Emmanuelle Nuncq

Romancière à deux visages, couturière rêveuse et plein d'autres choses encore.

Mot-clé - Bordemarge

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Palimpsestes

1er février 2014:

J'ai terminé Palimpsestes il y a deux semaines, largement à temps pour la Foire du livre de Bruxelles, et suffisamment en avance aussi pour pouvoir avoir des retours :) J'en ai eu trois, globalement bons, et les défauts que mes amies ont relevés m'ont aidée à l'améliorer! J'espère vraiment qu'il sera publié, j'en suis fière, et j’aimerais vraiment pourvoir en discuter avec des lecteurs :) Parfois le soir, je m'imagine en conférence, et invente les questions que l'on pourrait me poser... Mais maintenant je me sens toute vide, ça me fait comme avant Novalys, cette impression d'avoir mille idées mais qu'aucune ne s'accorde avec une autre, et ne serait suffisamment intéressante pour faire un roman. J'ai l'impression, depuis Bordemarge, d'avoir été prise dans un engrenage, et de ne plus pouvoir vivre sans un gros roman sur le feu! C'est très bizarre, d'autant que quand j'en ai un, je n'ai qu'une hâte, l'avoir terminé :)

25 août 2016 :

Le premier tome de "Palimpsestes" est paru en février de l'année dernière, pile un an après l'avoir terminé ! Je l'ai présenté principalement à la Foire du Livre de Bruxelles et au Salon du Livre à Paris, où il a plutôt bien marché :) Je n'ai pas eu beaucoup de retours mais globalement, ils étaient tous bons, voire très bons, j'ai même été le coup de cœur de De fil en Histoire ! Aujourd'hui c'est la dernière limite pour terminer le tome II, que je dois envoyer à la fin du mois. J'avoue que ça me stresse beaucoup parce que pour la première fois, je n'ai pas du tout envie de m'y mettre. Ce n'est pas que je n'aime pas écrire cette histoire, bien au contraire, c'est surtout que depuis presque un an je vis avec un monsieur formidable qui me donne envie de faire un millier d'autres choses. Avant, j'écrivais surtout pour pallier à ma déprime, et étant seule, j'avais largement le temps d'écrire, en plus de mes autres activités, notamment la couture. Maintenant, il me faut faire des choix, et il m'est arrivé quelques fois cet été de préférer créer des costumes que de me remettre aux corrections ! Mais bon, j'ai un week-end qui se profile à l'horizon, je peux le faire, je vais le faire !!!

28 mai 2017 :

Le second tome de Palimpsestes est sorti en février dernier (désolée du retard^^) et en est à sa seconde critique, également de "De fil en histoire"! Je suis en train d'écrire le tome III, mais j'avoue que je n'avance pas très vite :)

Les Chercheurs du Temps

21 octobre 2015 :

J'ai la grande joie de vous annoncer que parait sur Amazon mon roman "Les Chercheurs du Temps", dont les onze épisodes constituent la préquelle de Bordemarge! Pour le trouver c'est très simple, on se rend sur Amazon :D C'est donc une version numérique, en attendant, un jour, peut-être qu'il y aura une version papier! Ce qui est sûr, c'est que je suis très heureuse de le partager enfin, car cela fait près de cinq ans que j'ai commencé à l'écrire!

1er mai 2017 :

Honte sur moi, je n'ai plus mis grand chose à jour sur ce blog côté écriture. Pourtant j'ai plein de nouvelles, dont une super, à savoir que "Les Chercheurs du Temps" vont être publiés chez SEMA ! Dans une vraie maison d'édition, et avec un épisode inédit ;)

Vaux-le-Vicomte, journée Grand siècle 2016

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Cette année, pour la deuxième fois, j'ai participé à la Journée Grand Siècle au château de Vaux-le-Vicomte! Elle a eu lieu ce dimanche 26 juin et j'ai adoré cette édition! Pour commencer, le temps était parfait: nous avons eu un soleil pas trop chaud (même si j'ai quand même réussi à me choper des coups de soleil sur les mains :P ) qui a permis de belles photos. J'étais en compagnie de mon amie Falang comme l'an dernier, mais aussi de mon amoureux, pour qui j'avais réalisé costume tiré d'un tableau de Judith Leyster.

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Je n'ai pas eu le temps de terminer sa cape, ses gants et son chapeau, alors nous sommes allés les louer avant de partir. J'avais peur que nous ne trouvions pas ce qu'il fallait, mais en fin de compte la couleur jaune que la loueuse nous a trouvé allait parfaitement! Et même si la cape avait deux siècles de moins que prévu, épinglée correctement, elle faisait illusion. L'an prochain, j'aurai terminé ces accessoires, et j'aurais également réalisé une chemise, parce que là le col et les poignets étaient simplement cousus à gros points sur le haut ! Comme je n'ai pas terminé son costume, vous aurez deviné que je n'ai pas eu le temps de commencer le mien. J'avais prévu ce costume rouge du tableau de Vermeer:

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Je me suis rabattue, après de longues réflexions, sur mon costume de pirate turquoise que j'avais déjà mis aux Imaginales il y a deux ans. C'était une bonne idée! En dehors des hauts-de-chausses qui me cisaillaient les mollets et des chaussures qui m'ont vraiment tué les pieds, si bien que j'ai encore mal aujourd'hui (quatre jours après) c'était vraiment plus confortable qu'un robe avec corset, paniers, cheveux faits et tout le tralala. En plus, avec mon chapeau, j'ai limité la casse niveau coup de soleil sur le visage !

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Falang portait ma robe de Pirates des Caraïbes qui n'a pas de corset ni de paniers, et lui allait parfaitement. Comme je ne rentre plus dedans (vive la vie de couple :P ) je la lui ai laissée en "location longue durée"^^ Par contre la pauvre, contrairement à moi, n'a pas échappé aux coups de soleil, et s'est retrouvée à la fin de la journée avec le médaillon gravé sur le décolleté, façon Indiana Jones ! L'année dernière c'était la marque de la croix, ça fait moins secte cela dit^^

Comme nous sommes arrivés dès l'ouverture, nous avons eu la chance de pouvoir faire des photos sans trop de touristes en arrière-plan. Mais globalement, même au plus fort de la journée, il y avait, je dirais, moitié moins de visiteurs. Si c'était agréable de ne pas étouffer et de se trouver des places facilement pour s'assoir, en revanche, cela faisait moité moins de costumes à voir ! J'ai retrouvé des habitués et discuté avec plaisir avec eux, mais si c'était souvent très rapide.

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Nous avons pique-niqué dans les jardins puis visité le château. Je le trouve toujours aussi beau, et je crois que je le préfère à Versailles, avec ce côté plus intime, et "pièces à thème". J'aime aussi le côté un peu plus familial: quand je pense qu'à Versailles on a même pas le droit de se costumer !

J'ai pris beaucoup de photos des costumes des autres, mais je ne les mets pas ici, d'une part pour le respect, et d'autre part parce que même si j'ai un nouvel appareil du tonnerre, je ne suis pas encore une très bonne photographe !

Nous avons assisté dans l'après-midi aux présélections puis au défilé de costumes. J'étais contente parce que ce sont mes costumes préférés qui ont gagné: cette année, je crois que le thème était "Plumes baroques", parce que les six choisis pour la "demie-finale" étaient tous des emplumés extravagants prêts à se faire décapiter. L'année prochaine, nous avons décidé de nous présenter en groupe, et sans vous révéler notre thème, on sera du peuple, parce que sérieusement, ils n'étaient pas assez représentés ! Y en a marre des aristos :P ! C'était Fanny Wilk qui faisait partie du jury, et cela explique peut-être pourquoi les trois nanas en demie-finale étaient toutes blanches, minces, belles et blondes... A mon avis personne ne lui a expliqué que ce n'était pas le concours de Barbie Vaux-le-Vicomte 2016. Il y avait des costumes qui méritaient plus d'attention, des choses plus sobres mais mieux réalisées. En plus, dans les trois choisies y en avait dont ils connaissaient le prénom: on m’enlèvera pas de l'idée qu'il y avait du copinage là-dessous.

Une sono tournait en boucle avec des musiques baroques: à chaque fois que la musique des Indes Galantes passait, j'esquissais des petits pas idiots retenus d'un stage de danse que j'ai fait il y a deux ans maintenant. J'ai fait ma chorégraphie une bonne vingtaine de fois dans la journée, sans mentir! Le soir, dans la voiture sur le chemin du retour, on avait encore une musique fantôme dans les oreilles...

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C'était une très belle édition, et j'ai vraiment hâte d'y retourner l'an prochain !

L'Alphabet costumé

  • A: 9 participations
  • B: 6 participations
  • C: 8 participations
  • D: 5 participations
  • E: 5 participations
  • F: 6 participations
  • G: 4 participations
  • H: 4 participations
  • I: 3 participations
  • J: 3 participations
  • K: 3 participations
  • L: 3 participations
  • M: 3 participations
  • N: 3 participations
  • O: 4 participations
  • P: 3 participations
  • Q: 2 participations
  • R: 2 participations
  • S: 2 participations
  • T: 3 participations
  • U: 2 participations
  • V: 2 participations
  • W: 2 participations
  • X: 1 participation
  • Y: 1 participation
  • Z: 1 participation

7 avril:

Parce que LE LUNDI, C'EST POURRI!, et qu'on trouve les moyens qu'on peut pour enjoliver son quotidien, je vous propose un petit challenge sur 26 semaines qui commencera lundi prochain! Il s'agira de vous costumer tous les lundis en prenant comme thème un mot qui commencera le 13 avril par la lettre A, le 21 avril par la lettre B... et ainsi de suite. Chaque semaine je posterai une photo de moi sur ce blog, dans cet article, mais aussi sur la page facebook consacrée afin que vous puissiez participer si vous le souhaitez! A titre d'exemple, prenons la lettre P. Imaginons que vous choisissiez le mot papillon: du nœud éponyme au costume de fée à paillettes, il y a tout un tas de possibilités! ( Bien sûr, si par exemple vous avez un entretien très important le lundi mais que vous souhaitez quand même me suivre, vous pouvez déplacer ça au moment qu'il vous plaira dans la semaine ;) ) Je ne compte forcer personne, juste m'amuser, et qui sait, que quelques-uns entrent dans ce délire et s'amusent aussi^^ Voilà, il reste une semaine pour penser à un costume commençant par un A! Bisous à tous^^

13 avril:

Pour le premier lundi, pour la lettre A, voici donc la première photo! Au départ mon projet était de me costumer en Amelia Earhart, mais je me suis rappelée hier que toute cette semaine on doit faire de la peinture au boulot! Oui, on refait entièrement la salle pendant les vacances :) Du coup le pantalon beige et la chemise blanche c'était pas la meilleure des idées :D En réfléchissant j'ai trouvé ceci, en bas, qui me permet de me costumer à la fois en "Alphabet costumé", histoire de bien démarrer (vous remarquerez les similitudes avec l'image de profil de la page^^), en "Adolescente attardée", puisqu'on a du m'offrir cette salopette vers mes 15 ans et que je l'ai retrouvée dans ma cave récemment, ou encore en "Acrobate délurée"^^ (Plus jeune mes parents me comparaient à un clown chaque fois que je la mettais :) ) Et vous, quel A avez vous choisi? J'espère que ce n'est pas "absolument rien"^^ :D !

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15 avril:

Je suis plutôt contente parce que j'ai eu quelques participantes! 7 en fait, ce qui est bien plus qu'escompté! Il y a eu donc une Alice au pays des merveilles, une Amélie Poulain, un abricot, une archère, un ange et une améthyste! De surcroît, ma maman ne devrait pas tarder à poster une photo elle aussi^^ Je suis heureuse que mon idée loufoque plaise, et de pouvoir voir plein de réalisations de votre part ! Du coup, j'ai encore plus hâte d'être à lundi prochain et je me creuse d'ors et déjà la tête pour un B original :D !

19 avril:

Ma maman (c'est aujourd'hui dimaaaanche, offrons-lui des roses blaaaanches) a participé aujourd'hui avec une magnifique photo d'elle en train de chevaucher un faux canasson, intitulée: "Adada". Je l'aime. J'étais chez mes parents ce week-end et c'était bien! Je ne vais pas raconter par le menu pourquoi, mais sachez que je ramène dans mes bagages deux paquets de chamallows (un troisième, pauvre de lui, a été descendu en plein vol), une bouteille de sirop d'orgeat, une bouteille de magnifique sirop violet à paillettes pour faire mes cocktails, deux boîtes de tripes à la mode de Caen (on n'en vend pas en Belgique de tout ça, alors je fais de la contrebande :D), un corset, une jolie boite en verre et étain, une bague de reine Elizabeth, un livre sur Marie-Antoinette, un autre sur Big Eyes (tous les deux sont superbes^^), des paillettes en forme de coquillage et une nouvelle coupe de cheveux! Je suis gâtée :D

20 avril:

Voilà mon B!

Pas besoin de présenter le monsieur, si^^?

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J'ai eu un mal de chien à me laver les cheveux après, mais je me suis bien amusée à faire cette coiffure :D Pour aller au boulot, je remplace le bas par un jean noir et des chaussures plus conventionnelles, et j'enlève le foulard^^

Et je me suis bien marrée aussi à faire ce petit portrait :D

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Bref, Kruntch kruntch und plouf, ich bin der wunderbare Beethoven!

"21 avril":

Nous avons Kléo qui nous interprète une baseballeuse (comment ça se dit en français?) de toute beauté et me fait même l'honneur d'une catégorie sur son blog spécialement dédiée à l'Alphabet costumé!

22 avril:

Ioionette (désolée si c'est pas ça^^) nous offre une bassiste très convaincante :D (Et également des articles de blog consacrés, si c'est pas la classe :D )

25 avril:

Par mail, Céline m'a envoyé sa proposition! Elle conjugue bleu marine et blanc, "birds" et bambou^^

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Je viens de passer presque cinq heures sur le C! Comme je savais que ce serait long, je l'ai préparé à l'avance :) J'espère que vous allez penser que ça valait le coup!

Bilan: 4 sur le B!

26 avril:

Falang vient de poster une superbe Blanche-Neige sur la page facebook! Nous en sommes à 5 participantes pour le B :) C'est une lettre qui perso m'a posé des soucis, j'ai mis super longtemps à trouver quelque chose! Mais pas autant que le D, j'avoue, je cherche encore ;)

27 avril:

Tââââdin, voilà mon C :D

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Je dis plus haut que ça a pris presque cinq heures pour ce costume, mais c'est aussi parce que j'ai fait une vidéo ! :D

(Vous pouvez faire toutes les critiques que vous voulez, je sais ce que ça vaut^^ Je me suis bien amusée!)

