeur le velours. Ma robe n’est pas tout à fait rose, mais je préfère, c’est un peu comme si elle avait vieilli et s’était décolorée !

Pour le bustier, il ne me reste plus qu’à arranger le dos avec une modestie, et pourquoi pas de la dentelle encore.

Ensuite, la jupe, mais ça ce sera plus tard !

20 avril 2021 :

Je vais faire une pause avec ce costume que je terminerai plus tard. Pourquoi ? Parce que j’ai une nouvelle activité dans ma vie ! (Vous pourrez en savoir plus ici) Je vais m’y consacrer un peu sérieusement et mettre entre parenthèses tous les projets qui ne sont pas pour d’autres personnes ni pour des évènements fixés à une date précise.

En effet, je ne vois pas trop quand je pourrais porter une robe pareille : c’est le condensé du costume inconfortable ! Corset, lourdeur des tissus, jupons, paniers, talons bobines, bijoux, maquillage, perruque… Rien qu’un seul de ces éléments m’embête au quotidien, alors tous rassemblés sur une seul journée ? À part en promenade (sans s’assoir ni marcher sur des terrains accidentés) ou en séance photo, c’est impossible !

À dans quelques temps !

17 juillet 2021 :

Je suis en vacances ! Et j’ai enfin le temps de reprendre cette robe 🙂 J’ai bizarrement commencé par les bijoux, que j’ai réunis pour créer une parure cohérente. J’ai fabriqué un collier et transformé une décoration de serre-tête en une broche perlée et fleurie.

Après avoir réfléchi longuement à la manière de m’y prendre puis respiré un bon coup, j’ai attaqué la jupe ! Un sacré morceau, notamment parce que je teste pour la première fois des plis « tuyaux d’orgue » (une technique expliquée dans mon livre préféré « Ornements et détails couture« ) qui permettent de froncer énormément de tissu (5m ici) et d’obtenir des plis réguliers. Ce n’est pas compliqué mais c’est très long : il faut d’abord marquer le tissu pour froncer les plis, puis passer deux aiguilles, et ensuite fixer les plis à la taille voulue sur une ceinture (en bas et en haut). j’ai essayé de zapper cette étape qui me paraissait optionnelle, mais elle est en fait indispensable ! Sans la ceinture, les plis se froncent n’importe comment et ne tiennent pas ! Du coup, je n’ai fait qu’une moitié des plis en deux heures, mais c’est tellement joli que ça en vaut la peine.

21 juillet :

Et en ce jour de fête nationale, moi je couds des mètres de dentelle ! Sur un rang, et puis deux. J’en avais tout juste assez pour qu’elle soit à plat, mais pas assez pour des fronces : tant mieux, c’est moins long !

23 juillet :

J’ai encore mis deux jours pour les systèmes de fermeture, la voilà de dos :

Et voilà la photo avec la tenue terminée !

Couture

Spencer violet et réticule assorti

Mitaines brodées main

J’ai cousu il y a près d’un an maintenant une robe en soie jaune que j’aime beaucoup. En rangeant mes affaires, j’ai pensé que cette paire de mitaines dorée irait très bien avec, mais qu’il fallait un vêtement ou un accessoire pour lier les deux et harmoniser une tenue cohérente. J’ai donc trouvé un petit bout de velours violet et déniché dans mes caisses une passementerie dorée, ainsi qu’une autre violette, et c’était parti !

1er mars 2021 :

J’ai coupé les pièces en les essayant directement sur la robe, pour être sûre que tout s’accorde bien.

Pour la décoration, j’ai utilisé la même passementerie dorée que sur la veste du colonel Brandon réalisée pour Hervé, mais j’ai ajouté un petit ruban de velours violet par-dessus.

8 mars 2021 :

Je voulais notamment qu’il y ait des manches plus courtes pour pouvoir voir celles de la robe :

Ensuite, j’ai cousu les mêmes boutons dorés que sur la veste « Brandon », et des petites boules prune devant. J’ai fixé le pli des manches avec un autre brandebourg (c’est ce qui m’a pris le plus de temps, heureusement qu’il n’y en avait que huit^^)

On ne le voit pas ici mais il y a une doublure dans le tissu des rideaux de mon atelier ! Et voilà :

Une tenue de soirée très chic !

