Emmanuelle Nuncq

Romancière à deux visages, couturière rêveuse et plein d'autres choses encore.

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Liste des Choses à faire avant de mourir

(Article de 2011 régulièrement mis à jour. Dernière màj : 11 octobre 2017)

Voici ma liste des Choses à faire avant de mourir. La première version de cet article date du 14 mars 2011 et je le réactualise régulièrement. Cette liste existe cependant, peut-être pas en l'état, depuis que je suis ado :) Elle était bien plus longue en 2010, date à laquelle j'ai commencé à vouloir rayer des choses, et il faut savoir qu'elle comprend également les choses à faire avant de mourir du livre de Richard Horne, mais je ne les ai pas marquées ici quand elles ne me sont pas vraiment intimes. Que j'ai rayé une de ces choses ne m'empêchera pas de vouloir la recommencer^^

Franchement, cette liste m'a sauvé la vie. Si vous saviez ce qui a changé grâce à elle depuis que je l'ai faite...

Parmi les choses rayées, je citerai celles-ci dont je suis fière:

  • Donner une interview
  • assister au tournage d'une émission télé
  • exposer une œuvre d'art
  • aller à Paris et visiter le musée d'Orsay et le Louvre
  • apprendre l'escrime !

Il y a aussi des choses que je n'aurais jamais imaginer faire, qui ne sont donc pas dans cette liste, mais dont je suis fière également :

  • publier des romans
  • donner des conférences
  • apprendre les danses anciennes (et du coup)
  • participer à des démonstrations de danse en costume

Du coup, en faisant ces démos, j'ai pu rayer le point : reprendre le théâtre. En fait, ça m'offre davantage de satisfactions parce que ça ajoute au côté "sur scène" et à la participation à une troupe, les joies de la danse, de la reconstitution historique et du port de costume.

J'avoue que ci-dessous les points ne sont pas classés par ordre d'importance^^

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  1. Donner une interview
  2. Assister au tournage d'une émission télé
  3. Exposer une œuvre d'art
  4. Aller à Paris visiter le musée d'Orsay et le Louvre
  5. Apprendre l'escrime
  6. Jouer dans une comédie musicale
  7. Jouer une pièce de théâtre
  8. Me marier dans un château
  9. Avoir mon permis
  10. Danser une valse dans la neige à Noël
  11. Faire une cascade à cheval costumée
  12. Danser dans un bal costumé(C'était génial!)
  13. Participer au festival de Cannes,
  14. Gagner un César, un Oscar ou tout autre prix prestigieux,
  15. Gagner un Prix littéraire (Youhouuuu !)
  16. Rencontrer le prince Charmant
  17. M'envoyer en l'air en l'air,
  18. Me faire faire des chaussures sur mesure,
  19. Me faire faire une robe sur mesure chez un grand couturier
  20. Trouver un CDI,
  21. Reprendre le théâtre,
  22. Participer à un casting
  23. Être figurante
  24. Aller voir le Casse-Noisettes dans une version classique
  25. Finir un roman dont je sois fière (C’est Bordemarge !)
  26. Faire un album illustré,
  27. Faire une interview télévisée, (Pour Bordemarge, même que c'est pour la Fnac :p )
  28. Apprendre l'italien
  29. Participer à des fouilles archéologiques,
  30. Trouver un trésor perdu
  31. Apprendre le piano et jouer un morceau en public,
  32. Aller en Italie,
  33. Aller en Grèce
  34. Aller en Égypte
  35. Aller en Irlande
  36. Aller à Londres
  37. Aller sur une île paradisiaque et me prendre pour une pirate,
  38. Faire un costume de Venise et aller au carnaval,
  39. Sauter à l'élastique ou en parachute,
  40. Aller à un concert de Bénabar,
  41. Rencontrer une star que j'aime
  42. Voir un de mes romans porté à l'écran
  43. Chanter et danser devant du monde (un micro à la main dans l'idéal, et une chanson entière)
  44. Retourner à Fontan et Saorge
  45. Retourner à Sarlat
  46. Faire une Grosse fête pour mes 30 ans (On étaient 20 tout pile, mais pour moi, c'est une grosse fête :D C'était la première fois qu'amis et famille étaient réunis, et franchement, j'ai vécu un super moment).
  47. Rendre des gens heureux
  48. Et enfin mourir heureuse sans regrets ni remords

Robe de Bella Heathcote (Josette) dans Dark Shadows

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Et voilà, je commence cette robe aujourd'hui! Comme pour la robe d'Elizabeth, pas besoin de panier, c'est cool :)

Je fais la version réelle, c'est-à-dire grise, et non retouchée à l'image.

30 août 2012 :

C'est une robe à l'Anglaise qui se ferme devant, exactement semblable à celle que porte Helena Bonham-Carter à la fin de Frankenstein (elle me servir pour les deux, d'ailleurs, un jour j'adorerai me faire sa tête de zombie :D) C'est marrant quand on sait qu'Helena joue dans Dark Shadows :) Je ne peux pas m'empêcher de me dire que Colleen Atwood a fait exprès...

Les nœuds devant servent donc à cacher les agrafes.

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Pour le patron, j'ai utilisé celui de la robe d’Élisabeth Swann, mais avec les manches d'un patron Simplicity tout fait. Elles étaient un poil trop larges, mais une fois retouchées, elles tombent très bien sur mon patron!

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Les pièces du bustier cousues entre elles, avec deux baleines devant

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La jupe avant de la couper, je trouvai la matière jolie

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Paradoxalement, c'est assez jouissif de découper n'importe comment et de faire des trous! ça m'a rappelé la robe d'Emily

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Trois volants froncés pour les manches en pagode, posées sur la deuxième photo. Ma mousseline est trop foncée, mais tant pis, on va pas non plus faire dans le détail parfait :)

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J'ai posé sur le devant de la mousseline en forme de pièce d'estomac, et un ruché gris. Tout autour du décolleté, un ruché en mousseline gris foncé recouvert de taffetas gris clair. J'aime beaucoup ce tissu: on ne le voit pas sur la photo, mais on dirait de la faille de soie.

J'aime bien recréer à partir de modèles existants, ça me pousse à faire des choses que je n'oserai pas sur mes propres modèles. Genre déjà à ce stade, je trouve qu'il y a trop de froufrous, mais comme on le verra à la fin, c'est justement ce qui rend cette robe superbe!

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Il y est pas sur le modèle, mais j'ai eu envie de faire un collier avec les restes de mon ruché :) Si je veux faire Marie-Antoinette ou la Pompadour mortes ça sera parfait :P

Et sinon, j'ai posé de la dentelle devant, ainsi que du ruché sur les manches.

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Et hop, opération destruction des manches! Alors alors, sont-y pas belles mes manches fantomatiques? :D L'avantage avec cette robe, c'est que j'ai pas besoin de faire les finitions nickel :P

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Et enfin pour ce soir (j'ai trop mal au dos) la jupe du dessous! Elle est en synthétique gris, là on ne fait pas la différence avec le tissu du corps de la robe mais il est de bien moindre qualité. Cela dit je m'en fiche puisque cette jupe sera recouverte de mousseline! 

Je ne regrette finalement pas que ma mousseline soit plus foncée. Bon c'est sûre, pour l'exactitude de la copie du modèle on repassera (en même temps je ne vois rien sur mes photos), mais je trouve que ça donne plus de relief à cette robe un peu pâlichonne à la base (Cela dit c'est une morte, alors c'est normal^^)

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J'ai tellement hâte d’avoir mon cadeau d'anniv', les chaussures Pompadour iront parfaitement avec^^

1er septembre:

J'ai passé toute la matinée d'hier à faire des p****  de rayures sur le jupon en mousseline, et j'ai continué encore deux heures ce matin! Qu'est-ce que c'était long, trop marre! En plus, la mousseline glisse et y a pas moyen que ça soit droit T-T

Bon, comme c'est plissé, ça se voit pas trop... 

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Normalement, ce sont des rubans tout fins. Je sais que ça aurait été plus simple pour tout, et que ça aurait rendu vachement mieux, mais c'était hors de question de dépenser encore soixante euros de rubans vu la dose qu'il aurait fallu... Si j'ai un jour j'ai des sous, j'en prendrai pour les poser entre chaque grosse rayure et donner l'effet de la photo originelle, mais c'est pas forcément essentiel, en plus, vous allez voir en bas, je trouve que ce que j'ai improvisé rend super bien :)

J'adore travailler la mousseline, je trouve que ça rend toujours joli :)

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Voilà, j'ai donc coupé le bas n'importe comment, ainsi que le jupon gris clair en dessous. Enfin, quand je dis n'importe comment, c'est pas vrai, il fallait que ça ait l'air fait n'importe comment, mais c'est tout un art de brûler et déchirer pour que ça rende joli :D D'ailleurs, j'ai les doigts complètements cramés par ce p**** de tissu qui quand il brûle fait des boules de plastique qui volent T-T (Oui, je sais, je suis vulgaire, mais la couture c'est pas un truc de fillette.... Euh... (Et je dis pas ça parce que j'ai fait ça devant Bridget Jones) )

Alors voilà, avec la robe par-dessus! Comme on le voit y a même pas besoin de paniers, le volume des jupes est suffisant, et puis de toute façon, quand elle revient en fantômette, la Josette elle en a pas, de paniers :)

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Et là, les rubans! Qui étaient la touche finale, donc vous voyez ma robe finie! Je suis trop fière de moi :) Oui, je sais, je dis ça à chaque fois, mais même si elle ne ressemble pas parfaitement au modèle, c'est la plus jolie robe que j'ai faite pour l'instant :) Cela dit c'est pas difficile, quand on copie du Colleen Atwood on se retrouve toujours avec quelque chose de superbe, rappelez-vous de ma robe de Katrina! Cette fille est un génie. Si je pouvais la rencontrer ça serait trop cool! Elle et Christian Lacroix sont mes costumiers préférés :)

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Le détail des rubans, tout cramés déchirés, et pour une fois, on voit pas le système des agrafes, qui sont pratiques à mettre!

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Et voilà la première photo avec moi dedans :)

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16 mars:

Une idée phénoménale m'est venue :D ! Comme je l'ai remarqué plus haut, cette robe ressemble aussi beaucoup à celle que porte Elizabeth Frankenstein à la fin du film de Branagh. Je me suis dit qu'à Trolls et Légendes, comme c'est un salon où on peut se déguiser, j'allais porter une variation du costume, comme ça, je pourrais faire n'importe quoi avec mes cheveux, on s'en fout :P Donc qui dit tête brûlée dit aussi coutures de partout! Comme ma copine Gasparde a assorti ma robe avec un superbe collier pour faire une Marie-Antoinette du tonnerre à Halloween dernier, je le suis dit que je pouvais faire la même chose: au lieu de faire les coutures en maquillage, pourquoi pas en bijou? Par chance, j'avais des perles de rocaille noires et rubis. Donc tadiiiin ça donne ça :D Pas mal non?

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18 mars:

J'ai fait des fleurs à épingler dans les cheveux pour aller avec! (Helena porte sa couronne de mariée dans le film). J. me dit que ça ressemble à des sacs poubelles, c'est pas faux, mais je suis persuadée qu'avec le reste du costume ça le fera :D (Et on remarque aussi que mon rajout de cheveux est ENFIN de la bonne couleur^^)

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18 avril 2017 :

Et en sortant de "Trolls et Légendes" pile poil quatre ans plus tard, je ressors cet article, parce que j'ai repris ma robe !

J'en ai besoin pour la prochaine murder des Imaginales et en l'essayant je me suis rendue compte qu'en quatre ans j'ai pris cinq cm de tour de taille, et que même avec mes corsets serrés au maximum je ne rentre plus dedans. Comme perdre dix kilos d'ici un mois est exclu (et dire que l'autre c*** me trouvait trop grosse à l'époque, franchement...), j'ai décidé de la reprendre. Bon c'est pas terrible mais au moins ça m'évitera de jeter tous mes costumes de l'époque :)

J'ai commencé par couper le dos et démonter le tissu de la jupe :

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Puis j'ai coupé quatre fois des triangles dans un autre tissu (malheureusement je n'avais plus le tissu gris clair de l'époque), pièces que j'ai renforcées avec de la vlieseline, cousues à la main, et lacées d'un ruban (pas bien fait :P )

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Et enfin j'ai ajouté une pièce avec des plis Watteau (là par contre il me restait de l'organza gris) pour cacher tout ça :P

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C'est très large, et la silhouette n'est plus très bonne, mais au moins je peux la porter de nouveau, et sans corset en plus ! Qui sait, si un jour je maigris, je reprendrais peut-être le dos pour le mettre comme avant :)

23 mai 2017:

Ce qui est intéressant dans la dernière version de ce costume porté, c'est surtout le maquillage ! J'ai fait un côté jeune et un vieux :)


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Vente de costumes!


