Emmanuelle Nuncq

Romancière à deux visages, couturière rêveuse et plein d'autres choses encore.

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Roxane dans "Cyrano de Bergerac" de Rappeneau

23 septembre 2018 :

Nous sommes en 1998, j'ai quatorze ans. Bruno Gaccio ouvre, comme tous les soirs, "Nulle part ailleurs". Il prononce quelques mots, et alors que je suis en train de débarrasser la table, je me fige, tendant l'oreille, buvant ses paroles. J'apprends par cœur les vers qu'il prononce, n'ayant pas entendu d'où vient la citation. Je sais juste que c'est sublime ! Je me dépêche de terminer mes tâches. Dans ma chambre d'ado, je note les mots que je viens d'entendre, quelque chose comme "mais un baiser, à tout prendre, qu'est-ce ?" et "un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer". Je n'ai pas Internet, pas facile de retrouver l'origine de ce que je crois être un poème : mais j'ai les Lagarde et Michard de mon grand-père, des bouquins poussiéreux que je n'ai, je crois, jamais ouverts (ça changera). Je passe une bonne heure à lire des extraits, et j'ai de la chance, je tombe justement sur la scène du baiser extraite de "Cyrano de Bergerac" ! J'ai trouvé !

Le lendemain, première heure, je me rends au CDI pour emprunter la pièce d'Edmond Rostand. Jusqu'au soir, je ne lâcherai pas le bouquin : je lis même sous ma table de cours, mais c'est tellement beau que j'essaie de ne pas montrer que je ris, que je pleure, que je frémis : il faut en garder un peu. Je dormirais tard, ce soir-là.

Le surlendemain, je relis la pièce : durant les années qui suivront, je la relirai au moins une fois par mois, apprenant tout par cœur, collectionnant les éditions. Aujourd'hui, j'en ai onze, mais j'en ai offerte quelques-unes. Ma fierté : une édition originale de 1898. Le personnage de Rostand devient mon mentor, me donne du courage et l'envie de monter sur scène.

Vingt ans plus tard, "Cyrano de Bergerac" est toujours ma pièce favorite, celle que je lis quand je ne vais pas bien, pour trouver des réponses. C'est d'ailleurs en voyant la mise en scène de Podalydès à la Comédie-Française que j'ai compris qu'il fallait que je rompe avec mon ex-le psychopathe. Il a fait la gueule toute la soirée, et je me souviens m'être dit que si j'étais plus amoureuse d'un être de fiction que du gars qui était à mon côté, c'est qu'il y avait un souci.

Aujourd'hui, j'ai la chance de donner des conférences sur les adaptations cinématographiques. Comme cette année, nous fêtons à la fois les 150 ans de la naissance d'Edmond Rostand et les 100 ans de sa mort, je peux parler de "Cyrano"! Je peux partager ma passion, et je peux, enfin (et c'était le but de cette longue introduction) avoir une bonne raison de coudre un des costumes du film !

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Je serai donc Roxane ! Roxane la précieuse pimbêche, pour le coup, telle qu'elle apparaît au début du film de Jean-Paul Rappeneau que nous allons montrer à la bibliothèque. Pas facile facile de voir l’entièreté du costume, qui n'apparaît que dans un plan fugace, entre deux passants :) Et comme le film est assez vieux, je ne suis pas parvenue à trouver des images d'exposition ou de publicité.

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22 septembre :

Pour me mettre en train, j'ai commencé par le plus simple, la jupe jaune du dessous. J'ai cousu un petit volant dans le bas mais je ne suis pas sûre que ce soit ça. On dirait plutôt une découpe en demi-cercles mais le volant, c'était plus facile à réaliser ! Comme me dit Hervé, aucun de mes auditeurs à la conférence ne me dira : "je ne vous écoute pas, vous n'avez pas reproduit fidèlement le costume!" Oui des fois, je m'inquiète pour un rien^^

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Ce tissu jaune, je l'ai trouvé dans un magasin qui liquide ses stocks d'ameublement, aussi c'était à 5 euros le mètre :) Pour les deux tissus du bustier et de la jupe du dessus, j'ai mis longtemps à trouver deux tissus dans les mêmes matières, tons de bleu et or, et avec des motifs à peu près identiques. C'est un bleu trop franc par rapport au modèle, mais question ressemblance/prix, je m'en sors plutôt bien ! Ce sont des coupons de satin trouvés sur l'Etsy indien :)

Et donc, j'ai cousu la jupe du dessus ce soir !