2 juillet 2021 :

Les vacances approchent et au boulot, il n’y a vraiment pas un chat jeune. Pour m’occuper les mains tandis que je cause avec mes collègues, j’ai choisi de broder un réticule assorti à la tenue plus haut. Le dessin est inventé, j’ai simplement dessiné ce qu’il me passait par la tête ! Et hop, en six heures, la broderie était finie !

Prochaine étape : la couture du réticule en lui-même ! La semaine prochaine au boulot^^?

15 juillet 2021 :

Bizarrement le réticule a traîné quinze jours dans l’atelier avant que j’aie envie de le terminer ! Et ce fut fait aujourd’hui 🙂

J’irais presque jusqu’à dire qu’il est trop assorti à ma tenue ! Quand il est posé sur la robe on dirait qu’il y a un trou dedans^^

Couture

Le Corbeau et le Renard

(Et autres animaux de Fables)

Imprimé à Epinal, forcément !

Ce qui est bien avec les jours fériés, c’est que je peux passer des heures d’affilée à coudre. Enfin, je commence à avoir mal aux yeux et au dos plus vite qu’avant^^ Hier donc, j’ai commencé la partie me concernant d’un gros projet : quatre costumes XVIIème représentant les animaux emblématiques des Fables de la Fontaine. Cette année nous fêtons le 400ème anniversaire de sa naissance, et c’est un choix évident qui s’est imposé à nous pour choisir le thème de notre groupe pour la journée « Grand siècle » de Vaux-le-Vicomte !

Si tout se passe bien il y aura :

  • Le Corbeau
  • Le Renard
  • Le Lion
  • Le Loup
  • L’Agneau
  • La Chatte métamorphosée en femme
  • La Grenouille qui voulait être aussi grosse que le bœuf
  • Perrette et le pot au lait

J’ai déjà presque terminé « l’agneau », bien avancé « le corbeau » (ce sera Hervé, je reprends une chemise blanche, un pantalon et un long gilet noir déjà cousus), et en attendant d’avoir les mesures du « lion », j’ai commencé mon propre costume, à savoir « le renard ».

Ce seront des costumes de théâtre plus que des costumes historiques, et même si la silhouette du grand siècle sera respectée, je vais me faciliter la vie sur le plus d’éléments possibles ! Il y aura des fermetures éclair invisible, de l’élastique et des fausses superpositions.

14 mai 2021 :

J’ai commencé par le bas, à savoir un pantalon orange avec des crevés dorés. Il y a une fermeture éclair et un bouton qui seront cachés par le bustier. Il est très confortable et je peux bien bouger dedans ! J’ai fini par du ruban.

Si le bas était facile et rapide à faire, ce n’est pas le cas du bustier. Je me suis grandement inspirée de celui de Roxane dans Cyrano de Bergerac au moment du discours sur le Tendre. Comme j’ai déjà cousu une jupe dans ce tissu doré, je pourrais le porter en version « fille » ! Par contre, comme je n’ai pas les mêmes tissus ni le temps de broder le parement de devant, c’est une version personnelle pour laquelle je me suis inspirée du matériel que j’avais sous la main.

En temps normal j’aurais cousu ce haut en trois parties : la chemise blanche, le corsage doré et le manteau de robe orange ; là il m’a fallu réfléchir un peu pour superposer toutes ces parties… Et bien sûr, la partie centrale est trop large une fois sur moi. Tant pis, ce sera sympa quand même ! Je suis occupée à coudre tout ça à la main depuis hier, et je n’ai pas encore terminé.

23 mai :

Pressée par le temps, j’ai un peu réduit la prise de photos, et j’ai terminé mon costume de Renard hier !

Après l’essayage, j’ai finalement ajouté une partie pour cacher la braguette du pantalon :

La partie bustier a été un peu longue, surtout que je me suis amusée à broder des perles à la main. Forcément, j’ai pas de temps, je brode à la main T-T, logique ! Les manches et les basques ont également pris du temps d’une part parce que les mancherons avaient une forme bizarre que j’ai dû reprendre plusieurs fois, et d’autres part parce que j’ai cousu un galon doré pris dans les coutures. J’ai repassé plusieurs fois mais le tissu orange a toujours tendance à godiller… Bon, une fois sur moi, ça ne se voit plus ! Si je montre des photos sur cintre, c’est que mon mannequin ne peut pas porter de corset, et ça ne passait plus.

