Emmanuelle Nuncq

Romancière à deux visages, couturière rêveuse et plein d'autres choses encore.

Mot-clé - Edgar Allan Poe

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Les Chercheurs du Temps

21 octobre 2015 :

J'ai la grande joie de vous annoncer que parait sur Amazon mon roman "Les Chercheurs du Temps", dont les onze épisodes constituent la préquelle de Bordemarge! Pour le trouver c'est très simple, on se rend sur Amazon :D C'est donc une version numérique, en attendant, un jour, peut-être qu'il y aura une version papier! Ce qui est sûr, c'est que je suis très heureuse de le partager enfin, car cela fait près de cinq ans que j'ai commencé à l'écrire!

1er mai 2017 :

Honte sur moi, je n'ai plus mis grand chose à jour sur ce blog côté écriture. Pourtant j'ai plein de nouvelles, dont une super, à savoir que "Les Chercheurs du Temps" vont être publiés chez SEMA ! Dans une vraie maison d'édition, et avec un épisode inédit ;)

L'Onyreïdée - Nuciger/Novalys


Lundi 26 octobre 2015:

Après avoir laissé reposer ce roman dans mes tiroirs de nombreux mois (voire en fait deux années), je l'ai repris récemment en même temps que les Chercheurs du Temps afin de le transformer en e-book. La genèse de cette suite de Bordemarge aura été longue et compliquée, mais avec le temps et de nombreuses corrections je trouve ce roman plutôt réjouissant. Certes, il n'est pas parfait, mais j'ai bien plus confiance en moins qu'autrefois, et avec le recul je sais reconnaître qu'il a aussi des qualités. Comme il ne convenait pas à Castelmore, il sortira donc en e-book pour Halloween sur Amazon, et j'ai hâte que des gens le lisent !


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Mardi 22 janvier 2013:

Toujours pas de réponse. La semaine dernière je n'ai pas pu m'empêcher de le relire, résultat j'ai passé trois chapitres à la première personne, corrigé plein de fautes et rajouté deux scènes :) . Avec le recul je me dis que ce roman est pas si génial. Comme me l'a fait remarqué Lilla My, à la fin ça va trop vite et ça demande à être étoffé. Je n'ai pas l'impression que ce roman est vraiment à moi. Si je l'ai écrit en fait c'est parce qu'à tous les salons et interviews données au moment de la sortie de Bordemarge, on m'a posé plein de questions et fait plein de critiques. En fait ça a commencé quand on m'a demandé si j'écrirai la suite. Je sais pas pourquoi j'ai répondu que oui, et à partir de là j'ai brodé autour des remarques des gens! On m'a demandé: ça sera la suite? Est-ce que ça va parler de Jane Austen? De belles robes? D'un voyage dans le temps? Du XIX ème? On reverra Angus? A chaque fois j'ai répondu oui. On m'a dit: y a trop de personnages, alors dans la suite y en a que trois qui sont importants. On m'a demandé une histoire d'amour, je l'ai mise. Un mec beau et classe, il y est :) On m'a dit que le steampunk était pas assez développé, j'en ai mis plus, que le décor était pas assez bien planté, je l'ai décrit plus en finesse, que le coup des références et des clichés c'était cool, je m'en suis servie, que les règles qui régissaient les Personnages étaient pas nettes, je les ai définies, et ainsi de suite... Drôle de cheminement, en fin de compte. Pour le prochain roman. Je veux que tout soit absolument MOI. Bien sûr, tout ce que je viens de citer, c'est quand même moi, mais il n'empêche que ;)

Vendredi 23 novembre:

J'ai terminé Novalys! Je l'ai relu trois fois, corrigé, remanié, et l'ai envoyé hier soir à mon éditrice. Il fait 118 pages, presque 150 avec les bonus! Maintenant je n'ai plus qu'à croiser les doigts et espérer que ça lui plaise :)

Mardi 6 novembre:

J'ai repris ce roman après les retours de BBL et l'ai entièrement remanié. Le début que vous lisez tout en bas n'apparaît plus dans mon texte! Je suis à la fin d'une grosse semaine entièrement consacrée à l'écriture de ce bouquin: j'ai scindé la structures en fichiers/chapitres et peut ainsi mieux l'organiser. J'ai traité 24 chapitres sur 38!

26 août 2012:

A priori, j'ai trouvé un nouveau nom, ce sera Novalys. J'aime les Y, ça évoque le poète allemand mais également un système de données pour les bibliothèques, donc c'est parfait :) J'ai écrit près de 60 pages et j'ai laissé reposer depuis que j'ai eu les retours... pas trop mauvais, pour la plupart, je les avais prévus. Seulement, j'ai eu un vieux blocage, comme d’habitude. Aucune envie de tout reprendre à zéro pendant une semaine, mais ça me revient lentement. Je crois avoir compris ce qu'il fallait faire pour rendre mes deux héros attachants :) On verra bien ce que ça donnera  et si j'y arriverai. je n'ai pas franchement l'impression d'être un écrivain, et ça ne me quittera jamais, cette sensation. Raconter, imaginer des histoires, j'adore, mais les écrire, c'est déjà plus difficile, et les écrire bien, là, c'est carrément autre chose. je ne suis pas une styliste. J'ai l'impression qu'à chaque fois que j'écris une phrase, elle a déjà été écrite auparavant par d'autres, alors je ne cherche pas à faire original, mais juste à faire comprendre au lecteur ce que j'ai comme images dans la tête... Du coup, moi qui voulais faire un beau roman avec Novalys, je me retrouve comme avec Bordemarge, avec une gentillette histoire pour gamins... Quand est-ce que j'arriverai à allier forme et fond?  On m'a dit que Porcelaines était bien mieux écrit, mais pour le coup, l'histoire n'avait rien d'original. Je ne sais pas pourquoi, mais il faut absolument que je retrouve ça... Porcelaines, je l'avais écrit sans imaginer de lecteurs derrière, je voulais faire le roman d'amour que je voulais lire. Peut-être que je devrai recommencer avec Novalys, ne pas avoir peur de mettre des louches de sentiments et de description lyriques, et tant pis pour les lecteurs qui trouveront ça ridicule^^


27 juin 2012:

Après avoir fait Étonnants voyageurs et les Imaginales, je suis ressortie pleine d'idées et de motivations. C'est vraiment jouissif de rencontrer ses lecteurs, et j'ai envie de ne pas les décevoir! j'ai donc totalement repris Nuxiger en rentrant et j'ai écrit la 40ème page ce matin! J'ai eu un vieux blocage après la sortie de Bordemarge, je n'ai plus rien écrit depuis mon déménagement à part une petite nouvelle et la suite des Chercheurs (pas encore publiée sur ce blog) mais là c'est enfin revenu, et ça fait du bien!

Par contre, je déteste ce nom maintenant (comme dirait Pierre Pevel, on dirait le nom d'un laxatif^^), et ça fait bien un mois que j'en cherche un autre, et que je ne trouve pas. Pas évidement d’inventer un nom qui soit joli, qui représente bien la ville de fiction que j'ai créée, et qui en plus ai autant la pêche que celui de Bordemarge! Du coup je cherche, et en attendant, Nuxiger restera le nom de code ;)


24 avril 2012:

Nuxiger, c'est provisoirement le titre de mon prochain roman :) C'est une sorte de suite à Bordemarge, avec Emily comme héroïne!

Je me suis amusée à faire la couverture en la calquant sur celle de Bordemarge^^

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Samedi 19 novembre:

J'ai abandonné. Peut-être que je reprendrai plus tard mais j'ai, après le Souffleur, encore commencé un nouveau truc. Après Bordemarge, quel gros projet pourrais-je bien entreprendre? Quelle idée choisir?? Pfff ça va faire depuis août que j'ai pas trouvé LE truc à écrire parmi toutes les idées qui tournent dans ma tête et me rendent dingue.

Mardi 18 octobre:

J'ai commencé un nouveau roman! J'espère que je pourrais le continuer après Bordemarge, parce que j'y tiens beaucoup... Il se passe dans l'Onyreïdée, et il se trouve même si à l'origine j'avais quelques réticences avec ça, c'est la suite de Bordemarge!
16 ans après cela dit, et avec de nouveaux personnages, donc c'est quelque peu éloigné, mais je n'avais pas dit tout ce que j'avais à dire sur ce monde-là, et je suis bien contente de le développer encore un peu :)

Voilà le début (et il y a des chances que tout change) :

 

L'Onyreïdée

TOME II - NUCIGER

 

*

 

       Et si Réalité et Fiction se mêlaient?

 

 

Scène I

Bellefontaine, 18 octobre 2011

 

            A 4h20  du matin, heure locale, Bill Sartings, habitant de Bellefontaine, près de Colombus dans l’Ohio, fut pris d’une soudaine envie de soulager sa vessie. Il sortit de son lit et, tout à fait par hasard, regarda par la fenêtre ouverte de son salon. Dans son jardin, il croisa le regard d’un nain à bonnet rouge, tout à fait vivant, qui lui fit un clin d’œil et s’enfuit en courant. Bill mit cette rencontre étrange sur le compte des trois bières qu’il avait sifflées la veille au soir, et qui d’ailleurs, étaient à l’origine de sa petite virée nocturne. Il se recoucha, et le lendemain matin, il avait tout oublié.