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27 septembre :

Il me manquait du matériel pour pouvoir continuer, c'est chose réparée aujourd'hui ! Boutons, rubans, fil, j'ai tout trouvé :)

Cet après-midi j'ai commencé le bustier. Il est dans un satin bleu avec des motifs plus petits que ceux de la jupe, doublé de satin jaune. J'ai coupé les pièces dans le dos pour qu'elles forment un triangle comme à l'époque, mais je ne suis pas sûre que ça se voit : pas grave, c'est joli^^

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Je suis fière de mon passement : un ruban doré est pris dans la couture du décolleté, et quand on le retourne, ça fait un bord parfait :)

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Bon la lumière est un peu mauvaise, d'une part parce qu'il fait nuit plus tôt et d'autre part parce que le tissu a de drôles de reflets ! Et comme d'ordinaire, mon mannequin est trop gros pour montrer la robe dessus :)

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29 septembre :

J'ai passé un temps fou sur les manches (particulièrement sur le bord dont je suis très fière) pour m'apercevoir, une fois toutes cousues, qu'elles ne sont pas assez larges.

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Du coup, après deux minutes de découragement, je l'ai ai démontées et en ai coupées d'autres. heureusement qu'il me restait assez de tissu !

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J'ai également cousu des basques. J'en voulais huit, mais comme je suis nulle en maths, je me retrouve avec sept basques pour la longueur de mon tour de taille... Pas grave, la huitième me servira de pochette, en lui ajoutant une doublure :)

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5 octobre :

Je suis plus lente qu'avant pour faire mes costumes, notamment parce que j'ai pas mal de travail à côté :) J'arrive presque au bout de ce costume !

Pour fermer le haut, je n'ai pas mis des agrafes finalement mais deux rangs de dentelle à trous afin d'y passer un lacet. Ce n'est pas comme sur le modèle mais c'était bien plus rapide à faire ! J'ai ajouté aussi une modestie jaune pour cacher le corset.

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Pour la chemise, je me suis inspirée de ma chemise de nuit, mais avec des manches plus longues.

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J'ai resserré le décolleté et les manches deux fois comme sur le modèle : une fois au poignet avec un passement de dentelle dessus, et une fois avec mes manchettes amovibles. Finalement je trouve que c'est trop grossier, mais je n'ai pas le temps de faire quelque chose de plus délicat.

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Voilà le stade actuel du costume : comme d'habitude sans le corset dessous, ce n'est pas très joli.

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7 octobre :

Hier j'ai terminé ! Enfin pas les accessoires ; d'ailleurs je pense m'en passer (le loup, les gants et la cape, c'est juste chiant pour parler^^) Il me restait les boutons à poser, c'est fait ! Deux reliés par un anneau sur les manches, et une dizaine sur le décolleté :

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13 octobre :

Il a fallu que j'essaie mon costume, parce que ce genre de vêtements très ajusté peut révéler de mauvaises surprises. J'ai pris une photo en bas de chez moi parce que je n'ai encore installé de miroir dans l'appartement :) J'ai eu le temps d'en prendre une avant que quelqu'un entre ! Sans la coiffure, je trouve que c'est déjà pas mal, et hormis l'habillage qui est chiant, c'est très confortable !

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20 octobre :

La conférence s'est déroulée avant-hier, et même si le trac me paralyse toujours autant (peut-être que je devrais prendre des cours d'improvisation), je pense que ça s'est plutôt bien passé. Quelques personnes sont venues me trouver par la suite pour me dire qu'elles avaient apprécié, et me faire tourner comme une poupée pour mieux voir ma robe et ma coiffure^^ Voilà à peu près ce que ça donnait :

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Les Chercheurs du Temps

21 octobre 2015 :

J'ai la grande joie de vous annoncer que parait sur Amazon mon roman "Les Chercheurs du Temps", dont les onze épisodes constituent la préquelle de Bordemarge! Pour le trouver c'est très simple, on se rend sur Amazon :D C'est donc une version numérique, en attendant, un jour, peut-être qu'il y aura une version papier! Ce qui est sûr, c'est que je suis très heureuse de le partager enfin, car cela fait près de cinq ans que j'ai commencé à l'écrire!

1er mai 2017 :

Honte sur moi, je n'ai plus mis grand chose à jour sur ce blog côté écriture. Pourtant j'ai plein de nouvelles, dont une super, à savoir que "Les Chercheurs du Temps" vont être publiés chez SEMA ! Dans une vraie maison d'édition, et avec un épisode inédit ;)

Captain Tangara

Pour information, le tangara ou calliste, c'est cet oiseau-là:

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Après quelques recherches j'ai trouvé que c'était l'oiseau qui ressemblait le plus à mon projet, d'où ce titre d'article^^ En fait, pour le second jour des Imaginales, je vais me concocter un costume de pirate noir et turquoise plein de plumes. A vrai dire je vais plutôt être un mélange de Roxane et Angus, mes personnages dans Bordemarge :)

Voilà l'esquisse et les tissus que je vais utiliser:

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8 avril:

Voilà, j'ai fait la chemise du dessous!