J'ai ressorti le gaufreur qui n'a pas du être utilisé depuis que j'ai huit ans environ :D , le maquillage pétant designé au ticket de caisse ainsi que les fringues que j'ai mis un temps fou à accorder ensemble parce que je n'avais vraiment rien qui fasse 80's! Je suis partie d'une robe de soirée très cool, à part qu'elle est noire, ce qui aurait davantage convenu à Madonna qu'à Cyndi Lauper qui va vraiment dans les couleurs pétantes. J'ai regardé des tas de clips de cette fille pour trouver la note juste et j'ai redécouvert une musique que j'adore! Seulement maintenant, j'ai un grave problème: depuis que j'ai tenté cette coiffure, je la veux en vrai. Or me raser un côté de la tête pour le teindre en blond, je ne suis pas persuadée que ce soit une bonne idée, sur le long terme :P

2 mai:

Cette semaine, le C n'inspire pas vraiment on dirait, et seulement des idées un peu loufoques, entre ma Cyndi Lauper et le Chat de Ioionette^^

3 mai :

Céline vient de m'envoyer les photos de son interprétation du C! Oui, LES photos, puisqu'en fait elle a fait un chignon différent chaque jour de la semaine^^

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Sinon, Julie est "chic" et ça lui va comme un gant^^

Le soir:

Ma maman a posté sur la page facebook une photo d'elle en cuisinière qui me fait marrer, elle a toujours de ses grimaces et de ses idées qui me mettent de bonne humeur^^ Du coup on est 5, c'est plutôt pas mal! Je me demande si on va battre le record du A :)

4 mai 2015:

C'est le jour du D! Pour le mien, j'ai passé un certain temps hier à me maquiller et me coiffer, et encore une fois, le résultat ne se voit pas très bien sur la photo :) J'avais une coiffure élaborée dont on n'aperçoit que le côté face alors qu'il y a un beau chignon derrière et un maquillage très subtil qui ne rendait pas du tout sur la photo... Du coup, je l'ai trafiquée pour la transformer en tableau^^ A la base, je voulais faire Diane de Poitiers mais je n'ai pas eu le temps de faire la robe! Alors j'ai trouvé une idée avec ce que j'avais déjà comme costume dans mes affaires! La Dame aux Camélias est un personnage et un roman qui m'a toujours fasciné :)

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7 mai:

Ce matin, Ioionette nous présente une druidesse !

Ce soir, Kleo a posté la photo de son interprétation du C ! C'est super joli^^

J'aime vraiment regarder vos propositions, ça m'éclate ce challenge!

8 mai:

Nous sommes rejoints dans ce challenge par Élise ! Pour le A, elle nous fait une archéologue que je kiffe, évidemment, étant fan d'Indiana Jones moi aussi^^

Kléo porte une robe de Débutante très belle :) Ça me donne envie de ressortir mes plus beaux costumes, mais je me dis que c'est un peu de la triche :)

9 mai:

Élise nous a posté aujourd'hui son B pour Babysitter et son C pour curiste^^ Franchement si tu me lis, c'est excellent d'avoir une participante comme toi qui rejoint nos rangs^^ Vos idées sont marrantes et j'adore les regarder! Est-ce qu'il y a des gens qui passent ici lire cet article? Parce que j'aimerais échanger avec vous sur le projet de clôture :)

10 mai :

Élise nous rattrape aujourd'hui avec son D pour Dalida! J'adore, c'est fun :D

Quant à moi, je suis depuis 7h ce matin sur un projet compliqué pour le E, mais je peux le faire! Il me reste encore quelques heures ! Et en même temps, il me reste à vrai dire toute la semaine prochaine mais j'aime bien être la première à poster ma photo, ne serait-ce que pour filer la motivation aux autres et montrer l'exemple^^

11 mai :

J'ai réussiiiiii ! J'aurais mis douze heures, mais voilà, j'ai réussi l'accessoire de mon E ! Et aujourd'hui je vous présente donc Elizabeth^^

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Si vous voulez en savoir plus sur comment j'ai fabriqué cette coiffe, tout est dans l'article sur la robe qui va avec !

14 mai:

Cette semaine c'est un peu le calme plat mais les fidèles sont au rendez-vous! Kléo vient de poster des photos d'elle en Erato, j'adore cette idée ! Le pire, c'est que j'ai longtemps pensé à aller dans la mythologie avec "Érinye" avant de trouver mon idée pour Elizabeth^^

15 mai :

Décidément, on est dans la mythologie avec le E ! Ioionette est une Égyptienne ! J'adore les accessoires, c'est superbe !

18 mai:

Cette semaine, le F est à l'honneur! Pour Fêter comme il se doit cette Foutue lettre qui m'a donné du Fil à retordre, voilà mon hommage à Matisse, précurseur du Fauvisme ! J'ai repris sa "Femme au chapeau" à mon compte en incluant mon visage, exempt de tout effet spécial, à l'intérieur de son tableau :) Le montage est un peu moche mais c'est justement fait exprès pour montrer les détails de mon maquillage^^

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Avec du retard parce que ce F*** Facebook (oui, aujourd'hui, je mets des majuscules à tous les mots qui commencent par F, c'est comme Fa), j'ai vu la participation d'Elucy qui nous a fait un Elfe sylvain pour le E! T'inquiète, elle est superbe ta forêt murale^^

La première participation vient de Kleo (que j'aime les gens réguliers, c'est mon côté flippée qui se rassure^^) qui montre un ''furisode''. Ce qui est bien c'est qu'en plus de voir des jolies choses j'en apprends de nouvelles! Parce que même si ma maman a un livre sur les kimonos et que j'ai lu toute sa bibliothèque, je ne connais rien du tout à ce type de vêtement! (J'ai déjà du mal à retenir les noms des fringues européennes alors^^)

25 mai:

Nous sommes lundi, premier jour de la lettre G !

Au départ, j'avais eu plusieurs idées dont celle de me transformer en allégorie de la Glace, mais je n'ai pas eu le temps ce matin, alors costume placard power, G choisi Gavroche, après moult tergiversations avec moi-même :) ! J'avais tout sauf la cocarde que j'ai cousue devant la télé ce matin. J'espère que je n'ai pas piqué l'idée à quelqu'un, comme elle est assez évidente :)

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(J'étais vraiment pas mal avec les cheveux courts, j'ai envie d'y retourner... )

Ce soir en revenant de mon cours de chant j'ai eu une idée tardive pour le F, alors comme j'aurais regretté de ne pas l'avoir fait je me suis lancée quand même, tant pis si ça fiche le bazar avec double participation :D

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Je suis donc Fifi Brindacier ! Pour les nattes, c'est un fil de fer tressé avec qui les tient en l'air et je suis plutôt fière de mon maquillage qui est sensé être frais et enfantin, avec mes taches de rousseur :) Bon à la caméra cela ne se voit pas très bien, mais c'est mignon !

Eeeet à 21h, Ioionette nous campe une folle très convaincante^^

28 mai:

Ce soir, Céline m'a envoyé d'un coup ces trois dernières participations :)

Je la cite:

"Pour le D, j'étais débordée :) Finalement, je me suis déguisée en Dieu : personne ne sait à quoi il ressemble, il œuvre dans l'ombre (moi dans mon bureau au boulot) et tout le monde trouve ça normal de lui demander l'impossible ^^. Et donc, pas besoin de photo^^.

Pour le E, c'était semaine "Estivale" avec deux robes.

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Pour le F, c'était semaine "Fleurs" avec robe fleurie et un pic à cheveux avec une fleur en cuir rouge. "

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Et une heure plus tard, c'est Kléo qui se la joue toute choupi dans son bel habit de golfeuse d'époque^^

1er juin:

Je reviens des Imaginales assez fatiguée alors je poste ici les dernières créations avec un peu de retard, désolée.

Hier, nous avons eu droit à trois participation d'un coup!

D'abord Ioionette, gantée de noir et de sexy, puis Elise, que j'ai été très contente de rencontrer en vrai ce week-end, avec d'un coup F comme footballeuse et G comme gangster^^

02 juin:

Je pensais avoir le temps hier de finir mon costume pour le poster un lundi, mais entre les Imaginales qui m'ont défoncée et l'accessoire que j'ai terminé à 23h45, c'était chaud :D Donc excusez-moi d'être en retard aujourd'hui !

Après avoir écarté mon idée initiale, parce que je me suis dis qu'elle était trop évidente et que je préfère vous la laisser, (un hobbit) j'ai épluché toute la lettre H dans mon encyclopédie et suis tombée sur Harpagon ! Je suis allée faire quelques petites recherches iconographiques et me suis rendue compte que j'avais presque tout pour faire une version placard à la Commedia dell'arte, excepté la fraise. Ça tombe bien, me suis-je dit, puisque tu en as besoin pour une lettre plus tardive ! Et donc, j'ai passé presque cinq heures à coudre cette merdouille qui fait chier que ça se barre de partout et qu'il faut être méticuleuse et que ça fait chier. (Oui, je suis vulgaire^^)

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Bon, à part qu'elle était chiante à faire, je l'adore, ma fraise :D

03 juin:

Kléo s'est costumée en hussard cette semaine. Sérieusement, y a du niveau là ! On est loin du costume-placard, et évidemment, j'adore ! Les uniformes, j'ai toujours trouvé ça très classe, et celui-là l'est tout particulièrement :)

04 juin:

Ioionette est coooool :D

08 juin :

Aujourd'hui débute la semaine du I ! Pour l'illustrer, voici mon interprétation, avec Isabel de Saint-Gil, mon personnage préféré des "Enchantements d'Ambremer" de Pierre Pevel. J'avais fait ce costume pour le porter aux Imaginales mais il a fait moche alors finalement je l'avais abandonné. Voilà, je suis contente de pouvoir enfin le mettre ! Par contre, c'est une interprétation toute personnelle parce que je l'ai réalisé bien avant de voir les nouvelles couvertures. Et c'est tant mieux parce que je trouve la robe et surtout le chapeau de la première particulièrement hideux.

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11 juin:

Kléo et Ioionette font coup double cette semaine avec Indienne ! Et c'est superbe et original à la fois^^

15 juin:

Hier, Falang qui était chez moi a rattrapé sa lettre C avec Clochette !

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Et moi aujourd'hui, je vous présente mon J avec... Jane Austen^^

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Si vous voulez en savoir plus sur le costume c'est par ici !

21 juin:

J'étais sur Paris hier et je viens seulement de rentrer, mais pour me faire pardonner de ne pas vous montrer le K aujourd'hui, je vous montre le J de Ioionette qui a la classe !

22 juin:

D'ordinaire je prépare ma lettre le dimanche précédente et j'ai déjà mes idées depuis longtemps, mais là, je n'avais ni idée, ni temps, aussi je rends ma copie en retard, désolée :D C'est ce week-end que j'ai trouvé un K digne de ce nom^^ Au début j'étais plutôt réticente parce que mon ex-psychopathe était fan de cet acteur, puis je me suis dit: "exorcise, ma fille, il est à tout le monde et tu l'aimais avant :D" ! (l'acteur, pas mon ex :P ) Je vous présente donc Buster Keaton ! (Du costume-placard de bout en bout, mais j'aime assez, surtout le maquillage :D )

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29 juin:

J'ai passé quatre jours à créer mon L du début à la fin^^ (Vous pourrez trouver les explications du costume ici :) ) J'incarne donc Lucy Barker, un personnage de "Sweeney Todd" qu'on ne voit pas beaucoup mais qui est très important puisque c'est en la perdant que Sweeney décide de se venger, et que le film commence !

Sweeney Todd

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4 juillet :

Ioionette a bravé la canicule pour nous montrer son kimono, et c'est beau^^

Et juste après, c'est Éléonore qui joue à la belle jardinière :)

6 Juillet:

Cette semaine, le M est à l'honneur! J'avais trouvé une super chouette idée de puis longtemps: Minoenne.

Je comptais réaliser un costume très historique d'après une abondante documentation, je pensais avoir trouvé là une idée super et originale à laquelle personne n'aurait pensé et me réjouissait de coudre ça. Seulement je n'avais pas compté sur un point important: la canicule. Toute la semaine passée il a fait trop chaud, beaucoup trop chaud pour me coller devant ma table de travail... Il n'y a pas eu que la couture qui en a pâti, mais aussi le début de mon Nano camp de juillet: je n'ai que 4000 mots en six jours, ce qui est loin d'être autant que ce que j'avais espéré, et les quelques lignes que j'ai écrites, c'était depuis ma baignoire remplie d'eau froide :D

Maintenant que les températures ont baissé, je vais pouvoir rattraper mon retard, mais il n'en restait pas moins qu'arrivée à samedi, j'ai du changer de cap quant à l'Alphabet costumé. Il me fallait trouver une idée de rechange beaucoup, beaucoup moins chaude et fatiguante à mettre en place^^ Alors j'ai pensé à "Maillot de bain", mais comme juste une photo sans concept derrière, c'est trop simple pour moi, j'ai pensé à "pin-up", et me suis dit que ça correspondrait plutôt au P. Mais ça m'a fait repenser à une photo de ma grand-mère très jeune que ma maman m'a montré il y a longtemps; elle me disait qu'on se ressemblaient beaucoup toutes les deux et je me rappelais d'un petit maillot de bain à volants dessus que j'aimais beaucoup. Du coup, j'ai demandé cette photo à ma maman, prise en 1960 à Annecy lorsque ma mamie avait 24 ans, et je me suis employée à la recréer avec les moyens du bord^^ (Le pouce est celui de ma mère ;) )

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Voilà, je suis donc Mamie Micheline en Maillot de bain :D

13 juillet:

Nous commençons la semaine du N !

J'ai eu beaucoup, beaucoup d'idées pour cette lettre et si j'ai réussi à en déplacer quelques-unes sur les lettres à venir, je n'ai pas pu résister aujourd'hui à en réaliser deux entre lesquelles je n'ai pas réussi à me décider :)

Tout d'abord, voici Nanny Mc Phee! C'est un pur costume-placard, un mélange d'un tas de trucs qui viennent d'un peu partout. C'est dommage car en-dessous je porte une sublime veste 1900 qu'on ne voit pas très bien et qu'il faudra un jour que je réutilise! La jupe aussi est d'époque, les deux pièces viennent de ma maman. De même, je suis plutôt fière du maquillage, avec mes pustules et mon mono-sourcil, mais j'ai oublié de faire un gros plan, sorry. Et comme je n'avais pas de canne, je l'ai remplacée par un sabre! Les gosses n'ont qu'à bien se tenir!

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Ensuite, je suis devenue Noire. Ado, j'enviais beaucoup mes cousines métisses, je les trouvais tellement canons, et puis elles au moins n'avaient pas (ou pas autant que moi) de problèmes d'acné, me disais-je. Je voulais leurs jolies formes, leurs cheveux transformables à volonté et revendiquer toute une culture à laquelle, croyais-je, je n'avais pas droit. J'enviais aussi cette différence qui faisait qu'elles avaient une cause à défendre, contrairement à moi; mais ça, c'était quand j'étais con et avant que je ne découvre qu'avoir des nichons, tout simplement, était déjà en soi un sujet d'inégalités. Donc, le temps d'une photo, j'ai essayé de devenir noire. Et bien c'était pas du tout évident car, forcément, les couleurs de ma trousse à maquillage sont toutes ultra-claires, vu que ma couleur d'origine c'est cachet d'aspirine (depuis mon adolescence, j'ai appris à aimer ma pâleur et appelle ça "Porcelaine" maintenant, histoire d'avoir la classe version XVIIIè XIXè^^). Le fond de teint, c'est donc... de la peinture à l'huile. Oui, je sais ce que vous allez dire, mais ma mère et ma prof de chant-maquilleuse m'ont déjà engueulée, c'est bon :D N'empêche, c'était excellent à travailler et donne un beau rendu :D Les yeux, c'était facile, du noir, j'en avais en crayon et mascara. Ce qui était moins simple, c'était d'appliquer le crayon sur la bordure de la paupière: en bas, j'ai un peu l'habitude (encore que je l'ai perdue depuis que je me suis rendue compte que ça rapetissait mon œil), mais alors en haut, la galère! Ensuite la bouche, que j'ai agrandie, c'est un mélange de crayon brun foncé et de rouge à lèvres bien rouge. Le blush, un fard à paupières, et les sourcils, je les ai faits au mascara et crayon noir :) Avec photoshop j'ai changé la couleur de mes yeux parce que ça faisait très bizarre, et le résultat est pas à la hauteur de mes espérances: je suis plus métisse qu'autre chose, mais après tout, difficile de faire mieux sans transformer les traits de mon visage au latex :)

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17 juillet:

Aujourd'hui, Kleo rattrape son retard en interprétant Kitty Bennet :)

20 juillet:

Aujourd'hui, semaine des O!