Mesdames, Mesdemoiselles et messieurs !

Voici en exclusivité la collection du Grenier de Melle Mars en vente !! (Enfin, pas tant que ça, vu que ça doit bien faire dix ans que je propose certains d'entre eux^^)

J’ai essayé de vous concocter des prix corrects, c’est-à-dire avec lesquels je rentre dans mes frais question fournitures ou prix d’achat de l’article. Si certains vous paraissent trop chers, sachez que je n’essaye pas de vous arnaquer! (Les connaisseurs savent le prix d’un costume sur-mesure, je ne pense pas qu’ils me contrediront)
Tout prix est négociable et il faudra compter dans le prix final les frais de port, exceptés si vous habitez dans mon coin. (En Belchique, donc.) Vous pouvez payer comme vous voulez, mais j'ai papypal, ce qui est fort pratique :D.

Pour les tailles, c’est à ma taille, donc je dirais 42, mais en fait ça peut convenir du 40 au 44, car comme ce sont des costumes, c’est adaptable !

Je mets des photos générales, si vous en voulez d’autres pour les détails, n’hésitez pas à me demander.


MRS Lovett

La robe de mariée : 550 euros

Voile (pas sur la photo) : gratuit

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Robe de Gisèle dans "Il était une fois"

La robe: 75 euros

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Robe de Fée Clochette/Inspiration Louis XII

Costume complet : 345 euros

Robe et plastron : 275 euros
Jupe : 35 euros (c’est de la soie sauvage)
Ailes : 8 euros
Ballerines fait main : 8 euros
Masque : 25 euros
(Je ne vends pas les fausses hanches, mais vous pouvez vous fabriquer ça facilement)

 

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La robe « Miss 50’s »

Véritable robe ancienne, ce n’est pas moi qui l’ai faite. Je la vends avec le jupon adéquat. Taille 40 ajustée.
65 euros à débattre

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La robe « Aliénor »

Là encore, ce n’est pas une de mes créations. Achetée 240 euros chez Larp Fashion. Comme portée trois fois, prix réduit: 150 euros

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Pin up :


Robe: 90 euros (Robe en soie brodée Morgan de toi valeur 135)

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Katrina Van Tassel :


Robe : 465 euros


Robe XVIIIème


Costume complet : 450 euros
Robe : 430 euros
Jupe: 35 euros (c'est la même jupe que la robe Clochette)

Robe 1880 noire à rayures

Costume complet: 100 euros
Jupe: 35 euros
Haut: 80 euros

Robe Renaissance

Costume complet: 480 euros
Robe: 460 euros
Résille, rubans et et boucles d'oreilles assorties: 25 euros

Robe d'Anna Karénine
Costume complet: 460 euros
Robe: 455 euros
Serre-tête assorti: 15 euros

Robe regency grise à rayures vertes: 260 euros (avec le bandeau compris)


Et j'ai encore un millier d'autres costumes disponibles mais j'avoue que j'ai la flemme de les décrire tous. En réalité, cela fait quelques années maintenant qu'ils sont dans un album facebook !

Lucy Barker

Cela faisait quelques années que j'avais en tête la robe de Lucy Barker dans Sweeney Todd, et pas vraiment d'occasion de la faire... Mais ça tombe bien puisque la semaine prochaine, c'est le L dans le challenge de l'Alphabet costumé! J'ai donc une semaine pour faire cette robe^^

24 juin 2015:

Voilà le modèle pour commencer !

Sweeney Todd

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Mon tissu est rose à petites fleurs et pas à petites feuilles noires comme sur le modèle, mais ça devrait le faire^^ C'est une soie que m'a offert ma maman dans laquelle j'ai déjà fait deux robes: une regency assez ratée et une à la Française plutôt réussie en revanche ! J'adore ce tissu, mais comme il est précieux j'ai demandé à chaque fois à ma mère l'autorisation de faire mes projets^^ Pour celui-là elle a dit: je triplevalide :D

On commence par le bustier! Cette fois encore, je me suis basée sur le patron du bustier de ma robe à l'anglaise, lui-même basé sur mon éternel patron à mes mesures. J'avais tout pile poil ce qu'il fallait de vlieseline pour le doubler, parce que cette soie est vraiment très fragile, et transparente.

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J'ai fait une pièce d'estomac en coton blanc recouverte de dentelle. Une fois corsetée et le bustier sur moi, je l'ai épinglée directement pour que la forme soit parfaite. Et elle l'est :D ! Là on ne le voit pas mais une fois la robe terminée on pourra s'en rendre compte^^

25 juin:

Ensuite les manches. Alors là j'ai vraiment réfléchi pour savoir comment j'allais procéder pour les smocks qu'on ne voit pas très bien, et quelle forme elles devaient avoir.

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J'ai cousu des zig-zags pour y glisser un élastique:

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Et puis finalement je me suis rendue compte que mon élastique était trop gros alors j'ai tout repris. Pour les smocks du haut, je les ai posés à la machine, mais ceux des manches c'est à la main parce que c'est vraiment trop petit!

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Et du coup je suis hyper fière de moi parce que j'ai réussi les smocks, que c'est comme dans le film et que c'est beauuuu :D !

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26 juin:

J'ai passé toute la journée à finir les manches, les coudre au bustier, coudre la pièce d'estomac, mettre de la dentelle dessus, poser des agrafes dans le dos et commencer la jupe. Que c'est long... Mais je peux arriver à la terminer avant lundi! Demain il me reste à finir la jupe, à poser les dentelles et la robe sera terminée! Comme ça dimanche, si tout se passe bien, je pourrais faire le chapeau :)

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27 juin:

D'ordinaire pour mes jupes je ne fais pas de jolies finitions vu que ça ne se voit pas, mais là, j'ai eu envie de faire du beau boulot, alors j'ai mis un peu de dentelle sur le bord de la jupe et pris le temps de bien poser deux agrafes :)

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Pour poser la dentelle j'ai mis un bourrelet de tissu dans la manche et l'ai fait directement sur le mannequin.

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J'ai posé la première couche de dentelle:

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Puis je l'ai découpée et cousue à la main des deux côtés en m'y prenant de la même manière.

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Voici le dos:

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Et le devant ! Et là, devant mon mannequin, je me suis rendue compte que j'avais terminé... Ça m'a fait tout bizarre! Demain donc, je ferai le chapeau et les photos pour le challenge :)

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28 juin:

Eeeeeet j'ai passé 7h aujourd'hui sur le chapeau :D Oui parce que pour une fois, je n'ai pas voulu utiliser le pistolet à colle, mais tout faire à l'ancienne :) Normalement le chapeau originel est transparent, mais je n'avais pas le matériel.

Pour commencer j'ai acheté un chapeau à 3 euros chez Zeeman que j'ai découpé:

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J'ai posé de la dentelle beige partout et une autre couche sur le dessus, plus un arceau de fil de fer pour qu'il tienne bien:

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Puis j'ai cousu des ruchés de dentelle à l'intérieur:

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Et deux autres volants de dentelle rose sur le bord:

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J'ai recousu le fond du chapeau avec le bord, puis ai mis un bavolet de deux dentelles cousues ensemble:

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Et enfin, j'ai mis un ruban de satin rose (merci maman d'Edelinde^^) et des petits bouquets sur les côtés (merci maman de moi). Ce ne sont pas ces fleurs-là normalement mais des lys blancs, que je n'avais pas. Alors je les ai remplacés par des roses qui s'accordent bien avec le motif de ma robe!

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J'aurais mis quatre jours pour faire cette robe, mais avec des pauses dedans :) Chaque fois que je reproduis des costumes de Colleen Atwood je suis toujours bluffée par le résultat. Cette fille est un génie, elle arrive à accorder divinement bien les tissus, les coupes et les matières, et ça rend trop bien! Par exemple, jamais je n'aurais pensé mélanger blanc et beige, mais en fait ça fait super :) Et je suis plutôt fière de moi parce que pour une fois tout tombe parfaitement !

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Présentation des Chercheurs du Temps - SPOILERS


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Les Chercheurs du Temps

Nuncq Emmanuelle

(ATTENTION c'est tout plein de SPOILERS)


Les Chercheurs du Temps, ce sont Clarence Fertennant et Roxane Marty, des voyageurs du passé qui utilisent leur pouvoir pour étudier la Littérature française… ou du moins, qui essayent, puisque aucune de leurs missions ne se termine comme ils l’avaient souhaité !

A force de courir après LE scénario de roman parfait, n’arrivant jamais à en trouver un seul qui puisse mélanger tout ce que j’aimais, l’évidence s’est imposée d’elle-même un jour en discutant avec ma mère (les mamans sont toujours de bon conseil) : il fallait que j’écrive une histoire de voyage dans le Temps. Après tout, comme elle me l’a pointé du doigt alors, je pouvais ainsi traiter de tout ce que j’aimais en gardant les mêmes personnages; la série « Docteur Who » et les « Retour vers le Futur » ont toujours fait partie de ma mythologie personnelle, et je ne cessais, gamine, de lui poser des questions sur les causes et les conséquences d’un tel pouvoir. Mais, peut-être parce que ça me semblait trop facile, trop évident, ou que je n’ai jamais pu vraiment me détacher des livres, j’ai ajouté à cet ingrédient « Voyage dans le Temps » mon amour de la Littérature et des écrivains, et j’ai fait de mes deux personnages un professeur et son étudiante… en Lettres.

Les « chapitres » des Chercheurs sont en réalité des nouvelles conçues comme des épisodes de série télévisée : à priori indépendants les uns des autres, le lecteur découvre un fil rouge qui les lie tous, mais n’est pas essentiel pour comprendre l’intrigue.

Chapitres et résumés

Voici les chapitres déjà écrits ainsi que ceux à venir, leur ordre et leurs résumés. La série est close au chapitre X mais je l’ai conçue de telle sorte que je puisse inventer des épisodes à insérer, ou une préquelle. Quant à la « suite », c’est mon roman, « Bordemarge », paru chez Castelmore.

Épisode pilote – La Momie aux sandales d’Or :

Le professeur Fertennant et son élève Maxime Champigny se rendent en Égypte en 1898 pour assister au débandelettage de la momie de Ramsès II.

Chapitre I – Les libellules électriques :

Le professeur Fertennant et sa nouvelle élève Roxane Marty, pour leur quatrième voyage d’études, se rendent à Paris en 1855. Ils interfèrent sans le vouloir sur le suicide de Nerval et doivent combattre la Grande Demoiselle, une étrange femme qui vole l’inspiration des poètes grâce à des libellules électriques.

Chapitre II – L’Automate d’aquarelle :

Paris, 1658. Les Chercheurs du Temps assistent à une représentation de l’Antigone de Rotrou à l’Hôtel de Bourgogne. L’arrivée sur scène d’un automate d’aquarelle, mené par Anna de Saxe, anciennement la grande Demoiselle, provoque une nouvelle ligne temporelle en assassinant par procuration Louis XIV. Ils doivent remettre le Temps en place tout en évitant Anna de Saxe, très hostile au professeur.

Chapitre III – Les Papillons de l’oubli :

Hampshire, 1817. Au cours d’un bal chez Jane Austen, des papillons de l’oubli sèment le trouble dans l’esprit des Chercheurs. Où l’on aperçoit pour la première fois David, le fils du professeur.

Chapitre VI – Les Chevaliers d’Améthyste :

Brocéliande, 1180. En voulant étudier la matière de Bretagne, les deux Chercheurs retrouvent Anna de Saxe, amnésique, dans une grotte féerique. Où l’on apprend qu’elle est la mère de David. Le professeur Fertennant la perd une troisième fois, car elle meurt ensevelie sous la grotte.

Chapitre V – Le Fantôme de la fée perdue

Londres, 1904. Les deux Chercheurs, pour fêter Noël, assistent à la première de « Peter Pan ». Mais le personnage de la fée Clochette est très étrangement absent de la pièce…

Chapitre VI – Les banquiers en lambeaux

Paris, 1941. Le professeur Fertennant emmène Roxane pour rétablir une ligne du Temps faussée, dans laquelle Marcel Aymé n’est plus un écrivain reconnu, mais un employé de banque. Anna de Saxe, qu’on avait crue morte dans l’épisode IV, fait sa dernière apparition. Où l’on apprend que si elle poursuivait son ancien amant, c’est parce qu’il a assassiné leur fils David en 1817 : l’enfant, issu de deux lignes temporelles différentes, menaçait de faire imploser le Temps.