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Elle est ouverte sur les côtés à partir de la taille pour que je puisse bouger. Sinon, je me suis rendue compte ce matin que j'avais ce corset-là qui est exactement dans le même tissu que la doublure et qui ira très bien avec ! Alors du coup je ne vais pas faire le corset que j'avais prévu :)

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9 avril:

J'ai passé un temps fou à faire une saleté de corsaire! Rien ne se mettait comme il fallait, j'ai du faire des tonnes de retouches, le tissu accroche... Bref, le pantalon est fini, mais je ne continue pas la couture aujourd’hui! Greu :P

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10 avril:

Décidément, chaque pièce de ce costume va me prendre beaucoup de temps on dirait :) J'ai mis toute la matinée à faire le chapeau!

J'ai recouvert un chapeau de paille du même cuir noir que les hauts-de-chausses et la future redingote. Pour ça, j'ai coupé deux ronds pour les bords, un plus petit pour le dessus et une bande pour le tour. Chaque pièce est entoilée puis amidonnée pour être plus rigide.

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Au final je ne sais pas si c'était une si bonne idée que ça (à part le carton pour le fond) de tout renforcer parce que c'était très difficile à poser et que j'ai du retoucher au marqueur toutes les bords blancs qui se voient. L'avantage c'est qu'on voit moins la paille que si j'avais posé directement le tissu dessus, et que ça fait presque vrai!

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Bon il est loin d'être parfait mais si on le regarde de loin il fait illusion!

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14 mai:

J'ai encore changé d'avis! Je me suis dit qu'avec la chemise en synthétique, le corset et la redingote j'allais mourir de chaud, alors j'ai remplacé le haut par la chemise de Darcy que j'ai cousue la semaine dernière et ai eu l'idée d'ajouter un beau gilet turquoise tout brodé. Il sera un mélange (harmonieux, on espère) entre ce modèle-là que j'ai trouvé au hasard du net:

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Et ce modèle-là qui est dans mon livre "Bêtes de scènes" que la bmi m'a offert en cadeau de départ. Je l'adore ce bouquin, mais jusqu'à présent c'était juste pour le plaisir des yeux et pas spécialement pour l'inspiration :) Espérons que j'arrive à faire aussi joli avec les plumes !

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J'ai coupé les pièces d'après le patron d'un gilet de mec piqué à mon ex, que j'ai rallongées en fonction de la coupe du gilet rose :

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L'extérieur est en turquoise dans le même tissu que la bande du chapeau et l'intérieur dans une doublure verte. Pour l'instant, j'ai cousu ensemble le haut des pièces.

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Sinon, ce matin, j'en ai profité pour refaire le corsaire de partout, maintenant il me va parfaitement ! Bon par contre, j'ai remplacé les boutons par des élastiques :P

15 mai:

Voilà les boutonnières :

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16 mai:

J'ai brodé un bouton avec un plume de paon pour voir, et je trouve que ça rend bien comme ça, aussi je vais faire les 10 pareils :)

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J'ai épinglé des plumes pour voir ce que ça va donner.

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19 mai:

J'ai encore changé d'avis et j'ai finalement brodé des poches à la place^^

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22 mai:

J'ai cousu des liens derrière pour pouvoir l'ajuster:

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Ce qui rend ça vachement plus classe^^ (Et j'ai donc cousu les boutons, terminé les finitions)

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Et j'ai re-encore-changé d'avis en trouvant que finalement, c'était pas si mal les plumes en bas, mais juste sous les poches^^ Ma mère doit en avoir marre à force parce que vous ne savez pas, c'est que j'ai du lui envoyer une dizaine de photos avec des essais pour qu'elle me donne son avis :D

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Bon, ça m'a l'air fini tout ça, hormis le jabot que je vais changer :)

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Il est minuiiiiiiit, l'heure du crime, de mes yeux comme des tournedos au poivre et de mes doigts comme des saucisses piquées sur un grill!! Il est minuit, donc, et je viens de terminer un jabot et une pochette assortie à mon gilet pour y glisser mes cartes de visite !

