Couture

Marie-Christine d’Autriche (1740-1760)

(Une des onze Marie-Machine)

Toi aussi, tu as repéré la couronne rose en pâte d’amande ?

Quand j’étais petite, j’étais très originale, je voulais être une princesse ! Je voulais vivre dans un château, porter de belles robes, et ne rien faire de la journée. En grandissant, j’ai appris l’Histoire, et je ne veux plus être une princesse ! Oui parce que c’est vraiment super chouette de devoir représenter la couronne en étant parfaite, d’avoir comme unique responsabilité de pondre un héritier mâle, d’être critiquée quoi qu’on fasse par les courtisans comme le peuple, de ne pas pouvoir étudier ni avoir un métier, de voir sa vie réglée par le protocole, de ne pas avoir d’intimité, d’argent à toi, de temps, de choix, de libertés !

Aujourd’hui, le seul truc qui me reste de cette fantaisie, c’est mon amour des belles choses. Mais les beaux châteaux, je préfère les visiter que les entretenir, et les belles robes, je préfère les fabriquer que les porter ! (Rien faire, ça j’avoue, ça me reprend de temps en temps, mais ça ne dure pas la journée).

Or donc, mon amour pour les robes de princesses a ressurgi violemment quand j’ai vu ce portrait de la princesse Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine (fille de Marie-Thérèse d’Autriche et sœur de Marie-Antoinette, une des onze filles dont le prénom commençait par Marie, car leur mère était bigrement originale, ou bien légèrement narcissique). Du rose, des dentelles, des perles, des diamaaaaants ! N’en jetez plus, j’ai bavé des litres. Et j’ai bavé davantage en me rendant compte que j’avais tout à la maison pour la réaliser ! (Avec des perles en plastique et de la dentelle en nylon, évidemment, étant donné que je ne m’appelle pas Marie-Emmanuelle).

Et ce qui est bien, c’est que je pourrais la mettre même quand je serai vieille et moche, parce que les princesses jeunes et belles, ça n’existe pas, ou pas très longtemps !

Pour être un peu juste, Marie-Christine semble avoir été une des rares princesses à former un mariage heureux ; elle a pu également donner libre cours à sa passion pour le dessin, et puis elle et son mari ont construit le château de Laeken devant lequel je passe tous les jours ! Quitte à être une princesse, pourquoi pas elle ?

8 avril 2021 :

Il y a deux ou trois ans, j’ai cousu un corset XVIIIè qui commence à s’user quelque peu. Comme j’en ai cousus deux autres entre temps, et qu’il me reste également des mètres de ce même tissu, j’ai eu l’idée de transformer le corset en robe baleinée. En plus je m’économise quelques couches de tissus et les problèmes d’ajustement ! Oui, c’est un peu de la triche, mais c’est pas pour rien qu’ils font comme ça au cinéma !

J’ai commencé par ce qui me plaisait le plus, histoire de me mettre en train : la pièce d’estomac ! Pour cela, j’ai décalqué la forme sur mon tissu et commencé à coudre, coudre, coudre… D’abord deux applications de broderie redécoupées, puis des rubans attachés par des perles, et enfin des rosettes perlées.

Sur le corset, j’ai cousu deux pièces rectangulaires pour cacher les œillets, qu’on aurait vus au travers de la dentelle.

9 avril :

J’ai passé toute la journée uniquement sur les manches, depuis 7h30 ce matin ! Ce n’est pas difficile, mais qu’est-ce que c’est long…

Il y a trois volants de dentelle plissée, décorés de rangs de perles. Je les ai mal posés au départ donc j’ai recommencé !

Voilà les manches cousues au bustier, auquel j’ai rajouté des perles pour délimiter la pièce d’estomac. Alors, ça a de la gueule, non ?

10 avril :

J’ai passé presque six heures à fixer la dentelle du décolleté :

Et trois autres heures juste pour les nœuds :

Et encore, au début, je voulais border les nœuds de perles comme sur le portrait ; au bout de 20 minutes, j’avais fait cinq centimètres, alors j’ai laissé tombé ! En plus, j’aime finalement mieux sans perles aux bords, cela met mieux en valeur le velours. Ma robe n’est pas tout à fait rose, mais je préfère, c’est un peu comme si elle avait vieilli et s’était décolorée !