J’ai cousu d’autres manches jaune et blanc, comme si je portais une fausse chemise. Elles sont montées sur biais et vite cousues si jamais je dois les enlever ou les changer.

Je montre en dernier ce que j’ai réalisé en premier ! Ce sont les oreilles et la queue qui sont en laine cardée sur une base en feutrine rembourrée. Et vous pouvez voir ma nouvelle super perruque réalisée par Hair Club selon des photos 🙂 C’est en gros la coiffure de Kate Winslet entre « Raison et Sentiments » et « Titanic » !

Couture

Chemisier années 50

Le modèle

Vendredi dernier, j’ai un peu craqué sur le site Top Vintage : les fringues sont toujours super jolies et elles me vont parfaitement, parce que les vendeuses les essaient afin de préciser les mensurations. J’ai acheté notamment cette blouse que j’aime beaucoup. Hier, j’ai copié le patron pour pouvoir m’en refaire d’autres !

8 mai 2021 :

J’ai coupé les pièces en suivant celles de la chemise. Ce n’était pas évident, surtout pour le col ! Autrefois, la toile était un vieux drap d’Hervé 🙂

Je les ai coupées dans une couette d’enfant trouvée à 3€ dans une friperie. Le tissu a été tellement lavé qu’il est super doux ! Puis j’ai cousu les pièces principales, et c’était déjà pas mal^^

9 mai 2021 :

Aujourd’hui, j’ai fait la seconde moitié du travail.

Il me restait les manches (un peu plus longues que les originales), le col (rond au lieu d’être carré), et les finitions. Les boutonnières, c’était l’horreur autrefois, maintenant c’est que du plaisir avec ma nouvelle machine qui les réalise parfaitement et rapidement !

Et voilà :

1er juin :

J’aime tellement ce chemisier que j’en ai fait un autre dans le reste du tissu que j’avais fait imprimer, il y a loooogtemps, pour un cosplay de Mary Kelly (dans « From Hell) (je ne rentre plus dedans mais je le garde). Et pour les deux, j’ai fait un masque dans le même tissu ! Quitte à porter ces machins, autant que ce soient des accessoires mode !

3 juin :

Après avoir terminé ma blouse, je me suis dit que c’était vraiment dommage d’avoir laissé le costume de Mary Kelly dans un coin étant donné tout le travail qu’il m’a donné. Il devait bien y avoir un moyen de l’agrandir ! Alors je l’ai repris et quelques minutes d’analyse m’ont fourni la solution :

Pour la jupe et le tablier, il n’y a pas de souci parce que la jupe est montée sur élastique et le tablier se serre avec des liens. Par contre, j’ai coupé un bustier très ajusté… Je l’ai réessayé sur un corset et me suis dit qu’il suffirait peut-être d’ajouter une pièce dans le dos.

Par chance, la basque m’a permis de rajouter 7 cm sans avoir à tout découdre ! Alors j’ai simplement coupé une nouvelle pièce dans un reste de tissu en suivant le dessin qui se formait naturellement. Une fois cousu, tout s’est mis en place parfaitement et j’ai récupéré mon costume ! Seul petit bémol : j’avais teint et usé le coton bleu pour qu’il ait l’air vieux et sali : la pièce du dos a l’air trop neuve. Mais ça ne se voit pas trop.

Couture

Un couple de gaulois

Mon croquis

En avril, nous participerons à un banquet gaulois ! (Enfin, plutôt un barbecue pseudo-gaulois 😀 ). Pour le coup, ni Hervé ni moi n’avons des costumes de cette époque, et je dois les créer de toutes pièces. Franchement, je trouve que c’est un super défi ! Ainsi ma garde-robe s’étendra jusqu’au 1er siècle avant notre ère, alors que jusqu’à présent elle commençait au moyen-âge, aux alentours du XIIIème siècle.

16 mars 2021 :

Pour la silhouette, j’ai bien observé le peu de documentation que j’ai trouvée et j’ai choisi les éléments selon ce que je préférais et les tissus que j’ai achetés. Je connais les tissus qu’ils utilisaient (laine et lin) et les couleurs principales (nuances de jaune, de vert, de rouge) et j’ai donc choisi en fonction : pas sûre que ce soit bien historique mais en même temps, il nous est parvenu peu d’informations ! Je voulais une laine à carreaux, mais il n’y en avait pas dans le magasin, aussi je me suis rabattue sur une très belle et lourde laine présente en deux coloris : bordeaux et brun clair. Les carreaux (j’en garde une belle pièce depuis des années) seront pour les braies de mon cher et tendre^^

D’une certaine manière, nous serons assortis car je vais utiliser la même laine brune pour sa tunique et pour la mienne.