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25 mai:

Après avoir inauguré mon costume pour une partie des Lames du Cardinal avant-hier soir, je me suis rendue compte que mes bas glissaient alors j'ai fait des jarretières! Et sinon, les bas, c'est moi qui les ai faits aussi^^

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BORDEMARGE

Mercredi 27 juin:

Finalement, j’aime toujours autant mon roman, malgré toutes les critiques mitigées que j’ai pu en lire! J’en ai lu des très bien qui m’ont rendue fière de moi, et toutes ces chroniques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises (mais pas trop, personne ne m’a descendue en flèche :) ), ont finalement fait en sorte de me faire me poser les bonnes questions. J’ai retiré ce qu’il en fallait pour la suite de Bordemarge, que je suis en train d’écrire, et suffisamment de motivation pour continuer un bon bout de temps ;) Je compte faire de Nuxiger (titre très provisoire, c’est affreux ce nom) un roman encore bien meilleur :)



Mardi 15 mai:


Voilà un mois que Bordemarge est sorti, et en réalité, ça ne me fait pas autant d’effet que j’aurai cru; certes j’ai lu quelques critiques, c’est très agréable parce que le livre semble plaire, et que ça me fait toujours plaisir de lire des jolies choses; j’étais très fébrile la première semaine de sortie, mais maintenant cette fébrilité est retombée, et je n’en ai plus rien à faire. Comme si ça y est, le bouquin est sorti de moi, alors je ne m’en occupe plus. Je me demande ce que ça va donner la semaine prochaine, à Étonnants Voyageurs. Je crois que je me souviendrai plus de l’histoire, que je serai pas fichue de la défendre… et que si jamais on me pose des questions, je serai pas fichue non plus de répondre. Déjà rien que qu’une semaine avant qu’il ne sorte, je ne me souvenais plus que j’avais changé le nom du personnage de Clarence en Christian :) On dirait bien que ça va faire comme Porcelaines… dans une semaine je n’aurai retenu que les chose à améliorer, et dans un mois, je soutiendrai mordicus que c’est la pire daube que j’ai jamais écrite et j’en aurai honte :)
En ce moment je suis complètement vide, j’ai des tonnes d’idées dans la tête mais rien du tout qui ne me donne envie d’écrire. J’ai même abandonné les Chercheurs du Temps, alors que l’épisode 8 est presque fini et qu’il ne me reste presque plus rien! J’aimerai vraiment, mais vraiment retrouver ma motivation…



Lundi 16 avril:

Bordemarge est sorti! je n’ai pas dormi pendant une semaine, mais ça ne servait à rien, vraiment :) Jusque-là j’ai eu que des bonnes critiques, à part une mais son auteur semblait ne pas m’aimer moi plutôt que mon bouquin^^ et puis je m’en fiche, il en faut aussi :D Après les critiques des blogueurs, j’attends désormais les avis des lecteurs :)
Et sinon, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le tour de toutes les librairies pour le voir :D

L’avancement du costume de Roxane pour les Imaginales


Dimanche 1er avril:


C’est pas une blague, Bordemarge sort le vendredi 13 avril! J’ai super super hâte :D
Mercredi 4 (le jour de la ortie de Titanic en 3D, moi je dis c’est un signe ;) ) j’ai rendez-vous à paris pour parle à des journalistes! j’ai déjà reçu la couverture et on peut voir une page facebook consacrée au roman ici

Je présenterai ce livre aux Imaginales, où je serai déguisée en Roxane :)


Mercredi 18 janvier:

J’ai terminé hier de corriger mon texte, et j’y ai ajouté exactement 30 pages (pas fait exprès :) )
D’ici mi-février je devrai avoir la première maquette, j’ai hâte!!! :D

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Samedi 10 décembre:

Cela fait trois jours que j’ai reçu les notes pour les corrections, et je travaille, je travaille! J’espère pouvoir rendre la nouvelle version pour qu’il soit bien publié en mars/avril, comme prévu au départ! Mais comme en trois jours j’ai corrigé 16 pages, si je continue sur ce rythme-là, ça fait 20 jours de travail, soit en gros un mois vu qu’il y aura les vacances de Noël entre temps, donc, je le rendrai logiquement début janvier.

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Le 4 mars, j’écrivais le texte ci-dessous, dans lequel j’expliquai que j’étais sur un nouveau roman. Et bien je l’ai terminé ! Le 15 août tout pile, soit deux jours avant mon anniversaire, ce qui fait six mois pour l’écrire! (Bien plus rapide que Malemort que je n’ai même pas terminé). Pour ce faire j’ai passé deux jours dessus avec le soutien de mon zamoureux-que-je-remercie-comme-aux-césars, et le voilà, tout beau, tout neuf ! Pour l’instant, il s’appelle

liste des choses à faire avant de mourir, et je suis trop heureuse de la viiiiiiiiiie !!