Pour le bustier, il ne me reste plus qu’à arranger le dos avec une modestie, et pourquoi pas de la dentelle encore.

Ensuite, la jupe, mais ça ce sera plus tard !

20 avril 2021 :

Je vais faire une pause avec ce costume que je terminerai plus tard. Pourquoi ? Parce que j’ai une nouvelle activité dans ma vie ! (Vous pourrez en savoir plus ici) Je vais m’y consacrer un peu sérieusement et mettre entre parenthèses tous les projets qui ne sont pas pour d’autres personnes ni pour des évènements fixés à une date précise.

En effet, je ne vois pas trop quand je pourrais porter une robe pareille : c’est le condensé du costume inconfortable ! Corset, lourdeur des tissus, jupons, paniers, talons bobines, bijoux, maquillage, perruque… Rien qu’un seul de ces éléments m’embête au quotidien, alors tous rassemblés sur une seul journée ? À part en promenade (sans s’assoir ni marcher sur des terrains accidentés) ou en séance photo, c’est impossible !

À dans quelques temps !

17 juillet 2021 :

Je suis en vacances ! Et j’ai enfin le temps de reprendre cette robe 🙂 J’ai bizarrement commencé par les bijoux, que j’ai réunis pour créer une parure cohérente. J’ai fabriqué un collier et transformé une décoration de serre-tête en une broche perlée et fleurie.

Après avoir réfléchi longuement à la manière de m’y prendre puis respiré un bon coup, j’ai attaqué la jupe ! Un sacré morceau, notamment parce que je teste pour la première fois des plis « tuyaux d’orgue » (une technique expliquée dans mon livre préféré « Ornements et détails couture« ) qui permettent de froncer énormément de tissu (5m ici) et d’obtenir des plis réguliers. Ce n’est pas compliqué mais c’est très long : il faut d’abord marquer le tissu pour froncer les plis, puis passer deux aiguilles, et ensuite fixer les plis à la taille voulue sur une ceinture (en bas et en haut). j’ai essayé de zapper cette étape qui me paraissait optionnelle, mais elle est en fait indispensable ! Sans la ceinture, les plis se froncent n’importe comment et ne tiennent pas ! Du coup, je n’ai fait qu’une moitié des plis en deux heures, mais c’est tellement joli que ça en vaut la peine.

21 juillet :

Et en ce jour de fête nationale, moi je couds des mètres de dentelle ! Sur un rang, et puis deux. J’en avais tout juste assez pour qu’elle soit à plat, mais pas assez pour des fronces : tant mieux, c’est moins long !

23 juillet :

J’ai encore mis deux jours pour les systèmes de fermeture.

Et voilà la photo avec la tenue terminée !

Sans les paniers, ils ne rentraient pas avec les accoudoirs 😀 Quelle belle invention les tabourets^

9 mars 2023 :

J’ai porté cette robe pour mon Cinélivre sur « Les Liaisons Dangereuses », avec ma nouvelle perruque ! J’ai aussi ajouté des plis Watteau pour cacher les oeillets, mais on ne les voit pas ici^^

C’est un de mes plus beaux costumes, par contre ce n’est pas le plus confortable 😀

Couture

Spencer violet et réticule assorti

Mitaines brodées main

J’ai cousu il y a près d’un an maintenant une robe en soie jaune que j’aime beaucoup. En rangeant mes affaires, j’ai pensé que cette paire de mitaines dorée irait très bien avec, mais qu’il fallait un vêtement ou un accessoire pour lier les deux et harmoniser une tenue cohérente. J’ai donc trouvé un petit bout de velours violet et déniché dans mes caisses une passementerie dorée, ainsi qu’une autre violette, et c’était parti !

1er mars 2021 :

J’ai coupé les pièces en les essayant directement sur la robe, pour être sûre que tout s’accorde bien.

Pour la décoration, j’ai utilisé la même passementerie dorée que sur la veste du colonel Brandon réalisée pour Hervé, mais j’ai ajouté un petit ruban de velours violet par-dessus.