J'avais vraiment, vraiment beaucoup d'idées pour cette lettre et j'ai eu de mal à choisir ma préférée... J'ai finalement opté pour "Orgueil et Préjugés et Zombies", qui mélange plusieurs choses que j'aime, à savoir le roman de Jane Austen (encore elle^^), la mode de l'époque et un défi niveau maquillage/coiffure. Pour la coiffure, j'ai choisi sur ce site (un vrai trésor, je crois que je vais tout tester) que j'ai découvert aujourd'hui un dessin de 1813, puisque c'est la date à laquelle est sorti le roman. J'en suis particulièrement fière. J'ai mis une bonne vingtaine de minutes à la réaliser: ce qui m'a pris du temps surtout ce sont les rouleaux sur les côtés, un mélange de vrais et de faux cheveux roulés sur mes doigts puis épinglés :)

Pour le maquillage, j'ai simplement tapé "zombie" dans google et ai fait un mix de tout ce que je préférais, en accordant les couleurs avec ma robe et ressortant mes lentilles blanches que je n'avais pas utilisé depuis un bail. J'aime assez ma cicatrice! Pour la robe, c'est une création récente que je n'avais pas encore portée. Enfin, la touche finale, le petit sabre pour me battre contre les méchants zombies !

Je ne me suis pas encore démaquillée à l'heure où j'écris ces lignes, parce que je n'en ai pas le cœur :) Limite j'ai envie de descendre comme ça dans la rue faire peur aux passants :D !

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Hormis la cicatrice, je me trouve un faux air d'Isabelle Huppert dans "La Dame aux camélias" qui n'est pas pour me déplaire :D

Et ce soir, je poste une seconde contribution aux O avec ma recréation d'Olympia de Manet, un de mes tableaux préférés.

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24 juillet:

Kleo a fait dans la réinterprétation de tableau pour le L, avec ''la Liseuse'' de Fragonard, un tableau que j'aime aussi beaucoup ! Et j'adore ce concept ! Je me demande même si je ne vais pas mettre ce thème pour la rencontre irl finale.... Hum, si jamais il y a des gens qui passent ici (ce qui m'étonnerait vu que je me suis quand même postée à poil en début de semaine et que personne n'a réagi :P ) pouvez-vous me dire si ça vous plairait ?

27 juillet:

Bonjour les gens! Ce lundi c'est le P qui est à l'honneur, et comme je suis magnanime (enfin que j'ai surtout un humour de merde) vous pouvez faire toutes les blagues que vous voulez sur cette lettre! (Je ne me suis pas privée avec le Q, d'ailleurs :P ) Alors pour mon P j'ai fabriqué un costume-placard (mais attention y a du level^^) pour interpréter la Pythie! La robe a été achetée dans une boutique africaine, les sandales datent de Mathusalem et si elles vous plaisent, vous pouvez les avoir, les accessoires ont été chopés dans ma cuisine et le laurier n'en est pas vraiment^^ Le plus marrant a été de réaliser la coiffure, qu'on ne voit malheureusement pas très bien puisque j'ai foutu un voile par-dessus :) J'ai sorti mon vieux fer à friser pour faire de micro-boucles que j'ai laquées immédiatement pour qu'elles restent en forme d'anglaises et pour le maquillage, j'ai improvisé parce que le mono-sourcil d'époque bof bof^^ J'honore à travers elle également le mot "Palimpsestes", puisque dans le tome II de ce roman que je suis en train d'écrire elle devient un personnage important !

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Et ce soir, Kleo nous rejoint en faisant une mariée années folles de toute beauté^^

30 juillet:

J'ai oublié la participation de Ioionette! Elle ont eu avec Kléo la même idée, à savoir lectrice, mais ne l'interprètent pas de la même façon :)

Quelques heures plus tard, je reviens ici pour consigner deux nouvelles participations: un superbe marin de Ioionette, qui fait pas dans la demi-mesure, et un... magnifique Pythie poney de Renaud^^

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31 juillet:

Kléo se fait tirer le portrait en bel officier pour la lettre O, mais il semblerait, comme diraient les Visiteurs, qu'elle "n'a point l'air trop à l'aise :D "

Et je vous laisse découvrir par vous même le projet de Ioionette pour le N !

3 août :

Cette semaine, c'est le Q que l'on honore dans le challenge de l'Alphabet Costumé! Allez-y, je vous en prie, lâchez-vous sur les jeux de mots pourris^^

Alors c'est la première fois où j'ai eu vraiment un mal de chien à trouver quelque chose de sympa! Pour les autres lettres j'ai une liste avec plusieurs propositions et je choisis durant la semaine précédente, mais pour le coup, tous les trucs qui me plaisaient étaient irréalisables, ou du moins, je ne me voyais pas dépenser du temps et de l'argent pour coudre un costume que je ne mettrais qu'une fois, du genre Quetzalcóatl ou Quakeresse^^ Alors j'ai réfléchi, réfléchi, et en regardant la télé j'ai trouvé! C'était pourtant si simple^^ Je suis donc le docteur Quinn!

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Je crois qu'il n'y a que ceux qui connaissent la série qui peuvent trouver qui je suis, parce qu'elle n'a pas grand chose de remarquable et que les attributs qui la feraient reconnaître, à savoir sacoche de médecin, chapeau de cow-boy ou grand imper marron, manquent à ma garde-robe. C'est donc encore une fois un costume-placard, et j'ai tout misé sur la coiffure pour incarner mon quatrième docteur préféré^^ (Doctor Who, Doc Brown et Dr House, au cas où vous vous poseriez la question^^)

10 août:

Pour le R, j'avais choisi depuis très longtemps d'incarner Rose deWitt Bukater, parce que j'avais tout ce qu'il me fallait dans mes placards pour coudre la robe verte (qu'on voit deux minutes) qu'elle porte durant le déjeuner. Pour plus d’explications sur la création, il y a le traditionnel article !

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16 août:

Ioionette vient juste de poster son interprétation du O que je trouve superbe! Allez la voir là --> LA

17 août:

Aujourd'hui c'est mon anniversaireuuuuuh! C'était une journée super chouette, sauf que je ne suis pas restée chez moi et que j'ai juste eu le temps de poster les photos du jour sur la page facebook, pas d'écrire l'article ici^^ Alors pour le S j'ai choisi d’interpréter Sophie Baker, l’héroïne de "Magic in the Moonlight", mon nouveau film préféré!

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Il ne me manque plus que Colin Firth :D !

20 août :

Ioionette a composé une Parisienne de toute beauté !

24 août:

J'ai mis un peu de temps à vous présenter ma lettre T parce que le projet que j'avais en tête nécessitait l'intervention de monsieur Rumi mon photographe attitré :P (Oui, on peut dire que j'en ai un, si c'est pas la classe :D )

J'ai donc commis un combo de T en recréant la Toilette, tableau de Toulouse-Lautrec que j'aime tout particulièrement ! (Et ma maman aussi, j'ai pensé à elle ;) )

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Ma maman ce soir a posté cette photo en écrivant dessous: "A mon tour! T comme Tradition, Tous les costumes, T comme toi..."

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Je trouve ce post trop mignon :) (On aura deviné que c'est moi, sur les photos^^ ?)

30 août:

Ioionette vous montre son Q avec une joueuse de quidditch vraiment travaillée^^

31 août:

En ce jour de pré-rentrée j'ai sorti la panoplie pour mater ces sales garnements de mon boulot ! En effet je suis Über-méchante, la plus méchante des méchantes !!!! Mwuahahahaha!

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(Bon en fait, j'ai échoué à avoir une expression méchante sur les photos, chaque fois que j'arrivais à quelque chose je me faisais rire toute seule parce que je ressemblais davantage au héros du Rocky Horror qu'à une méchante de Disney...)

06 septembre:

J'ai l'impression que ça ralentit fortement ces derniers temps^^ Mais les propositions qui affluent compense par leur qualité! Ce soir, Ioionettes nous campe Robin des Bois :)

7 septembre:

"Cher journal,

Aujourd'hui, le 7 septembre 1815, j'ai voyagé de deux siècles dans le futur. J'avais revêtu ma plus belle tenue, mais il faut croire que les Bruxellois (ville où je me suis rendue) n'en avait jamais vue de pareille: ils n'ont cessé de me dévisager. A en juger par leurs vêtements tous plus sombres les uns que les autres, le Futur est bien morne. Qu'à cela ne tienne! Si je dois rester dans cette époque, j'y apporterais une touche de gaieté!"

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Ce soir, Kleo revenue de vacances nous offre une proposition pour le N qui donne envie de planter la rentrée et d'aller piquer du nez dans la piscine^^

14 septembre :

Pour le W, j'avais toute une liste d'idées très chouettes, mais qui nécessitaient toutes beaucoup de couture et de préparation. Or il se trouve que j'ai rencontré quelqu'un, et je n'ai pas eu la tête ni le temps de m'y mettre^^ Du coup j'ai eu une idée seulement ce matin en me réveillant, et le temps que je me prenne en photo, il est déjà 11h30 ! Alors je vous présente Waldemar Wilbur Whisper, souffleur de son état, personnage de Novalys, suite de Bordemarge ! Il est tout le temps habillé exclusivement de bleu et si normalement il a un violon comme signe distinctif, j'ai tout de même réussi à le représenter puisque je me suis inspiré de ma redingote pour le créer. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ce maquillage et cette coiffure (je crois que j'ai trop regardé Labyrinth :D ) parce qu'il a des cheveux blonds et courts! (On dirait un peu la version bleue de ma voyageuse du temps...)

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Ce soir, Ioionette vient de poster son S comme Sailor Mars! Je crois que c'est ma lettre préférée pour l'instant^^

21 septembre:

Le X a été pour l'instant la lettre la plus dure à trouver! Je vous présente aujourd'hui la mode du XXXè siècle :D !

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28 septembre:

Hey, mais ça fait plus d'un mois que je suis toute seule à poster, c'est pas drôôôoole :P ! Il ne reste plus que deux semaines de challenge! Pour le Y, j'ai fait du costume-placard en ressortant ma robe d'Arwen et faisant une coiffure préraphaélite :) Je suis donc Ygraine Pendragon ! Mon appareil photo est en panne de batterie, ma caméra ne fonctionne plus alors j'ai fait dans le selfie :D

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"04 octobre:"

Ioionette est dans la place ce soir! Elle représente en force la Tempérance, une carte du tarot :)

5 octobre:Tout d'abord les U

Pour la dernière lettre de l'alphabet costumé j'ai cherché longtemps quelque chose de plus original que Zèbre, et ai trouvé Zoomorphe! Je voulais au départ faire la version de Catwoman dans Batman: le défi, que j'adore, mais j'ai trouvé un peu idiot d'acheter un costume en latex juste pour une seule fois... Alors je suis allée me documenter sur toutes les versions du costume depuis les origines et ai pioché mon inspiration un peu dans toutes ! Hormis le legging qui est tout neuf, c'est donc un pur costume-placard. Ç'a été une vraie galère de prendre des photos mais au final je trouve que je ne m'en suis pas trop mal sortie :)

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6 novembre:

Désolée de ne revenir ici qu'un mois après :) Je poste aujourd'hui plusieurs liens!

Tout d'abord, Ioionette et son U comme Usul, V comme Vampire Slayer et W comme William Wallace !

Et ensuite, Falang et un H pour Halloween et Harley Queen!

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Je trouve toutes vos participations de plus en plus chouettes :)

L'Onyreïdée - Nuciger/Novalys


Lundi 26 octobre 2015:

Après avoir laissé reposer ce roman dans mes tiroirs de nombreux mois (voire en fait deux années), je l'ai repris récemment en même temps que les Chercheurs du Temps afin de le transformer en e-book. La genèse de cette suite de Bordemarge aura été longue et compliquée, mais avec le temps et de nombreuses corrections je trouve ce roman plutôt réjouissant. Certes, il n'est pas parfait, mais j'ai bien plus confiance en moins qu'autrefois, et avec le recul je sais reconnaître qu'il a aussi des qualités. Comme il ne convenait pas à Castelmore, il sortira donc en e-book pour Halloween sur Amazon, et j'ai hâte que des gens le lisent !


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Mardi 22 janvier 2013:

Toujours pas de réponse. La semaine dernière je n'ai pas pu m'empêcher de le relire, résultat j'ai passé trois chapitres à la première personne, corrigé plein de fautes et rajouté deux scènes :) . Avec le recul je me dis que ce roman est pas si génial. Comme me l'a fait remarqué Lilla My, à la fin ça va trop vite et ça demande à être étoffé. Je n'ai pas l'impression que ce roman est vraiment à moi. Si je l'ai écrit en fait c'est parce qu'à tous les salons et interviews données au moment de la sortie de Bordemarge, on m'a posé plein de questions et fait plein de critiques. En fait ça a commencé quand on m'a demandé si j'écrirai la suite. Je sais pas pourquoi j'ai répondu que oui, et à partir de là j'ai brodé autour des remarques des gens! On m'a demandé: ça sera la suite? Est-ce que ça va parler de Jane Austen? De belles robes? D'un voyage dans le temps? Du XIX ème? On reverra Angus? A chaque fois j'ai répondu oui. On m'a dit: y a trop de personnages, alors dans la suite y en a que trois qui sont importants. On m'a demandé une histoire d'amour, je l'ai mise. Un mec beau et classe, il y est :) On m'a dit que le steampunk était pas assez développé, j'en ai mis plus, que le décor était pas assez bien planté, je l'ai décrit plus en finesse, que le coup des références et des clichés c'était cool, je m'en suis servie, que les règles qui régissaient les Personnages étaient pas nettes, je les ai définies, et ainsi de suite... Drôle de cheminement, en fin de compte. Pour le prochain roman. Je veux que tout soit absolument MOI. Bien sûr, tout ce que je viens de citer, c'est quand même moi, mais il n'empêche que ;)

Vendredi 23 novembre:

J'ai terminé Novalys! Je l'ai relu trois fois, corrigé, remanié, et l'ai envoyé hier soir à mon éditrice. Il fait 118 pages, presque 150 avec les bonus! Maintenant je n'ai plus qu'à croiser les doigts et espérer que ça lui plaise :)

Mardi 6 novembre:

J'ai repris ce roman après les retours de BBL et l'ai entièrement remanié. Le début que vous lisez tout en bas n'apparaît plus dans mon texte! Je suis à la fin d'une grosse semaine entièrement consacrée à l'écriture de ce bouquin: j'ai scindé la structures en fichiers/chapitres et peut ainsi mieux l'organiser. J'ai traité 24 chapitres sur 38!

26 août 2012:

A priori, j'ai trouvé un nouveau nom, ce sera Novalys. J'aime les Y, ça évoque le poète allemand mais également un système de données pour les bibliothèques, donc c'est parfait :) J'ai écrit près de 60 pages et j'ai laissé reposer depuis que j'ai eu les retours... pas trop mauvais, pour la plupart, je les avais prévus. Seulement, j'ai eu un vieux blocage, comme d’habitude. Aucune envie de tout reprendre à zéro pendant une semaine, mais ça me revient lentement. Je crois avoir compris ce qu'il fallait faire pour rendre mes deux héros attachants :) On verra bien ce que ça donnera  et si j'y arriverai. je n'ai pas franchement l'impression d'être un écrivain, et ça ne me quittera jamais, cette sensation. Raconter, imaginer des histoires, j'adore, mais les écrire, c'est déjà plus difficile, et les écrire bien, là, c'est carrément autre chose. je ne suis pas une styliste. J'ai l'impression qu'à chaque fois que j'écris une phrase, elle a déjà été écrite auparavant par d'autres, alors je ne cherche pas à faire original, mais juste à faire comprendre au lecteur ce que j'ai comme images dans la tête... Du coup, moi qui voulais faire un beau roman avec Novalys, je me retrouve comme avec Bordemarge, avec une gentillette histoire pour gamins... Quand est-ce que j'arriverai à allier forme et fond?  On m'a dit que Porcelaines était bien mieux écrit, mais pour le coup, l'histoire n'avait rien d'original. Je ne sais pas pourquoi, mais il faut absolument que je retrouve ça... Porcelaines, je l'avais écrit sans imaginer de lecteurs derrière, je voulais faire le roman d'amour que je voulais lire. Peut-être que je devrai recommencer avec Novalys, ne pas avoir peur de mettre des louches de sentiments et de description lyriques, et tant pis pour les lecteurs qui trouveront ça ridicule^^


27 juin 2012:

Après avoir fait Étonnants voyageurs et les Imaginales, je suis ressortie pleine d'idées et de motivations. C'est vraiment jouissif de rencontrer ses lecteurs, et j'ai envie de ne pas les décevoir! j'ai donc totalement repris Nuxiger en rentrant et j'ai écrit la 40ème page ce matin! J'ai eu un vieux blocage après la sortie de Bordemarge, je n'ai plus rien écrit depuis mon déménagement à part une petite nouvelle et la suite des Chercheurs (pas encore publiée sur ce blog) mais là c'est enfin revenu, et ça fait du bien!