            Alors il y a deux héroïnes, l’une c’est Roxane de Bordemarge, et l’autre Violette Linzen (qu’on peut retrouver dans bon nombre de mes nouvelles) et les deux sont vraiment différentes l’une de l’autre. Disons que l’une c’est mon côté Cyrano, et l’autre, mon côté Edgar Poe ;) . Il y a aussi tout un tas de personnages, dont plusieurs sont repris d’autres de mes nouvelles/écrits, et je les aime tous! Parmi eux, il en y a surtout quatre que je chéris particulièrement, parce que j’en ai fais des hommages à mes amis-que-j’aime, comme dirait Edward :)

            Il y a dedans, entre autres choses, un vaisseau pirate avec des pattes d’araignée, un capitaine russe que j’ai repris de Roman, un petit vieux en fauteuil roulant, des belles robes, des mains coupées, des inventions bizarres telles que le svadilfari, des hommages en veux-tu en voilà, des ch’tits n’orphelins, des capes, et pis aussi des épées !

            Bientôt, je posterai ici des illustrations de ce monde-là, parce que j’en ai tout plein de faites, et tout plein dans ma tête !

Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre les retours de mon éditeur, et même si c’est stressant, ça l’est beaucoup moins que de me lever tous les matins en me disant: “j’ai un roman à finiiiiiiiiiiir!”

            Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas ;)

 

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Voici les trois premiers chapitres du roman que je suis en train d’écrire. Il me plait, il me plait, il me plait! Je me suis jamais autant amusée à écrire que pour ce truc. Il n’a pas de titre, les intrigues ne sont pas encore toutes très claires, y a plein de fautes d’orthographe et de grammaire, mais je m’en fiche: je visualise les personnages et vis avec eux pour la première fois depuis que j’ai écrit “Roman”… mon premier roman. Est-ce un signe ? Tout ce que j’aime (personnages, intrigues, époques, détails stupides, références littéraires)  s’imbrique ici d’une façon affreusement évidente, comme si c’était ça que je portais en moi et cherchais  écrire depuis le début ; c’est une vraie révélation et même s’il n’est jamais publié, je crois que je ne remercierai jamais assez mon éditeur de m’avoir fait ce cadeau-là.

Ne vous êtes vous jamais demandé ce que faisaient les héros de vos romans préférés, une fois que vous aviez tourné la dernière page et refermé le livre? Bordemarge est votre réponse.

 

 

 

Allancourt, août 1984

 

            Une discrète lumière bleue éclaira un instant les vitres de la salle des archives de la bibliothèque d’Allancourt, y dessina deux silhouettes, et s’éteignit, plongeant de nouveau la pièce dans le noir. Au milieu des cartons d’ouvrages qu’on était en train de trier cet été-là, entre deux immenses étagères vides, un homme et une femme enceinte, visiblement à terme tellement son ventre était énorme, parlaient tout bas.

— Je t’en prie mon amour! N’y va pas! Disait Marius en lui prenant les mains.

C’était un beau brun habillé comme un dandy du XIX ème siècle, portant des moustaches soignées et une montre à gousset à son gilet.

— Regarde-moi enfin! Reprit-il en lui montrant ses doigts qui se parsemaient de petites taches. Je me décrépis à vue d’œil! Il t’arrivera la même chose!

Eléonore, elle vêtue d’une robe blanche qu’elle avait voulue intemporelle, le prit dans ses bras avec douceur et passa ses doigts dans ses cheveux, qui se couvrirent de fils d’argent.

— Peut-être pas aussi rapidement, reprit-il avec tendresse, car tu as passé bien moins de temps que moi là-bas, mais dans dix, vingt ans tout au plus, tu mourras! Tu ne le verras même pas grandir, ajouta-t-il en posant sa main sur son ventre arrondi. Eléonore s’approcha de son amant qui déjà se courbait un peu plus, et posa sa main sur son visage:

— Dépêche-toi de passer le portail, alors. Je me suis déjà expliquée sur ce sujet tant de fois… Sa voix se brisa dans un sanglot. Je ne veux pas que notre enfant grandisse dans un monde de chimères.

Sous sa main, elle sentit les rides se creuser. Sa peau devenait moins ferme et ses yeux bordés de rouge.

— Allez te dis-je! Et puis tu reviendras me voir, n’est-ce pas? Il embrassa ses mains, qu’il tenait toujours dans les deux siennes, glissa une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille, et murmura, au bord du désespoir, la voix cassée:

— Éléonore, je te le jure. Je ferai tout pour trouver un moyen d’empêcher ce beau visage de se faner, ajouta-t-il en lui caressant la joue. Mais réfléchis encore! Ce monde-là a évolué sans nous!  On ne sait même pas en quelle année on est ! Comment est-ce que tu vas faire?

— Comme durant toute ma vie: je vais faire preuve d’imagination. Elle eut un sourire fugace. Ça ne nous a pas trop mal réussi jusque-là. Je le sais, ce sera une merveilleuse aventure.