Chapitre VII – Le brouillard d’Edgar Allan Poe

Baltimore, 1849. Roxane Marty tient à élucider les circonstances mystérieuses de la mort d’Edgar Allan Poe. Nul doute qu’avec les Chercheurs du Temps, l’explication ne sera pas rationnelle…

Chapitre VIII – L’Exécution du Tyran détesté

1989. Roxane vole les Semelles pour modifier son propre passé.

Chapitre IX – Le fantôme de Vaux-le-Vicomte

Prend place sous Louis XIV, aux fameuses fêtes de Vaux-Le-Vicomte. Où l'on croise Molière et un fantôme! Clarence veut se séparer de Roxane pour fuir sa malédiction. Il l'envoie en 1900 pendant que lui va finir sa vie en Égypte, sous les traits de Ramsès II.

Chapitre X – La Divine Messagère

Roxane est seule et coincée à Paris, en 1900. Elle rencontre Sarah Bernhardt qui la met sur la piste d'une invention renversante, la Dewey (que l'on rencontre dans Novalys). Roxane s'en sert pour fuir dans un monde de Cape et d’Épée. Fin de la série des Chercheurs du Temps.

Début de BORDEMARGE...

(Rédaction de l'article le 5 octobre 2011, multiples modifications depuis)


1er mai 2015:

Des années après, je vous annonce que je vais publier mes Chercheurs du Temps :D !


Biographie de la Graaande Emmanuelle


Biographie

« Mademoiselle Emmanuelle Nuncq est né en 1984, à Conflans-Ste-Honorine. Toute petite déjà, sa passion pour la lecture causait de graves dommages dans la bibliothèque de ses parents. En effet, elle dévorait déjà des romans et même des pavés indigestes, au sens littéral s’entend. Et depuis le ventre de sa maman jusqu’à aujourd’hui, les livres ne l’ont plus quittée. D’ailleurs, Emmanuelle a su lire bien avant de savoir faire du vélo : les livres sont restés, et le vélo ? Il n’a plus jamais été utilisé. Voyager par la pensée était tout de même plus confortable. Après un cursus scolaire absolument prodigieux, dont une première année de DEUG de Lettres Classiques catastrophique qui ont fait d’elle la honte de ses professeurs, Emmanuelle Nuncq entama, sans surprise, des études tout aussi exemplaires dans le domaine des Lettres et des métiers du livre…

Maintenant docteur ès Lettres, elle est l’auteur d’un mémoire de master portant sur l’adaptation cinématographique des œuvres d’Edgar Allan Poe par Roger Corman et son influence dans le cinéma contemporain, notamment chez Tim Burton.

Après ces fascinantes études, elle a exercé durant trois ans l’emploi de bibliothécaire, emploi qui lui laissa (presque) tout le loisir de la lecture et de l’écriture. Après quelques mois à enchaîner les petits boulots suite à un déménagement en Belgique, elle est de nouveau bibliothécaire, et elle adore ça.

Son premier roman « Porcelaines », publié en 2010, a obtenu le Prix du Premier roman en Ligne édition 2011. Cette histoire de vengeance et d’amour, construite en chapitres éclatés,  rend hommage à la littérature du XIX ème siècle et à l’univers de la poupée de porcelaine. Toute référence à l’œuvre de Burton et de Corman (qu’elle étudiait pendant l’écriture du roman) est purement faite exprès.

Son roman « Bordemarge », histoire fantastique mêlant réalité et fiction, est paru pour les Imaginales 2012.

Bibliographie :

  • The Show must go one? (poème), lauréate du concours “Poésie en liberté”, 2001
  • Étoile du Soir, Lueur d’Espoir (nouvelle), in Phénix Mag n°8. Février 2008 
  • Ulalume de Bordemarge (BD), in Non ? Si ! Bulles n°10. 2010 
  • Porcelaines (roman), éditions le manuscrit, août 2010. (Lauréate du Prix du premier roman en ligne 2011)
  • M. Andrieux est un ours mal léché (nouvelle), in Phénix Mag n°11. Février 2011 
  • Le magicien et le fée (nouvelle), in Des rails, revue ferroviaire, n°11. Avril 2011
  • Bordemarge (roman), éditions Castelmore. 13 avril 2012
  • Des Étoiles au coin des yeux (nouvelle), in Lunatique, n°85. Décembre 2012
  • Vous serez Immortelle (nouvelle), in Anthologie Trolls et Légendes, mars 2013
  • Qui se souvient encore de moi (nouvelle), in ? . 2013

Vous serez immortelle

Pour mon 200ème billet, j’offre gracieusement à mes si nombreux lecteurs ( :p ) la première partie de “Vous serez Immortelle”, nouvelle qui sera publiée dans l’Anthologie de Trolls et Légendes 2013! Le thème en est le semi-homme, et si je ne suis pas hors-sujet, je me suis quand même pas mal éloignée du hobbit auquel j’ai évidemment immédiatement pensé^^ J’ai écrit cette nouvelle environ une semaine avant la date limite… Cétait comme une dissertation, j’ai séché sur une copie blanche, attendu le dernier moment et tout m’est venu tout seul :) Je n’avais pas prévu de réutiliser le thème que l’on trouve dans “Porcelaines”, mais je crois qu’il me tient à cœur ;) On m’a fait remarquer que je faisais encore référence à Tim Burton, notamment à Edward aux mains d’argent, ainsi qu’au XIX ème siècle… et que j’utilisais encore une fois Sarah Bernhardt comme personnage (là il faut me connaître depuis longtemps pour savoir dans quoi ;) ) C’est vrai. Je crois que ce sont des thèmes qui sont en moi et que, comme pour Bordemarge, mes références débordent quand je me mets à écrire sans forcément me demander “est-ce que je l’ai déjà fait?”  ou “Est-ce que c’est original ” :) Le sujet ne l’est peut-être pas, mais la forme, oui: je n’avais encore jamais écrit au présent! Et je me suis vraiment amusée, je crois que c’est surtout ça qui compte :D



Vous serez immortelle

- Paris, 44 rue des Dames, 24 décembre 1887 -


Vu de l’extérieur, avec ses deux pans de carreaux sales enchâssés dans un bois déverni par la pluie, « L’Atelier Merveilleux » semble minuscule et sombre, mais dès qu’il en pousse la porte, le client se retrouve dans un tout autre monde, beaucoup plus grand, plus riche, chargé de promesses. Aujourd’hui, le client est une cliente, et elle sourit en refermant la porte, si basse qu’elle a dû se pencher pour ne pas abîmer son chapeau.

La clochette de l’entrée tinte doucement, un bruit de porcelaine cassée se fait entendre dans le fond. Sarah sait pourtant ce qu’elle va trouver à l’intérieur de la boutique, mais cela continue de l’étonner. Elle observe le mur de gauche, couvert de cadavres de poupées à qui il manque toujours quelque chose : œil, dents, bras, ou même tout le corps. Elle est habituée à ce que ces centaines d’yeux la fixent, et cela fait longtemps qu’elle ne se sent plus mal à l’aise. Il s’est passé dans cette boutique des choses bien plus étranges. Elle serre pourtant le paquet qu’elle apporte contre son ventre, peut-être pour qu’il la protège, ou tout simplement parce qu’il est précieux.

Le mur de gauche est caché par un rideau de velours qui, autrefois, a dû être rouge. Aujourd’hui, il tire plutôt vers le marron sale, tant il est vieux et décoloré par le soleil. À sa barre sont pendues, par leurs fils, des marionnettes. Il n’y a que deux personnes ici, et pourtant elle a la sensation qu’ils sont toute une salle de spectacle. Il faut passer des amoncellements de jouets cassés et des piles de livres pour atteindre l’autre côté de la boutique.

Derrière un grand bureau acajou, dont le pan externe était autrefois le mur d’une roulotte, et sur lequel on peut encore lire « E. Werner, marchand ambulant, jouets de première qualité », se trouve le propriétaire des lieux, monsieur Edgar Werner en personne. Il a levé sa tête dégarnie quand il a entendu la clochette de la porte d’entrée, et sourit en voyant la femme qui s’avance vers lui. Ses moustaches grises, qu’il a imposantes et cirées, se soulèvent jusqu’à ses yeux et se confondent un instant avec le cerclage de ses lunettes. Sa cliente avance entre les obstacles, manque de faire tomber un arrivage tout neuf de Jules Verne avec sa tournure, et se penche au-dessus du bureau pour embrasser son vieil ami. Monsieur Werner a les oreilles qui rosissent, et remonte d’un geste sec ses lunettes rondes sur son nez :

— Bonjour, ma divine, la salue-t-il. Qu’est-ce qui vous amène ?

— J’ai un bras cassé, dit-elle en serrant le petit paquet sur son estomac.

Le restaurateur de jouets se lève et fait difficilement le tour de son bureau. C’est qu’il a un ventre proéminent, qu’on ne remarque guère quand il est assis. Il va jusqu’à la porte, sans toucher le moindre objet, et tourne la pancarte pour qu’elle affiche « Fermé » aux éventuels clients, même s’il paraît évident qu’il n’y en aura aucun. Il est midi, et ils ne sont jamais vraiment nombreux, ceux qui veulent faire réparer leurs jouets à la veille de Noël.

Monsieur Werner retourne à son bureau aussi élégamment qu’il en est parti, tel un danseur, évitant les murs de bimbeloteries comme s’il s’agissait de fleurs précieuses à ne pas écraser. Mademoiselle Sarah n’a pas bougé, elle se contente de tourner une boucle d’un auburn profond autour de son doigt. La boutique de monsieur Werner est le seul endroit où elle sait être patiente. C’est peut-être parce que le calme et la sérénité du vieil homme se diffusent en elle. Ou parce qu’il a toujours trouvé des solutions à ses problèmes.

Le restaurateur ramasse la tête qu’il a fait tomber par surprise au moment où sa cliente préférée est entrée. Elle est brisée en trois morceaux, qu’il tient en coupe entre ses mains potelées comme s’il s’agissait d’un oiseau blessé. Il écarte le rideau rouge en gardant les mains tendues devant lui, et tous deux, sous la sarabande des pieds des marionnettes qui s’entrechoquent, entrent dans une pièce qui n’a rien à voir avec celle que l’on peut distinguer depuis la rue. Ici, tout est propre, les murs sont d’un bleu lavande immaculé, et au milieu de ce qui semble être un laboratoire, trône une paillasse en carrelage blanc, aux extrémités couvertes d’instruments de chimie. Quand monsieur Werner pose la tête en porcelaine entre les flacons de verre, celle-ci est intacte. Sarah dépose avec précaution son paquet sur la paillasse et se débarrasse de son grand manteau noir, ainsi que de son chapeau, qu’elle laisse par terre, à l’endroit même où elle se déshabille. Il n’y a pas de chaise ni de porte-manteau ici, et elle a pris l’habitude qu’une domestique empressée devance toutes ses demandes. Monsieur Werner la regarde et la trouve très jolie dans sa robe de soie rose. Sans le bras gauche qui lui manque, elle serait parfaite. Il ajuste ses lunettes et veut regarder la blessure de plus près :

— Je peux ? demande-t-il poliment en faisant mine de défaire sa manche en dentelle.

— Je vous en prie.

De son bras valide, Sarah délace habilement sa robe, tire sur le tissu pour dégager ses épaules et laisse tomber le bustier, montrant son corset sans aucune pudeur. Monsieur Werner l’a déjà vue nue. Il suit du doigt une couture, le long de son épaule en chevreau blanc, aussi douce que de la peau humaine. La fixation est toujours bien en place, mais elle ne soutient plus le bras, juste quelques tessons de porcelaine.

— Comment vous êtes-vous fait ça ? Demande-t-il.

— En sautant du parapet dans Tosca hier soir, explique-t-elle.

Monsieur Werner se recule, surpris :

— Sur scène ?

— Personne n’a rien vu, le rassure-t-elle. J’avais de longues manches serrées, et c’était le final. Je suis rentrée directement, et j’ai filé chez vous à la première heure.

Monsieur Werner sourit :

— Il est l’heure du déjeuner.

Elle fait une moue :

— C’est la première heure… de l’après-midi.

— Allongez-vous, lui ordonne-t-il.

Sarah maugrée :

— Quand installerez-vous quelque chose de plus confortable ?

— Je ne travaillerais pas bien si vous étiez allongée dans un de vos cercueils, plaisante-t-il.

— C’est très froid.

— Pourquoi me faire remarquer cela, puisque vous ne ressentez rien ?

Elle sourit et répond, évasive :

— Je ne sais pas, pour paraître vivante ? J’ai pris l’habitude de feindre ce genre de choses.

Mais quand elle s’allonge enfin, ses formes ne s’écrasent pas sous son poids. Elle reste une statue en cuir et en porcelaine, très droite, qui n’a rien d’humain. Ses yeux se ferment mécaniquement.

— Ce n’est pas très beau, ce que vous avez fait là, constate-t-il en déballant le bras de son paquet, prenant les morceaux entre ses doigts.

À l’exception de l’attache qui est brisée, c’est un bras magnifique, à la main finement ciselée, mais malheureusement inerte. Il se dit qu’il a vraiment exécuté du beau travail, autrefois, et que c’est dommage qu’elle n’y prête pas plus attention.