 

Scène II

Merdrignac, 19 octobre 2011

 

A Merdignac, petit village à proximité de la forêt de Hardouinais, vestige de la fameuse forêt de Brocéliande, un garde-forestier du nom de Brabant prit son 4x4 pour commencer son tour d’inspection. Il était presque cinq heures du matin quand il arriva au lac, et le soleil levant faisait naître une brume opaque aux abords de l’eau. Une licorne à la robe immaculée s’abreuvait là. Les pas lourds du garde forestier effrayèrent l’animal, qui le regarda un instant, et disparut dans son monde. Brabant, les yeux baissés vers ses bottes, ne la vit pas, et ne sut jamais qu’elle avait existé.

 

Scène III

Tessalit, 19 octobre 2011

 

L’aéroport de Tessalit, situé au beau milieu du Sahara, n’était pas particulièrement fourmillant d’activité ce jour-là, jusqu’à ce qu’à 16h21, Ismaël Traoré, bagagiste de son état, aperçoive un vaisseau spatial au-dessus de lui. Il rameuta tous ses collègues et ensemble, ils admirèrent les voltes gracieuses, le fuselage sorti tout droit d’un Star Wars, les lasers verts assourdissants et le petit droïde au sommet de l’extraordinaire appareil. Nulle part ailleurs, les médias ne relayèrent la nouvelle, et Ismaël Traoré en conclut qu’un tournage de film devait avoir eu lieu pas loin.

Scène IV

Terre, 20 octobre 2011

 

Partout dans le monde, au même moment, des portails s’ouvrirent, et des créatures et des machines qui n’avaient jamais existé que dans l’imagination des humains firent leur apparition sur la Terre. Parallèlement, quelques humains se perdirent de l’autre côté, et découvrirent ce qu’était l’Onyreïdée.

Parmi eux, deux frères, peut-être parce qu’ils étaient plus ouverts d’esprit que d’autres, crurent à ce qu’ils virent, et surtout, évaluèrent tout l’argent qu’ils pouvaient tirer d’une découverte pareille. Les autres crurent à un rêve, à une hallucination, ou a des drogues, mais n’en parlèrent pas. Quant à Nick et James Sanderson, en quelques heures, ils comprirent les règles de l’Onyreidée et montèrent une entreprise qu’ils nommèrent “Dream On Corp.” En deux jours, ils réussirent à revendre la “Dream On Corp.” à l’une des plus grosses maisons de production cinématographique américaine: la Black Stars inc. Ils en restèrent les adjoints, selon leurs conditions.

A partir du moment où John Hammer, directeur de la Black Stars inc., eut signé le contrat, s’en était fini. Le destin de l’Onyreidée était tout tracé: elle allait mourir.

 

Scène V

Paris,  31 octobre 2011

 

Lucille Khaltourine avait un sérieux problème. Au début, elle avait mis du temps à comprendre ce qui lui arrivait, mais maintenant, elle en était sûre: des ailes lui poussaient dans le dos. C’était des ailes étranges, en forme de feuilles, comme des membranes de peau très pâle, sur lesquelles son sang écrivait ses émotions. On pouvait voir, à travers le fin réseau des veines, se dessiner des mots. Chaque matin, elles avaient disparu, comme rétractées pour la journée, et chaque soir, elles poussaient plus grandes encore.

Lucille , en se regardant ce jour-là une millième fois dans la glace, en conclut que leur taille était arrivée à leur maximum. Elles pouvaient l’envelopper comme une cape quand elle les laissaient tomber, maintenant. Passés les premiers moments de terreur, où ses ailes pulsaient de rouge intense, la jeune fille en était arrivée à se poser la question suivante: comment annoncer ça à son père?

Si elle était tombée enceinte, ça aurait été bien plus simple. Un papa, surtout le sien, peut comprendre çà et aider sa fille, mais des ailes? Jamais elle n’oserait aborder ce sujet-là. Sa mère était morte quand elle était jeune, et Lucille  en parlerait encore moins aux gens autour d’elle: déjà que depuis toute petite tout le monde la prenait pour une folle, qu’allaient-ils dire s’ils croyaient qu’elle se prenait pour une fée?

            Lucille soupira, et ses ailes frissonnèrent, parcourues d’un sang plus calme. Le mot “Respire...” s’écrivit dessus, et disparut pour laisser place à une légère ombre bleutée.

On toqua à la porte de la salle de bain:

— Lucille , sort de là! Cria son père avec son accent russe qui roulait les “R”. On va être en retard!

            Lucille sursauta et tenta de se calmer. Quand elle était stressée, elle n’arrivait pas à faire disparaître ses ailes. Mais elle eut beau respirer et fermer les yeux, rien n’y fit, alors, paniquée, elle enfila un peignoir par-dessus sa robe de soirée au dos nu et ouvrit:

— Désolée, p’pa.

Angus avisa le peignoir:

— Quoi, ça fait une heure que t’es là-dedans et t’es pas encore prête? Grouille-toi!

Il la poussa de force jusqu’à sa chambre, lui fourrant sa trousse à maquillage entre les mains. Lucille tomba sur son lit, au bord des larmes: en la poussant, son père lui avait froissé ses ailes. Ces trucs étaient plus sensibles que n’importe quelle autre partie du corps, elle l’avait bien compris la semaine passée quand elle avait voulu les couper au rasoir. Et malheureusement, elle avait souffert le martyre toute la nuit pour rien, puisque le lendemain soir, elles étaient revenues plus fortes et plus grandes encore que la veille.

Son père était scénariste, et ce soir, c’était l’avant-première de son premier long-métrage, un polar intimiste nommé “Un mensonge ancien”.  Ça faisait plus d’un mois qu’il tournait dans l’appartement comme un lion en cage, pendu au téléphone à longueur de journée. Un mois qu’il ne s’occupait que de lui, et ça arrangeait bien la jeune fille. Mais ce soir, il la voulait auprès d’elle, pour ce si grand événement.

Ce n’était vraiment, mais vraiment pas le bon moment.

 

Scène VI

Paris,  31 octobre 2011

Un point lumineux se mit à grossir dans le ciel. Avec la pollution, on ne put voir tout de suite qu’il s’agissait d’une étoile, et que celle-ci se dirigeait tout droit vers la capitale.

 

 

Présentation des Chercheurs du Temps - SPOILERS


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Les Chercheurs du Temps

Nuncq Emmanuelle

(ATTENTION c'est tout plein de SPOILERS)


Les Chercheurs du Temps, ce sont Clarence Fertennant et Roxane Marty, des voyageurs du passé qui utilisent leur pouvoir pour étudier la Littérature française… ou du moins, qui essayent, puisque aucune de leurs missions ne se termine comme ils l’avaient souhaité !

A force de courir après LE scénario de roman parfait, n’arrivant jamais à en trouver un seul qui puisse mélanger tout ce que j’aimais, l’évidence s’est imposée d’elle-même un jour en discutant avec ma mère (les mamans sont toujours de bon conseil) : il fallait que j’écrive une histoire de voyage dans le Temps. Après tout, comme elle me l’a pointé du doigt alors, je pouvais ainsi traiter de tout ce que j’aimais en gardant les mêmes personnages; la série « Docteur Who » et les « Retour vers le Futur » ont toujours fait partie de ma mythologie personnelle, et je ne cessais, gamine, de lui poser des questions sur les causes et les conséquences d’un tel pouvoir. Mais, peut-être parce que ça me semblait trop facile, trop évident, ou que je n’ai jamais pu vraiment me détacher des livres, j’ai ajouté à cet ingrédient « Voyage dans le Temps » mon amour de la Littérature et des écrivains, et j’ai fait de mes deux personnages un professeur et son étudiante… en Lettres.

Les « chapitres » des Chercheurs sont en réalité des nouvelles conçues comme des épisodes de série télévisée : à priori indépendants les uns des autres, le lecteur découvre un fil rouge qui les lie tous, mais n’est pas essentiel pour comprendre l’intrigue.

Chapitres et résumés

Voici les chapitres déjà écrits ainsi que ceux à venir, leur ordre et leurs résumés. La série est close au chapitre X mais je l’ai conçue de telle sorte que je puisse inventer des épisodes à insérer, ou une préquelle. Quant à la « suite », c’est mon roman, « Bordemarge », paru chez Castelmore.

Épisode pilote – La Momie aux sandales d’Or :

Le professeur Fertennant et son élève Maxime Champigny se rendent en Égypte en 1898 pour assister au débandelettage de la momie de Ramsès II.

Chapitre I – Les libellules électriques :

Le professeur Fertennant et sa nouvelle élève Roxane Marty, pour leur quatrième voyage d’études, se rendent à Paris en 1855. Ils interfèrent sans le vouloir sur le suicide de Nerval et doivent combattre la Grande Demoiselle, une étrange femme qui vole l’inspiration des poètes grâce à des libellules électriques.