8 mars 2021 :

Je voulais notamment qu’il y ait des manches plus courtes pour pouvoir voir celles de la robe :

Ensuite, j’ai cousu les mêmes boutons dorés que sur la veste « Brandon », et des petites boules prune devant. J’ai fixé le pli des manches avec un autre brandebourg (c’est ce qui m’a pris le plus de temps, heureusement qu’il n’y en avait que huit^^)

On ne le voit pas ici mais il y a une doublure dans le tissu des rideaux de mon atelier ! Et voilà :

Une tenue de soirée très chic !

2 juillet 2021 :

Les vacances approchent et au boulot, il n’y a vraiment pas un chat jeune. Pour m’occuper les mains tandis que je cause avec mes collègues, j’ai choisi de broder un réticule assorti à la tenue plus haut. Le dessin est inventé, j’ai simplement dessiné ce qu’il me passait par la tête ! Et hop, en six heures, la broderie était finie !

Prochaine étape : la couture du réticule en lui-même ! La semaine prochaine au boulot^^?

15 juillet 2021 :

Bizarrement le réticule a traîné quinze jours dans l’atelier avant que j’aie envie de le terminer ! Et ce fut fait aujourd’hui 🙂

J’irais presque jusqu’à dire qu’il est trop assorti à ma tenue ! Quand il est posé sur la robe on dirait qu’il y a un trou dedans^^

Couture

Deux chemisiers (1950)

Le modèle

Vendredi dernier, j’ai un peu craqué sur le site Top Vintage : les fringues sont toujours super jolies et elles me vont parfaitement, parce que les vendeuses les essaient afin de préciser les mensurations. J’ai acheté notamment cette blouse que j’aime beaucoup. Hier, j’ai copié le patron pour pouvoir m’en refaire d’autres !

8 mai 2021 :

J’ai coupé les pièces en suivant celles de la chemise. Ce n’était pas évident, surtout pour le col ! Autrefois, la toile était un vieux drap d’Hervé 🙂

Je les ai coupées dans une couette d’enfant trouvée à 3€ dans une friperie. Le tissu a été tellement lavé qu’il est super doux ! Puis j’ai cousu les pièces principales, et c’était déjà pas mal^^

9 mai 2021 :

Aujourd’hui, j’ai fait la seconde moitié du travail.

Il me restait les manches (un peu plus longues que les originales), le col (rond au lieu d’être carré), et les finitions. Les boutonnières, c’était l’horreur autrefois, maintenant c’est que du plaisir avec ma nouvelle machine qui les réalise parfaitement et rapidement !

Et voilà :

1er juin :

J’aime tellement ce chemisier que j’en ai fait un autre dans le reste du tissu que j’avais fait imprimer, il y a loooogtemps, pour un cosplay de Mary Kelly (dans « From Hell) (je ne rentre plus dedans mais je le garde). Et pour les deux, j’ai fait un masque dans le même tissu ! Quitte à porter ces machins, autant que ce soient des accessoires mode !

3 juin :

Après avoir terminé ma blouse, je me suis dit que c’était vraiment dommage d’avoir laissé le costume de Mary Kelly dans un coin étant donné tout le travail qu’il m’a donné. Il devait bien y avoir un moyen de l’agrandir ! Alors je l’ai repris et quelques minutes d’analyse m’ont fourni la solution :

Pour la jupe et le tablier, il n’y a pas de souci parce que la jupe est montée sur élastique et le tablier se serre avec des liens. Par contre, j’ai coupé un bustier très ajusté… Je l’ai réessayé sur un corset et me suis dit qu’il suffirait peut-être d’ajouter une pièce dans le dos.

Par chance, la basque m’a permis de rajouter 7 cm sans avoir à tout découdre ! Alors j’ai simplement coupé une nouvelle pièce dans un reste de tissu en suivant le dessin qui se formait naturellement. Une fois cousu, tout s’est mis en place parfaitement et j’ai récupéré mon costume ! Seul petit bémol : j’avais teint et usé le coton bleu pour qu’il ait l’air vieux et sali : la pièce du dos a l’air trop neuve. Mais ça ne se voit pas trop.