— Je suis désolée, s’excuse-t-elle, comme si elle lisait dans ses pensées.

Il explique :

— Il y a plusieurs gros morceaux. Il vaudrait mieux que je refasse un bras neuf… Seulement…

Elle tourne son visage pâle et parfait vers le sien, les yeux toujours fermés :

— Seulement ?

— Eh bien…

— N’hésitez pas !

Il baisse la tête, honteux :

— J’ai eu une inondation dernièrement. Les moules d’origine ont pris l’eau.

Elle se relève, horrifiée, et ses yeux se rouvrent. Son mouvement est abrupt, digne de celui d’un vampire sortant de sa tombe :

— Pardon ? Ce n’est pas possible ! N’y a-t-il aucun moyen de les refaire ?

Il soupire :

— Mademoiselle Sarah Bernhardt, vous êtes ma plus belle création. J’ai travaillé plus de dix ans entre votre conception et le premier vers que vous avez prononcé. Est-ce que vous voulez vraiment mettre votre carrière entre parenthèses maintenant, et pendant tout ce temps ? Ne saurez-vous vous contenter d’une réparation sommaire ? Nous savions tous les deux que ce moment allait arriver.

Sarah détourne la tête et regarde dans le vide. Son beau profil, que monsieur Werner a modelé d’après des statues grecques, se découpe comme un camée sur le mur bleu.

— Non, je ne le savais pas. Disons que… J’avais oublié, et que je ne tenais pas particulièrement à ce que vous me le rappeliez. Pas maintenant, en tout cas. Vous m’aviez promis que je serais immortelle.

— Vous le serez. Seulement, ce n’est pas mon cas.

Elle le regarde tristement. Pour un peu, il croirait voir apparaître des larmes dans ses yeux de cristal :

— Je ne veux pas disparaître comme ça. Je ne suis pas destinée à tomber en morceaux.

— Je peux tenter une réparation. Vous devrez rester toute la nuit chez moi.

— Cela, je suis prête à le faire.

— Mais elle se verra. Cela fera un bourrelet plus épais. Comme un bracelet égyptien, mais en bandelette de momie, tente-t-il d’expliquer à sa manière.

Il se gratte la tête, se demandant si elle a compris, et si elle va accepter d’être déformée. Il connaît son narcissisme. Contre toute attente, elle éclate de rire en serrant son bras cassé contre sa poitrine :

— Alors, je mettrai les grandes manches bouffantes à la mode !

Elle se rallonge, ferme les yeux, et monsieur Werner prépare ses instruments. Par la fenêtre de « L’Atelier Merveilleux », il voit les premiers flocons de neige de l’année tomber, et dans le laboratoire silencieux, le rire de l’actrice résonne encore dans son esprit comme un grelot.

BORDEMARGE

Mercredi 27 juin:

Finalement, j’aime toujours autant mon roman, malgré toutes les critiques mitigées que j’ai pu en lire! J’en ai lu des très bien qui m’ont rendue fière de moi, et toutes ces chroniques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises (mais pas trop, personne ne m’a descendue en flèche :) ), ont finalement fait en sorte de me faire me poser les bonnes questions. J’ai retiré ce qu’il en fallait pour la suite de Bordemarge, que je suis en train d’écrire, et suffisamment de motivation pour continuer un bon bout de temps ;) Je compte faire de Nuxiger (titre très provisoire, c’est affreux ce nom) un roman encore bien meilleur :)



Mardi 15 mai:


Voilà un mois que Bordemarge est sorti, et en réalité, ça ne me fait pas autant d’effet que j’aurai cru; certes j’ai lu quelques critiques, c’est très agréable parce que le livre semble plaire, et que ça me fait toujours plaisir de lire des jolies choses; j’étais très fébrile la première semaine de sortie, mais maintenant cette fébrilité est retombée, et je n’en ai plus rien à faire. Comme si ça y est, le bouquin est sorti de moi, alors je ne m’en occupe plus. Je me demande ce que ça va donner la semaine prochaine, à Étonnants Voyageurs. Je crois que je me souviendrai plus de l’histoire, que je serai pas fichue de la défendre… et que si jamais on me pose des questions, je serai pas fichue non plus de répondre. Déjà rien que qu’une semaine avant qu’il ne sorte, je ne me souvenais plus que j’avais changé le nom du personnage de Clarence en Christian :) On dirait bien que ça va faire comme Porcelaines… dans une semaine je n’aurai retenu que les chose à améliorer, et dans un mois, je soutiendrai mordicus que c’est la pire daube que j’ai jamais écrite et j’en aurai honte :)
En ce moment je suis complètement vide, j’ai des tonnes d’idées dans la tête mais rien du tout qui ne me donne envie d’écrire. J’ai même abandonné les Chercheurs du Temps, alors que l’épisode 8 est presque fini et qu’il ne me reste presque plus rien! J’aimerai vraiment, mais vraiment retrouver ma motivation…



Lundi 16 avril:

Bordemarge est sorti! je n’ai pas dormi pendant une semaine, mais ça ne servait à rien, vraiment :) Jusque-là j’ai eu que des bonnes critiques, à part une mais son auteur semblait ne pas m’aimer moi plutôt que mon bouquin^^ et puis je m’en fiche, il en faut aussi :D Après les critiques des blogueurs, j’attends désormais les avis des lecteurs :)
Et sinon, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le tour de toutes les librairies pour le voir :D

L’avancement du costume de Roxane pour les Imaginales


Dimanche 1er avril:


C’est pas une blague, Bordemarge sort le vendredi 13 avril! J’ai super super hâte :D
Mercredi 4 (le jour de la ortie de Titanic en 3D, moi je dis c’est un signe ;) ) j’ai rendez-vous à paris pour parle à des journalistes! j’ai déjà reçu la couverture et on peut voir une page facebook consacrée au roman ici

Je présenterai ce livre aux Imaginales, où je serai déguisée en Roxane :)


Mercredi 18 janvier:

J’ai terminé hier de corriger mon texte, et j’y ai ajouté exactement 30 pages (pas fait exprès :) )
D’ici mi-février je devrai avoir la première maquette, j’ai hâte!!! :D

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Samedi 10 décembre:

Cela fait trois jours que j’ai reçu les notes pour les corrections, et je travaille, je travaille! J’espère pouvoir rendre la nouvelle version pour qu’il soit bien publié en mars/avril, comme prévu au départ! Mais comme en trois jours j’ai corrigé 16 pages, si je continue sur ce rythme-là, ça fait 20 jours de travail, soit en gros un mois vu qu’il y aura les vacances de Noël entre temps, donc, je le rendrai logiquement début janvier.

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Le 4 mars, j’écrivais le texte ci-dessous, dans lequel j’expliquai que j’étais sur un nouveau roman. Et bien je l’ai terminé ! Le 15 août tout pile, soit deux jours avant mon anniversaire, ce qui fait six mois pour l’écrire! (Bien plus rapide que Malemort que je n’ai même pas terminé). Pour ce faire j’ai passé deux jours dessus avec le soutien de mon zamoureux-que-je-remercie-comme-aux-césars, et le voilà, tout beau, tout neuf ! Pour l’instant, il s’appelle

liste des choses à faire avant de mourir, et je suis trop heureuse de la viiiiiiiiiie !!

            Alors il y a deux héroïnes, l’une c’est Roxane de Bordemarge, et l’autre Violette Linzen (qu’on peut retrouver dans bon nombre de mes nouvelles) et les deux sont vraiment différentes l’une de l’autre. Disons que l’une c’est mon côté Cyrano, et l’autre, mon côté Edgar Poe ;) . Il y a aussi tout un tas de personnages, dont plusieurs sont repris d’autres de mes nouvelles/écrits, et je les aime tous! Parmi eux, il en y a surtout quatre que je chéris particulièrement, parce que j’en ai fais des hommages à mes amis-que-j’aime, comme dirait Edward :)

            Il y a dedans, entre autres choses, un vaisseau pirate avec des pattes d’araignée, un capitaine russe que j’ai repris de Roman, un petit vieux en fauteuil roulant, des belles robes, des mains coupées, des inventions bizarres telles que le svadilfari, des hommages en veux-tu en voilà, des ch’tits n’orphelins, des capes, et pis aussi des épées !

            Bientôt, je posterai ici des illustrations de ce monde-là, parce que j’en ai tout plein de faites, et tout plein dans ma tête !

Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre les retours de mon éditeur, et même si c’est stressant, ça l’est beaucoup moins que de me lever tous les matins en me disant: “j’ai un roman à finiiiiiiiiiiir!”

            Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas ;)

 

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Voici les trois premiers chapitres du roman que je suis en train d’écrire. Il me plait, il me plait, il me plait! Je me suis jamais autant amusée à écrire que pour ce truc. Il n’a pas de titre, les intrigues ne sont pas encore toutes très claires, y a plein de fautes d’orthographe et de grammaire, mais je m’en fiche: je visualise les personnages et vis avec eux pour la première fois depuis que j’ai écrit “Roman”… mon premier roman. Est-ce un signe ? Tout ce que j’aime (personnages, intrigues, époques, détails stupides, références littéraires)  s’imbrique ici d’une façon affreusement évidente, comme si c’était ça que je portais en moi et cherchais  écrire depuis le début ; c’est une vraie révélation et même s’il n’est jamais publié, je crois que je ne remercierai jamais assez mon éditeur de m’avoir fait ce cadeau-là.

Ne vous êtes vous jamais demandé ce que faisaient les héros de vos romans préférés, une fois que vous aviez tourné la dernière page et refermé le livre? Bordemarge est votre réponse.

 

 

 

Allancourt, août 1984

 

            Une discrète lumière bleue éclaira un instant les vitres de la salle des archives de la bibliothèque d’Allancourt, y dessina deux silhouettes, et s’éteignit, plongeant de nouveau la pièce dans le noir. Au milieu des cartons d’ouvrages qu’on était en train de trier cet été-là, entre deux immenses étagères vides, un homme et une femme enceinte, visiblement à terme tellement son ventre était énorme, parlaient tout bas.

— Je t’en prie mon amour! N’y va pas! Disait Marius en lui prenant les mains.

C’était un beau brun habillé comme un dandy du XIX ème siècle, portant des moustaches soignées et une montre à gousset à son gilet.

— Regarde-moi enfin! Reprit-il en lui montrant ses doigts qui se parsemaient de petites taches. Je me décrépis à vue d’œil! Il t’arrivera la même chose!

Eléonore, elle vêtue d’une robe blanche qu’elle avait voulue intemporelle, le prit dans ses bras avec douceur et passa ses doigts dans ses cheveux, qui se couvrirent de fils d’argent.

— Peut-être pas aussi rapidement, reprit-il avec tendresse, car tu as passé bien moins de temps que moi là-bas, mais dans dix, vingt ans tout au plus, tu mourras! Tu ne le verras même pas grandir, ajouta-t-il en posant sa main sur son ventre arrondi. Eléonore s’approcha de son amant qui déjà se courbait un peu plus, et posa sa main sur son visage:

— Dépêche-toi de passer le portail, alors. Je me suis déjà expliquée sur ce sujet tant de fois… Sa voix se brisa dans un sanglot. Je ne veux pas que notre enfant grandisse dans un monde de chimères.

Sous sa main, elle sentit les rides se creuser. Sa peau devenait moins ferme et ses yeux bordés de rouge.

— Allez te dis-je! Et puis tu reviendras me voir, n’est-ce pas? Il embrassa ses mains, qu’il tenait toujours dans les deux siennes, glissa une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille, et murmura, au bord du désespoir, la voix cassée:

— Éléonore, je te le jure. Je ferai tout pour trouver un moyen d’empêcher ce beau visage de se faner, ajouta-t-il en lui caressant la joue. Mais réfléchis encore! Ce monde-là a évolué sans nous!  On ne sait même pas en quelle année on est ! Comment est-ce que tu vas faire?

— Comme durant toute ma vie: je vais faire preuve d’imagination. Elle eut un sourire fugace. Ça ne nous a pas trop mal réussi jusque-là. Je le sais, ce sera une merveilleuse aventure.

Une quinte de toux, mêlée de larmes, plia Marius en deux. Il était proche du vieillard maintenant. Il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps, s’il restait encore ici. Résigné par le sort qui l’attendait, il jeta un regard derrière lui, passa sa main dans ses cheveux devenus blancs, resserra sa lavallière anis dans un serrement désespéré et se traîna jusqu’au fond de la pièce, où il disparut. Éléonore fondit en larmes, puis sortit.

 

            Le lendemain matin, une bibliothécaire retrouva décroché le portrait du premier conservateur d’Allancourt, qu’elle trouva singulièrement vieilli. Avait-il toujours eu cette apparence-là ? Comme, cette année-là, on refaisait tout, depuis le désherbage jusqu’à la décoration, elle voulut le déplacer à l’étage, bien en vu dans le secteur adultes. Elle se dit que ça ajouterait une touche de charme, que ce vieux monsieur en gilet rayé, dont les yeux d’azur délavé  semblaient veiller sur eux.