Chapitre II – L’Automate d’aquarelle :

Paris, 1658. Les Chercheurs du Temps assistent à une représentation de l’Antigone de Rotrou à l’Hôtel de Bourgogne. L’arrivée sur scène d’un automate d’aquarelle, mené par Anna de Saxe, anciennement la grande Demoiselle, provoque une nouvelle ligne temporelle en assassinant par procuration Louis XIV. Ils doivent remettre le Temps en place tout en évitant Anna de Saxe, très hostile au professeur.

Chapitre III – Les Papillons de l’oubli :

Hampshire, 1817. Au cours d’un bal chez Jane Austen, des papillons de l’oubli sèment le trouble dans l’esprit des Chercheurs. Où l’on aperçoit pour la première fois David, le fils du professeur.

Chapitre VI – Les Chevaliers d’Améthyste :

Brocéliande, 1180. En voulant étudier la matière de Bretagne, les deux Chercheurs retrouvent Anna de Saxe, amnésique, dans une grotte féerique. Où l’on apprend qu’elle est la mère de David. Le professeur Fertennant la perd une troisième fois, car elle meurt ensevelie sous la grotte.

Chapitre V – Le Fantôme de la fée perdue

Londres, 1904. Les deux Chercheurs, pour fêter Noël, assistent à la première de « Peter Pan ». Mais le personnage de la fée Clochette est très étrangement absent de la pièce…

Chapitre VI – Les banquiers en lambeaux

Paris, 1941. Le professeur Fertennant emmène Roxane pour rétablir une ligne du Temps faussée, dans laquelle Marcel Aymé n’est plus un écrivain reconnu, mais un employé de banque. Anna de Saxe, qu’on avait crue morte dans l’épisode IV, fait sa dernière apparition. Où l’on apprend que si elle poursuivait son ancien amant, c’est parce qu’il a assassiné leur fils David en 1817 : l’enfant, issu de deux lignes temporelles différentes, menaçait de faire imploser le Temps.

Chapitre VII – Le brouillard d’Edgar Allan Poe

Baltimore, 1849. Roxane Marty tient à élucider les circonstances mystérieuses de la mort d’Edgar Allan Poe. Nul doute qu’avec les Chercheurs du Temps, l’explication ne sera pas rationnelle…

Chapitre VIII – L’Exécution du Tyran détesté

1989. Roxane vole les Semelles pour modifier son propre passé.

Chapitre IX – Le fantôme de Vaux-le-Vicomte

Prend place sous Louis XIV, aux fameuses fêtes de Vaux-Le-Vicomte. Où l'on croise Molière et un fantôme! Clarence veut se séparer de Roxane pour fuir sa malédiction. Il l'envoie en 1900 pendant que lui va finir sa vie en Égypte, sous les traits de Ramsès II.

Chapitre X – La Divine Messagère

Roxane est seule et coincée à Paris, en 1900. Elle rencontre Sarah Bernhardt qui la met sur la piste d'une invention renversante, la Dewey (que l'on rencontre dans Novalys). Roxane s'en sert pour fuir dans un monde de Cape et d’Épée. Fin de la série des Chercheurs du Temps.

Début de BORDEMARGE...

(Rédaction de l'article le 5 octobre 2011, multiples modifications depuis)


1er mai 2015:

Des années après, je vous annonce que je vais publier mes Chercheurs du Temps :D !


Biographie de la Graaande Emmanuelle


Biographie

« Mademoiselle Emmanuelle Nuncq est né en 1984, à Conflans-Ste-Honorine. Toute petite déjà, sa passion pour la lecture causait de graves dommages dans la bibliothèque de ses parents. En effet, elle dévorait déjà des romans et même des pavés indigestes, au sens littéral s’entend. Et depuis le ventre de sa maman jusqu’à aujourd’hui, les livres ne l’ont plus quittée. D’ailleurs, Emmanuelle a su lire bien avant de savoir faire du vélo : les livres sont restés, et le vélo ? Il n’a plus jamais été utilisé. Voyager par la pensée était tout de même plus confortable. Après un cursus scolaire absolument prodigieux, dont une première année de DEUG de Lettres Classiques catastrophique qui ont fait d’elle la honte de ses professeurs, Emmanuelle Nuncq entama, sans surprise, des études tout aussi exemplaires dans le domaine des Lettres et des métiers du livre…

Maintenant docteur ès Lettres, elle est l’auteur d’un mémoire de master portant sur l’adaptation cinématographique des œuvres d’Edgar Allan Poe par Roger Corman et son influence dans le cinéma contemporain, notamment chez Tim Burton.

Après ces fascinantes études, elle a exercé durant trois ans l’emploi de bibliothécaire, emploi qui lui laissa (presque) tout le loisir de la lecture et de l’écriture. Après quelques mois à enchaîner les petits boulots suite à un déménagement en Belgique, elle est de nouveau bibliothécaire, et elle adore ça.

Son premier roman « Porcelaines », publié en 2010, a obtenu le Prix du Premier roman en Ligne édition 2011. Cette histoire de vengeance et d’amour, construite en chapitres éclatés,  rend hommage à la littérature du XIX ème siècle et à l’univers de la poupée de porcelaine. Toute référence à l’œuvre de Burton et de Corman (qu’elle étudiait pendant l’écriture du roman) est purement faite exprès.

Son roman « Bordemarge », histoire fantastique mêlant réalité et fiction, est paru pour les Imaginales 2012.

Bibliographie :

  • The Show must go one? (poème), lauréate du concours “Poésie en liberté”, 2001
  • Étoile du Soir, Lueur d’Espoir (nouvelle), in Phénix Mag n°8. Février 2008 
  • Ulalume de Bordemarge (BD), in Non ? Si ! Bulles n°10. 2010 
  • Porcelaines (roman), éditions le manuscrit, août 2010. (Lauréate du Prix du premier roman en ligne 2011)
  • M. Andrieux est un ours mal léché (nouvelle), in Phénix Mag n°11. Février 2011 
  • Le magicien et le fée (nouvelle), in Des rails, revue ferroviaire, n°11. Avril 2011
  • Bordemarge (roman), éditions Castelmore. 13 avril 2012
  • Des Étoiles au coin des yeux (nouvelle), in Lunatique, n°85. Décembre 2012
  • Vous serez Immortelle (nouvelle), in Anthologie Trolls et Légendes, mars 2013
  • Qui se souvient encore de moi (nouvelle), in ? . 2013

BORDEMARGE

Mercredi 27 juin:

Finalement, j’aime toujours autant mon roman, malgré toutes les critiques mitigées que j’ai pu en lire! J’en ai lu des très bien qui m’ont rendue fière de moi, et toutes ces chroniques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises (mais pas trop, personne ne m’a descendue en flèche :) ), ont finalement fait en sorte de me faire me poser les bonnes questions. J’ai retiré ce qu’il en fallait pour la suite de Bordemarge, que je suis en train d’écrire, et suffisamment de motivation pour continuer un bon bout de temps ;) Je compte faire de Nuxiger (titre très provisoire, c’est affreux ce nom) un roman encore bien meilleur :)



Mardi 15 mai:


Voilà un mois que Bordemarge est sorti, et en réalité, ça ne me fait pas autant d’effet que j’aurai cru; certes j’ai lu quelques critiques, c’est très agréable parce que le livre semble plaire, et que ça me fait toujours plaisir de lire des jolies choses; j’étais très fébrile la première semaine de sortie, mais maintenant cette fébrilité est retombée, et je n’en ai plus rien à faire. Comme si ça y est, le bouquin est sorti de moi, alors je ne m’en occupe plus. Je me demande ce que ça va donner la semaine prochaine, à Étonnants Voyageurs. Je crois que je me souviendrai plus de l’histoire, que je serai pas fichue de la défendre… et que si jamais on me pose des questions, je serai pas fichue non plus de répondre. Déjà rien que qu’une semaine avant qu’il ne sorte, je ne me souvenais plus que j’avais changé le nom du personnage de Clarence en Christian :) On dirait bien que ça va faire comme Porcelaines… dans une semaine je n’aurai retenu que les chose à améliorer, et dans un mois, je soutiendrai mordicus que c’est la pire daube que j’ai jamais écrite et j’en aurai honte :)
En ce moment je suis complètement vide, j’ai des tonnes d’idées dans la tête mais rien du tout qui ne me donne envie d’écrire. J’ai même abandonné les Chercheurs du Temps, alors que l’épisode 8 est presque fini et qu’il ne me reste presque plus rien! J’aimerai vraiment, mais vraiment retrouver ma motivation…



Lundi 16 avril:

Bordemarge est sorti! je n’ai pas dormi pendant une semaine, mais ça ne servait à rien, vraiment :) Jusque-là j’ai eu que des bonnes critiques, à part une mais son auteur semblait ne pas m’aimer moi plutôt que mon bouquin^^ et puis je m’en fiche, il en faut aussi :D Après les critiques des blogueurs, j’attends désormais les avis des lecteurs :)
Et sinon, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le tour de toutes les librairies pour le voir :D

L’avancement du costume de Roxane pour les Imaginales


Dimanche 1er avril:


C’est pas une blague, Bordemarge sort le vendredi 13 avril! J’ai super super hâte :D
Mercredi 4 (le jour de la ortie de Titanic en 3D, moi je dis c’est un signe ;) ) j’ai rendez-vous à paris pour parle à des journalistes! j’ai déjà reçu la couverture et on peut voir une page facebook consacrée au roman ici

Je présenterai ce livre aux Imaginales, où je serai déguisée en Roxane :)


Mercredi 18 janvier:

J’ai terminé hier de corriger mon texte, et j’y ai ajouté exactement 30 pages (pas fait exprès :) )
D’ici mi-février je devrai avoir la première maquette, j’ai hâte!!! :D

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Samedi 10 décembre:

Cela fait trois jours que j’ai reçu les notes pour les corrections, et je travaille, je travaille! J’espère pouvoir rendre la nouvelle version pour qu’il soit bien publié en mars/avril, comme prévu au départ! Mais comme en trois jours j’ai corrigé 16 pages, si je continue sur ce rythme-là, ça fait 20 jours de travail, soit en gros un mois vu qu’il y aura les vacances de Noël entre temps, donc, je le rendrai logiquement début janvier.

