Werber/Shyamalan

par Emmanuelle Nuncq, jeudi 14 octobre 2010, 23:12

Pour moi, Bernard Werber est le M. Night Shyamalan de la littérature française:

tout commence par un carton (Les Fourmis/Sixième sens) qui crée le buzz, que tout le monde (même et surtout moi) trouve affreusement original et délicieux. Tout se poursuit par quelques opus dans lesquels on retrouve la même recette (les Thanatonautes/Incassable) qui l’a fait connaître, quelques bons moments divertissants mais dans lesquels un lecteur/spectateur aguerri commence déjà à sentir les mauvais signes pointer.

C’est l’âge d’or: monsieur devient incontournable, commence à prendre la grosse tête, s’auto-parodie, tient un discours inepte, crie au complot (les critiques littéraires/journalistes veulent ma peau!) et pond un bouse (Le miroir de Cassandre/la jeune fille de l’eau) dans lequel la fameuse recette, englobée dans une mélasse démonstrative et maintenant éculée, ne marche plus.

Désormais, il reste à savoir lequel des deux a eu raison: Werber en restant dans les rails de ce qui l’a fait connaître, ou Shyamalan en changeant totalement de genre (Le maître de l’air).

Moi, ce que j’aimerai bien, c’est que Werber recommence comme au début, et nous épargne son didactisme à deux balles. Non, le lecteur n’a pas besoin d’être pris pour un con!