Et le portrait n’a plus bougé depuis.

 

Chapitre

— Si on te le demande, gamin, tu diras que c’est La Plume qui t’a tiré de ce mauvais pas ! La pomme roula, brillante et rouge, jusqu’au coude du jeune homme, habillé d’un pourpoint tout aussi rouge brodé de petites plumes d’or, décrivit un arc de cercle dans les airs et atterrit dans les mains du gamin, qui acquiesça, un sourire jusqu’aux oreilles. Quant à toi, claironna le nommé La Plume en se tournant vers l’aubergiste à ses côtés, si tu recommences, gros homme, je serai obligé de te fesser les deux joues !

L’aubergiste, une espèce de créature qui tenait plus du cochon que de l’humain, baissa les yeux vers la garde de l’épée que le jeune homme portait à sa ceinture, -du beau travail, espagnol assurément- et grogna. C’était sa façon de répondre oui, qu’à l’avenir, il éviterait de traiter son fils comme un domestique et de lui administrer des taloches pour un rien. Le gosse, plutôt enrobé et petit, était en effet couvert de bleus, et tentait, sans succès, de cacher une cicatrice à l’arcade sous ses cheveux bruns coupés courts. Ils ne semblaient pas avoir connu l’usage du peigne depuis longtemps et rebiquaient en épis.

— Bien, continua La Plume, maintenant, je veux de quoi boire et manger, et je ne me lèverai pas tant que je ne serai pas rassasié !

Une bourse tinta sur le comptoir, et l’aubergiste descendit chercher sa meilleure bouteille de vin, non sans râler après cet insolent qui venait lui donner des cours d’éducation, qu’il s’empresserait d’oublier une fois qu’il serait parti. C’était son fils et il le traiterait comme il l’avait toujours fait. La Plume s’assit donc et son compagnon de voyage, un gringalet avec un long manteau brun qui semblait avoir copié sa coupe de cheveux sur celle du fils de l’aubergiste, se pencha vers lui en enlevant son foulard blanc de son cou :

— Pourquoi faut-il que tu prennes ainsi un malin plaisir à te faire remarquer ? L’insolent rit aux éclats, et la plume de son feutre, énorme et blanche, frissonna:

— Je n’en sais rien, peut-être pour t’embêter ? J’adore te voir avec ces joues toutes rouges.

Seamus baissa la tête comme une jeune fille pudique, et reporta son regard sur la cheminée qui flambait joyeusement. L’aubergiste s’approcha d’eux avec deux bouteilles de vin et autant de verres dans les mains, qu’il posa avec violence sur leur table.

— Ces messieurs voudront peut-être une chambre pour la nuit ? Demanda-t-il avec tout le mépris dont il était capable.

— Non, nous ne resterons pas ! répondit La Plume, qui n’avait pas pris la peine d’enlever son pourpoint, ni son foulard noir, ni son impressionnant feutre. Contentez-vous de soigner nos chevaux. Du mieux que vous pouvez, ajouta-t-il, c’est-à-dire mieux que le garnement que vous employez. La plume fit un signe vers l’enfant : approche-toi d’ailleurs. Ton nom ?

— Peter, répondit-il en s’approchant, guettant d’un œil la réaction de son père.

— Et bien Peter, tu vas manger avec nous. A cette heure, un gamin comme toi a mieux à faire que de servir tous ces clients avinés, dit-il en faisant un grand geste pour montrer les hommes attablés dans l’auberge. Le père tenta de s’interposer :

— Il a encore ses tâches à accomplir ce soir ! La cuisine ne va pas se nettoyer toute seule ! Le jeune homme se leva, soudain devenu grave :

— Monsieur aubergiste père, vous avez des mains non ? Et à la vue des taloches que vous lui avez données, je gage que vous savez les utiliser. Alors servez-vous en pour faire votre ménage vous-même, ou mieux encore, servez-vous de tout l’argent que vous avez assurément économisé sur son dos pour payer des gens qui vous aideront, et l’envoyer à l’école. Un silence accueillit cette phrase, et l’aubergiste se mit à rougir de colère. Seamus posa une main sur le bras de son compagnon, qui se calma et se rassit.

            Dehors, par les fenêtres ouvertes, La Plume vit les derniers rayons du soleil se mourir derrière les collines de Bordemarge, et avec eux, apparaître dans un vrombissement effrayant les silhouettes d’énormes libellules métalliques. Il se raidit sur sa chaise, abaissa le bord de son feutre sur ses yeux comme s’ils pouvaient le voir d’ici, et chuchota à l’oreille de Seamus :

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ils ont des odonates maintenant ? Seamus se retourna pour les voir, discerna dans le couchant des hommes en noir montés sur leurs machines volantes, et blêmit :

— Il faut croire. Allons-nous-en.

— Très finement réfléchi ! La Plume se leva brusquement, jeta sa bourse sur le comptoir pour dédommager l’aubergiste et se précipita vers les écuries, Seamus sur ses talons. Mais leurs chevaux étaient loin d’être prêts à endurer une course, ils venaient juste d’arriver ! La Plume sangla les sacoches sur les deux destriers qui lui semblaient les plus frais :

— Arrête, c’est du vol ! Cria Seamus.

— Où tu vois du vol ? A la place de ses bidets je lui laisse deux puissantes bêtes dressées et nourries au château ! Qu’il vienne seulement se plaindre, ce verrat ! Seamus haussa les épaules et l’aida à finir d’harnacher. Après tout…. De toute façon, il n’avait jamais réussi à raisonner cet énergumène.

            Ils enfourchèrent leurs nouvelles montures et se dirigèrent vers le sud. Derrière eux, les pirates de Khaltourine, montés sur les odonates, n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’auberge.

— Attendez-moi ! Cria une voix derrière eux. Quand il se retourna, Seamus aperçut Peter, monté sur un de leurs chevaux, qui leur filait le train.

 

 

Allancourt, de nos jours

 

 

— Trois heures, encore trois horribles heures à tenir ! pensa Violette, complètement abattue. L’ennui lui faisait comme un manteau lourd sur les épaules, et ses cheveux, longs et fins, pendaient lamentablement, comme deux ailes de cygne noir, autour de son visage. A la voir ainsi, les paupières lourdes, les lèvres blanches, le visage émacié et pâle d’un cadavre, on aurait dit une héroïne tragique jouée par Isabelle Adjani, ou une de ces images gothiques de vamps à moitiés nues dans la neige qu’on trouve au détour d’Internet.

 A cette heure-ci, la bibliothèque n’était peuplée que de ses collègues et de quelques rares usagers habitués, qui ne viendraient certainement pas lui demander quoi que ce soit. Elle bougea la souris pour que l’écran sorte de sa veille et consulta sa messagerie pour la cinquième fois depuis le début de l’après-midi. A part quelques publicités pour la St-Valentin qu’elle s’empressa de supprimer, il n’y avait rien. Ces mails-là l’énervaient au plus haut point. Et dire que chaque année c’était la même chose ! Pourquoi fallait-il que tout et tout le monde lui rappelle qu’elle était célibataire ? Comme si c’était essentiel de finir sa vie en couple ! Alors que finir sa vie tout court était la seule chose importante pour elle ici-bas.

La seule carte qu’elle avait reçue depuis que cette stupide fête était en mesure de l’intéresser, c’était celle de son voisin de classe en cinquième, un crétin boutonneux qui croyait que les petits chats avec des nœuds roses la feraient forcément fondre. Or Violette n’aimait pas les nœuds roses, les petits cœurs et le chocolat. Elle n’aimait pas grand’chose en fait, et le seul chat qu’elle supportait, c’était le sien, un vieux matou noir avec un sale caractère qui s’appelait Edgar, et lui rapportait plutôt des oiseaux morts que des petits cœurs en sucre.

Cela faisait maintenant deux ans qu’elle travaillait dans cette bibliothèque et chaque jour elle détestait son métier encore plus. Au début, elle avait cru qu’elle parlerait littérature avec ses lecteurs. Ça n’avait jamais été le cas, parce que la seule chose sur laquelle elle les renseignait, c’était la direction des toilettes. Elle soupira et regarda par la fenêtre les nuages gris qui s’étiraient sur le ciel bas et lourd d’Allancourt. Dans un quart d’heure, tout au plus, la nuit serait tombée et la journée s’achèverait comme elle avait commencée : dans l’ennui, la brume et la dépression la plus totale.

            Un bruit de plastique la sortit de ses noires pensées.

— Regarde-moi ça, cria un jeune homme en entrant dans la pièce et sortant une chemise rose tout juste achetée de son sac d’emballage. Je l’ai eue à -70%, la classe non? Violette avisa la chemise à laquelle pendait un paquet d’étiquettes rouges, et fit une grimace.

— Tu peux pas être plus discret? Clarence lui lança un éclatant sourire, qui trancha sur sa peau noire, à la manière du chat de Cheshire, et regarda à la ronde. Il n’y avait que deux personnes sur la longue rangée d’ordinateurs, et elles n’avaient pas bougé à la vue de sa splendide chemise.

— Qui tu veux que ça dérange? Ceux-là sont trop absorbés à mater des filles sur facebook. Et lui collant sa chemise sous le nez: alors?

— Une horreur. Le sourire de Clarence disparut aussi vite qu’il était apparu.

— Tu crois?

— C’est pour la fille de 15h? Clarence acquiesça.

— Une blonde pareille n’est pas du genre à considérer comme toi les chemises roses comme le summum du fashion et de la virilité. Mets du noir, bon sang, c’est classe et t’es sûr de pas faire d’impair.

— Pour qu’on me voit plus ? Violette esquissa un sourire.

— Bon, du blanc alors. Elle frissonna. Clarence retrouva sa bonne humeur et rangea sa chemise rose dans son sac.

— Et toi les amours, comment ça va ? Violette leva les yeux au ciel. Clarence aimait l’emmerder, il savait pertinemment qu’elle détestait cette question, digne de l’interrogatoire d’une mamie gâteuse.

— Oh moi tu sais, j’en suis toujours au même point avec Marius, dit-elle en montrant derrière elle le portrait du premier conservateur des lieux, un vieil homme à l’air peu amène, portant  bacchantes blanches, gilet, lorgnons  et montre à gousset. Il est pas très causant.

— Si tu enlevais de ta tête ce panneau « Attention Violette méchante, ne pas toucher » peut-être  que… Violette l’interrompit :

— Hey ! Traite-moi de coincée aussi !

— Coincée, non ! Mais par contre… Violette lui donna un coup de poing à chaque insulte : cynique, désagréable, fausse rebelle, dépressive, fêlée, asociale, anarchiste et provocatrice, ça oui !

— Mais t’as fini ? Elle se rembrunit : et je suis pas dépressive. Clarence leva un sourcil sceptique :

— Autant que moi je suis diplômé en physique nucléaire. C’était une blague entre eux : Clarence était effectivement diplômé, et il n’avait jamais voulu dire comment il en était arrivé ici, en secteur jeunesse, à faire des animations déguisé en pirate pour les gamins de trois ans. Au fait, qu’est-ce qu’il devient, reprit-il, le pauvre type qui t’a laissé le cœur en miettes ?

— Ben, hésita Violette, il empoisonne les limbes de ce qui me reste de mon pauvre cerveau fêlé ? Il souffre atrocement dans la prison de souvenirs et de remords que j’ai construite pour lui ? Clarence éclata de rire, et chuchota en voyant les deux usagers se tourner vers eux, visiblement revenus à la vie :

— T’as le sens de la formule toi. T’aurais pas été poète maudit par hasard ? Que de points communs avec ce cher vieux Marius, décidément…

— Quand t’auras fini de dire des conneries tu pourrais peut-être me laisser bosser ?

— Bosser, quel grand mot ! Et dans une révérence, il quitta les lieux avec son sac plastique, sa bonne humeur et sa chemise rose.

            Les deux heures qui suivirent parurent encore plus longues à Violette, qui maintenant regrettait d’avoir fait partir Clarence, pensait à William, dont le souvenir douloureux avait été réactivé par sa question. Non, elle ne savait pas ce qu’il devenait, mais contrairement à ce qu’elle avait laissé entendre, elle ne s’en fichait pas du tout. Aux dernières nouvelles, il était en Californie, mais depuis, peut-être était-il revenu en France ? Est-ce qu’il pensait à elle, parfois ? Certainement pas autant qu’elle pensait à lui. En se levant brusquement de son bureau, elle tenta de chasser cette idée en alignant encore les livres avec le bord de l’étagère. On vint lui demander les toilettes quatre fois, elle consulta sa messagerie encore trois, puis elle chassa les deux scotchés de leurs ordinateurs, rangea le dernier chariot, et quitta le bâtiment.