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Le 4 mars, j’écrivais le texte ci-dessous, dans lequel j’expliquai que j’étais sur un nouveau roman. Et bien je l’ai terminé ! Le 15 août tout pile, soit deux jours avant mon anniversaire, ce qui fait six mois pour l’écrire! (Bien plus rapide que Malemort que je n’ai même pas terminé). Pour ce faire j’ai passé deux jours dessus avec le soutien de mon zamoureux-que-je-remercie-comme-aux-césars, et le voilà, tout beau, tout neuf ! Pour l’instant, il s’appelle

liste des choses à faire avant de mourir, et je suis trop heureuse de la viiiiiiiiiie !!

            Alors il y a deux héroïnes, l’une c’est Roxane de Bordemarge, et l’autre Violette Linzen (qu’on peut retrouver dans bon nombre de mes nouvelles) et les deux sont vraiment différentes l’une de l’autre. Disons que l’une c’est mon côté Cyrano, et l’autre, mon côté Edgar Poe ;) . Il y a aussi tout un tas de personnages, dont plusieurs sont repris d’autres de mes nouvelles/écrits, et je les aime tous! Parmi eux, il en y a surtout quatre que je chéris particulièrement, parce que j’en ai fais des hommages à mes amis-que-j’aime, comme dirait Edward :)

            Il y a dedans, entre autres choses, un vaisseau pirate avec des pattes d’araignée, un capitaine russe que j’ai repris de Roman, un petit vieux en fauteuil roulant, des belles robes, des mains coupées, des inventions bizarres telles que le svadilfari, des hommages en veux-tu en voilà, des ch’tits n’orphelins, des capes, et pis aussi des épées !

            Bientôt, je posterai ici des illustrations de ce monde-là, parce que j’en ai tout plein de faites, et tout plein dans ma tête !

Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre les retours de mon éditeur, et même si c’est stressant, ça l’est beaucoup moins que de me lever tous les matins en me disant: “j’ai un roman à finiiiiiiiiiiir!”

            Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas ;)

 

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Voici les trois premiers chapitres du roman que je suis en train d’écrire. Il me plait, il me plait, il me plait! Je me suis jamais autant amusée à écrire que pour ce truc. Il n’a pas de titre, les intrigues ne sont pas encore toutes très claires, y a plein de fautes d’orthographe et de grammaire, mais je m’en fiche: je visualise les personnages et vis avec eux pour la première fois depuis que j’ai écrit “Roman”… mon premier roman. Est-ce un signe ? Tout ce que j’aime (personnages, intrigues, époques, détails stupides, références littéraires)  s’imbrique ici d’une façon affreusement évidente, comme si c’était ça que je portais en moi et cherchais  écrire depuis le début ; c’est une vraie révélation et même s’il n’est jamais publié, je crois que je ne remercierai jamais assez mon éditeur de m’avoir fait ce cadeau-là.

Ne vous êtes vous jamais demandé ce que faisaient les héros de vos romans préférés, une fois que vous aviez tourné la dernière page et refermé le livre? Bordemarge est votre réponse.

 

 

 

Allancourt, août 1984

 

            Une discrète lumière bleue éclaira un instant les vitres de la salle des archives de la bibliothèque d’Allancourt, y dessina deux silhouettes, et s’éteignit, plongeant de nouveau la pièce dans le noir. Au milieu des cartons d’ouvrages qu’on était en train de trier cet été-là, entre deux immenses étagères vides, un homme et une femme enceinte, visiblement à terme tellement son ventre était énorme, parlaient tout bas.

— Je t’en prie mon amour! N’y va pas! Disait Marius en lui prenant les mains.

C’était un beau brun habillé comme un dandy du XIX ème siècle, portant des moustaches soignées et une montre à gousset à son gilet.

— Regarde-moi enfin! Reprit-il en lui montrant ses doigts qui se parsemaient de petites taches. Je me décrépis à vue d’œil! Il t’arrivera la même chose!

Eléonore, elle vêtue d’une robe blanche qu’elle avait voulue intemporelle, le prit dans ses bras avec douceur et passa ses doigts dans ses cheveux, qui se couvrirent de fils d’argent.

— Peut-être pas aussi rapidement, reprit-il avec tendresse, car tu as passé bien moins de temps que moi là-bas, mais dans dix, vingt ans tout au plus, tu mourras! Tu ne le verras même pas grandir, ajouta-t-il en posant sa main sur son ventre arrondi. Eléonore s’approcha de son amant qui déjà se courbait un peu plus, et posa sa main sur son visage:

— Dépêche-toi de passer le portail, alors. Je me suis déjà expliquée sur ce sujet tant de fois… Sa voix se brisa dans un sanglot. Je ne veux pas que notre enfant grandisse dans un monde de chimères.

Sous sa main, elle sentit les rides se creuser. Sa peau devenait moins ferme et ses yeux bordés de rouge.

— Allez te dis-je! Et puis tu reviendras me voir, n’est-ce pas? Il embrassa ses mains, qu’il tenait toujours dans les deux siennes, glissa une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille, et murmura, au bord du désespoir, la voix cassée:

— Éléonore, je te le jure. Je ferai tout pour trouver un moyen d’empêcher ce beau visage de se faner, ajouta-t-il en lui caressant la joue. Mais réfléchis encore! Ce monde-là a évolué sans nous!  On ne sait même pas en quelle année on est ! Comment est-ce que tu vas faire?

— Comme durant toute ma vie: je vais faire preuve d’imagination. Elle eut un sourire fugace. Ça ne nous a pas trop mal réussi jusque-là. Je le sais, ce sera une merveilleuse aventure.

Une quinte de toux, mêlée de larmes, plia Marius en deux. Il était proche du vieillard maintenant. Il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps, s’il restait encore ici. Résigné par le sort qui l’attendait, il jeta un regard derrière lui, passa sa main dans ses cheveux devenus blancs, resserra sa lavallière anis dans un serrement désespéré et se traîna jusqu’au fond de la pièce, où il disparut. Éléonore fondit en larmes, puis sortit.

 

            Le lendemain matin, une bibliothécaire retrouva décroché le portrait du premier conservateur d’Allancourt, qu’elle trouva singulièrement vieilli. Avait-il toujours eu cette apparence-là ? Comme, cette année-là, on refaisait tout, depuis le désherbage jusqu’à la décoration, elle voulut le déplacer à l’étage, bien en vu dans le secteur adultes. Elle se dit que ça ajouterait une touche de charme, que ce vieux monsieur en gilet rayé, dont les yeux d’azur délavé  semblaient veiller sur eux.

Et le portrait n’a plus bougé depuis.

 

Chapitre

— Si on te le demande, gamin, tu diras que c’est La Plume qui t’a tiré de ce mauvais pas ! La pomme roula, brillante et rouge, jusqu’au coude du jeune homme, habillé d’un pourpoint tout aussi rouge brodé de petites plumes d’or, décrivit un arc de cercle dans les airs et atterrit dans les mains du gamin, qui acquiesça, un sourire jusqu’aux oreilles. Quant à toi, claironna le nommé La Plume en se tournant vers l’aubergiste à ses côtés, si tu recommences, gros homme, je serai obligé de te fesser les deux joues !

L’aubergiste, une espèce de créature qui tenait plus du cochon que de l’humain, baissa les yeux vers la garde de l’épée que le jeune homme portait à sa ceinture, -du beau travail, espagnol assurément- et grogna. C’était sa façon de répondre oui, qu’à l’avenir, il éviterait de traiter son fils comme un domestique et de lui administrer des taloches pour un rien. Le gosse, plutôt enrobé et petit, était en effet couvert de bleus, et tentait, sans succès, de cacher une cicatrice à l’arcade sous ses cheveux bruns coupés courts. Ils ne semblaient pas avoir connu l’usage du peigne depuis longtemps et rebiquaient en épis.

— Bien, continua La Plume, maintenant, je veux de quoi boire et manger, et je ne me lèverai pas tant que je ne serai pas rassasié !