27 mars 2021 :

Un ami à moi qui « fait du gaulois depuis dix ans » (merci Caldou !), m’a conseillée sur mes costumes. Grâce à ses indications et aux nombreux liens de documentation qu’il m’a fournis, j’ai redessiné mes croquis afin qu’ils soient plus corrects. En très gros, j’ai enlevé les galons, le couteau (on n’en a pas^^), changé la forme du chapeau (cucullus) et des fibules.

Il faudrait que je redessine les chaussures car Hervé recevra bientôt des carbatinae !

Voilà ce que ça donne :

Costumes remaniés

Ce matin j’ai commencé ses braies !

5 avril 2021 :

Comme je n’ai pas eu beaucoup de temps, j’ai fait pratiquement toutes les photos alors que j’arrive à la fin. Il ne me reste plus que nos coiffures ainsi que les bandes pour les jambes d’Hervé ! La conception des vêtements était des plus simples : il ne s’agissait que de carrés et de rectangles, exception faite de deux triangles pour ajouter de l’aisance à ma robe bordeaux. On fait les plus grandes pièces en rectangles, puis on ajoute des carrés pour l’aisance : les manches et l’entrejambe des braies.

Le plus gros a été cousu à la machine, et j’ai bordé tous les ourlets visibles à la main.

Hervé portera une chemise médiévale que je lui ai déjà cousue par en-dessous, je sais qu’il n’y a pas de broderies mais je ne vais pas les enlever, et puis c’est joli !

Ses chaussures sont arrivées vendredi dernier, il les a essayées et elles sont très confortables ! Par contre ce n’est qu’une couche de cuir alors j’ai fait poser une semelle. Les fibules était peut-être le plus compliqué, et comme on le voit j’ai fait pas mal d’essais : celles en cuivre sont solides mais pas de la bonne couleur, les dorées du milieu sont de la bonne couleur mais lâchent au moindre mouvement. Le dernier essai, tout en haut, était le bon : ce sont en réalité de très grandes créoles que j’ai coupées et tordues !

Je nous ai aussi fabriqué deux bourses en cuir pour transporter nos affaires.

7 avril :

J’ai terminé ! Ma coiffure sera constituée de nattes, voile et bandeaux.

Puisqu’on va de toute façon devoir porter des masques, autant qu’ils ne gâchent pas le costume, mais plutôt qu’ils en fassent partie, aussi j’ai brodé au gré de mon inspiration !

20 avril 2021 :

Et moi qui pensais que je ne mettrai ce costume qu’une fois ou deux, quelle erreur ! Quelle joyeuse erreur ! En effet, il m’est arrivé un truc incroyable : incroyable pour moi, parce que la moitié des gens qu’on dit « normaux » trouveront sans doute ça au mieux pas très intéressant, au pire un peu dingue (mon « chef » a dit que j’aimais les trucs ringards, ça pour sûr, on peut pas faire plus vieux).

Donc, nous n’avons pas pu organiser notre banquet gaulois car les conditions sanitaires ont réduit la bulle extérieure de dix à quatre personnes ; une amie nous a alors conseillé de visiter l’archéosite d’Aubechies-Beloeil à la place, pour rester dans le thème. Là-bas, il y a notamment un musée et des bâtiments reconstruits avec les connaissances du passé : maisons de l’âge du fer, gauloises, temple romains… Encore mieux, certains bâtiments du « village » étaient habités par des artisans et des archéologues expérimentaux. L’un d’eux, un tisserand, en voyant nos costumes, a entamé la conversation, et comme je lui ai dit que je savais filer, m’a proposé de poser ma candidature !

Ce que j’ai fait immédiatement en rentrant le soir, tout en me disant que ça m’étonnerait qu’ils m’acceptent… D’autant que je savais filer, oui, certes, mais au rouet ! Et ça, je ne l’avais pas précisé. J’ai tout de suite contacté mon amie filandière pour savoir si elle pouvait m’apprendre aussi au fuseau suspendu, histoire de mettre toutes les chances de mon côté, et elle a accepté. Le lundi matin, j’ai reçu un message enthousiaste du potier qui m’a proposé de me rencontrer le dimanche suivant.