Par contre, je déteste ce nom maintenant (comme dirait Pierre Pevel, on dirait le nom d'un laxatif^^), et ça fait bien un mois que j'en cherche un autre, et que je ne trouve pas. Pas évidement d’inventer un nom qui soit joli, qui représente bien la ville de fiction que j'ai créée, et qui en plus ai autant la pêche que celui de Bordemarge! Du coup je cherche, et en attendant, Nuxiger restera le nom de code ;)


24 avril 2012:

Nuxiger, c'est provisoirement le titre de mon prochain roman :) C'est une sorte de suite à Bordemarge, avec Emily comme héroïne!

Je me suis amusée à faire la couverture en la calquant sur celle de Bordemarge^^

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Samedi 19 novembre:

J'ai abandonné. Peut-être que je reprendrai plus tard mais j'ai, après le Souffleur, encore commencé un nouveau truc. Après Bordemarge, quel gros projet pourrais-je bien entreprendre? Quelle idée choisir?? Pfff ça va faire depuis août que j'ai pas trouvé LE truc à écrire parmi toutes les idées qui tournent dans ma tête et me rendent dingue.

Mardi 18 octobre:

J'ai commencé un nouveau roman! J'espère que je pourrais le continuer après Bordemarge, parce que j'y tiens beaucoup... Il se passe dans l'Onyreïdée, et il se trouve même si à l'origine j'avais quelques réticences avec ça, c'est la suite de Bordemarge!
16 ans après cela dit, et avec de nouveaux personnages, donc c'est quelque peu éloigné, mais je n'avais pas dit tout ce que j'avais à dire sur ce monde-là, et je suis bien contente de le développer encore un peu :)

Voilà le début (et il y a des chances que tout change) :

 

L'Onyreïdée

TOME II - NUCIGER

 

*

 

       Et si Réalité et Fiction se mêlaient?

 

 

Scène I

Bellefontaine, 18 octobre 2011

 

            A 4h20  du matin, heure locale, Bill Sartings, habitant de Bellefontaine, près de Colombus dans l’Ohio, fut pris d’une soudaine envie de soulager sa vessie. Il sortit de son lit et, tout à fait par hasard, regarda par la fenêtre ouverte de son salon. Dans son jardin, il croisa le regard d’un nain à bonnet rouge, tout à fait vivant, qui lui fit un clin d’œil et s’enfuit en courant. Bill mit cette rencontre étrange sur le compte des trois bières qu’il avait sifflées la veille au soir, et qui d’ailleurs, étaient à l’origine de sa petite virée nocturne. Il se recoucha, et le lendemain matin, il avait tout oublié.

 

Scène II

Merdrignac, 19 octobre 2011

 

A Merdignac, petit village à proximité de la forêt de Hardouinais, vestige de la fameuse forêt de Brocéliande, un garde-forestier du nom de Brabant prit son 4x4 pour commencer son tour d’inspection. Il était presque cinq heures du matin quand il arriva au lac, et le soleil levant faisait naître une brume opaque aux abords de l’eau. Une licorne à la robe immaculée s’abreuvait là. Les pas lourds du garde forestier effrayèrent l’animal, qui le regarda un instant, et disparut dans son monde. Brabant, les yeux baissés vers ses bottes, ne la vit pas, et ne sut jamais qu’elle avait existé.

 

Scène III

Tessalit, 19 octobre 2011

 

L’aéroport de Tessalit, situé au beau milieu du Sahara, n’était pas particulièrement fourmillant d’activité ce jour-là, jusqu’à ce qu’à 16h21, Ismaël Traoré, bagagiste de son état, aperçoive un vaisseau spatial au-dessus de lui. Il rameuta tous ses collègues et ensemble, ils admirèrent les voltes gracieuses, le fuselage sorti tout droit d’un Star Wars, les lasers verts assourdissants et le petit droïde au sommet de l’extraordinaire appareil. Nulle part ailleurs, les médias ne relayèrent la nouvelle, et Ismaël Traoré en conclut qu’un tournage de film devait avoir eu lieu pas loin.

Scène IV

Terre, 20 octobre 2011

 

Partout dans le monde, au même moment, des portails s’ouvrirent, et des créatures et des machines qui n’avaient jamais existé que dans l’imagination des humains firent leur apparition sur la Terre. Parallèlement, quelques humains se perdirent de l’autre côté, et découvrirent ce qu’était l’Onyreïdée.

Parmi eux, deux frères, peut-être parce qu’ils étaient plus ouverts d’esprit que d’autres, crurent à ce qu’ils virent, et surtout, évaluèrent tout l’argent qu’ils pouvaient tirer d’une découverte pareille. Les autres crurent à un rêve, à une hallucination, ou a des drogues, mais n’en parlèrent pas. Quant à Nick et James Sanderson, en quelques heures, ils comprirent les règles de l’Onyreidée et montèrent une entreprise qu’ils nommèrent “Dream On Corp.” En deux jours, ils réussirent à revendre la “Dream On Corp.” à l’une des plus grosses maisons de production cinématographique américaine: la Black Stars inc. Ils en restèrent les adjoints, selon leurs conditions.

A partir du moment où John Hammer, directeur de la Black Stars inc., eut signé le contrat, s’en était fini. Le destin de l’Onyreidée était tout tracé: elle allait mourir.

 

Scène V

Paris,  31 octobre 2011

 

Lucille Khaltourine avait un sérieux problème. Au début, elle avait mis du temps à comprendre ce qui lui arrivait, mais maintenant, elle en était sûre: des ailes lui poussaient dans le dos. C’était des ailes étranges, en forme de feuilles, comme des membranes de peau très pâle, sur lesquelles son sang écrivait ses émotions. On pouvait voir, à travers le fin réseau des veines, se dessiner des mots. Chaque matin, elles avaient disparu, comme rétractées pour la journée, et chaque soir, elles poussaient plus grandes encore.

Lucille , en se regardant ce jour-là une millième fois dans la glace, en conclut que leur taille était arrivée à leur maximum. Elles pouvaient l’envelopper comme une cape quand elle les laissaient tomber, maintenant. Passés les premiers moments de terreur, où ses ailes pulsaient de rouge intense, la jeune fille en était arrivée à se poser la question suivante: comment annoncer ça à son père?

Si elle était tombée enceinte, ça aurait été bien plus simple. Un papa, surtout le sien, peut comprendre çà et aider sa fille, mais des ailes? Jamais elle n’oserait aborder ce sujet-là. Sa mère était morte quand elle était jeune, et Lucille  en parlerait encore moins aux gens autour d’elle: déjà que depuis toute petite tout le monde la prenait pour une folle, qu’allaient-ils dire s’ils croyaient qu’elle se prenait pour une fée?

            Lucille soupira, et ses ailes frissonnèrent, parcourues d’un sang plus calme. Le mot “Respire...” s’écrivit dessus, et disparut pour laisser place à une légère ombre bleutée.

On toqua à la porte de la salle de bain:

— Lucille , sort de là! Cria son père avec son accent russe qui roulait les “R”. On va être en retard!

            Lucille sursauta et tenta de se calmer. Quand elle était stressée, elle n’arrivait pas à faire disparaître ses ailes. Mais elle eut beau respirer et fermer les yeux, rien n’y fit, alors, paniquée, elle enfila un peignoir par-dessus sa robe de soirée au dos nu et ouvrit:

— Désolée, p’pa.

Angus avisa le peignoir:

— Quoi, ça fait une heure que t’es là-dedans et t’es pas encore prête? Grouille-toi!

Il la poussa de force jusqu’à sa chambre, lui fourrant sa trousse à maquillage entre les mains. Lucille tomba sur son lit, au bord des larmes: en la poussant, son père lui avait froissé ses ailes. Ces trucs étaient plus sensibles que n’importe quelle autre partie du corps, elle l’avait bien compris la semaine passée quand elle avait voulu les couper au rasoir. Et malheureusement, elle avait souffert le martyre toute la nuit pour rien, puisque le lendemain soir, elles étaient revenues plus fortes et plus grandes encore que la veille.

Son père était scénariste, et ce soir, c’était l’avant-première de son premier long-métrage, un polar intimiste nommé “Un mensonge ancien”.  Ça faisait plus d’un mois qu’il tournait dans l’appartement comme un lion en cage, pendu au téléphone à longueur de journée. Un mois qu’il ne s’occupait que de lui, et ça arrangeait bien la jeune fille. Mais ce soir, il la voulait auprès d’elle, pour ce si grand événement.

Ce n’était vraiment, mais vraiment pas le bon moment.

 

Scène VI

Paris,  31 octobre 2011

Un point lumineux se mit à grossir dans le ciel. Avec la pollution, on ne put voir tout de suite qu’il s’agissait d’une étoile, et que celle-ci se dirigeait tout droit vers la capitale.

 

 

Captain Tangara

Pour information, le tangara ou calliste, c'est cet oiseau-là:

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Après quelques recherches j'ai trouvé que c'était l'oiseau qui ressemblait le plus à mon projet, d'où ce titre d'article^^ En fait, pour le second jour des Imaginales, je vais me concocter un costume de pirate noir et turquoise plein de plumes. A vrai dire je vais plutôt être un mélange de Roxane et Angus, mes personnages dans Bordemarge :)

Voilà l'esquisse et les tissus que je vais utiliser:

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8 avril:

Voilà, j'ai fait la chemise du dessous!

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Elle est ouverte sur les côtés à partir de la taille pour que je puisse bouger. Sinon, je me suis rendue compte ce matin que j'avais ce corset-là qui est exactement dans le même tissu que la doublure et qui ira très bien avec ! Alors du coup je ne vais pas faire le corset que j'avais prévu :)

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9 avril:

J'ai passé un temps fou à faire une saleté de corsaire! Rien ne se mettait comme il fallait, j'ai du faire des tonnes de retouches, le tissu accroche... Bref, le pantalon est fini, mais je ne continue pas la couture aujourd’hui! Greu :P

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10 avril:

Décidément, chaque pièce de ce costume va me prendre beaucoup de temps on dirait :) J'ai mis toute la matinée à faire le chapeau!

J'ai recouvert un chapeau de paille du même cuir noir que les hauts-de-chausses et la future redingote. Pour ça, j'ai coupé deux ronds pour les bords, un plus petit pour le dessus et une bande pour le tour. Chaque pièce est entoilée puis amidonnée pour être plus rigide.

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Au final je ne sais pas si c'était une si bonne idée que ça (à part le carton pour le fond) de tout renforcer parce que c'était très difficile à poser et que j'ai du retoucher au marqueur toutes les bords blancs qui se voient. L'avantage c'est qu'on voit moins la paille que si j'avais posé directement le tissu dessus, et que ça fait presque vrai!

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Bon il est loin d'être parfait mais si on le regarde de loin il fait illusion!

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14 mai:

J'ai encore changé d'avis! Je me suis dit qu'avec la chemise en synthétique, le corset et la redingote j'allais mourir de chaud, alors j'ai remplacé le haut par la chemise de Darcy que j'ai cousue la semaine dernière et ai eu l'idée d'ajouter un beau gilet turquoise tout brodé. Il sera un mélange (harmonieux, on espère) entre ce modèle-là que j'ai trouvé au hasard du net:

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Et ce modèle-là qui est dans mon livre "Bêtes de scènes" que la bmi m'a offert en cadeau de départ. Je l'adore ce bouquin, mais jusqu'à présent c'était juste pour le plaisir des yeux et pas spécialement pour l'inspiration :) Espérons que j'arrive à faire aussi joli avec les plumes !

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J'ai coupé les pièces d'après le patron d'un gilet de mec piqué à mon ex, que j'ai rallongées en fonction de la coupe du gilet rose :

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L'extérieur est en turquoise dans le même tissu que la bande du chapeau et l'intérieur dans une doublure verte. Pour l'instant, j'ai cousu ensemble le haut des pièces.

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Sinon, ce matin, j'en ai profité pour refaire le corsaire de partout, maintenant il me va parfaitement ! Bon par contre, j'ai remplacé les boutons par des élastiques :P

15 mai:

Voilà les boutonnières :

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16 mai:

J'ai brodé un bouton avec un plume de paon pour voir, et je trouve que ça rend bien comme ça, aussi je vais faire les 10 pareils :)

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J'ai épinglé des plumes pour voir ce que ça va donner.

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19 mai:

J'ai encore changé d'avis et j'ai finalement brodé des poches à la place^^

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22 mai:

J'ai cousu des liens derrière pour pouvoir l'ajuster:

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Ce qui rend ça vachement plus classe^^ (Et j'ai donc cousu les boutons, terminé les finitions)

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Et j'ai re-encore-changé d'avis en trouvant que finalement, c'était pas si mal les plumes en bas, mais juste sous les poches^^ Ma mère doit en avoir marre à force parce que vous ne savez pas, c'est que j'ai du lui envoyer une dizaine de photos avec des essais pour qu'elle me donne son avis :D

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Bon, ça m'a l'air fini tout ça, hormis le jabot que je vais changer :)

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Il est minuiiiiiiit, l'heure du crime, de mes yeux comme des tournedos au poivre et de mes doigts comme des saucisses piquées sur un grill!! Il est minuit, donc, et je viens de terminer un jabot et une pochette assortie à mon gilet pour y glisser mes cartes de visite !

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25 mai:

Après avoir inauguré mon costume pour une partie des Lames du Cardinal avant-hier soir, je me suis rendue compte que mes bas glissaient alors j'ai fait des jarretières! Et sinon, les bas, c'est moi qui les ai faits aussi^^

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Présentation des Chercheurs du Temps - SPOILERS


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Les Chercheurs du Temps

Nuncq Emmanuelle

(ATTENTION c'est tout plein de SPOILERS)


Les Chercheurs du Temps, ce sont Clarence Fertennant et Roxane Marty, des voyageurs du passé qui utilisent leur pouvoir pour étudier la Littérature française… ou du moins, qui essayent, puisque aucune de leurs missions ne se termine comme ils l’avaient souhaité !

A force de courir après LE scénario de roman parfait, n’arrivant jamais à en trouver un seul qui puisse mélanger tout ce que j’aimais, l’évidence s’est imposée d’elle-même un jour en discutant avec ma mère (les mamans sont toujours de bon conseil) : il fallait que j’écrive une histoire de voyage dans le Temps. Après tout, comme elle me l’a pointé du doigt alors, je pouvais ainsi traiter de tout ce que j’aimais en gardant les mêmes personnages; la série « Docteur Who » et les « Retour vers le Futur » ont toujours fait partie de ma mythologie personnelle, et je ne cessais, gamine, de lui poser des questions sur les causes et les conséquences d’un tel pouvoir. Mais, peut-être parce que ça me semblait trop facile, trop évident, ou que je n’ai jamais pu vraiment me détacher des livres, j’ai ajouté à cet ingrédient « Voyage dans le Temps » mon amour de la Littérature et des écrivains, et j’ai fait de mes deux personnages un professeur et son étudiante… en Lettres.