Une quinte de toux, mêlée de larmes, plia Marius en deux. Il était proche du vieillard maintenant. Il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps, s’il restait encore ici. Résigné par le sort qui l’attendait, il jeta un regard derrière lui, passa sa main dans ses cheveux devenus blancs, resserra sa lavallière anis dans un serrement désespéré et se traîna jusqu’au fond de la pièce, où il disparut. Éléonore fondit en larmes, puis sortit.

 

            Le lendemain matin, une bibliothécaire retrouva décroché le portrait du premier conservateur d’Allancourt, qu’elle trouva singulièrement vieilli. Avait-il toujours eu cette apparence-là ? Comme, cette année-là, on refaisait tout, depuis le désherbage jusqu’à la décoration, elle voulut le déplacer à l’étage, bien en vu dans le secteur adultes. Elle se dit que ça ajouterait une touche de charme, que ce vieux monsieur en gilet rayé, dont les yeux d’azur délavé  semblaient veiller sur eux.

Et le portrait n’a plus bougé depuis.

 

Chapitre

— Si on te le demande, gamin, tu diras que c’est La Plume qui t’a tiré de ce mauvais pas ! La pomme roula, brillante et rouge, jusqu’au coude du jeune homme, habillé d’un pourpoint tout aussi rouge brodé de petites plumes d’or, décrivit un arc de cercle dans les airs et atterrit dans les mains du gamin, qui acquiesça, un sourire jusqu’aux oreilles. Quant à toi, claironna le nommé La Plume en se tournant vers l’aubergiste à ses côtés, si tu recommences, gros homme, je serai obligé de te fesser les deux joues !

L’aubergiste, une espèce de créature qui tenait plus du cochon que de l’humain, baissa les yeux vers la garde de l’épée que le jeune homme portait à sa ceinture, -du beau travail, espagnol assurément- et grogna. C’était sa façon de répondre oui, qu’à l’avenir, il éviterait de traiter son fils comme un domestique et de lui administrer des taloches pour un rien. Le gosse, plutôt enrobé et petit, était en effet couvert de bleus, et tentait, sans succès, de cacher une cicatrice à l’arcade sous ses cheveux bruns coupés courts. Ils ne semblaient pas avoir connu l’usage du peigne depuis longtemps et rebiquaient en épis.

— Bien, continua La Plume, maintenant, je veux de quoi boire et manger, et je ne me lèverai pas tant que je ne serai pas rassasié !

Une bourse tinta sur le comptoir, et l’aubergiste descendit chercher sa meilleure bouteille de vin, non sans râler après cet insolent qui venait lui donner des cours d’éducation, qu’il s’empresserait d’oublier une fois qu’il serait parti. C’était son fils et il le traiterait comme il l’avait toujours fait. La Plume s’assit donc et son compagnon de voyage, un gringalet avec un long manteau brun qui semblait avoir copié sa coupe de cheveux sur celle du fils de l’aubergiste, se pencha vers lui en enlevant son foulard blanc de son cou :

— Pourquoi faut-il que tu prennes ainsi un malin plaisir à te faire remarquer ? L’insolent rit aux éclats, et la plume de son feutre, énorme et blanche, frissonna:

— Je n’en sais rien, peut-être pour t’embêter ? J’adore te voir avec ces joues toutes rouges.

Seamus baissa la tête comme une jeune fille pudique, et reporta son regard sur la cheminée qui flambait joyeusement. L’aubergiste s’approcha d’eux avec deux bouteilles de vin et autant de verres dans les mains, qu’il posa avec violence sur leur table.

— Ces messieurs voudront peut-être une chambre pour la nuit ? Demanda-t-il avec tout le mépris dont il était capable.

— Non, nous ne resterons pas ! répondit La Plume, qui n’avait pas pris la peine d’enlever son pourpoint, ni son foulard noir, ni son impressionnant feutre. Contentez-vous de soigner nos chevaux. Du mieux que vous pouvez, ajouta-t-il, c’est-à-dire mieux que le garnement que vous employez. La plume fit un signe vers l’enfant : approche-toi d’ailleurs. Ton nom ?

— Peter, répondit-il en s’approchant, guettant d’un œil la réaction de son père.