Une bourse tinta sur le comptoir, et l’aubergiste descendit chercher sa meilleure bouteille de vin, non sans râler après cet insolent qui venait lui donner des cours d’éducation, qu’il s’empresserait d’oublier une fois qu’il serait parti. C’était son fils et il le traiterait comme il l’avait toujours fait. La Plume s’assit donc et son compagnon de voyage, un gringalet avec un long manteau brun qui semblait avoir copié sa coupe de cheveux sur celle du fils de l’aubergiste, se pencha vers lui en enlevant son foulard blanc de son cou :

— Pourquoi faut-il que tu prennes ainsi un malin plaisir à te faire remarquer ? L’insolent rit aux éclats, et la plume de son feutre, énorme et blanche, frissonna:

— Je n’en sais rien, peut-être pour t’embêter ? J’adore te voir avec ces joues toutes rouges.

Seamus baissa la tête comme une jeune fille pudique, et reporta son regard sur la cheminée qui flambait joyeusement. L’aubergiste s’approcha d’eux avec deux bouteilles de vin et autant de verres dans les mains, qu’il posa avec violence sur leur table.

— Ces messieurs voudront peut-être une chambre pour la nuit ? Demanda-t-il avec tout le mépris dont il était capable.

— Non, nous ne resterons pas ! répondit La Plume, qui n’avait pas pris la peine d’enlever son pourpoint, ni son foulard noir, ni son impressionnant feutre. Contentez-vous de soigner nos chevaux. Du mieux que vous pouvez, ajouta-t-il, c’est-à-dire mieux que le garnement que vous employez. La plume fit un signe vers l’enfant : approche-toi d’ailleurs. Ton nom ?

— Peter, répondit-il en s’approchant, guettant d’un œil la réaction de son père.

— Et bien Peter, tu vas manger avec nous. A cette heure, un gamin comme toi a mieux à faire que de servir tous ces clients avinés, dit-il en faisant un grand geste pour montrer les hommes attablés dans l’auberge. Le père tenta de s’interposer :

— Il a encore ses tâches à accomplir ce soir ! La cuisine ne va pas se nettoyer toute seule ! Le jeune homme se leva, soudain devenu grave :

— Monsieur aubergiste père, vous avez des mains non ? Et à la vue des taloches que vous lui avez données, je gage que vous savez les utiliser. Alors servez-vous en pour faire votre ménage vous-même, ou mieux encore, servez-vous de tout l’argent que vous avez assurément économisé sur son dos pour payer des gens qui vous aideront, et l’envoyer à l’école. Un silence accueillit cette phrase, et l’aubergiste se mit à rougir de colère. Seamus posa une main sur le bras de son compagnon, qui se calma et se rassit.

            Dehors, par les fenêtres ouvertes, La Plume vit les derniers rayons du soleil se mourir derrière les collines de Bordemarge, et avec eux, apparaître dans un vrombissement effrayant les silhouettes d’énormes libellules métalliques. Il se raidit sur sa chaise, abaissa le bord de son feutre sur ses yeux comme s’ils pouvaient le voir d’ici, et chuchota à l’oreille de Seamus :

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ils ont des odonates maintenant ? Seamus se retourna pour les voir, discerna dans le couchant des hommes en noir montés sur leurs machines volantes, et blêmit :

— Il faut croire. Allons-nous-en.

— Très finement réfléchi ! La Plume se leva brusquement, jeta sa bourse sur le comptoir pour dédommager l’aubergiste et se précipita vers les écuries, Seamus sur ses talons. Mais leurs chevaux étaient loin d’être prêts à endurer une course, ils venaient juste d’arriver ! La Plume sangla les sacoches sur les deux destriers qui lui semblaient les plus frais :

— Arrête, c’est du vol ! Cria Seamus.

— Où tu vois du vol ? A la place de ses bidets je lui laisse deux puissantes bêtes dressées et nourries au château ! Qu’il vienne seulement se plaindre, ce verrat ! Seamus haussa les épaules et l’aida à finir d’harnacher. Après tout…. De toute façon, il n’avait jamais réussi à raisonner cet énergumène.

            Ils enfourchèrent leurs nouvelles montures et se dirigèrent vers le sud. Derrière eux, les pirates de Khaltourine, montés sur les odonates, n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’auberge.

— Attendez-moi ! Cria une voix derrière eux. Quand il se retourna, Seamus aperçut Peter, monté sur un de leurs chevaux, qui leur filait le train.

 

 

Allancourt, de nos jours

 

 

— Trois heures, encore trois horribles heures à tenir ! pensa Violette, complètement abattue. L’ennui lui faisait comme un manteau lourd sur les épaules, et ses cheveux, longs et fins, pendaient lamentablement, comme deux ailes de cygne noir, autour de son visage. A la voir ainsi, les paupières lourdes, les lèvres blanches, le visage émacié et pâle d’un cadavre, on aurait dit une héroïne tragique jouée par Isabelle Adjani, ou une de ces images gothiques de vamps à moitiés nues dans la neige qu’on trouve au détour d’Internet.

 A cette heure-ci, la bibliothèque n’était peuplée que de ses collègues et de quelques rares usagers habitués, qui ne viendraient certainement pas lui demander quoi que ce soit. Elle bougea la souris pour que l’écran sorte de sa veille et consulta sa messagerie pour la cinquième fois depuis le début de l’après-midi. A part quelques publicités pour la St-Valentin qu’elle s’empressa de supprimer, il n’y avait rien. Ces mails-là l’énervaient au plus haut point. Et dire que chaque année c’était la même chose ! Pourquoi fallait-il que tout et tout le monde lui rappelle qu’elle était célibataire ? Comme si c’était essentiel de finir sa vie en couple ! Alors que finir sa vie tout court était la seule chose importante pour elle ici-bas.

La seule carte qu’elle avait reçue depuis que cette stupide fête était en mesure de l’intéresser, c’était celle de son voisin de classe en cinquième, un crétin boutonneux qui croyait que les petits chats avec des nœuds roses la feraient forcément fondre. Or Violette n’aimait pas les nœuds roses, les petits cœurs et le chocolat. Elle n’aimait pas grand’chose en fait, et le seul chat qu’elle supportait, c’était le sien, un vieux matou noir avec un sale caractère qui s’appelait Edgar, et lui rapportait plutôt des oiseaux morts que des petits cœurs en sucre.

Cela faisait maintenant deux ans qu’elle travaillait dans cette bibliothèque et chaque jour elle détestait son métier encore plus. Au début, elle avait cru qu’elle parlerait littérature avec ses lecteurs. Ça n’avait jamais été le cas, parce que la seule chose sur laquelle elle les renseignait, c’était la direction des toilettes. Elle soupira et regarda par la fenêtre les nuages gris qui s’étiraient sur le ciel bas et lourd d’Allancourt. Dans un quart d’heure, tout au plus, la nuit serait tombée et la journée s’achèverait comme elle avait commencée : dans l’ennui, la brume et la dépression la plus totale.

            Un bruit de plastique la sortit de ses noires pensées.

— Regarde-moi ça, cria un jeune homme en entrant dans la pièce et sortant une chemise rose tout juste achetée de son sac d’emballage. Je l’ai eue à -70%, la classe non? Violette avisa la chemise à laquelle pendait un paquet d’étiquettes rouges, et fit une grimace.

— Tu peux pas être plus discret? Clarence lui lança un éclatant sourire, qui trancha sur sa peau noire, à la manière du chat de Cheshire, et regarda à la ronde. Il n’y avait que deux personnes sur la longue rangée d’ordinateurs, et elles n’avaient pas bougé à la vue de sa splendide chemise.

— Qui tu veux que ça dérange? Ceux-là sont trop absorbés à mater des filles sur facebook. Et lui collant sa chemise sous le nez: alors?

— Une horreur. Le sourire de Clarence disparut aussi vite qu’il était apparu.

— Tu crois?

— C’est pour la fille de 15h? Clarence acquiesça.

— Une blonde pareille n’est pas du genre à considérer comme toi les chemises roses comme le summum du fashion et de la virilité. Mets du noir, bon sang, c’est classe et t’es sûr de pas faire d’impair.

— Pour qu’on me voit plus ? Violette esquissa un sourire.

— Bon, du blanc alors. Elle frissonna. Clarence retrouva sa bonne humeur et rangea sa chemise rose dans son sac.

— Et toi les amours, comment ça va ? Violette leva les yeux au ciel. Clarence aimait l’emmerder, il savait pertinemment qu’elle détestait cette question, digne de l’interrogatoire d’une mamie gâteuse.

— Oh moi tu sais, j’en suis toujours au même point avec Marius, dit-elle en montrant derrière elle le portrait du premier conservateur des lieux, un vieil homme à l’air peu amène, portant  bacchantes blanches, gilet, lorgnons  et montre à gousset. Il est pas très causant.

— Si tu enlevais de ta tête ce panneau « Attention Violette méchante, ne pas toucher » peut-être  que… Violette l’interrompit :

— Hey ! Traite-moi de coincée aussi !

— Coincée, non ! Mais par contre… Violette lui donna un coup de poing à chaque insulte : cynique, désagréable, fausse rebelle, dépressive, fêlée, asociale, anarchiste et provocatrice, ça oui !

— Mais t’as fini ? Elle se rembrunit : et je suis pas dépressive. Clarence leva un sourcil sceptique :

— Autant que moi je suis diplômé en physique nucléaire. C’était une blague entre eux : Clarence était effectivement diplômé, et il n’avait jamais voulu dire comment il en était arrivé ici, en secteur jeunesse, à faire des animations déguisé en pirate pour les gamins de trois ans. Au fait, qu’est-ce qu’il devient, reprit-il, le pauvre type qui t’a laissé le cœur en miettes ?