Les « chapitres » des Chercheurs sont en réalité des nouvelles conçues comme des épisodes de série télévisée : à priori indépendants les uns des autres, le lecteur découvre un fil rouge qui les lie tous, mais n’est pas essentiel pour comprendre l’intrigue.

Chapitres et résumés

Voici les chapitres déjà écrits ainsi que ceux à venir, leur ordre et leurs résumés. La série est close au chapitre X mais je l’ai conçue de telle sorte que je puisse inventer des épisodes à insérer, ou une préquelle. Quant à la « suite », c’est mon roman, « Bordemarge », paru chez Castelmore.

Épisode pilote – La Momie aux sandales d’Or :

Le professeur Fertennant et son élève Maxime Champigny se rendent en Égypte en 1898 pour assister au débandelettage de la momie de Ramsès II.

Chapitre I – Les libellules électriques :

Le professeur Fertennant et sa nouvelle élève Roxane Marty, pour leur quatrième voyage d’études, se rendent à Paris en 1855. Ils interfèrent sans le vouloir sur le suicide de Nerval et doivent combattre la Grande Demoiselle, une étrange femme qui vole l’inspiration des poètes grâce à des libellules électriques.

Chapitre II – L’Automate d’aquarelle :

Paris, 1658. Les Chercheurs du Temps assistent à une représentation de l’Antigone de Rotrou à l’Hôtel de Bourgogne. L’arrivée sur scène d’un automate d’aquarelle, mené par Anna de Saxe, anciennement la grande Demoiselle, provoque une nouvelle ligne temporelle en assassinant par procuration Louis XIV. Ils doivent remettre le Temps en place tout en évitant Anna de Saxe, très hostile au professeur.

Chapitre III – Les Papillons de l’oubli :

Hampshire, 1817. Au cours d’un bal chez Jane Austen, des papillons de l’oubli sèment le trouble dans l’esprit des Chercheurs. Où l’on aperçoit pour la première fois David, le fils du professeur.

Chapitre VI – Les Chevaliers d’Améthyste :

Brocéliande, 1180. En voulant étudier la matière de Bretagne, les deux Chercheurs retrouvent Anna de Saxe, amnésique, dans une grotte féerique. Où l’on apprend qu’elle est la mère de David. Le professeur Fertennant la perd une troisième fois, car elle meurt ensevelie sous la grotte.

Chapitre V – Le Fantôme de la fée perdue

Londres, 1904. Les deux Chercheurs, pour fêter Noël, assistent à la première de « Peter Pan ». Mais le personnage de la fée Clochette est très étrangement absent de la pièce…

Chapitre VI – Les banquiers en lambeaux

Paris, 1941. Le professeur Fertennant emmène Roxane pour rétablir une ligne du Temps faussée, dans laquelle Marcel Aymé n’est plus un écrivain reconnu, mais un employé de banque. Anna de Saxe, qu’on avait crue morte dans l’épisode IV, fait sa dernière apparition. Où l’on apprend que si elle poursuivait son ancien amant, c’est parce qu’il a assassiné leur fils David en 1817 : l’enfant, issu de deux lignes temporelles différentes, menaçait de faire imploser le Temps.

Chapitre VII – Le brouillard d’Edgar Allan Poe

Baltimore, 1849. Roxane Marty tient à élucider les circonstances mystérieuses de la mort d’Edgar Allan Poe. Nul doute qu’avec les Chercheurs du Temps, l’explication ne sera pas rationnelle…

Chapitre VIII – L’Exécution du Tyran détesté

1989. Roxane vole les Semelles pour modifier son propre passé.

Chapitre IX – Le fantôme de Vaux-le-Vicomte

Prend place sous Louis XIV, aux fameuses fêtes de Vaux-Le-Vicomte. Où l'on croise Molière et un fantôme! Clarence veut se séparer de Roxane pour fuir sa malédiction. Il l'envoie en 1900 pendant que lui va finir sa vie en Égypte, sous les traits de Ramsès II.

Chapitre X – La Divine Messagère

Roxane est seule et coincée à Paris, en 1900. Elle rencontre Sarah Bernhardt qui la met sur la piste d'une invention renversante, la Dewey (que l'on rencontre dans Novalys). Roxane s'en sert pour fuir dans un monde de Cape et d’Épée. Fin de la série des Chercheurs du Temps.

Début de BORDEMARGE...

(Rédaction de l'article le 5 octobre 2011, multiples modifications depuis)


1er mai 2015:

Des années après, je vous annonce que je vais publier mes Chercheurs du Temps :D !


News écriturales

Ces derniers mois j'ai posté beauuuuucoup de photos de costumes, mais pas la moindre nouvelle concernant l'écriture, aussi je vais essayer de faire un petit peu le point. On dirait qu'il ne s'est pas passé grand chose dans ma vie d'écrivain ces derniers temps hein? Mais erreur! J'ai en réalité publié le 19 septembre dernier une romance chez Milady. Bon, c'était sensé être un secret vu que j'ai publié sous un pseudo, mais la moitié des gens qui me connaissent auront deviné de quoi je parle^^ Vous qui passez sur ce blog, si vous souhaitez plus d'infos, n'hésitez pas à m'envoyer un mail ;) ! Je suis également en train d'écrire une seconde romance pour Milady, et je profite du NaNoWriMo pour aller à fond^^ C'est une romance contemporaine cette fois, ce qui est chouette parce que je n'ai jamais fait ça avant et que c'est rigolo à écrire! Je peux mettre pleiiiin de gros mots et me servir de toutes mes histoires d'amour pourries pour mener la vie dure à mon héroïne^^ L'an dernier, j'ai terminé "Palimpsestes" puis l'ai envoyé à des éditeurs. J'ai eu de bons retours mais pas de projet de publications pour l'instant. Mais je m'en fiche, parce que j'ai tellement adoré écrire ce bouquin que je vais faire la suite! Bon, je ne suis pas si folle que ça, je ne l'écrirais que quand ma romance sera terminée^^ Je finis enfin par dire que mon cher petit Bordemarge a été à l'honneur le WE passé lors de l'OP1000K de chez Bragelonne!

Ma première (et dernière?) bande-dessinée

Je suis en train de faire du tri dans mes vieux dossiers, et j’ai retrouvé les trois premières (et uniques) pages d’une bande-dessinée adaptée de “Roman”, mon premier roman! “Roman”, c’est le prénom du héros, mais à l’époque je trouvais ça fun comme jeu de mot T-T.

J’ai pondu ça l’été de mes dix-huit ans, (ce qui en fait onze déjà, mazette…) et je trouvais ça vraiment génial. Seulement comme j’étais une grosse paresseuse, et que j’ai compris que pour terminer, il me faudrait au moins six mois, j’ai abandonné! Et c’est pas plus mal, parce que mise en scène, dessin, couleurs, texte, tout déconne :D (Regardez comme Roman a l’air d’un gamin :D) La page 1 est mise deux fois, avant et après conseils de ma maman (conseils bien avisés, la seconde version est quand même mieux), et la page trois n’a pas de texte! Mais comme je trouve cette BD quand même marrante et que les pages 2 et 3 ont été reprises plus tard pour une scène de “Bordemarge”, je vous les livre :)

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Scène coupée de Bordemarge - La femme libérée et le dandy

Quoi quoi? Qu'est-ce que c'est que ça? Une scène coupée qui traîne dans mes dossiers depuis octobre 2011 et que j'ai terminée seulement aujourd'hui? Honte sur moi :D

 

Scène coupée

Août 1976, entre Allancourt et Bordemarge

La femme libérée et le dandy

 

            Marius Leyssieux, très beau jeune homme d'une trentaine d'années (et ce depuis environ soixante-dix ans d'ailleurs), se tenait bien droit devant la cheminée de sa roulotte, une tasse de thé à la main. Mis des pieds à la tête avec la plus parfaite correction, il portait une chemise blanche au col bien amidonné, une montre de gousset en argent attachée à son gilet, un pantalon noir à pinces ainsi que des godillots lustrés recouverts de guêtres. Seule une lavallière rouge, à laquelle il avait épinglé une petite clef d'argent, jetait une note de couleur dans sa tenue.

            Le véhicule qui roulait dans la forêt de Bordemarge n'était pas encore l'Athanor: il n'avait que deux pièces, à savoir un salon qui faisait également office de chambre et de cabinet de toilettes, et le poste de commandement, qui se réduisait en tout et pour tout à un frein et deux paires de rênes. L'Athanor était alors tiré par des chevaux, et non pas par de l’énergie à vapeur.

            Si sa roulotte n'était pas tout à fait l'Athanor, Marius Leyssieux n'était pas non plus tout à fait l'Orfèvre, et encore moins le patriarche. Il voyageait seul, sans se soucier des autres, pas plus des adultes que des orphelins croisés sur son chemin. Tout ce qui l’intéressait pour l'heure, c’était ses inventions et la facilité avec il les créait à Bordemarge. La table en acajou au milieu du salon était en permanence recouverte de pièces de mécanique, de plans et d’instruments de travail.

            Tout en sirotant son thé, Marius laissa ses pensées se perdre dans les flammes, puis jeta un coup d’œil au-dessus du manteau de cheminée. Le tableau magique affichait son propre portrait. En de très rares occasions, il était retourné à Allancourt afin de tester des théories et les mettre en application dans un autre univers. Il n'avait plus rien tenté depuis qu'il s'était rendu compte qu'une ride, lors du dernier passage, était apparue sur son front. Très soucieux de son image, il avait rompu immédiatement tout lien avec le monde où il avait grandi, pour garder à jamais sa beauté et sa jeunesse. De toute façon, son enfance avait été misérable, sa carrière de conservateur d'un ennui mortel, (il détestait la province et n’avait jamais réussi à monter sur Paris), il n'avait jamais eu d'amis, et aucune femme n'était jamais passée dans sa vie. Comparé à Allancourt, Bordemarge était pour lui un paradis, et il ne regrettait absolument rien de son choix.

            Depuis qu'il était tombé de ce côté du portrait, il avait pu à loisir développer son amour des sciences. A cet instant, il réfléchissait à un problème posé par la dernière invention sur laquelle il travaillait, à savoir une lunette astronomique destinée à observer les habitants des planètes. Il se demandait comment atténuer les aberrations chromatiques des lentilles, quand, passant la tête la première à travers le tableau, une femme lui tomba dans les bras. Il se retrouva projeté sur le tapis et sa tasse de porcelaine vola pour exploser en une dizaine de morceaux un peu plus loin sur le sol.

            Marius, le souffle coupé par la chute et le poids qui pesait sur lui, posa ses mains sur les épaules de la nouvelle arrivée, et la souleva pour mieux la voir. Elle avait un visage de poupée, un peu trop maquillé à son goût, de grands yeux bleus derrière des lunettes immenses qui lui donnaient l’air d’une chouette, et de longs cheveux noirs qui faisaient comme un rideau autour de leurs visages face-à-face.

— Vous n'avez rien? lui demanda-t-il, un peu sonné.

La jeune femme roula sur le côté, se mit assise et retira ses grandes lunettes à monture noire. Les mains sur les tempes, elle grimaça. Marius ne vit plus que son nez qui dépassait du rideau de ses cheveux.

— Siiii... gémit-elle. Mal à la tête... Soif...

Marius s'assit à son tour et défroissa son gilet avant de s'approcher d'elle.

— Cela va passer. Il se mit debout, servit deux tasses de thé et lui en tendit une : qui êtes-vous? Que faites-vous ici?

Elle avisa le thé.

— Vous êtes fou, dit-elle en se recouchant sur le tapis. Je meurs de chaud... Je crois que je vais clamser...

            Elle secoua sa blouse blanche pleine de dentelles et Marius, avisant son ventre nu, détourna la tête, affreusement gêné. Il ouvrit tous les hublots et l'air du soir rafraîchit leurs deux visages. Qui était cette dévergondée? se demanda-t-il. Il la regarda de nouveau. Pourquoi portait-elle un pantalon aux pattes larges, qui plus est orange, et ces bijoux multicolores qu'on aurait dits faits de celluloïd?

— Vous travaillez aux Folies-Bergères? lui demanda-t-il, un air hautain sur la figure. Dans un cirque?

Et comme elle ne répondait pas, les yeux fermés, il s'inquiéta de nouveau et se pencha  sur elle, mais elle lui éclata de rire au nez.

— Vous n'allez pas vous y mettre aussi, dit-elle en essuyant son front moite avec sa manche. J'ai déjà assez d'un conservateur grincheux qui critique mes pantalons.

Il l'aida à se remettre debout.

— Vous êtes bibliothécaire alors?

— Et vous, vous êtes le type du tableau.

Une fois sur ses jambes, un vertige la saisit et elle lui tomba dans les bras une seconde fois, évanouie. Il saisit sa taille pour la retenir et resta un instant avec sa tête sur son épaule, totalement désemparé par sa peau nue sous ses doigts, puis tira une chaise de la table pour l’asseoir. Elle reprit ses esprits lentement.

  Je suis désolée, murmura-t-elle. Je me suis levée trop vite. Vous auriez de l’eau ?

Il hocha la tête et se précipita dans le poste de commandement.

  Je reviens ! lui cria-t-il en tirant sur les rênes des chevaux pour les arrêter.

Il descendit de l’Athanor immobilisé pour éteindre les svadilfaris de ses bêtes, puis repassa à l’arrière du véhicule. Sur la plateforme, il puisa de l’eau dans un des deux tonneaux entreposés, puis revint dans le salon par la porte de derrière. La jeune femme avait éteint le feu avec le thé et se tenait devant la cheminée, l’objet de son crime encore à la main.

  Du Earl Grey si … s’offusqua Marius en posant la cruche d’eau sur la table. Et dire que c’était ma dernière cuillère.

— Désolée, mais j’ai vraiment trop chaud. De l’autre côté, c’est la pire canicule que j’ai jamais connue…

— Comment vous êtes arrivée ici ? lui demanda-t-il en lui servant un verre.

Elle posa la théière et le but avidement.

— Il a fallu que je monte dans le grenier chercher les panneaux d’exposition. J’étais déjà très mal, mais la chaleur en haut était atroce. Je suis tombée dans les pommes, je crois. (Elle prit la cruche à deux mains et la vida d’un trait). La dernière chose que j’ai vue, c’est ce tableau. Elle le désigna du pouce et s’essuya la bouche : ça va mieux !

— Vous êtes tombée à travers, lui expliqua Marius. Maintenant, il faut absolument que vous retourniez de l’autre côté.

— Hors de question.

— Pourquoi ?

— Tout d’abord, parce que je déteste qu’on me donne des ordres.

— Et ensuite ?

Elle haussa les épaules.

— Ensuite. Elle se rassit sur la chaise et regarda autour d’elle: parce que ça m’a l’air bigrement plus intéressant de votre côté. C’est sensass’ chez vous. Et vous avez une belle bibliothèque.

Elle se releva pour l’observer.

— Ne touchez à rien ! lui ordonna Marius quand il vit qu’elle avançait sa main pour saisir un livre par le dos. Êtes-vous réellement bibliothécaire ? Il fouilla dans un petit coffret et en retira une paire de gants qu’il lui tendit: mettez-les.

La jeune femme le regarda dans les yeux, lui tira la langue et sortit le livre de l’étagère sans user des gants.