— Et bien Peter, tu vas manger avec nous. A cette heure, un gamin comme toi a mieux à faire que de servir tous ces clients avinés, dit-il en faisant un grand geste pour montrer les hommes attablés dans l’auberge. Le père tenta de s’interposer :

— Il a encore ses tâches à accomplir ce soir ! La cuisine ne va pas se nettoyer toute seule ! Le jeune homme se leva, soudain devenu grave :

— Monsieur aubergiste père, vous avez des mains non ? Et à la vue des taloches que vous lui avez données, je gage que vous savez les utiliser. Alors servez-vous en pour faire votre ménage vous-même, ou mieux encore, servez-vous de tout l’argent que vous avez assurément économisé sur son dos pour payer des gens qui vous aideront, et l’envoyer à l’école. Un silence accueillit cette phrase, et l’aubergiste se mit à rougir de colère. Seamus posa une main sur le bras de son compagnon, qui se calma et se rassit.

            Dehors, par les fenêtres ouvertes, La Plume vit les derniers rayons du soleil se mourir derrière les collines de Bordemarge, et avec eux, apparaître dans un vrombissement effrayant les silhouettes d’énormes libellules métalliques. Il se raidit sur sa chaise, abaissa le bord de son feutre sur ses yeux comme s’ils pouvaient le voir d’ici, et chuchota à l’oreille de Seamus :

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ils ont des odonates maintenant ? Seamus se retourna pour les voir, discerna dans le couchant des hommes en noir montés sur leurs machines volantes, et blêmit :

— Il faut croire. Allons-nous-en.

— Très finement réfléchi ! La Plume se leva brusquement, jeta sa bourse sur le comptoir pour dédommager l’aubergiste et se précipita vers les écuries, Seamus sur ses talons. Mais leurs chevaux étaient loin d’être prêts à endurer une course, ils venaient juste d’arriver ! La Plume sangla les sacoches sur les deux destriers qui lui semblaient les plus frais :

— Arrête, c’est du vol ! Cria Seamus.

— Où tu vois du vol ? A la place de ses bidets je lui laisse deux puissantes bêtes dressées et nourries au château ! Qu’il vienne seulement se plaindre, ce verrat ! Seamus haussa les épaules et l’aida à finir d’harnacher. Après tout…. De toute façon, il n’avait jamais réussi à raisonner cet énergumène.

            Ils enfourchèrent leurs nouvelles montures et se dirigèrent vers le sud. Derrière eux, les pirates de Khaltourine, montés sur les odonates, n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’auberge.

— Attendez-moi ! Cria une voix derrière eux. Quand il se retourna, Seamus aperçut Peter, monté sur un de leurs chevaux, qui leur filait le train.

 

 

Allancourt, de nos jours

 

 

— Trois heures, encore trois horribles heures à tenir ! pensa Violette, complètement abattue. L’ennui lui faisait comme un manteau lourd sur les épaules, et ses cheveux, longs et fins, pendaient lamentablement, comme deux ailes de cygne noir, autour de son visage. A la voir ainsi, les paupières lourdes, les lèvres blanches, le visage émacié et pâle d’un cadavre, on aurait dit une héroïne tragique jouée par Isabelle Adjani, ou une de ces images gothiques de vamps à moitiés nues dans la neige qu’on trouve au détour d’Internet.

 A cette heure-ci, la bibliothèque n’était peuplée que de ses collègues et de quelques rares usagers habitués, qui ne viendraient certainement pas lui demander quoi que ce soit. Elle bougea la souris pour que l’écran sorte de sa veille et consulta sa messagerie pour la cinquième fois depuis le début de l’après-midi. A part quelques publicités pour la St-Valentin qu’elle s’empressa de supprimer, il n’y avait rien. Ces mails-là l’énervaient au plus haut point. Et dire que chaque année c’était la même chose ! Pourquoi fallait-il que tout et tout le monde lui rappelle qu’elle était célibataire ? Comme si c’était essentiel de finir sa vie en couple ! Alors que finir sa vie tout court était la seule chose importante pour elle ici-bas.

La seule carte qu’elle avait reçue depuis que cette stupide fête était en mesure de l’intéresser, c’était celle de son voisin de classe en cinquième, un crétin boutonneux qui croyait que les petits chats avec des nœuds roses la feraient forcément fondre. Or Violette n’aimait pas les nœuds roses, les petits cœurs et le chocolat. Elle n’aimait pas grand’chose en fait, et le seul chat qu’elle supportait, c’était le sien, un vieux matou noir avec un sale caractère qui s’appelait Edgar, et lui rapportait plutôt des oiseaux morts que des petits cœurs en sucre.

Cela faisait maintenant deux ans qu’elle travaillait dans cette bibliothèque et chaque jour elle détestait son métier encore plus. Au début, elle avait cru qu’elle parlerait littérature avec ses lecteurs. Ça n’avait jamais été le cas, parce que la seule chose sur laquelle elle les renseignait, c’était la direction des toilettes. Elle soupira et regarda par la fenêtre les nuages gris qui s’étiraient sur le ciel bas et lourd d’Allancourt. Dans un quart d’heure, tout au plus, la nuit serait tombée et la journée s’achèverait comme elle avait commencée : dans l’ennui, la brume et la dépression la plus totale.