Dark Shadows, une "petite" critique :)

J'ai vu Dark Shadows le jour de sa sortie, et une fois n'est pas coutume, je tente un billet pour en dire ce que j'en ai pensé :) Tout ça sera dans le bordel le plus absolu, comme d'hab', à croire que trop d'années d'études à décortiquer, analyser textes et films ont provoqué un effet indésirable chez moi, à savoir faire tout le contraire de ce que j'ai appris! Je ne serai pas objective, pas ordonnée, et je ne m'appuierai pas sur des arguments indéboulonnables :)

Je ne m'occupe pas du résumé, si vous lisez ce texte, c'est que vous le connaissez :)

Déjà, je ne m'attendais à rien de spécial pour ne pas être déçue après la catastrophe qu'était Alice, (et en temps que grande grande fan de Burton) et bien tant mieux, parce qu'il n'y avait franchement rien de spécial et que j'ai pu apprécier les quelques petits moments rigolos sans me dire « Mon Dieu, Burton me déçoiiiiiiit »... Et avec le recul, je me dis que j'ai vraiment apprécié le film grâce à ça et au fait que n'importe quel clampin qui me raconte une histoire de « voyage dans le temps », je suis preneuse, mais que si je devais replacer ce film dans la filmo de Burton, je dirais que c'est juste une catastrophe, et que oui, je suis très déçue.
Ce film est un bon divertissement, certes, mais pas un bon Burton, ni un Burton tout court : à part ses thèmes fétiches et les têtes des acteurs, je n'ai pas du tout reconnu la pâte de mon réalisateur préféré. Je ne reconnais pas la musique d'Elfman : pas de beau et grand thème, plus normal tu meurs, ça aurait aussi bien pu être un autre compositeur. Les images, les ambiances, les costumes, tout est affreusement normal, n'importe quel type aurait pu réaliser ce film, voire même un fan de Burton qui aurait foutu à la louche tout ce qu'il connait de lui. Le thème est fantastique, certes, mais le film ne l'est pas. Esthétiquement, ça lorgne plus vers Twilight qu'Edward Gorey, comme ça voudrait nous le faire croire, et la partie 1972 est très très laide pour ma part: quitte à faire dans le kitsch, j'aurai préféré un visuel délirant à la Mars Attacks!, en plus ça aurait accentué le clivage entre Barnabas et le monde étrange dans lequel il débarque.
A mon avis c'est dû aux moyens : genre Burton a plein de sous, il peut faire un beau manoir : certes Collinwood est très classe, mais c'est une bâtisse normale, qui n'a pas du tout la classe du château d'Edward par exemple, tout biscornu et fait de briques et de brocs. Et c'est comme ça pour tout il me semble, ce qui enlève une bonne partie du charme. Trop léché, trop parfait, trop normal. Comme dit, limite Twilight par moments, ce qui se ressent aussi par le fait que c'est un film de vampires, mais je ne trouve pas le genre franchement renouvelé: niveau famille de tarés gothiques, la Famille Addams me plaît plus :)
Je me suis surprise à avoir envie plusieurs fois que Barnabas la ferme tellement il est ennuyeux, pourtant, l'éloquence d'un aristo du XVIII ème confronté au registre de 1972, ça aurait pu être génial ! Ils ont vraiment queuté sur les dialogues, notamment les face-à-face Barnabas/femme qui /qu'il aime. (A ce titre la scène de sexe est assez naze (par contre, contente qu'il y ait un peu de sexe, ça change:) )) Les dialogues avec Angélique étaient dégoulinants de clichés, j'aurai cru revoir Mr et Mrs Smith, quant aux scènes d'amour avec Josette/Victoria, mais quelle platitude ! Où est l'amour dans tout ça ? Où sont les sentiments ? Non et puis alors c'est juste un détail hein, mais Josette, quel prénom ridicule... Dans toute la scène où il lui court après pour pas qu'elle se suicide, alors que c'est sensé être un minimum tragique, j'avais juste envie de rire... Cependant la dernière scène, avec son petit maquillage gothique à la Nosferatu, là oui l'héroïne avait quelque chose de touchant :)
J'étais super contente de revoir Helena et Michelle, deux actrices que j'adore, mais là, on ne les voit pas, et elles ont vraiment des rôles stupides ! Rien à la mesure de leur talent, Helena a déjà été plus trash dans le genre Sue Helen... Elles sont très secondaires et même dans Stardust, qui est pas un super film, ou dans Hairspray, alors qu'on la voit pas trop, Michelle Pfeiffer avait mille fois plus de charisme que ça... Elle est loin la Catwoman, la Tourvel ou même la sorcière d'Eastwick
A la fin, avec la vieille révélation de Caroline qui est un loup-garou, je me suis dit : non mais c'est quoi l’intérêt à part de foutre une dea ex machina pour tuer la vilaine sorcière ? Les scénaristes ont du se dire : bon ben on a une sorcière un vampire, des fantômes, un docteur fou, on peut bien mettre une louve-garou ça passera inaperçu !
J'ai adoré la galerie de portraits d'Angélique, et à la fin, quand elle ressemble à une poupée de porcelaine. Si son personnage de garce avait pas été aussi cliché, j'aurai applaudi Burton d'avoir réussi enfin à faire une héroïne forte, après le désastre d'Alice :) D'ailleurs je me suis demandé si toutes ces petites phrases sur le féminisme étaient pas là un peu pour s'excuser d'avoir auparavant fait une Alice aussi nulle :)
Les personnages n'ont pas de finesse, les acteurs, à part Eva Green, qui est la seule à ressortir du lot, ont l'air de pas savoir ce qu'ils font là : j'avais l'impression que Depp se cachait derrière son maquillage et ses longs doigts, un vrai pantin de théâtre qu'il faut voir de loin, qui gesticule, blablate et montre ses dents blanches, sauf que là on est au cinéma mon vieux, et plein de choses passent aussi par les regards... Il savait faire, ça avant, nous faire comprendre tout le passé et les pensées de son personnage par des gestes et des regards, dans Edward on en a une superbe preuve, mais là, c'est merdique. C'est même plus un bon acteur...
Tout ce qui est confrontation 1780/1972, c'était chouette, mais c'est vrai qu'il y avait pas mal de rapprochements avec les Visiteurs, à tel point que quand Barnabas tape avec sa canne sur la route, j'ai cru qu'il allait dire « Pouah ça puire » :D Pour moi, difficile de laisser le bénéfice du doute à Burton quant à son visionnage des Visiteurs : le film a eu du succès et c'est bien pour ça qu'on a fait un Les Visiteurs en Amérique .
C'était bien trop long à mon goût. Il y a plein de scènes qui auraient pu être raccourcies, voire d'autres qui auraient du être étoffées, histoire de développer les personnages. Si dans Mars Attacks ! ça ne me dérangeait pas qu'il y ait des tonnes de personnages pas très fouillés, c'est parce que ça allait à mille à l'heure. Là, non, parce que le rythme est mauvais.
Sinon tout le truc avec Alice Cooper m'a fait mourir de rire, et euh... j'adore les costumes XVIII ème, et j'en ai un en projet^^
Dans tous les gens que je connais qui l'ont vu, tous l'ont vraiment aimé... Je dois avoir un problème... Moi Burton ne me fait plus trop rêver, et c'est triste. Et je ne pense pas que ça s'arrangera avec Frankenweenie.
Je ne vois pas trop où est le « renouveau à la Beetlejuice » comme je l'ai entendu plusieurs fois, et j'avoue que j'aimerai presque que Burton devienne pauvre pour nous refaire des films où le manque de flouze donnait lieu à plus d'imagination :) 

J'ai trouvé  hyper prévisible la toute fin avec Helena en vampire, c'est même amené avec de gros sabots puisque que quand Barnabas la mord, on lui voit des dents de vampire pendant un peu trop longtemps.

Dans la série "Burton s'inspire de Corman", (mémoire de master oblige), je pense direct à La Chute de la maison Usher! Pour moi c'est bien plus qu'une inspiration, il y a des scènes entières qui sont reprises, et c'est fait avec beaucoup, beaucoup moins de tact que ce qui avait été fait avec Sleepy Hollow/la chambre des tortures/l'Enterré vivant: La jeune innocente qui débarque dans un manoir qu'elle découvre hanté, les passages secrets avec de grands escaliers, la forêt avec des arbres bizarres en bordure (dans le film de Corman, la forêt avait subi un incendie malencontreux, mais ça sert vraiment l'ambiance alors que là on a du relativement normal comme forêt), la maison qui s'anime (au premier degré, sans grande subtilité), Barnabas sous son portrait (mais qui a bien moins de classe et de mystère que Price en Usher), la jolie femme fantôme, le lustre qui tombe à la fin, bref, y en a des tonnes d'autres, et si dans la nouvelle de Poe il y avait une grande symbolique psychologique derrière tout ça, là Burton nous transforme Collinwood en un creusé à clichés, il n'en fait rien de neuf, et j'ai trouvé que ça avait d'autant moins de charme que, comme je l'ai dit, que ce soit dans le film de Corman ou dans tous les autres films de "Château hanté" de Burton, la baraque, avec ses décors carton-pâte, son architecture tordue, ses effets spéciaux à deux ronds et sa fausse fumée, a pour moi infiniment plus de charme, de corps, de présence que cet espèce d’entrepôt provisoire où tout ce qui est moderne est trop petit pour ces grands murs, et me parait déjà vieux et moche (genre le Docteur Maboul qui pour moi est forcément un jouet de mon enfance à la boîte bousillée qui traîne dans le grenier de ma mamie :) )


Bon, avec tout ça, faut pas croire, mais j'en suis quand même ressortie avec un grand sourire aux lèvres et j'ai envie de le revoir :)

Les Fleurs du Mal

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“Les Fleurs du Mal sont en effet d’étranges fleurs ne ressemblant pas à celles qui composent d’ordinaire les bouquets de poésie. Elles ont les couleurs métalliques, le feuillage noir ou glauque, les calices bizarrement striés, et le parfum vertigineux de ces fleurs exotiques qu’on ne respire pas sans danger. Elles ont poussé sur l’humus noir des civilisations corrompues.”

Théophile Gautier

C’est juste que je trouve cette phrase très belle, et comme c’est mon blog, de toute façon, j’y fous ce que je veux. Je viens de finir sa biographie, je suis en train d’écrire un scénario sur ce monsieur, que je trouve tout à fait parfait pour faire un personnage de fiction. D’ordinaire, je ne lis pas de bio, j’aime pas ça, parce que c’est trop triiiiiste, le héros meurt toujours à la fin.

L'année 2010 en cinéma

L'année 2010 commence en fanfare avec Avatar! mais cette année, comme je ne vais pas avoir trop les moyens d'aller au ciné, je vais également mettre les autres films que je vois et qui me semblent intéressants. Toujours le même système de couleurs.

Avatar : J’en sors tout juste (j'y ai mis le temps) et j'aurais mieux fait de m'abstenir: je ne vais pas rebondir sur toutes les critiques très bien faites produites avant moi pour lesquelles je suis plutôt d’accord, comme quoi par exemple ce film est bien en-dessous de ce que j’en espérais, je vais juste dire que ça m'énerve profondément parce que les seules idées que je trouvais cool dans mon roman en cours (genre les schtroumpfs à oreilles pointus qui se battent avec des arcs, les plantes lumineuses, les loups décharnés, la forêt-refuge-paradis et la parabole écolo....) je les retrouve dans ce film! Si cet olibrius de réalisateur ne s'appelait pas JC je lui taperai dessus: bref, je vais devoir une énième fois tout recommencer... J’en ai vraiment marre d’avoir des idées cool qui sortent en livre ou en film des mois après… même si vous me direz que des créatures à peau bleue et oreilles pointues, ça fait longtemps que ça existe…

Metropolis: C'était une projection de la version restaurée sur ARTE. Pour avoir vécu une expérience un peu similaire avec une projection des "Lumières de la ville", je me dis que ça devait être merveilleux d'être dans la salle.Revoir ce film restauré avec ces scènes retrouvées est un vrai plaisir, mais s'il est un peu trop empreint de religion pour moi. Et j'adore les grimaces de l'actrice qui joue Maria quand elle est méchante^^

Sur la route de Madison: (passait sur la 3). D'ordinaire il y a toujours un décalage dans les vieux films "classiques" qui me dérange, mais là, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu d'histoire d'amour aussi poignante. Le jeu des acteurs y est pour beaucoup, et je suis encore plus fan, si c'est possible, de Meryl Streep. J'adore la finesse et la justesse avec lesquels sont traités les sentiments, c'est tellement réaliste... Bref, j'ai versé ma petite larme à la fin^^

Singing in the rain: (passait sur TCM) (en ce moment je revois ma culture cinématographique) Franchement je comprends pourquoi c'est devenu la comédie musicale préférée des américains. C'est vraiment drôle, touchant et paradoxalement (alors que ça parle du passage du film muet au parlant) assez moderne, même dans les chorégraphies. j'adore les personnages de Don Lockwood et de kathy.