Je savais filer depuis une demie-journée grosso modo quand je les ai rencontrés ET J’Aİ ÉTÉ ACCEPTÉE !!! (Oui je crie, mais c’est mon site, je fais ce que je veux).

Tous les dimanche à partir du 25 avril, je serai artisan gaulois à l’archéosite ! J’apprendrai tout ce qui est autour du vêtement depuis la fibre végétale ou animal jusqu’au produit fini, puis l’expliquerai au public dès que je serai un peu plus à l’aise. Pour l’instant, je m’estime en apprentissage auprès des deux autres tisserands.

Les artisans que j’ai rencontrés étaient super sympas, ils m’ont même offert un fuseau et une aiguille en os ! Depuis, je m’exerce avec le fuseau, qui est moins évident à manier que celui que mon amie m’a prêté, parce qu’il n’a pas de crochet notamment. Il faut chaque fois refaire une manipulation dès qu’on a quelques dizaines de centimètres de fil.

Mon fuseau gaulois

Du coup, j’ai bien envie de créer un article tout spécialement pour cette activité. J’hésite entre l’écrire dès que j’aurai un peu plus de bouteille ou bien partager dès à présent mes découvertes et tâtonnements !

11 mai 2021 :

Finalement j’ai créé mon article sur l’artisanat gaulois !

J’ai reçu des photos de notre visite à l’archéosite ! Regardez comme on est dans le ton 😀

Photo Philippe A.
Couture

Robe 1838 façon « Cranford »

(Et façon Melle Mars, bien sûr !)

Je viens de terminer les miniséries Cranford et Retour à Cranford et j’ai vraiment adoré ! C’était touchant, drôle, très juste historiquement et avec une belle galerie de personnages. Cela faisait longtemps que je n’avais pas aimé une série à ce point !

Et forcément, quand j’adore une série, j’ai envie de faire des costumes qui en sont inspirés… Jusqu’à présent les années 1830 ne m’avaient pas plus intéressée que ça, certainement parce que j’ai gardé en tête cette image d’une robe de bal typique, pourvue de manches gigantesques et surmontée d’un coiffure « à la girafe » que je trouve particulièrement moches, mais aussi parce que ce n’est pas une période facile à reproduire, ni très représentée dans les films (à part Cranford, je ne trouve que Les Misérables [seconde partie] comme exemple !)

Un exemple de ce que je n’aime pas !

Mais évidemment, les dames de Cranford portent des vêtements de tous les jours, donc plus softs, et qui parfois datent de leur jeunesse et/ou ne suivent pas forcément la mode. Elles ne sont pas aristocrates et, profondément religieuses, ne sont donc pas versées dans l’excentricité : les tonalités sont relativement liées à la terre, la nature et à l’automne (bruns, verts, bordeaux, cuivrés…) comme on peut le voir ci-dessous. J’ai beaucoup aimé leurs costumes et les accessoires qu’elles portaient tels que bonnets, capotes, fichus, mitaines et turban !

Mrs Forrester, au milieu, est ma chouchoute

Cette fois, j’ai dessiné mon croquis en suivant les personnages de Cranford mais aussi en combinant mes éléments favoris.

Mon croquis de base
Cela dit, après coup, je me suis rendu compte que ça ressemblait pas mal à ça !

Mais comme je suis juste au niveau des tissus, il n’y aura pas les volants des manches ni celui du bas de la jupe.

12 mars 2020 :

Pour le patron, j’ai adapté le bustier de la Laitière de Vermeer et l’ai essayé directement avec le corset pour être sûr que ça s’ajuste bien. J’ai coupé la doublure en coton blanc au fur et à mesure, et une fois que c’était bon, j’en ai reporté les pièces sur ce superbe coton écossais !

L’écossais était très à la mode dans les années 1840. Le mien est plus voyant que celui de ces dames, mais c’était l’occasion de ne pas acheter de tissus ! En effet j’ai décousu et repassé les rideaux de ma chambre à Ixelles ! Entre cette robe et le précédent spencer, je suis dans ma période rideaux on dirait ?

13 mars 2020 :

La jupe est formée de trois panneaux qui seront plissés. J’ai vraiment joué au Tetris pour utiliser au maximum le tissu. Les manches ont été coupées en dernier !