— En général, répliqua-t-elle avec un petit ton moqueur, on ne donne pas des ordres aux filles qu’on rencontre pour la première fois, même si elles vous tombent dessus… littéralement. On dit : « Bonjour, je suis ravi de faire votre connaissance ».

            Marius lui prit le livre des mains, un exemplaire original des poèmes d’Edgar Allan Poe. Il le retourna pour caresser sa couverture.

— Je ne suis pas « ravi » de faire votre connaissance, lâcha-t-il avec aigreur. Je n’aime pas les gens en général et plus particulièrement celles qui se croient tout permis et tombent chez moi sans manière. De plus, permettez-moi de vous signaler qu’à chaque question que je vous ai posée, vous avez détourné la conversation. Je ne peux décemment pas appeler cela « faire connaissance ». Il ajouta sur un tout autre ton : je ne sais même pas quel est votre nom.

— « Qu'y a-t-il dans un nom? cita la jeune femme en caressant le dos d’un volume de Shakespeare. Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s'appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu'il possède... Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière. »

            Marius Leyssieur se raidit en entendant cette dernière phrase.

— Je… hésita-t-il. Il serra le livre contre lui: vous venez de me citer ma pièce préférée.

— Vraiment ? La jeune femme prit le recueil de Poe pour le poser sur la table et garda ses mains dans les siennes: vous n’avez pas l’air d’un grand romantique.

Marius, troublé, se dégagea de son étreinte d’un pas en arrière.

— Vous l’êtes ? demanda-t-il tout bas.

Elle redressa la tête dans un geste exalté.

— Oh que oui ! On ne dirait pas comme ça, avec mes pantalons et mes discours sur l’émancipation de la femme. C’est un des grands reproches de mon conservateur, d’ailleurs. Elle entrecroisa ses doigts et leva les yeux au ciel : mais en réalité, je ne rêve que Grandes Amours et Grandes Aventures !

            Marius s’autorisa un sourire.

— Est-ce que je pourrais enfin savoir votre nom, mademoiselle l’adoratrice de Shakespeare ?

            Elle abaissa son buste dans une élégante révérence, mimant les pans d’une grande jupe relevée.

— Monseigneur, je suis enchantée de faire votre connaissance. Mon nom est Éléonore Linzen.

 

Vous serez immortelle

Pour mon 200ème billet, j’offre gracieusement à mes si nombreux lecteurs ( :p ) la première partie de “Vous serez Immortelle”, nouvelle qui sera publiée dans l’Anthologie de Trolls et Légendes 2013! Le thème en est le semi-homme, et si je ne suis pas hors-sujet, je me suis quand même pas mal éloignée du hobbit auquel j’ai évidemment immédiatement pensé^^ J’ai écrit cette nouvelle environ une semaine avant la date limite… Cétait comme une dissertation, j’ai séché sur une copie blanche, attendu le dernier moment et tout m’est venu tout seul :) Je n’avais pas prévu de réutiliser le thème que l’on trouve dans “Porcelaines”, mais je crois qu’il me tient à cœur ;) On m’a fait remarquer que je faisais encore référence à Tim Burton, notamment à Edward aux mains d’argent, ainsi qu’au XIX ème siècle… et que j’utilisais encore une fois Sarah Bernhardt comme personnage (là il faut me connaître depuis longtemps pour savoir dans quoi ;) ) C’est vrai. Je crois que ce sont des thèmes qui sont en moi et que, comme pour Bordemarge, mes références débordent quand je me mets à écrire sans forcément me demander “est-ce que je l’ai déjà fait?”  ou “Est-ce que c’est original ” :) Le sujet ne l’est peut-être pas, mais la forme, oui: je n’avais encore jamais écrit au présent! Et je me suis vraiment amusée, je crois que c’est surtout ça qui compte :D



Vous serez immortelle

- Paris, 44 rue des Dames, 24 décembre 1887 -


Vu de l’extérieur, avec ses deux pans de carreaux sales enchâssés dans un bois déverni par la pluie, « L’Atelier Merveilleux » semble minuscule et sombre, mais dès qu’il en pousse la porte, le client se retrouve dans un tout autre monde, beaucoup plus grand, plus riche, chargé de promesses. Aujourd’hui, le client est une cliente, et elle sourit en refermant la porte, si basse qu’elle a dû se pencher pour ne pas abîmer son chapeau.

La clochette de l’entrée tinte doucement, un bruit de porcelaine cassée se fait entendre dans le fond. Sarah sait pourtant ce qu’elle va trouver à l’intérieur de la boutique, mais cela continue de l’étonner. Elle observe le mur de gauche, couvert de cadavres de poupées à qui il manque toujours quelque chose : œil, dents, bras, ou même tout le corps. Elle est habituée à ce que ces centaines d’yeux la fixent, et cela fait longtemps qu’elle ne se sent plus mal à l’aise. Il s’est passé dans cette boutique des choses bien plus étranges. Elle serre pourtant le paquet qu’elle apporte contre son ventre, peut-être pour qu’il la protège, ou tout simplement parce qu’il est précieux.

Le mur de gauche est caché par un rideau de velours qui, autrefois, a dû être rouge. Aujourd’hui, il tire plutôt vers le marron sale, tant il est vieux et décoloré par le soleil. À sa barre sont pendues, par leurs fils, des marionnettes. Il n’y a que deux personnes ici, et pourtant elle a la sensation qu’ils sont toute une salle de spectacle. Il faut passer des amoncellements de jouets cassés et des piles de livres pour atteindre l’autre côté de la boutique.

Derrière un grand bureau acajou, dont le pan externe était autrefois le mur d’une roulotte, et sur lequel on peut encore lire « E. Werner, marchand ambulant, jouets de première qualité », se trouve le propriétaire des lieux, monsieur Edgar Werner en personne. Il a levé sa tête dégarnie quand il a entendu la clochette de la porte d’entrée, et sourit en voyant la femme qui s’avance vers lui. Ses moustaches grises, qu’il a imposantes et cirées, se soulèvent jusqu’à ses yeux et se confondent un instant avec le cerclage de ses lunettes. Sa cliente avance entre les obstacles, manque de faire tomber un arrivage tout neuf de Jules Verne avec sa tournure, et se penche au-dessus du bureau pour embrasser son vieil ami. Monsieur Werner a les oreilles qui rosissent, et remonte d’un geste sec ses lunettes rondes sur son nez :

— Bonjour, ma divine, la salue-t-il. Qu’est-ce qui vous amène ?

— J’ai un bras cassé, dit-elle en serrant le petit paquet sur son estomac.

Le restaurateur de jouets se lève et fait difficilement le tour de son bureau. C’est qu’il a un ventre proéminent, qu’on ne remarque guère quand il est assis. Il va jusqu’à la porte, sans toucher le moindre objet, et tourne la pancarte pour qu’elle affiche « Fermé » aux éventuels clients, même s’il paraît évident qu’il n’y en aura aucun. Il est midi, et ils ne sont jamais vraiment nombreux, ceux qui veulent faire réparer leurs jouets à la veille de Noël.

Monsieur Werner retourne à son bureau aussi élégamment qu’il en est parti, tel un danseur, évitant les murs de bimbeloteries comme s’il s’agissait de fleurs précieuses à ne pas écraser. Mademoiselle Sarah n’a pas bougé, elle se contente de tourner une boucle d’un auburn profond autour de son doigt. La boutique de monsieur Werner est le seul endroit où elle sait être patiente. C’est peut-être parce que le calme et la sérénité du vieil homme se diffusent en elle. Ou parce qu’il a toujours trouvé des solutions à ses problèmes.

Le restaurateur ramasse la tête qu’il a fait tomber par surprise au moment où sa cliente préférée est entrée. Elle est brisée en trois morceaux, qu’il tient en coupe entre ses mains potelées comme s’il s’agissait d’un oiseau blessé. Il écarte le rideau rouge en gardant les mains tendues devant lui, et tous deux, sous la sarabande des pieds des marionnettes qui s’entrechoquent, entrent dans une pièce qui n’a rien à voir avec celle que l’on peut distinguer depuis la rue. Ici, tout est propre, les murs sont d’un bleu lavande immaculé, et au milieu de ce qui semble être un laboratoire, trône une paillasse en carrelage blanc, aux extrémités couvertes d’instruments de chimie. Quand monsieur Werner pose la tête en porcelaine entre les flacons de verre, celle-ci est intacte. Sarah dépose avec précaution son paquet sur la paillasse et se débarrasse de son grand manteau noir, ainsi que de son chapeau, qu’elle laisse par terre, à l’endroit même où elle se déshabille. Il n’y a pas de chaise ni de porte-manteau ici, et elle a pris l’habitude qu’une domestique empressée devance toutes ses demandes. Monsieur Werner la regarde et la trouve très jolie dans sa robe de soie rose. Sans le bras gauche qui lui manque, elle serait parfaite. Il ajuste ses lunettes et veut regarder la blessure de plus près :

— Je peux ? demande-t-il poliment en faisant mine de défaire sa manche en dentelle.

— Je vous en prie.

De son bras valide, Sarah délace habilement sa robe, tire sur le tissu pour dégager ses épaules et laisse tomber le bustier, montrant son corset sans aucune pudeur. Monsieur Werner l’a déjà vue nue. Il suit du doigt une couture, le long de son épaule en chevreau blanc, aussi douce que de la peau humaine. La fixation est toujours bien en place, mais elle ne soutient plus le bras, juste quelques tessons de porcelaine.

— Comment vous êtes-vous fait ça ? Demande-t-il.

— En sautant du parapet dans Tosca hier soir, explique-t-elle.

Monsieur Werner se recule, surpris :

— Sur scène ?

— Personne n’a rien vu, le rassure-t-elle. J’avais de longues manches serrées, et c’était le final. Je suis rentrée directement, et j’ai filé chez vous à la première heure.

Monsieur Werner sourit :

— Il est l’heure du déjeuner.

Elle fait une moue :

— C’est la première heure… de l’après-midi.

— Allongez-vous, lui ordonne-t-il.

Sarah maugrée :

— Quand installerez-vous quelque chose de plus confortable ?

— Je ne travaillerais pas bien si vous étiez allongée dans un de vos cercueils, plaisante-t-il.

— C’est très froid.

— Pourquoi me faire remarquer cela, puisque vous ne ressentez rien ?

Elle sourit et répond, évasive :

— Je ne sais pas, pour paraître vivante ? J’ai pris l’habitude de feindre ce genre de choses.

Mais quand elle s’allonge enfin, ses formes ne s’écrasent pas sous son poids. Elle reste une statue en cuir et en porcelaine, très droite, qui n’a rien d’humain. Ses yeux se ferment mécaniquement.

— Ce n’est pas très beau, ce que vous avez fait là, constate-t-il en déballant le bras de son paquet, prenant les morceaux entre ses doigts.

À l’exception de l’attache qui est brisée, c’est un bras magnifique, à la main finement ciselée, mais malheureusement inerte. Il se dit qu’il a vraiment exécuté du beau travail, autrefois, et que c’est dommage qu’elle n’y prête pas plus attention.

— Je suis désolée, s’excuse-t-elle, comme si elle lisait dans ses pensées.

Il explique :

— Il y a plusieurs gros morceaux. Il vaudrait mieux que je refasse un bras neuf… Seulement…

Elle tourne son visage pâle et parfait vers le sien, les yeux toujours fermés :

— Seulement ?

— Eh bien…

— N’hésitez pas !

Il baisse la tête, honteux :

— J’ai eu une inondation dernièrement. Les moules d’origine ont pris l’eau.

Elle se relève, horrifiée, et ses yeux se rouvrent. Son mouvement est abrupt, digne de celui d’un vampire sortant de sa tombe :

— Pardon ? Ce n’est pas possible ! N’y a-t-il aucun moyen de les refaire ?

Il soupire :

— Mademoiselle Sarah Bernhardt, vous êtes ma plus belle création. J’ai travaillé plus de dix ans entre votre conception et le premier vers que vous avez prononcé. Est-ce que vous voulez vraiment mettre votre carrière entre parenthèses maintenant, et pendant tout ce temps ? Ne saurez-vous vous contenter d’une réparation sommaire ? Nous savions tous les deux que ce moment allait arriver.

Sarah détourne la tête et regarde dans le vide. Son beau profil, que monsieur Werner a modelé d’après des statues grecques, se découpe comme un camée sur le mur bleu.

— Non, je ne le savais pas. Disons que… J’avais oublié, et que je ne tenais pas particulièrement à ce que vous me le rappeliez. Pas maintenant, en tout cas. Vous m’aviez promis que je serais immortelle.

— Vous le serez. Seulement, ce n’est pas mon cas.

Elle le regarde tristement. Pour un peu, il croirait voir apparaître des larmes dans ses yeux de cristal :

— Je ne veux pas disparaître comme ça. Je ne suis pas destinée à tomber en morceaux.

— Je peux tenter une réparation. Vous devrez rester toute la nuit chez moi.

— Cela, je suis prête à le faire.

— Mais elle se verra. Cela fera un bourrelet plus épais. Comme un bracelet égyptien, mais en bandelette de momie, tente-t-il d’expliquer à sa manière.

Il se gratte la tête, se demandant si elle a compris, et si elle va accepter d’être déformée. Il connaît son narcissisme. Contre toute attente, elle éclate de rire en serrant son bras cassé contre sa poitrine :

— Alors, je mettrai les grandes manches bouffantes à la mode !

Elle se rallonge, ferme les yeux, et monsieur Werner prépare ses instruments. Par la fenêtre de « L’Atelier Merveilleux », il voit les premiers flocons de neige de l’année tomber, et dans le laboratoire silencieux, le rire de l’actrice résonne encore dans son esprit comme un grelot.

J'assume!

Il y a près d’une semaine, j’ai créé un tumblr pour pouvoir me défouler de mes états d’âme de pauvre auteur maudit. Parce que oui, quand on écrit, on court souvent après la publication, mais une fois que c’est fait, ben c’est encore pire, du moins pour moi qui suis une grosse angoissée de la vie, et des états d’âme, j’en ai, et je crois que j’y ai droit, même si je suis publiée :) On ne te dit jamais que le premier roman, t’as toute ta vie pour l’écrire, mais que pour le suivant, on t’attend au tournant, et que tu vas te manger des tas de trucs pourris dans la gueule! Si j’avais su, jamais j’aurai signé ce contrat, parce que pour moi, il y a plus d’inconvénients que d’avantage à ce que mon livre soit diffusé.

Avec ce tumblr, tout s’est bien passé pendant deux jours, j’allais un peu mieux niveau angoisses, ça me faisait marrer d’être anonyme, jusqu’à ce qu’un autre tumblr s’empare d’un de mes posts et que ça dégénère. J’aime pas qu’on me tape dessus et qu’on déforme mes propos, mais bon, je l’avais cherché, je n’aurais pas dû oublier qu’Internet, c’est le maaal et qu’on te retrouve toujours :D  Quelqu’un a publié une charade prouvant qu’il (ou plutôt elle?) savait qui j’étais, et j’ai eu tellement la trouille que j’ai supprimé mon tumblr sur le champ! (D’ailleurs c’est qui? Si cette personne me lit, elle pourrait venir discuter avec moi, je ne suis pas méchante :),) J’avais pas franchement envie qu’Éditeur apprenne comme ça tous les sales trucs que je pensais :)

Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dit que j’assumais totalement ce que j’ai posté. Après tout, mon héros c’est Cyrano de Bergerac, et j’ai toujours admiré sa façon de dire ce qu’il pense. Je m’en fous de ma réputation, je n’en ai pas, et les gens trouveront toujours que j’ai l’air d’une pédante petite je-sais-tout, ça a toujours été mon lot quotidien depuis les bancs de la maternelle.