— Ben, hésita Violette, il empoisonne les limbes de ce qui me reste de mon pauvre cerveau fêlé ? Il souffre atrocement dans la prison de souvenirs et de remords que j’ai construite pour lui ? Clarence éclata de rire, et chuchota en voyant les deux usagers se tourner vers eux, visiblement revenus à la vie :

— T’as le sens de la formule toi. T’aurais pas été poète maudit par hasard ? Que de points communs avec ce cher vieux Marius, décidément…

— Quand t’auras fini de dire des conneries tu pourrais peut-être me laisser bosser ?

— Bosser, quel grand mot ! Et dans une révérence, il quitta les lieux avec son sac plastique, sa bonne humeur et sa chemise rose.

            Les deux heures qui suivirent parurent encore plus longues à Violette, qui maintenant regrettait d’avoir fait partir Clarence, pensait à William, dont le souvenir douloureux avait été réactivé par sa question. Non, elle ne savait pas ce qu’il devenait, mais contrairement à ce qu’elle avait laissé entendre, elle ne s’en fichait pas du tout. Aux dernières nouvelles, il était en Californie, mais depuis, peut-être était-il revenu en France ? Est-ce qu’il pensait à elle, parfois ? Certainement pas autant qu’elle pensait à lui. En se levant brusquement de son bureau, elle tenta de chasser cette idée en alignant encore les livres avec le bord de l’étagère. On vint lui demander les toilettes quatre fois, elle consulta sa messagerie encore trois, puis elle chassa les deux scotchés de leurs ordinateurs, rangea le dernier chariot, et quitta le bâtiment.

Dark Shadows, une "petite" critique :)

J'ai vu Dark Shadows le jour de sa sortie, et une fois n'est pas coutume, je tente un billet pour en dire ce que j'en ai pensé :) Tout ça sera dans le bordel le plus absolu, comme d'hab', à croire que trop d'années d'études à décortiquer, analyser textes et films ont provoqué un effet indésirable chez moi, à savoir faire tout le contraire de ce que j'ai appris! Je ne serai pas objective, pas ordonnée, et je ne m'appuierai pas sur des arguments indéboulonnables :)

Je ne m'occupe pas du résumé, si vous lisez ce texte, c'est que vous le connaissez :)

Déjà, je ne m'attendais à rien de spécial pour ne pas être déçue après la catastrophe qu'était Alice, (et en temps que grande grande fan de Burton) et bien tant mieux, parce qu'il n'y avait franchement rien de spécial et que j'ai pu apprécier les quelques petits moments rigolos sans me dire « Mon Dieu, Burton me déçoiiiiiiit »... Et avec le recul, je me dis que j'ai vraiment apprécié le film grâce à ça et au fait que n'importe quel clampin qui me raconte une histoire de « voyage dans le temps », je suis preneuse, mais que si je devais replacer ce film dans la filmo de Burton, je dirais que c'est juste une catastrophe, et que oui, je suis très déçue.
Ce film est un bon divertissement, certes, mais pas un bon Burton, ni un Burton tout court : à part ses thèmes fétiches et les têtes des acteurs, je n'ai pas du tout reconnu la pâte de mon réalisateur préféré. Je ne reconnais pas la musique d'Elfman : pas de beau et grand thème, plus normal tu meurs, ça aurait aussi bien pu être un autre compositeur. Les images, les ambiances, les costumes, tout est affreusement normal, n'importe quel type aurait pu réaliser ce film, voire même un fan de Burton qui aurait foutu à la louche tout ce qu'il connait de lui. Le thème est fantastique, certes, mais le film ne l'est pas. Esthétiquement, ça lorgne plus vers Twilight qu'Edward Gorey, comme ça voudrait nous le faire croire, et la partie 1972 est très très laide pour ma part: quitte à faire dans le kitsch, j'aurai préféré un visuel délirant à la Mars Attacks!, en plus ça aurait accentué le clivage entre Barnabas et le monde étrange dans lequel il débarque.
A mon avis c'est dû aux moyens : genre Burton a plein de sous, il peut faire un beau manoir : certes Collinwood est très classe, mais c'est une bâtisse normale, qui n'a pas du tout la classe du château d'Edward par exemple, tout biscornu et fait de briques et de brocs. Et c'est comme ça pour tout il me semble, ce qui enlève une bonne partie du charme. Trop léché, trop parfait, trop normal. Comme dit, limite Twilight par moments, ce qui se ressent aussi par le fait que c'est un film de vampires, mais je ne trouve pas le genre franchement renouvelé: niveau famille de tarés gothiques, la Famille Addams me plaît plus :)
Je me suis surprise à avoir envie plusieurs fois que Barnabas la ferme tellement il est ennuyeux, pourtant, l'éloquence d'un aristo du XVIII ème confronté au registre de 1972, ça aurait pu être génial ! Ils ont vraiment queuté sur les dialogues, notamment les face-à-face Barnabas/femme qui /qu'il aime. (A ce titre la scène de sexe est assez naze (par contre, contente qu'il y ait un peu de sexe, ça change:) )) Les dialogues avec Angélique étaient dégoulinants de clichés, j'aurai cru revoir Mr et Mrs Smith, quant aux scènes d'amour avec Josette/Victoria, mais quelle platitude ! Où est l'amour dans tout ça ? Où sont les sentiments ? Non et puis alors c'est juste un détail hein, mais Josette, quel prénom ridicule... Dans toute la scène où il lui court après pour pas qu'elle se suicide, alors que c'est sensé être un minimum tragique, j'avais juste envie de rire... Cependant la dernière scène, avec son petit maquillage gothique à la Nosferatu, là oui l'héroïne avait quelque chose de touchant :)
J'étais super contente de revoir Helena et Michelle, deux actrices que j'adore, mais là, on ne les voit pas, et elles ont vraiment des rôles stupides ! Rien à la mesure de leur talent, Helena a déjà été plus trash dans le genre Sue Helen... Elles sont très secondaires et même dans Stardust, qui est pas un super film, ou dans Hairspray, alors qu'on la voit pas trop, Michelle Pfeiffer avait mille fois plus de charisme que ça... Elle est loin la Catwoman, la Tourvel ou même la sorcière d'Eastwick
A la fin, avec la vieille révélation de Caroline qui est un loup-garou, je me suis dit : non mais c'est quoi l’intérêt à part de foutre une dea ex machina pour tuer la vilaine sorcière ? Les scénaristes ont du se dire : bon ben on a une sorcière un vampire, des fantômes, un docteur fou, on peut bien mettre une louve-garou ça passera inaperçu !
J'ai adoré la galerie de portraits d'Angélique, et à la fin, quand elle ressemble à une poupée de porcelaine. Si son personnage de garce avait pas été aussi cliché, j'aurai applaudi Burton d'avoir réussi enfin à faire une héroïne forte, après le désastre d'Alice :) D'ailleurs je me suis demandé si toutes ces petites phrases sur le féminisme étaient pas là un peu pour s'excuser d'avoir auparavant fait une Alice aussi nulle :)
Les personnages n'ont pas de finesse, les acteurs, à part Eva Green, qui est la seule à ressortir du lot, ont l'air de pas savoir ce qu'ils font là : j'avais l'impression que Depp se cachait derrière son maquillage et ses longs doigts, un vrai pantin de théâtre qu'il faut voir de loin, qui gesticule, blablate et montre ses dents blanches, sauf que là on est au cinéma mon vieux, et plein de choses passent aussi par les regards... Il savait faire, ça avant, nous faire comprendre tout le passé et les pensées de son personnage par des gestes et des regards, dans Edward on en a une superbe preuve, mais là, c'est merdique. C'est même plus un bon acteur...
Tout ce qui est confrontation 1780/1972, c'était chouette, mais c'est vrai qu'il y avait pas mal de rapprochements avec les Visiteurs, à tel point que quand Barnabas tape avec sa canne sur la route, j'ai cru qu'il allait dire « Pouah ça puire » :D Pour moi, difficile de laisser le bénéfice du doute à Burton quant à son visionnage des Visiteurs : le film a eu du succès et c'est bien pour ça qu'on a fait un Les Visiteurs en Amérique .
C'était bien trop long à mon goût. Il y a plein de scènes qui auraient pu être raccourcies, voire d'autres qui auraient du être étoffées, histoire de développer les personnages. Si dans Mars Attacks ! ça ne me dérangeait pas qu'il y ait des tonnes de personnages pas très fouillés, c'est parce que ça allait à mille à l'heure. Là, non, parce que le rythme est mauvais.
Sinon tout le truc avec Alice Cooper m'a fait mourir de rire, et euh... j'adore les costumes XVIII ème, et j'en ai un en projet^^
Dans tous les gens que je connais qui l'ont vu, tous l'ont vraiment aimé... Je dois avoir un problème... Moi Burton ne me fait plus trop rêver, et c'est triste. Et je ne pense pas que ça s'arrangera avec Frankenweenie.
Je ne vois pas trop où est le « renouveau à la Beetlejuice » comme je l'ai entendu plusieurs fois, et j'avoue que j'aimerai presque que Burton devienne pauvre pour nous refaire des films où le manque de flouze donnait lieu à plus d'imagination :) 

J'ai trouvé  hyper prévisible la toute fin avec Helena en vampire, c'est même amené avec de gros sabots puisque que quand Barnabas la mord, on lui voit des dents de vampire pendant un peu trop longtemps.