Les pièces en écossais sont cousues avec un passepoil violet pris dans la couture. C’est le genre de détail que j’ai apprécié dans la série, et qu’on ne voit pas sur les gravures !

16 mars 2020 :

Les manches ont représenté un joli défi car je n’en avais jamais réalisé de pareilles. Elles sont constituées d’une partie très large et d’un poignet bien ajusté, garni de passepoil également. Ensuite, j’ai posé un galon à pompon sur le dessus du bras pour les resserrer, le même que sur le bustier.

Pour le volume, j’avais d’abord essayé avec les boudins de ouate de ma robe « Mary Shelley » (qu’on aperçoit dans le fond), mais ils sont trop gros. Pour l’instant, j’ai trouvé un système qui fonctionne : quand je tire sur le poignet serré, il se coince au niveau de mon avant-bras et alors le gonflant est gardé quand je bouge ! Je verrai à l’usage si je couds tout de même des boudins.

Une autre partie compliquée est la ceinture que je réalise au fur et à mesure pour ne pas me tromper ! La boucle est intégrée pour que ce soit plus pratique : je l’ai trouvée dans mon magasin préféré, il y avait encore le prix dessus : 295 francs !

Cette ceinture se termine par une pointe en « fleur de lys ».

18 mars 2020 :

La ceinture m’a donné du fil à retordre mais j’y suis parvenue ! Par contre, elle aura trois œillets au lieu d’un, vu que je me suis trompée comme une gourde ! Je les ai brodés moi-même sur une rondelle d’œillet à poser au marteau.

Pour que ça ferme bien j’ai mis quatre petites agrafes cachées à l’intérieur.

20 mars 2020 :

Une fois la doublure cousue, il ne me restait que les poignets et le col à faire ! Pour cela j’ai simplement posé des pièces directement sur la robe et les ai disposées puis coupées de manière à ce qu’elle suivent l’encolure ou les poignets. Ensuite, je les ai cousues, ourlées et repassées, puis cousues à gros points sur la robe, pour pouvoir les changer ou les laver éventuellement un jour.

Je me suis dépêchée de tout terminer aujourd’hui pour pouvoir prendre des photos demain, parce que je sais qu’il fera beau !

Mon chapeau m’a été offert par une fan de Jane Austen (je te remercie si jamais tu me lis !) et le châle tricoté tout spécialement pour moi par mon amie Lilla My (Bisous !) Quant aux mitaines, je les ai cousues rapidement le soir devant la télé pour qu’elles soient assorties au chapeau.

21 mars :

Aujourd’hui, premier jour du printemps, je vous propose ces photos au milieu des arbres fleuris du parc royal de Laeken, sous un superbe soleil ! (Un peu trop parfois d’ailleurs, difficile de regarder mon amoureux de photographe !)

Au départ je me suis dit qu’il y avait beaucoup trop de photos et que je ne devais en choisir que deux ou trois, mais il y en avait tellement de jolies que je me suis dit : « Hey, c’est pas grave ! Et puis c’est ton site, alors tu fais ce que tu veux ! »

Couture

Demelza Poldark

Mon inspiration :

En achetant ce tissu, j’ai tout de suite visualisé une robe à l’anglaise très simple. Et en faisant quelques recherches rapides, je me suis aperçue que ce que j’avais en tête existait déjà ! C’est une des robes de Demelza dans Poldark 🙂 Du coup, je n’ai pas eu besoin de croquis, je vais simplement essayer de reproduire ce que je vois sur ces photos !

15 novembre 2020 :

J’avance très lentement sur ce projet, principalement parce que j’ai envie de prendre mon temps pour qu’il soit parfait. J’ai donc essayé plusieurs fois ma toile sur moi avec le corset, histoire que ce soit nickel !

23 janvier 2020 :

La lumière de ces photos ne rend pas honneur à la beauté du tissu, qui comporte de fines rayures un peu brillantes.

Le plus long a été de fixer les plis. Comme le tissu est épais, je les ai cousus à la main !

J’ai recoupé les manches au niveau du coude et ai ajouté un revers que j’ai plissé.

Pour porter ce costume, j’ai mis mon tablier créé pour mon costume de cantinière, un bonnet que j’ai depuis longtemps, et j’ai ajouté un « sur-bonnet » cousu dans un tissu rose. La pose est inspirée de celle de La Laitière 🙂

Une servante un peu froissée !