2001 l'odyssée de l'espace (passait sur TCM) Comme on m'en a beaucoup parlé comme d'un classique, j'ai décidé de le regarder. Eh bien, je ne comprends pas pourquoi ce film que l'on peut résumer à des vaisseaux qui dansent sur des valses viennoises et des filles habillées à la Courrèges avec des pots de chambre sur la tête a eu autant de succès.
Au bout d'une heure, les hiiiiii de la musique (si on peut appeler ça comme ça) étaient si stridents que j'ai coupé en plein milieu. ça ne m'était pas arrivé depuis.... en fait ça ne m'était jamais arrivé de ne pas suivre un film jusqu'au bout. C'est dire si j'ai aimé...

Diamants sur canapé: Outre le charme indéniable d'Audrey Hepburn, je trouve que ce film manque un peu de rythme et de poésie. J'ai bien aimé deux passages, celui où le héros emmène l’héroïne à la bibliothèque pour lui montrer qu'ils possèdent son livre, et la fin, avec le discours sur la liberté et le "personne n'appartient à personne";)

Je viens de me faire à la suite les deux versions de Sabrina: celle avec Audrey Hepburn et celle avec Harrison Ford.
Dans l'idée c'est l'histoire d'une fille qui tombe amoureuse de David Larrabee, part à Paris pour l'oublier, revient des années plus tard complètement transformée, et comme elle compromet une fusion et un mariage entre David et une riche héritière, se fait manipuler par Linus/Laurent Larrabee afin de ne plus gêner. Sauf que ce dernier en tombe amoureux...
Les deux versions sont extrêmement proches, mais je crois bien que je préfères la seconde, même s'il y a Bogart dans la première, parce qu'elle est bien plus fraîche et Ford, qu'est-ce qu'il joue bien... Je la préfère aussi parce que quand Sabrina va en France, on retrouve Fanny Ardant, Valérie Lemercier (créditée au générique Valeria, ce qu'ils sont nuls ces amerloques) et Patriiiiick Bruel! Du coup, la vision de la France n'est pas aussi cliché que dans la première version: à la base, elle partait en France pour devenir cuisinière quand même...
Bref, c'est vraiment une jolie histoire que je vous recommande, quelle qu'en soit la version, (les deux films ou la pièce de théâtre originelle) l'idéal étant pour moi de faire jouer Audrey Hepburn face à Harisson Ford^^

Je viens de voir le Pianiste et j'en suis encore toute retournée... Sur 144 minutes de film, j'ai du pleurer à peu près 140 minutes, ce qui fait que je bats mes records de larmes obtenus avec The duchess et Sam je suis Sam. C'était comment dire... bouleversant. C'est un film que tout le monde devrait voir. On devrait l'imposer dans les collèges avec La liste de Schindler, enfin, ce n'est que mon humble avis^^ Normal que tout le monde en parle les larmes aux yeux, parce que sérieusement, si quelqu'un le regarde sans verser la moinde larmichette, c'est qu'il a fait don de son coeur de son vivant. j'avais l'estomac en vrac tout du long, il y a des scènes particulièrement choquantes. Je crois que je vais faire des cauchemars toutes les nuits avec celle avec le papy en fauteuil roulant. Remarque, déjà que je rêve de camps de concentration toutes les nuits, ça va pas changer grand'chose, juste rendre ça encore plus réaliste et encore plus horrible.

L'arnacoeur avec un quatuor d'acteurs assez bons: Romain Duris, Julie Ferrier, Vanessa Paradis et François Damiens. La fin est téléphonée, mais les moyens d'y arriver ne le sont pas. il y a quelques scènes assez chouettes, notamment celle où le couple refait la chorégraphie de Dirty Dancing. A croquer! Je voudrais bien être arnaquée comme ça

Shutter island. Mouais je sais pas si j'ai trop regardé de films avec des twists finaux, mais là, je n'ai absolument pas trouvé que la fin était originale... j'ai trouvé ça un peu glauque, mais très prenant. Et bizarrement, le mossieur à côté de moi m'a regardé d'un air bizarre quand je lui ai dit que je trouvais certaines scènes très belles: celles avec les enfants noyés, celles avec les corps à Dachau sous la neige, celle avec la fausse Rachel et ses trois enfants en sang à ses pieds et celle avec Rachel et Dolorès en "souvenir" qui se font happer par l'explosion de la voiture. Je les trouvais esthétiquement très réussies, limite destinées à faire des tableaux. Bref, lui avait envie de vomir, et moi j'avais envie de peindre... je suis vraiment pas normale.

Alice au pays des merveilles
Mon impression générale est que malgré les sublimes costumes (quelles robes, je n’en reviens toujours pas !), les magnifiques décors, l’histoire de base que j’adore et les acteurs tous géniaux, il n’y avait rien de bien merveilleux là-dedans… Je n’ai ressenti aucune émotion (excepté les scènes entre Alice et Hatter qui auraient mérité d’être plus développées), j’avais l’impression de voir un joli livre d’images.
Commençons par le début et son introduction : j’ai trouvé Alice petite très laide avec ses cheveux décolorés, rendre les filles blondes, OK, mais fait pas exagérer. C’est comme la reine blanche, c’est quoi ce maquillage ?? Les scènes dans le monde réel me plaisent beaucoup, je les trouve très jolies, avec tous ces habits blancs. Par contre, pourquoi le futur ex-mari d’Alice est roux ? Qu’est-ce qu’il a contre les roux Burton ?
C'est quoi ce chapelier? Mais il n'est pas assez toqué! ce n'est pas parce qu'on se contente de changer d'accent et de rire toutes le cinq minutes qu'on est fou. D'ailleurs, pourquoi il change d'accent tout le temps Depp? Et pourquoi il joue aussi mal?
La descente dans le terrier et tous les effets spéciaux en fait me paraissent assez cheap, par exemple quand le valet de cœur monte sur son cheval, je trouve ça très laid.
Je n’aime pas cette façon de rationaliser les personnages et de donner une logique à l’histoire d’Alice : ce qui était une histoire barrée sans queue ni tête devient un scénar de fantasy miteux. La fin me déçoit beaucoup à ce titre, c’est quoi ces éclairs violets de fantasy merdique qu’il crache, le monstre ? Et c’est quoi ce combat final digne d’un mauvais Eragon ??
J’aime beaucoup le chapelier qui giguendélire, on dirait du Michael jackson, quand j’ai vu ça, j’ai crié « noooooon » tout fort, genre « ils ont pas osé quand même^^ »
Pour conclure, je dirais que si j’avais une question à poser à Tim, je lui demanderai s’il n’aurait pas bien besoin d’un jabberwocky à combattre, histoire de retrouver sa plussoyance !

Je viens de voir "L'Imaginarium du Dr Parnassus" mais en fait je ne comprends pas trop certains avis... Je ne l'ai pas trouvé du tout barré, fou, psychédélique, délirant ou je ne sais quoi. Je veux dire, le scénario est quand même très compréhensible, voire linéaire et basique.
J'ai eu l'impression que Gilliam avait scanné mon cerveau d'un certain côté, alors c'est peut-être normal, vu que c'est mon univers, non en fait, c'est Moi tout simplement. Ça m'avait fait ça qu'une fois auparavant, cette impression de voir ses pensées en 3D, et ben c'était avec les premiers Burton que j'ai vus. Et là c'est encore plus, par exemple, les personnages de Valentina, d'Anton et de Parnassus, ben, c'est les miens quoi... Ce n’est pas pour être prétentieuse que je dis ça bien sûr, mais bon… Du coup je n’ai pas été surprise ou eu de réaction extrêmes comme certains…
Je trouve que Heath ledger me faisait penser à mort à Johnny Depp, à tel point que je n’ai reconnu celui-ci (qui est vraiment présent) que quand il a ouvert la bouche. Il était d’ailleurs à croquer, dommage qu’on en ait pas eu plus. Je suis fan de Lily Cole, même amoureuse quoi. Je savais qu’elle était belle, mais qu’en plus elle sache bien jouer, ça… En fait j’adore tous les personnages, vu que comme je l’ai dit plus haut, ce sont les miens. Bon, mon prochain film, ça sera un machin comme ça :p
Il y a un truc qui me parait évident, c'est que Parnassus, c'est Dieu. ça se voit par plein de détails trop longs à expliquer, et je trouverais ça logique, si Dieu existait, qu'il aime tant les humains qu'il soit redescendu sur terre pour être mortel. Du coup ça expliquerait que le Diable soit le seul gagnant de l'histoire et que notre monde court à la catastrophe (cela dit, si le diable c'est Waits, moi, je me laisse tenter)

Mes films préférés

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J’ai essayé de faire un classement de mes dix films préférés, mais j’en avais tellement que je suis passée à vingt, puis quarante, puis cent, puis j’ai triché en mettant les filmos entières^^, (genre tous les films de Tim Burton, tous les films avec des fantômes, tous les films ceci et cela..) Bref,  finalement y en avait tellement que je me suis forcée à revenir à 15, sans concessions!  Donc voici ma liste, dans le désordre, qui ne comprend pas les films comiques (des dizaines), parce que là je n’arrive pas à trouver mon préféré, donc voilà:

 

Edward aux Mains d’Argent

Un jour sans fin

Titanic

 Beaumarchais l’Insolent

Retour vers le Futur (les trois)

Pleasantville

Dracula

Les Noces Funèbres

Sleepy Hollow

Moulin Rouge

Pirates des Caraibes (la série)

Love Actually 

La Vie est belle

Neverland

Les Indiana Jones (surtout le trois)

 

Et puis les autres: (finalement j’ai pas réussi à me limiter, snif… ) L’homme au masque de fer, Ghost, A tout jamais, Les Blues Brothers, Pénélope, Mensonges et trahisons (Et plus si affinités), Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, les palmes de Monsieur Schutz, le Tigre et la Neige, L’Etrange Noel de Mr Jack, Beetlejuice, Raisons et Sentiments, Les Harry Potter, Miracle sur la 8ème rue, Charlie et la Chocolaterie, la Soupe aux choux, Les Visiteurs, Mission Cléopâtre, Rabbi Jacob, L’aile ou la cuisse, Le Noel de Mickey (ben quoi?), OSS 117, La Doublure, L’Age de glace (les 2), Shrek (les 2), La Famille Addams et Les Valeurs de La Famille Addams, La Liste de Schindler, Le come-back, Léon… et j’en oublie certainement

L'Homme de Sable

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici sur vos écrans

” l’Homme de Sable “

Court-métrage fantastico-expressionniste

de moua

Avec la participation de

Falang (http://www.falang.deviantart.com),

Axel Goepfer ( http://les-clowns.blogspot.comhttp://loinetcesttresbien.blogspot.com) et

Nicolas Jeudy (http://www.myspace.com/eleonborgia)

 

 

Avant le film, tout a commencé d’un rêve. Et puis, ce rêve est devenu poème, que voici:

L’Homme de Sable

Chut, ne pleure pas, je t’en prie…
Elle contemple la lune haute dans le ciel, et l’enfant toujours crie
Elle imprime d’une main un balancement au berceau,
Tout en tenant sa plume bien haut. Elle ne veut pas s’endormir, mais elle n’arrive pas à écrire.
C’est ainsi tous les soirs. Quand enfin son enfant s’endort, il est déjà très tard.
Elle n’a plus que la force de se coucher dans son lit.
Elle résiste, refuse, ouvre les yeux bien grands,
Mais la nuit quand même dans ses bras la prend.
Elle s’enfonce alors dans ses draps et dans la poix noire de son sommeil meurtri.
L’Homme Etoile entre par la fenêtre et se pose, léger, sur son lit.
Le tic-tac mécanique de toutes les montres qu’il porte à sa ceinture s’enhardit, puis faiblit.
Une étrange lueur bleutée émane de lui.
Il caresse son front, repousse une jolie mèche noire et perçoit ses rêves.
Ce ne sont que corps mutilés, cadavres, cris, espoirs déchirés, sans aucune trêve. Il recule de frayeur.
Cela lui fait peur, même à lui qui a tout vu pourtant à cette heure
La violence de ses pensées est cruelle,
Elle ressemble à l’assaut de mille soldats sur une citadelle.
Il endort l’enfant sans peine, mais pour sa mère il ne peut rien.
C’est une adulte, elle n’est plus sensée être dans le besoin.
Elle ne doit pas, elle n’a pas le droit d’avoir ses soins.
Mais le lendemain soir, l’Homme de Sable revient.
Pour endormir l’enfant, mais pour sa mère aussi
Il a décidé de braver les lois de son monde, de soigner ses cauchemars, Même si de lui il ne doit être plus rien,
Et pour qu’ils s’envolent, de leur ouvrir une porte. Il a prévu pour ce faire tout un attirail de poudres.
Il y en a des dizaines, il y en a de toutes sortes
Poudres d’étoiles ou de sable de lune éblouissantes,
Poudres scintillantes, changeantes, poudres
Comme un grain de poussière dansant dans le soleil
Délicats pollens, à de légers flocons de neige pareils.
Il s’approche de la jeune femme et l’observe un instant.
Quelque part, au fond de son être, un tic-tac sonne.
Est-ce le tic-tac de toutes ses montres qui de nouveau résonne? Non, c’est bien différent, et c’est bien meilleur aussi.
Il souffle sur elle ses poudres délicates, Il essaye sur elle tous ses sortilèges, toute sa magie,
Et sa jolie tête s’apaise, ses cils cessent de battre. Pour ce soir, il a réussi.
Et chaque soir l’Homme de Sable revient par la fenêtre,
Pour endormir l’enfant, mais pour la mère aussi. Et chaque soir il voit un cauchemar s’envoler et disparaître.
Chaque soir il sent battre un peu plus fort le tic-tac dans sa poitrine
Chaque soir il apaise la jeune femme de ses mains,
Et chaque soir il devient un peu plus humain.
Le dernier soir, l’homme de sable a vaincu les peurs de la jeune femme.
Il a détruit ses cauchemars, repoussé ses chimères, vaincu ses monstres noirs
Le dernier soir, la jeune femme ouvre les yeux et le voit
Or jamais aucun humain ne l’a vu jusque-là…
Le dernier soir devient le premier jour
Le premier jour où l’homme de sable connaît l’amour…

Voici l’interview de Falang, l’une des principales actrices (en réalité la seule, l’autre étant en plastique) de ce film!