J’ai quand même eu envie de reprendre certains points avant d’un jour me les prendre dans la figure totalement déformés:

D’abord, je n’ai jamais dit que seules les personnes qui ont fait des études de lettres pouvaient se permettre de faire des critiques de bouquin. On seraient bien dans la merde, nous pauvres auteurs de genre, si c’était le cas! Parce que oui, on ne trouvera jamais les auteurs de fantasy, fantastique ou SF dans des magazines comme “Lire” ou le “Magazine Littéraire”. Il faut s’appeler Robert Jordan ou Bernard Werber pour ça, et encore, même Werber n’est pas pris au sérieux par les “élites”. Mon problème, c’est qu’il n’y a quasiment plus que des blogs littéraires pour faire notre carrière, pour parler de nos livres, et qu’il y a une sacrée différence entre une analyse critique et un avis subjectif. Pour reprendre mon exemple sur Emma Bovary, je m’explique:

Une analyse un tant soit peu correcte pour moi, c’est:

On fait une mini-bio de l’auteur, on replace le livre dans son époque et dans son contexte, on explique ce que sont le réalisme et le naturalisme (en tout cas le genre dans lequel se place l’auteur), ce que sont les lectures d’Emma, la place de la femme de la société, puis on peut s’attaquer à une sociocritique, à une étude du style, à des extraits de ses passages préférés, ce genre de truc…et seulement finir par une petite note perso :)

Le souci, c’est qu’on a majoritairement droit à la note perso, sans le reste, du genre:

“Ouais Emma Bovary c’est trop chiant, il ne se passe rien, si moi j’étais Emma je me bougerais le cul et je divorcerais de ce con de Charles!”

C’est bien joli ce genre de propos, c’est marrant, mais pour moi c’est typiquement la réflexion qu’on s’échange entre copines autour d’un verre. Parce que oui, mes potes qui ont fait des études ou qui se penchent un minimum sur la Littérature, ils savent que le divorce n’existait pas en 1857, qu’à cette époque le but pour un auteur ce n’était pas franchement d’avoir une intrigue où il se passe dix mille trucs à la minute avec des rebondissements à la fin de chaque chapitre, et que si une femme du XIX ème quittait son mari dans la fiction, ça donnerait plutôt Anna Karénine qu’un mauvais Harlequin…. A quoi ça sert de lire dix critiques du même acabit? Je pense sincèrement que ce genre de petite phrase doit rester du domaine de la private joke, seulement, la plupart du temps, c’est un premier degré qui ne creuse pas très loin, et que son auteur pense réellement. (Par exemple, j’ai aussi lu que les personnages de Raison et sentiments étaient des clichés, faut en vouloir pour sortir un truc pareil!). Chaque ressenti personnel est différent et moi, en tant qu’auteur, ça ne me sert à rien.

Si on me dit que j’ai des problèmes de style en me les prouvant, ok, je pourrais m’améliorer et faire un meilleur bouquin la prochaine fois. (J’ai pu corriger certains défauts de Bordemarge dans Novalys comme ça). Mais si on me sort que Violette est une sale tête-à-claques, qu’est-ce que j’y peux, moi? C’est mon personnage, elle est comme ça et ça plaira à certains et pas à d’autres. Si en plus je lis que je suis une sale pimbêche désagréable (oui, ça m’est arrivé), alors là… Je me retrouve juste avec le moral à zéro et ça ne change rien au bouquin. A quoi ça sert d’attaquer l’auteur? C’est pas le roman qui est important? (Et sérieusement, une personne qui me connait un tant soit peu saura que je suis une stressée notoire et que ma poker face c’est “je tire la tronche”^^)

Ce que j’aimerai, c’est un peu plus de critiques professionnelles, car oui, ça me fait chier que ma carrière se soit retrouvée entre les mains de personnes qui ne connaissent pas grand-chose à la Littérature… Parce que moi, j’ai eu de la chance, j’ai lu beaucoup de choses chouettes sur Bordemarge, mais combien de mes potes qui font de la high fantasy ou de la Sci-Fi un peu pointue ne pourront jamais prétendre à une carrière digne de l’auteur de “50 nuances de Grey”, (ce qui n’est pas mon cas non plus faut pas se leurrer) parce que leurs intrigues ne sont pas formatées, que leurs personnages ne sont pas calibrés, que leurs descriptions sont un peu trop longues, leurs intrigues sur plusieurs niveaux ou que leurs dialogues sont très travaillés? Alors non, je ne suis pas jalouse de E.L. James, (bon de ses droits d’auteur, si un peu^^) mais pas franchement de ce qu’elle écrit, et je trouve ça lamentable qu’à chaque fois qu’une personne en critique une autre, on lui dise: “C’est parce que t’es jaloux/se”. Non, c’est juste parce que c’est mauvais, et que des milliers de personnes vont lire un truc atroce… Et que sur ces milliers de personnes, seule une poignée saura faire la part des choses et avoir du recul.

Si Flaubert présentait “L’Éducation sentimentale” à un éditeur d’aujourd’hui, on lui dirait: “c’est bien joli coco, mais un type qui court pendant 400 pages après une nana sans jamais se la faire, ça ne marchera jamais! Raccourcis tes phrases, élague tes descriptions, tes passages introspectifs ne servent à rien, “Show don’t tell”, rajoute de l’action, fais-moi une intrigue policière ou rajoute-moi des scènes de cul, mais fais de Frédéric un vrai héros!” 

Alors du coup, les romans qui se vendent bien aujourd’hui se ressemblent tous… Et j’ai bien peur que jamais plus on n’ait droit à des romans comme ceux qui m’ont transportée ado… Et tant de bons auteurs ne seront jamais publiés pour d’autres qui feront des best-sellers à partir de conneries !

Oui, je critique “Twilight”, “Fifty shades of Grey”, Musso ou Lévy, mais je les ai lus. Et oui, en tant que bibliothécaire, en tant que lectrice et auteur curieuse, fallait bien que je puisse parler de ces best-sellers à mes usagers, et comprendre ce qui faisait leurs succès :) Jamais je ne me permettrais de dire du mal d’un livre que je n’ai pas ouvert :) En trouvant ces livres nuls, je ne conspue pas tout un genre: il y a des choses géniales en roman érotique comme en romance fantastique, et ce n’est vraiment pas moi qui vais mettre des étiquettes sur des bouquins, parce que j’ai suffisamment été confrontée au problème. Quand j’étais à la fac, j’aurai bien aimé étudier Jane Austen ou Edgar Allan Poe, mais non, comprenez-vous, c’est du sous-genre, on fait pas ça à l’Université mâdâme, si vous les lisez, ne le criez pas sur tous les toits!! Je vous assure, quand j’ai fais mon mémoire sur Edgar Allan Poe, j’ai bataillé pour trouver une tutrice, et j’en ai entendu des vertes et des pas mûres… Le clivage entre littérature “sérieuse” et “de divertissement” est encore loin de disparaître, surtout en France… Tout livre doit rentrer dans des cases et viser un public spécifique!

Pour Bordemarge, il fallait dès les premières questions dans les interviews que je sache dire précisément si c’était pour la jeunesse ou les adultes, et si c’était de la fantasy, du fantastique ou du cape et d’épée. J’ai dû m’excuser à chaque fois parce que, pauvre de moi, c’était tout ça à la fois, et que ça s’inscrivait pas dans LE genre du moment, à savoir la dystopie… Et je vois pas pourquoi je devrais m’excuser de pas rentrer dans les cases, ni de faire comme tout le monde.

Je ne rentrerai jamais dans une case, et si ce que je viens d’écrire ne vous plaît pas, et bien tant pis. Je passerai une semaine horrible avec des nœuds dans le ventre, mais j’assume!

Article dans "Virgule"

Ce matin, mes collègues de jeunesse m’ont fait une jolie surprise, à savoir que mon roman “Bordemarge” est dans le coin lecture du magazine “Virgule” de ce mois-ci! J’en suis super fière, plus que d’autres articles en fait, parce que c’est un journal que j’aime beaucoup et que je trouve super bien fait. Je le suis pas régulièrement mais j’en ai feuilleté suffisamment pour savoir que c’est de la qualité :) J’avais même écrit à la rédaction y a quelques années pour qu’ils publient Ulalume :D

J’aime aussi pas mal la petite illustration en dessous :D

Seule petit bémol, l’avis de miss Sabine :p Si jamais tu lisais mon article, Sabine, sache que oui, c’est bien un livre pour les grands, c’est même écrit dessus, + de 14 ans ;)

BORDEMARGE

Mercredi 27 juin:

Finalement, j’aime toujours autant mon roman, malgré toutes les critiques mitigées que j’ai pu en lire! J’en ai lu des très bien qui m’ont rendue fière de moi, et toutes ces chroniques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises (mais pas trop, personne ne m’a descendue en flèche :) ), ont finalement fait en sorte de me faire me poser les bonnes questions. J’ai retiré ce qu’il en fallait pour la suite de Bordemarge, que je suis en train d’écrire, et suffisamment de motivation pour continuer un bon bout de temps ;) Je compte faire de Nuxiger (titre très provisoire, c’est affreux ce nom) un roman encore bien meilleur :)



Mardi 15 mai:


Voilà un mois que Bordemarge est sorti, et en réalité, ça ne me fait pas autant d’effet que j’aurai cru; certes j’ai lu quelques critiques, c’est très agréable parce que le livre semble plaire, et que ça me fait toujours plaisir de lire des jolies choses; j’étais très fébrile la première semaine de sortie, mais maintenant cette fébrilité est retombée, et je n’en ai plus rien à faire. Comme si ça y est, le bouquin est sorti de moi, alors je ne m’en occupe plus. Je me demande ce que ça va donner la semaine prochaine, à Étonnants Voyageurs. Je crois que je me souviendrai plus de l’histoire, que je serai pas fichue de la défendre… et que si jamais on me pose des questions, je serai pas fichue non plus de répondre. Déjà rien que qu’une semaine avant qu’il ne sorte, je ne me souvenais plus que j’avais changé le nom du personnage de Clarence en Christian :) On dirait bien que ça va faire comme Porcelaines… dans une semaine je n’aurai retenu que les chose à améliorer, et dans un mois, je soutiendrai mordicus que c’est la pire daube que j’ai jamais écrite et j’en aurai honte :)
En ce moment je suis complètement vide, j’ai des tonnes d’idées dans la tête mais rien du tout qui ne me donne envie d’écrire. J’ai même abandonné les Chercheurs du Temps, alors que l’épisode 8 est presque fini et qu’il ne me reste presque plus rien! J’aimerai vraiment, mais vraiment retrouver ma motivation…



Lundi 16 avril:

Bordemarge est sorti! je n’ai pas dormi pendant une semaine, mais ça ne servait à rien, vraiment :) Jusque-là j’ai eu que des bonnes critiques, à part une mais son auteur semblait ne pas m’aimer moi plutôt que mon bouquin^^ et puis je m’en fiche, il en faut aussi :D Après les critiques des blogueurs, j’attends désormais les avis des lecteurs :)
Et sinon, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le tour de toutes les librairies pour le voir :D

L’avancement du costume de Roxane pour les Imaginales


Dimanche 1er avril:


C’est pas une blague, Bordemarge sort le vendredi 13 avril! J’ai super super hâte :D
Mercredi 4 (le jour de la ortie de Titanic en 3D, moi je dis c’est un signe ;) ) j’ai rendez-vous à paris pour parle à des journalistes! j’ai déjà reçu la couverture et on peut voir une page facebook consacrée au roman ici

Je présenterai ce livre aux Imaginales, où je serai déguisée en Roxane :)


Mercredi 18 janvier:

J’ai terminé hier de corriger mon texte, et j’y ai ajouté exactement 30 pages (pas fait exprès :) )
D’ici mi-février je devrai avoir la première maquette, j’ai hâte!!! :D

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Samedi 10 décembre:

Cela fait trois jours que j’ai reçu les notes pour les corrections, et je travaille, je travaille! J’espère pouvoir rendre la nouvelle version pour qu’il soit bien publié en mars/avril, comme prévu au départ! Mais comme en trois jours j’ai corrigé 16 pages, si je continue sur ce rythme-là, ça fait 20 jours de travail, soit en gros un mois vu qu’il y aura les vacances de Noël entre temps, donc, je le rendrai logiquement début janvier.

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Le 4 mars, j’écrivais le texte ci-dessous, dans lequel j’expliquai que j’étais sur un nouveau roman. Et bien je l’ai terminé ! Le 15 août tout pile, soit deux jours avant mon anniversaire, ce qui fait six mois pour l’écrire! (Bien plus rapide que Malemort que je n’ai même pas terminé). Pour ce faire j’ai passé deux jours dessus avec le soutien de mon zamoureux-que-je-remercie-comme-aux-césars, et le voilà, tout beau, tout neuf ! Pour l’instant, il s’appelle

liste des choses à faire avant de mourir, et je suis trop heureuse de la viiiiiiiiiie !!

            Alors il y a deux héroïnes, l’une c’est Roxane de Bordemarge, et l’autre Violette Linzen (qu’on peut retrouver dans bon nombre de mes nouvelles) et les deux sont vraiment différentes l’une de l’autre. Disons que l’une c’est mon côté Cyrano, et l’autre, mon côté Edgar Poe ;) . Il y a aussi tout un tas de personnages, dont plusieurs sont repris d’autres de mes nouvelles/écrits, et je les aime tous! Parmi eux, il en y a surtout quatre que je chéris particulièrement, parce que j’en ai fais des hommages à mes amis-que-j’aime, comme dirait Edward :)

            Il y a dedans, entre autres choses, un vaisseau pirate avec des pattes d’araignée, un capitaine russe que j’ai repris de Roman, un petit vieux en fauteuil roulant, des belles robes, des mains coupées, des inventions bizarres telles que le svadilfari, des hommages en veux-tu en voilà, des ch’tits n’orphelins, des capes, et pis aussi des épées !

            Bientôt, je posterai ici des illustrations de ce monde-là, parce que j’en ai tout plein de faites, et tout plein dans ma tête !

Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre les retours de mon éditeur, et même si c’est stressant, ça l’est beaucoup moins que de me lever tous les matins en me disant: “j’ai un roman à finiiiiiiiiiiir!”

            Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas ;)

 

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Voici les trois premiers chapitres du roman que je suis en train d’écrire. Il me plait, il me plait, il me plait! Je me suis jamais autant amusée à écrire que pour ce truc. Il n’a pas de titre, les intrigues ne sont pas encore toutes très claires, y a plein de fautes d’orthographe et de grammaire, mais je m’en fiche: je visualise les personnages et vis avec eux pour la première fois depuis que j’ai écrit “Roman”… mon premier roman. Est-ce un signe ? Tout ce que j’aime (personnages, intrigues, époques, détails stupides, références littéraires)  s’imbrique ici d’une façon affreusement évidente, comme si c’était ça que je portais en moi et cherchais  écrire depuis le début ; c’est une vraie révélation et même s’il n’est jamais publié, je crois que je ne remercierai jamais assez mon éditeur de m’avoir fait ce cadeau-là.

Ne vous êtes vous jamais demandé ce que faisaient les héros de vos romans préférés, une fois que vous aviez tourné la dernière page et refermé le livre? Bordemarge est votre réponse.

 

 

 

Allancourt, août 1984

 

            Une discrète lumière bleue éclaira un instant les vitres de la salle des archives de la bibliothèque d’Allancourt, y dessina deux silhouettes, et s’éteignit, plongeant de nouveau la pièce dans le noir. Au milieu des cartons d’ouvrages qu’on était en train de trier cet été-là, entre deux immenses étagères vides, un homme et une femme enceinte, visiblement à terme tellement son ventre était énorme, parlaient tout bas.

— Je t’en prie mon amour! N’y va pas! Disait Marius en lui prenant les mains.

C’était un beau brun habillé comme un dandy du XIX ème siècle, portant des moustaches soignées et une montre à gousset à son gilet.