            Un bruit de plastique la sortit de ses noires pensées.

— Regarde-moi ça, cria un jeune homme en entrant dans la pièce et sortant une chemise rose tout juste achetée de son sac d’emballage. Je l’ai eue à -70%, la classe non? Violette avisa la chemise à laquelle pendait un paquet d’étiquettes rouges, et fit une grimace.

— Tu peux pas être plus discret? Clarence lui lança un éclatant sourire, qui trancha sur sa peau noire, à la manière du chat de Cheshire, et regarda à la ronde. Il n’y avait que deux personnes sur la longue rangée d’ordinateurs, et elles n’avaient pas bougé à la vue de sa splendide chemise.

— Qui tu veux que ça dérange? Ceux-là sont trop absorbés à mater des filles sur facebook. Et lui collant sa chemise sous le nez: alors?

— Une horreur. Le sourire de Clarence disparut aussi vite qu’il était apparu.

— Tu crois?

— C’est pour la fille de 15h? Clarence acquiesça.

— Une blonde pareille n’est pas du genre à considérer comme toi les chemises roses comme le summum du fashion et de la virilité. Mets du noir, bon sang, c’est classe et t’es sûr de pas faire d’impair.

— Pour qu’on me voit plus ? Violette esquissa un sourire.

— Bon, du blanc alors. Elle frissonna. Clarence retrouva sa bonne humeur et rangea sa chemise rose dans son sac.

— Et toi les amours, comment ça va ? Violette leva les yeux au ciel. Clarence aimait l’emmerder, il savait pertinemment qu’elle détestait cette question, digne de l’interrogatoire d’une mamie gâteuse.

— Oh moi tu sais, j’en suis toujours au même point avec Marius, dit-elle en montrant derrière elle le portrait du premier conservateur des lieux, un vieil homme à l’air peu amène, portant  bacchantes blanches, gilet, lorgnons  et montre à gousset. Il est pas très causant.

— Si tu enlevais de ta tête ce panneau « Attention Violette méchante, ne pas toucher » peut-être  que… Violette l’interrompit :

— Hey ! Traite-moi de coincée aussi !

— Coincée, non ! Mais par contre… Violette lui donna un coup de poing à chaque insulte : cynique, désagréable, fausse rebelle, dépressive, fêlée, asociale, anarchiste et provocatrice, ça oui !

— Mais t’as fini ? Elle se rembrunit : et je suis pas dépressive. Clarence leva un sourcil sceptique :

— Autant que moi je suis diplômé en physique nucléaire. C’était une blague entre eux : Clarence était effectivement diplômé, et il n’avait jamais voulu dire comment il en était arrivé ici, en secteur jeunesse, à faire des animations déguisé en pirate pour les gamins de trois ans. Au fait, qu’est-ce qu’il devient, reprit-il, le pauvre type qui t’a laissé le cœur en miettes ?

— Ben, hésita Violette, il empoisonne les limbes de ce qui me reste de mon pauvre cerveau fêlé ? Il souffre atrocement dans la prison de souvenirs et de remords que j’ai construite pour lui ? Clarence éclata de rire, et chuchota en voyant les deux usagers se tourner vers eux, visiblement revenus à la vie :

— T’as le sens de la formule toi. T’aurais pas été poète maudit par hasard ? Que de points communs avec ce cher vieux Marius, décidément…

— Quand t’auras fini de dire des conneries tu pourrais peut-être me laisser bosser ?

— Bosser, quel grand mot ! Et dans une révérence, il quitta les lieux avec son sac plastique, sa bonne humeur et sa chemise rose.

            Les deux heures qui suivirent parurent encore plus longues à Violette, qui maintenant regrettait d’avoir fait partir Clarence, pensait à William, dont le souvenir douloureux avait été réactivé par sa question. Non, elle ne savait pas ce qu’il devenait, mais contrairement à ce qu’elle avait laissé entendre, elle ne s’en fichait pas du tout. Aux dernières nouvelles, il était en Californie, mais depuis, peut-être était-il revenu en France ? Est-ce qu’il pensait à elle, parfois ? Certainement pas autant qu’elle pensait à lui. En se levant brusquement de son bureau, elle tenta de chasser cette idée en alignant encore les livres avec le bord de l’étagère. On vint lui demander les toilettes quatre fois, elle consulta sa messagerie encore trois, puis elle chassa les deux scotchés de leurs ordinateurs, rangea le dernier chariot, et quitta le bâtiment.