Dans la série "Burton s'inspire de Corman", (mémoire de master oblige), je pense direct à La Chute de la maison Usher! Pour moi c'est bien plus qu'une inspiration, il y a des scènes entières qui sont reprises, et c'est fait avec beaucoup, beaucoup moins de tact que ce qui avait été fait avec Sleepy Hollow/la chambre des tortures/l'Enterré vivant: La jeune innocente qui débarque dans un manoir qu'elle découvre hanté, les passages secrets avec de grands escaliers, la forêt avec des arbres bizarres en bordure (dans le film de Corman, la forêt avait subi un incendie malencontreux, mais ça sert vraiment l'ambiance alors que là on a du relativement normal comme forêt), la maison qui s'anime (au premier degré, sans grande subtilité), Barnabas sous son portrait (mais qui a bien moins de classe et de mystère que Price en Usher), la jolie femme fantôme, le lustre qui tombe à la fin, bref, y en a des tonnes d'autres, et si dans la nouvelle de Poe il y avait une grande symbolique psychologique derrière tout ça, là Burton nous transforme Collinwood en un creusé à clichés, il n'en fait rien de neuf, et j'ai trouvé que ça avait d'autant moins de charme que, comme je l'ai dit, que ce soit dans le film de Corman ou dans tous les autres films de "Château hanté" de Burton, la baraque, avec ses décors carton-pâte, son architecture tordue, ses effets spéciaux à deux ronds et sa fausse fumée, a pour moi infiniment plus de charme, de corps, de présence que cet espèce d’entrepôt provisoire où tout ce qui est moderne est trop petit pour ces grands murs, et me parait déjà vieux et moche (genre le Docteur Maboul qui pour moi est forcément un jouet de mon enfance à la boîte bousillée qui traîne dans le grenier de ma mamie :) )


Bon, avec tout ça, faut pas croire, mais j'en suis quand même ressortie avec un grand sourire aux lèvres et j'ai envie de le revoir :)

Les Fleurs du Mal

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“Les Fleurs du Mal sont en effet d’étranges fleurs ne ressemblant pas à celles qui composent d’ordinaire les bouquets de poésie. Elles ont les couleurs métalliques, le feuillage noir ou glauque, les calices bizarrement striés, et le parfum vertigineux de ces fleurs exotiques qu’on ne respire pas sans danger. Elles ont poussé sur l’humus noir des civilisations corrompues.”

Théophile Gautier

C’est juste que je trouve cette phrase très belle, et comme c’est mon blog, de toute façon, j’y fous ce que je veux. Je viens de finir sa biographie, je suis en train d’écrire un scénario sur ce monsieur, que je trouve tout à fait parfait pour faire un personnage de fiction. D’ordinaire, je ne lis pas de bio, j’aime pas ça, parce que c’est trop triiiiiste, le héros meurt toujours à la fin.

L'Homme de Sable

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici sur vos écrans

” l’Homme de Sable “

Court-métrage fantastico-expressionniste

de moua

Avec la participation de

Falang (http://www.falang.deviantart.com),

Axel Goepfer ( http://les-clowns.blogspot.comhttp://loinetcesttresbien.blogspot.com) et

Nicolas Jeudy (http://www.myspace.com/eleonborgia)

 

 

Avant le film, tout a commencé d’un rêve. Et puis, ce rêve est devenu poème, que voici:

L’Homme de Sable

Chut, ne pleure pas, je t’en prie…
Elle contemple la lune haute dans le ciel, et l’enfant toujours crie
Elle imprime d’une main un balancement au berceau,
Tout en tenant sa plume bien haut. Elle ne veut pas s’endormir, mais elle n’arrive pas à écrire.
C’est ainsi tous les soirs. Quand enfin son enfant s’endort, il est déjà très tard.
Elle n’a plus que la force de se coucher dans son lit.
Elle résiste, refuse, ouvre les yeux bien grands,
Mais la nuit quand même dans ses bras la prend.
Elle s’enfonce alors dans ses draps et dans la poix noire de son sommeil meurtri.
L’Homme Etoile entre par la fenêtre et se pose, léger, sur son lit.
Le tic-tac mécanique de toutes les montres qu’il porte à sa ceinture s’enhardit, puis faiblit.
Une étrange lueur bleutée émane de lui.
Il caresse son front, repousse une jolie mèche noire et perçoit ses rêves.
Ce ne sont que corps mutilés, cadavres, cris, espoirs déchirés, sans aucune trêve. Il recule de frayeur.
Cela lui fait peur, même à lui qui a tout vu pourtant à cette heure
La violence de ses pensées est cruelle,
Elle ressemble à l’assaut de mille soldats sur une citadelle.
Il endort l’enfant sans peine, mais pour sa mère il ne peut rien.
C’est une adulte, elle n’est plus sensée être dans le besoin.
Elle ne doit pas, elle n’a pas le droit d’avoir ses soins.
Mais le lendemain soir, l’Homme de Sable revient.
Pour endormir l’enfant, mais pour sa mère aussi
Il a décidé de braver les lois de son monde, de soigner ses cauchemars, Même si de lui il ne doit être plus rien,
Et pour qu’ils s’envolent, de leur ouvrir une porte. Il a prévu pour ce faire tout un attirail de poudres.
Il y en a des dizaines, il y en a de toutes sortes
Poudres d’étoiles ou de sable de lune éblouissantes,
Poudres scintillantes, changeantes, poudres
Comme un grain de poussière dansant dans le soleil
Délicats pollens, à de légers flocons de neige pareils.
Il s’approche de la jeune femme et l’observe un instant.
Quelque part, au fond de son être, un tic-tac sonne.
Est-ce le tic-tac de toutes ses montres qui de nouveau résonne? Non, c’est bien différent, et c’est bien meilleur aussi.
Il souffle sur elle ses poudres délicates, Il essaye sur elle tous ses sortilèges, toute sa magie,
Et sa jolie tête s’apaise, ses cils cessent de battre. Pour ce soir, il a réussi.
Et chaque soir l’Homme de Sable revient par la fenêtre,
Pour endormir l’enfant, mais pour la mère aussi. Et chaque soir il voit un cauchemar s’envoler et disparaître.
Chaque soir il sent battre un peu plus fort le tic-tac dans sa poitrine
Chaque soir il apaise la jeune femme de ses mains,
Et chaque soir il devient un peu plus humain.
Le dernier soir, l’homme de sable a vaincu les peurs de la jeune femme.
Il a détruit ses cauchemars, repoussé ses chimères, vaincu ses monstres noirs
Le dernier soir, la jeune femme ouvre les yeux et le voit
Or jamais aucun humain ne l’a vu jusque-là…
Le dernier soir devient le premier jour
Le premier jour où l’homme de sable connaît l’amour…

Voici l’interview de Falang, l’une des principales actrices (en réalité la seule, l’autre étant en plastique) de ce film!

- Bonjour Falang, vous venez de tourner dans “l’Homme de Sable”. Est-ce votre première apparition sur le grand écran?

Pas exactement, ayant déjà fait les figurantes dans un long métrage japonais, adapté du manga Nodame Cantabile, et qui fit un détour sur Paris pour y tourner quelques scènes de concert classique fin 2009… J’ignore si la chose sera jamais visible dans nos contrées, mais ce fut une expérience amusante, notamment de voir comment fonctionne la direction du figuration de groupe… sans compter qu’entendre hurler en japonais et à applaudir un orchestre en playback toute la sainte journée, c’est quelque chose ! ^^

Concernant “L’Homme de Sable”, il s’agit en revanche de ma première expérience (non théâtrale) en tant qu’actrice… soit filmée en gros plan, et non perdue dans une foule… J’espère que vous ne trouverez pas que mon jeu frôle le talent d’un tubercule…

Mais non enfin, je suis sûre que vous avez plus de charisme qu’un tubercule… Alors, qu’avez-vous pensé de cette première expérience?

C’était très exaltant ! Cela m’a procuré un plaisir inouï, avec la satisfaction de se sentir incroyablement motivée et enthousiaste ! D’autant que j’étais entourée de gens de talent, infiniment sympathiques ! On a d’ailleurs finalement tourné à vitesse grand V, tant l’entente était cordiale et entraînante !

La renouvelleriez-vous?

Avec grand plaisir, je dis oui ! Quand vous voulez : aujourd’hui, demain… C’est à la fois amusant et instructif ! Et puis cela donne envie de surpasser et d’explorer de nouveaux horizons… J’ai ainsi entendu parler d’un projet ambitieux de film d’horreur impliquant des poupées, qui feront passer Chucky pour un enfant de choeur… Mais je ne peux malheureusement pas vous donner plus de détails, car tout dépend de notre géniale réalisatrice Orfée, qui garde soigneusement ses idées comme autant de petits bijoux dans un coffre, aimant ménager le suspens. ^^

Comment s’est passé le tournage?