— Regarde-moi enfin! Reprit-il en lui montrant ses doigts qui se parsemaient de petites taches. Je me décrépis à vue d’œil! Il t’arrivera la même chose!

Eléonore, elle vêtue d’une robe blanche qu’elle avait voulue intemporelle, le prit dans ses bras avec douceur et passa ses doigts dans ses cheveux, qui se couvrirent de fils d’argent.

— Peut-être pas aussi rapidement, reprit-il avec tendresse, car tu as passé bien moins de temps que moi là-bas, mais dans dix, vingt ans tout au plus, tu mourras! Tu ne le verras même pas grandir, ajouta-t-il en posant sa main sur son ventre arrondi. Eléonore s’approcha de son amant qui déjà se courbait un peu plus, et posa sa main sur son visage:

— Dépêche-toi de passer le portail, alors. Je me suis déjà expliquée sur ce sujet tant de fois… Sa voix se brisa dans un sanglot. Je ne veux pas que notre enfant grandisse dans un monde de chimères.

Sous sa main, elle sentit les rides se creuser. Sa peau devenait moins ferme et ses yeux bordés de rouge.

— Allez te dis-je! Et puis tu reviendras me voir, n’est-ce pas? Il embrassa ses mains, qu’il tenait toujours dans les deux siennes, glissa une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille, et murmura, au bord du désespoir, la voix cassée:

— Éléonore, je te le jure. Je ferai tout pour trouver un moyen d’empêcher ce beau visage de se faner, ajouta-t-il en lui caressant la joue. Mais réfléchis encore! Ce monde-là a évolué sans nous!  On ne sait même pas en quelle année on est ! Comment est-ce que tu vas faire?

— Comme durant toute ma vie: je vais faire preuve d’imagination. Elle eut un sourire fugace. Ça ne nous a pas trop mal réussi jusque-là. Je le sais, ce sera une merveilleuse aventure.

Une quinte de toux, mêlée de larmes, plia Marius en deux. Il était proche du vieillard maintenant. Il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps, s’il restait encore ici. Résigné par le sort qui l’attendait, il jeta un regard derrière lui, passa sa main dans ses cheveux devenus blancs, resserra sa lavallière anis dans un serrement désespéré et se traîna jusqu’au fond de la pièce, où il disparut. Éléonore fondit en larmes, puis sortit.

 

            Le lendemain matin, une bibliothécaire retrouva décroché le portrait du premier conservateur d’Allancourt, qu’elle trouva singulièrement vieilli. Avait-il toujours eu cette apparence-là ? Comme, cette année-là, on refaisait tout, depuis le désherbage jusqu’à la décoration, elle voulut le déplacer à l’étage, bien en vu dans le secteur adultes. Elle se dit que ça ajouterait une touche de charme, que ce vieux monsieur en gilet rayé, dont les yeux d’azur délavé  semblaient veiller sur eux.

Et le portrait n’a plus bougé depuis.

 

Chapitre

— Si on te le demande, gamin, tu diras que c’est La Plume qui t’a tiré de ce mauvais pas ! La pomme roula, brillante et rouge, jusqu’au coude du jeune homme, habillé d’un pourpoint tout aussi rouge brodé de petites plumes d’or, décrivit un arc de cercle dans les airs et atterrit dans les mains du gamin, qui acquiesça, un sourire jusqu’aux oreilles. Quant à toi, claironna le nommé La Plume en se tournant vers l’aubergiste à ses côtés, si tu recommences, gros homme, je serai obligé de te fesser les deux joues !

L’aubergiste, une espèce de créature qui tenait plus du cochon que de l’humain, baissa les yeux vers la garde de l’épée que le jeune homme portait à sa ceinture, -du beau travail, espagnol assurément- et grogna. C’était sa façon de répondre oui, qu’à l’avenir, il éviterait de traiter son fils comme un domestique et de lui administrer des taloches pour un rien. Le gosse, plutôt enrobé et petit, était en effet couvert de bleus, et tentait, sans succès, de cacher une cicatrice à l’arcade sous ses cheveux bruns coupés courts. Ils ne semblaient pas avoir connu l’usage du peigne depuis longtemps et rebiquaient en épis.

— Bien, continua La Plume, maintenant, je veux de quoi boire et manger, et je ne me lèverai pas tant que je ne serai pas rassasié !

Une bourse tinta sur le comptoir, et l’aubergiste descendit chercher sa meilleure bouteille de vin, non sans râler après cet insolent qui venait lui donner des cours d’éducation, qu’il s’empresserait d’oublier une fois qu’il serait parti. C’était son fils et il le traiterait comme il l’avait toujours fait. La Plume s’assit donc et son compagnon de voyage, un gringalet avec un long manteau brun qui semblait avoir copié sa coupe de cheveux sur celle du fils de l’aubergiste, se pencha vers lui en enlevant son foulard blanc de son cou :

— Pourquoi faut-il que tu prennes ainsi un malin plaisir à te faire remarquer ? L’insolent rit aux éclats, et la plume de son feutre, énorme et blanche, frissonna:

— Je n’en sais rien, peut-être pour t’embêter ? J’adore te voir avec ces joues toutes rouges.

Seamus baissa la tête comme une jeune fille pudique, et reporta son regard sur la cheminée qui flambait joyeusement. L’aubergiste s’approcha d’eux avec deux bouteilles de vin et autant de verres dans les mains, qu’il posa avec violence sur leur table.

— Ces messieurs voudront peut-être une chambre pour la nuit ? Demanda-t-il avec tout le mépris dont il était capable.

— Non, nous ne resterons pas ! répondit La Plume, qui n’avait pas pris la peine d’enlever son pourpoint, ni son foulard noir, ni son impressionnant feutre. Contentez-vous de soigner nos chevaux. Du mieux que vous pouvez, ajouta-t-il, c’est-à-dire mieux que le garnement que vous employez. La plume fit un signe vers l’enfant : approche-toi d’ailleurs. Ton nom ?

— Peter, répondit-il en s’approchant, guettant d’un œil la réaction de son père.

— Et bien Peter, tu vas manger avec nous. A cette heure, un gamin comme toi a mieux à faire que de servir tous ces clients avinés, dit-il en faisant un grand geste pour montrer les hommes attablés dans l’auberge. Le père tenta de s’interposer :

— Il a encore ses tâches à accomplir ce soir ! La cuisine ne va pas se nettoyer toute seule ! Le jeune homme se leva, soudain devenu grave :

— Monsieur aubergiste père, vous avez des mains non ? Et à la vue des taloches que vous lui avez données, je gage que vous savez les utiliser. Alors servez-vous en pour faire votre ménage vous-même, ou mieux encore, servez-vous de tout l’argent que vous avez assurément économisé sur son dos pour payer des gens qui vous aideront, et l’envoyer à l’école. Un silence accueillit cette phrase, et l’aubergiste se mit à rougir de colère. Seamus posa une main sur le bras de son compagnon, qui se calma et se rassit.

            Dehors, par les fenêtres ouvertes, La Plume vit les derniers rayons du soleil se mourir derrière les collines de Bordemarge, et avec eux, apparaître dans un vrombissement effrayant les silhouettes d’énormes libellules métalliques. Il se raidit sur sa chaise, abaissa le bord de son feutre sur ses yeux comme s’ils pouvaient le voir d’ici, et chuchota à l’oreille de Seamus :

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ils ont des odonates maintenant ? Seamus se retourna pour les voir, discerna dans le couchant des hommes en noir montés sur leurs machines volantes, et blêmit :

— Il faut croire. Allons-nous-en.

— Très finement réfléchi ! La Plume se leva brusquement, jeta sa bourse sur le comptoir pour dédommager l’aubergiste et se précipita vers les écuries, Seamus sur ses talons. Mais leurs chevaux étaient loin d’être prêts à endurer une course, ils venaient juste d’arriver ! La Plume sangla les sacoches sur les deux destriers qui lui semblaient les plus frais :

— Arrête, c’est du vol ! Cria Seamus.

— Où tu vois du vol ? A la place de ses bidets je lui laisse deux puissantes bêtes dressées et nourries au château ! Qu’il vienne seulement se plaindre, ce verrat ! Seamus haussa les épaules et l’aida à finir d’harnacher. Après tout…. De toute façon, il n’avait jamais réussi à raisonner cet énergumène.

            Ils enfourchèrent leurs nouvelles montures et se dirigèrent vers le sud. Derrière eux, les pirates de Khaltourine, montés sur les odonates, n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’auberge.

— Attendez-moi ! Cria une voix derrière eux. Quand il se retourna, Seamus aperçut Peter, monté sur un de leurs chevaux, qui leur filait le train.

 

 

Allancourt, de nos jours

 

 

— Trois heures, encore trois horribles heures à tenir ! pensa Violette, complètement abattue. L’ennui lui faisait comme un manteau lourd sur les épaules, et ses cheveux, longs et fins, pendaient lamentablement, comme deux ailes de cygne noir, autour de son visage. A la voir ainsi, les paupières lourdes, les lèvres blanches, le visage émacié et pâle d’un cadavre, on aurait dit une héroïne tragique jouée par Isabelle Adjani, ou une de ces images gothiques de vamps à moitiés nues dans la neige qu’on trouve au détour d’Internet.

 A cette heure-ci, la bibliothèque n’était peuplée que de ses collègues et de quelques rares usagers habitués, qui ne viendraient certainement pas lui demander quoi que ce soit. Elle bougea la souris pour que l’écran sorte de sa veille et consulta sa messagerie pour la cinquième fois depuis le début de l’après-midi. A part quelques publicités pour la St-Valentin qu’elle s’empressa de supprimer, il n’y avait rien. Ces mails-là l’énervaient au plus haut point. Et dire que chaque année c’était la même chose ! Pourquoi fallait-il que tout et tout le monde lui rappelle qu’elle était célibataire ? Comme si c’était essentiel de finir sa vie en couple ! Alors que finir sa vie tout court était la seule chose importante pour elle ici-bas.

La seule carte qu’elle avait reçue depuis que cette stupide fête était en mesure de l’intéresser, c’était celle de son voisin de classe en cinquième, un crétin boutonneux qui croyait que les petits chats avec des nœuds roses la feraient forcément fondre. Or Violette n’aimait pas les nœuds roses, les petits cœurs et le chocolat. Elle n’aimait pas grand’chose en fait, et le seul chat qu’elle supportait, c’était le sien, un vieux matou noir avec un sale caractère qui s’appelait Edgar, et lui rapportait plutôt des oiseaux morts que des petits cœurs en sucre.

Cela faisait maintenant deux ans qu’elle travaillait dans cette bibliothèque et chaque jour elle détestait son métier encore plus. Au début, elle avait cru qu’elle parlerait littérature avec ses lecteurs. Ça n’avait jamais été le cas, parce que la seule chose sur laquelle elle les renseignait, c’était la direction des toilettes. Elle soupira et regarda par la fenêtre les nuages gris qui s’étiraient sur le ciel bas et lourd d’Allancourt. Dans un quart d’heure, tout au plus, la nuit serait tombée et la journée s’achèverait comme elle avait commencée : dans l’ennui, la brume et la dépression la plus totale.

            Un bruit de plastique la sortit de ses noires pensées.

— Regarde-moi ça, cria un jeune homme en entrant dans la pièce et sortant une chemise rose tout juste achetée de son sac d’emballage. Je l’ai eue à -70%, la classe non? Violette avisa la chemise à laquelle pendait un paquet d’étiquettes rouges, et fit une grimace.

— Tu peux pas être plus discret? Clarence lui lança un éclatant sourire, qui trancha sur sa peau noire, à la manière du chat de Cheshire, et regarda à la ronde. Il n’y avait que deux personnes sur la longue rangée d’ordinateurs, et elles n’avaient pas bougé à la vue de sa splendide chemise.

— Qui tu veux que ça dérange? Ceux-là sont trop absorbés à mater des filles sur facebook. Et lui collant sa chemise sous le nez: alors?

— Une horreur. Le sourire de Clarence disparut aussi vite qu’il était apparu.

— Tu crois?

— C’est pour la fille de 15h? Clarence acquiesça.

— Une blonde pareille n’est pas du genre à considérer comme toi les chemises roses comme le summum du fashion et de la virilité. Mets du noir, bon sang, c’est classe et t’es sûr de pas faire d’impair.

— Pour qu’on me voit plus ? Violette esquissa un sourire.

— Bon, du blanc alors. Elle frissonna. Clarence retrouva sa bonne humeur et rangea sa chemise rose dans son sac.

— Et toi les amours, comment ça va ? Violette leva les yeux au ciel. Clarence aimait l’emmerder, il savait pertinemment qu’elle détestait cette question, digne de l’interrogatoire d’une mamie gâteuse.

— Oh moi tu sais, j’en suis toujours au même point avec Marius, dit-elle en montrant derrière elle le portrait du premier conservateur des lieux, un vieil homme à l’air peu amène, portant  bacchantes blanches, gilet, lorgnons  et montre à gousset. Il est pas très causant.

— Si tu enlevais de ta tête ce panneau « Attention Violette méchante, ne pas toucher » peut-être  que… Violette l’interrompit :

— Hey ! Traite-moi de coincée aussi !

— Coincée, non ! Mais par contre… Violette lui donna un coup de poing à chaque insulte : cynique, désagréable, fausse rebelle, dépressive, fêlée, asociale, anarchiste et provocatrice, ça oui !

— Mais t’as fini ? Elle se rembrunit : et je suis pas dépressive. Clarence leva un sourcil sceptique :

— Autant que moi je suis diplômé en physique nucléaire. C’était une blague entre eux : Clarence était effectivement diplômé, et il n’avait jamais voulu dire comment il en était arrivé ici, en secteur jeunesse, à faire des animations déguisé en pirate pour les gamins de trois ans. Au fait, qu’est-ce qu’il devient, reprit-il, le pauvre type qui t’a laissé le cœur en miettes ?

— Ben, hésita Violette, il empoisonne les limbes de ce qui me reste de mon pauvre cerveau fêlé ? Il souffre atrocement dans la prison de souvenirs et de remords que j’ai construite pour lui ? Clarence éclata de rire, et chuchota en voyant les deux usagers se tourner vers eux, visiblement revenus à la vie :

— T’as le sens de la formule toi. T’aurais pas été poète maudit par hasard ? Que de points communs avec ce cher vieux Marius, décidément…

— Quand t’auras fini de dire des conneries tu pourrais peut-être me laisser bosser ?

— Bosser, quel grand mot ! Et dans une révérence, il quitta les lieux avec son sac plastique, sa bonne humeur et sa chemise rose.

            Les deux heures qui suivirent parurent encore plus longues à Violette, qui maintenant regrettait d’avoir fait partir Clarence, pensait à William, dont le souvenir douloureux avait été réactivé par sa question. Non, elle ne savait pas ce qu’il devenait, mais contrairement à ce qu’elle avait laissé entendre, elle ne s’en fichait pas du tout. Aux dernières nouvelles, il était en Californie, mais depuis, peut-être était-il revenu en France ? Est-ce qu’il pensait à elle, parfois ? Certainement pas autant qu’elle pensait à lui. En se levant brusquement de son bureau, elle tenta de chasser cette idée en alignant encore les livres avec le bord de l’étagère. On vint lui demander les toilettes quatre fois, elle consulta sa messagerie encore trois, puis elle chassa les deux scotchés de leurs ordinateurs, rangea le dernier chariot, et quitta le bâtiment.

Bordemarge, première annonce!

Et voilà, c’est officiel, Bordemarge paraîtra chez Castelmore en 2012!

On peut d’ors et déjà lire deux articles (en substance les mêmes) sur fantasy.fr et sur le blog de Castelmore!

Et j’ai créé une page facebook pour mon roman, sur laquelle je mettrai les news :)