- Bonjour Falang, vous venez de tourner dans “l’Homme de Sable”. Est-ce votre première apparition sur le grand écran?

Pas exactement, ayant déjà fait les figurantes dans un long métrage japonais, adapté du manga Nodame Cantabile, et qui fit un détour sur Paris pour y tourner quelques scènes de concert classique fin 2009… J’ignore si la chose sera jamais visible dans nos contrées, mais ce fut une expérience amusante, notamment de voir comment fonctionne la direction du figuration de groupe… sans compter qu’entendre hurler en japonais et à applaudir un orchestre en playback toute la sainte journée, c’est quelque chose ! ^^

Concernant “L’Homme de Sable”, il s’agit en revanche de ma première expérience (non théâtrale) en tant qu’actrice… soit filmée en gros plan, et non perdue dans une foule… J’espère que vous ne trouverez pas que mon jeu frôle le talent d’un tubercule…

Mais non enfin, je suis sûre que vous avez plus de charisme qu’un tubercule… Alors, qu’avez-vous pensé de cette première expérience?

C’était très exaltant ! Cela m’a procuré un plaisir inouï, avec la satisfaction de se sentir incroyablement motivée et enthousiaste ! D’autant que j’étais entourée de gens de talent, infiniment sympathiques ! On a d’ailleurs finalement tourné à vitesse grand V, tant l’entente était cordiale et entraînante !

La renouvelleriez-vous?

Avec grand plaisir, je dis oui ! Quand vous voulez : aujourd’hui, demain… C’est à la fois amusant et instructif ! Et puis cela donne envie de surpasser et d’explorer de nouveaux horizons… J’ai ainsi entendu parler d’un projet ambitieux de film d’horreur impliquant des poupées, qui feront passer Chucky pour un enfant de choeur… Mais je ne peux malheureusement pas vous donner plus de détails, car tout dépend de notre géniale réalisatrice Orfée, qui garde soigneusement ses idées comme autant de petits bijoux dans un coffre, aimant ménager le suspens. ^^

Comment s’est passé le tournage?

Comme je disais, très très bien. La réalisatrice savait où elle allait et ce qu’elle faisait, tout en conservant cette part d’imagination intuitive, qui laissait le champ libre à l’improvisation. Alex et moi-même pouvions faire des suggestions et discuter avec elle de nos scènes. Le tout donc dans une entente parfaite, très détendante. J’avais personnellement une certaine appréhension à l’idée de participer à un projet d’une telle ampleur, mais tout s’est fait le plus simplement du monde.

J’ai vu que vous aviez créé les affiches pour l’Homme de Sable, pouvez-vous nous parler de votre travail et de vos influences?

C’est un style que je développe depuis quelques années maintenant et auquel j’ai réussi, depuis un an environ, à donner une forme qui me convient. J’aime l’utilisation de l’encre de Chine pour créer une opposition noir / blanc nette, sans nuance d’aucune sorte. C’est un genre qui m’est venu en regardant Fred Astaire et Ginger Rogers danser ensemble dans les films des années 30, où la mise en scène jouait sur une opposition tranchée entre le noir des fracs et le blanc des robes.

Sinon, dans le tracé des lignes, je m’inspire directement de trois influences : l’Art Déco, l’Art Nouveau et l’Expressionnisme Allemand, ce dernier ayant eu une grande influence dans mes goûts cinéphiles.

Enfin, avant de nous quittez, quelque mots pour nous donner envie d’aller voir le film?

“Quand la poésie et la tendresse s’unissent

Au front des veuves, deuil et chagrin s’affadissent

Pleurs suffoqués deviennent des rires en grelot

Et au cœur de l’hiver, Amour redevient beau

Laissez-vous envoûter par cet Homme de Sable

Seigneur de la Nuit, Enchanteur des plus aimables

Devant lequel les cauchemars ne durent pas

Les étouffant dans l’âme, un baiser pour combat”

 

Et bien, pour quelques mots, c’est un très beau poème! Merci Falang!

 

Et voici l’interview de la réalisatrice. Commentaire de l’intéressée : “N’importe quoi, ces questions !” ^^+

- Bonjour Orfée. Tout d’abord, parlez-nous des origines d’un tel projet.

I had a dream, a dream who… (non, sans rire, je vais parler en français^^) L’homme de sable m’est effectivement apparu dans un rêve. J’ai eu la vision de cet être merveilleux qui s’occupait, dans les années 40, d’une mère et de sa fille. Dans mon rêve, l’homme de sable était bleu translucide et l’enfant avait quatre ans, mais ce sont deux choses qu je n’ai pas réussi à refaire On ne trouve pas facilement sous la main une petite fille de quatre ans qui joue la comédie Ensuite, ce rêve, je l’ai retranscris dans un dessin, puis dans un poème, et enfin dans un scénario, que j’ai réussi, je l’espère, à porter à l’écran avec le plus de fidélité possible par rapport à ce que j’avais en tête.

- Votre univers est particulièrement poétique. Quelles sont vos influences ?

Pour ce film-là, ce sont donc mes rêves, en grande partie, qui en sont à l’origine. C’est d’ailleurs pour cela que l’image est bleue dans le film. Ensuite, le cinéma expressionniste, les sketchs de Buster Keaton, et bien sûr, les films de Burton avec lesquels j’ai grandi! Je ne prétends pas les égaler, loin de là, mais je pense que mes spectateurs y verront quelques clin d’oeils

- C’est la première fois que vous tournez un film sans être devant la caméra. Cela ne vous a-t-il pas manqué ? Et que pouvez-vous nous dire de votre travail de réalisatrice ?

Ah, non, ça ne m’a pas manqué du tout, au contraire! Si j’ai jusque-là j’ai tourné toute seule, c’est juste que je ne pouvais pas faire autrement! Mais si à l’avenir je peux éviter de montrer à tous ma sale tronche et mon jeu qui, pour le coup, est l’égale de celui d’un tubercule, je ne vais pas me priver! C’était vraiment une expérience géniale, tellement plus libre que les précédentes (c’est vrai quoi, pour une fois j’ai pu faire autre chose que des plans fixes ! Bon, c’est vrai que pour ce premier film, je suis un peu l’Ed Wood du XXIème siècle, parce que j’avais tendance à crier “parfait, c’est génial!” à tout bout de champ, et que la moitié des prises ont été faites en une fois

Je me rends compte aussi que c’est la première fois que je tourne un film qui ne soit pas comique, et c’est bien plus dur à faire, que de montrer ses émotions sans les enrober d’ironie. Dans celui-ci, je ne me cache pas sous l’humour. Si c’est nul, je ne pourrais pas dire: “C’était fait exprès voyons!”

- Renouvelleriez-vous cette expérience de diriger d’autres acteurs ?

Ah oui alors, et je ne vais pas me priver! Je veux en faire mon métier, c’est clûr, et je vais me donner les moyens pour! Et même si vous trouvez ça complètement nul ce que je fait, je m’en fiche, maintenant, je sais que je ne pourrais plus vivre sans…

- Quels projets vous tiennent à coeur actuellement ? Prévoyez-vous un nouveau film ?

Actuellement, j’ai prévu de reprendre mes études, dans le cinéma justement! Alors mes projets (j’en ai des milliers), je les laisse tous par écrit, car d’ici octobre prochain, je ne crois pas que j’aurais le temps de m’y remettre… Par contre, j’ai découvert que j’adorais travailler en collaboration: c’est l’émotion la plus géniale du monde que de voir ses rêves prendre corps; alors si d’aucuns parmi vous aiment mon travail et veulent que nous montions des projets ensemble, qu’ils se manifestent! (Dans la limite d’un volontariat bien sûr, je ne suis pas encore Burton pour vous payer

- Votre film sera présenté à Cannes par la magnifique Isabelle Adjani. Que ressentez-vous ?

Je suis circonspecte… je ne savais pas que les drogues dures étaient autorisées dans le journalisme, Mademoiselle. En plus de cela, Adjani, elle est finie. je vais bientôt la remplacer!

- Enfin, quelques mots pour décrire votre film.

Puisque ma charmante actrice a fait dans la poésie, je ne vais pas suivre ses traces

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Fermez vos sens à votre extérieur et ne faites plus fonctionner que vos sentiments les plus profonds. Imaginez un masse nuageuse, et faites en sortir le corps le plus parfait: posez-y le premier sourire de vos souvenirs, le premier regard brillant, le premier éclat de rire, les traits les plus doux, les ailes les plus délicates, et enfin, donnez lui votre voix intérieure: me voici ! je suis votre Imagination. Posez moi sur votre épaule, approchez moi de votre oreille et laissez-moi là le temps d’une histoire :

Il était une fois, il n’y a pas très longtemps, une jeune femme, et son enfant …

 

Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, voici en exclusivité… l’interview exclusivement exclusive d’Axel Goepfer, qui interprète avec brio l’homme de Sable qui donne son nom au film! (Et oui, le meilleur pour la fin!)

Bonjour Axel. Tout d’abord, parlez-nous de votre rôle, vous jouez… un marchand de sable??.

Bonjour à vous. Oui c’est ça un marchand de sable. Tout le monde connaît ce personnage depuis “Bonne nuit les petits”. Alors ici, nous avons voulu revisiter le mythe et insister sur le côté marchand. Mon personnage est un opportuniste fini qui raquette les enfants insomniaques pleurant dans leur lits. Plus actuel, quoi.

Il apparaît que ce n’est pas la première expérience de ce genre à laquelle vous participez, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours?

Oui c’est vrai. J’ai moi-même beaucoup raquetté étant plus jeune. Seul, ou en bande. J’ai toujours aimé ça.

Que pouvez-vous nous dire du tournage?

Le riz cantonnais était dégueulasse!

Vous êtes ici sur un forum consacré à Tim Burton, avez-vous des liens particuliers avec ce réalisateur? (Vous pouvez répondre non, on ne vous lynchera pas)?

Un peu. Mais je voudrais utiliser cet espace de parole pour dire que moi aussi j’ai été abusé par Polanski. Affreusement. J’ai cru que c’était un grand cinéaste et puis j’ai vu son dernier film. Un dégoût.

Enfin, quelques mots pour nous donner envie de voir ce film?

Vous n’avez rien de mieux à faire, ne mentez pas.

Avez-vous des choses à rajouter?

Enfin une vraie question! Un peu de sérieux.

Alors.

Merci à Emmanuelle d’avoir fait ce court. Vu sa joie à le faire, ça ne peut être que réussi. Je lui souhaite d’en faire beaucoup, avec le même plaisir de partager ses rêves.

Merci à Falang d’avoir joué le jeu. Le visionnage rendra évident qu’elle sait jouer, en dépit de ses craintes. Et bravo pour les affiches, elles sont sensationnelles! Les dessins sortent du papier.

Merci à tous ceux qui rêvent en cadrage et pellicules, ne vous arrêtez pas. Je vous donne rendez-vous dans les arts.

 

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, La bande-Annonce!

Et enfin, le 5 août 2010, L’Homme de Sable sort enfin sur vos écrans!