Comme je disais, très très bien. La réalisatrice savait où elle allait et ce qu’elle faisait, tout en conservant cette part d’imagination intuitive, qui laissait le champ libre à l’improvisation. Alex et moi-même pouvions faire des suggestions et discuter avec elle de nos scènes. Le tout donc dans une entente parfaite, très détendante. J’avais personnellement une certaine appréhension à l’idée de participer à un projet d’une telle ampleur, mais tout s’est fait le plus simplement du monde.

J’ai vu que vous aviez créé les affiches pour l’Homme de Sable, pouvez-vous nous parler de votre travail et de vos influences?

C’est un style que je développe depuis quelques années maintenant et auquel j’ai réussi, depuis un an environ, à donner une forme qui me convient. J’aime l’utilisation de l’encre de Chine pour créer une opposition noir / blanc nette, sans nuance d’aucune sorte. C’est un genre qui m’est venu en regardant Fred Astaire et Ginger Rogers danser ensemble dans les films des années 30, où la mise en scène jouait sur une opposition tranchée entre le noir des fracs et le blanc des robes.

Sinon, dans le tracé des lignes, je m’inspire directement de trois influences : l’Art Déco, l’Art Nouveau et l’Expressionnisme Allemand, ce dernier ayant eu une grande influence dans mes goûts cinéphiles.

Enfin, avant de nous quittez, quelque mots pour nous donner envie d’aller voir le film?

“Quand la poésie et la tendresse s’unissent

Au front des veuves, deuil et chagrin s’affadissent

Pleurs suffoqués deviennent des rires en grelot

Et au cœur de l’hiver, Amour redevient beau

Laissez-vous envoûter par cet Homme de Sable

Seigneur de la Nuit, Enchanteur des plus aimables

Devant lequel les cauchemars ne durent pas

Les étouffant dans l’âme, un baiser pour combat”

 

Et bien, pour quelques mots, c’est un très beau poème! Merci Falang!

 

Et voici l’interview de la réalisatrice. Commentaire de l’intéressée : “N’importe quoi, ces questions !” ^^+

- Bonjour Orfée. Tout d’abord, parlez-nous des origines d’un tel projet.

I had a dream, a dream who… (non, sans rire, je vais parler en français^^) L’homme de sable m’est effectivement apparu dans un rêve. J’ai eu la vision de cet être merveilleux qui s’occupait, dans les années 40, d’une mère et de sa fille. Dans mon rêve, l’homme de sable était bleu translucide et l’enfant avait quatre ans, mais ce sont deux choses qu je n’ai pas réussi à refaire On ne trouve pas facilement sous la main une petite fille de quatre ans qui joue la comédie Ensuite, ce rêve, je l’ai retranscris dans un dessin, puis dans un poème, et enfin dans un scénario, que j’ai réussi, je l’espère, à porter à l’écran avec le plus de fidélité possible par rapport à ce que j’avais en tête.

- Votre univers est particulièrement poétique. Quelles sont vos influences ?

Pour ce film-là, ce sont donc mes rêves, en grande partie, qui en sont à l’origine. C’est d’ailleurs pour cela que l’image est bleue dans le film. Ensuite, le cinéma expressionniste, les sketchs de Buster Keaton, et bien sûr, les films de Burton avec lesquels j’ai grandi! Je ne prétends pas les égaler, loin de là, mais je pense que mes spectateurs y verront quelques clin d’oeils

- C’est la première fois que vous tournez un film sans être devant la caméra. Cela ne vous a-t-il pas manqué ? Et que pouvez-vous nous dire de votre travail de réalisatrice ?

Ah, non, ça ne m’a pas manqué du tout, au contraire! Si j’ai jusque-là j’ai tourné toute seule, c’est juste que je ne pouvais pas faire autrement! Mais si à l’avenir je peux éviter de montrer à tous ma sale tronche et mon jeu qui, pour le coup, est l’égale de celui d’un tubercule, je ne vais pas me priver! C’était vraiment une expérience géniale, tellement plus libre que les précédentes (c’est vrai quoi, pour une fois j’ai pu faire autre chose que des plans fixes ! Bon, c’est vrai que pour ce premier film, je suis un peu l’Ed Wood du XXIème siècle, parce que j’avais tendance à crier “parfait, c’est génial!” à tout bout de champ, et que la moitié des prises ont été faites en une fois

Je me rends compte aussi que c’est la première fois que je tourne un film qui ne soit pas comique, et c’est bien plus dur à faire, que de montrer ses émotions sans les enrober d’ironie. Dans celui-ci, je ne me cache pas sous l’humour. Si c’est nul, je ne pourrais pas dire: “C’était fait exprès voyons!”

- Renouvelleriez-vous cette expérience de diriger d’autres acteurs ?

Ah oui alors, et je ne vais pas me priver! Je veux en faire mon métier, c’est clûr, et je vais me donner les moyens pour! Et même si vous trouvez ça complètement nul ce que je fait, je m’en fiche, maintenant, je sais que je ne pourrais plus vivre sans…

- Quels projets vous tiennent à coeur actuellement ? Prévoyez-vous un nouveau film ?

Actuellement, j’ai prévu de reprendre mes études, dans le cinéma justement! Alors mes projets (j’en ai des milliers), je les laisse tous par écrit, car d’ici octobre prochain, je ne crois pas que j’aurais le temps de m’y remettre… Par contre, j’ai découvert que j’adorais travailler en collaboration: c’est l’émotion la plus géniale du monde que de voir ses rêves prendre corps; alors si d’aucuns parmi vous aiment mon travail et veulent que nous montions des projets ensemble, qu’ils se manifestent! (Dans la limite d’un volontariat bien sûr, je ne suis pas encore Burton pour vous payer

- Votre film sera présenté à Cannes par la magnifique Isabelle Adjani. Que ressentez-vous ?

Je suis circonspecte… je ne savais pas que les drogues dures étaient autorisées dans le journalisme, Mademoiselle. En plus de cela, Adjani, elle est finie. je vais bientôt la remplacer!

- Enfin, quelques mots pour décrire votre film.

Puisque ma charmante actrice a fait dans la poésie, je ne vais pas suivre ses traces

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Fermez vos sens à votre extérieur et ne faites plus fonctionner que vos sentiments les plus profonds. Imaginez un masse nuageuse, et faites en sortir le corps le plus parfait: posez-y le premier sourire de vos souvenirs, le premier regard brillant, le premier éclat de rire, les traits les plus doux, les ailes les plus délicates, et enfin, donnez lui votre voix intérieure: me voici ! je suis votre Imagination. Posez moi sur votre épaule, approchez moi de votre oreille et laissez-moi là le temps d’une histoire :

Il était une fois, il n’y a pas très longtemps, une jeune femme, et son enfant …

 

Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, voici en exclusivité… l’interview exclusivement exclusive d’Axel Goepfer, qui interprète avec brio l’homme de Sable qui donne son nom au film! (Et oui, le meilleur pour la fin!)

Bonjour Axel. Tout d’abord, parlez-nous de votre rôle, vous jouez… un marchand de sable??.

Bonjour à vous. Oui c’est ça un marchand de sable. Tout le monde connaît ce personnage depuis “Bonne nuit les petits”. Alors ici, nous avons voulu revisiter le mythe et insister sur le côté marchand. Mon personnage est un opportuniste fini qui raquette les enfants insomniaques pleurant dans leur lits. Plus actuel, quoi.

Il apparaît que ce n’est pas la première expérience de ce genre à laquelle vous participez, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours?

Oui c’est vrai. J’ai moi-même beaucoup raquetté étant plus jeune. Seul, ou en bande. J’ai toujours aimé ça.

Que pouvez-vous nous dire du tournage?

Le riz cantonnais était dégueulasse!

Vous êtes ici sur un forum consacré à Tim Burton, avez-vous des liens particuliers avec ce réalisateur? (Vous pouvez répondre non, on ne vous lynchera pas)?

Un peu. Mais je voudrais utiliser cet espace de parole pour dire que moi aussi j’ai été abusé par Polanski. Affreusement. J’ai cru que c’était un grand cinéaste et puis j’ai vu son dernier film. Un dégoût.

Enfin, quelques mots pour nous donner envie de voir ce film?

Vous n’avez rien de mieux à faire, ne mentez pas.

Avez-vous des choses à rajouter?

Enfin une vraie question! Un peu de sérieux.

Alors.

Merci à Emmanuelle d’avoir fait ce court. Vu sa joie à le faire, ça ne peut être que réussi. Je lui souhaite d’en faire beaucoup, avec le même plaisir de partager ses rêves.

Merci à Falang d’avoir joué le jeu. Le visionnage rendra évident qu’elle sait jouer, en dépit de ses craintes. Et bravo pour les affiches, elles sont sensationnelles! Les dessins sortent du papier.

Merci à tous ceux qui rêvent en cadrage et pellicules, ne vous arrêtez pas. Je vous donne rendez-vous dans les arts.

 

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, La bande-Annonce!

Et enfin, le 5 août 2010, L’Homme de Sable sort enfin sur vos écrans!