papillon68.gif


Le Frisson des papillons

Introduction à l’Onyreïdée

 

 

            Il est un monde où tout ce qu’homme a pu un jour imaginer, concevoir, penser ou écrire existe.
C’est un monde où les idées prennent corps. Quand le premier écrivain a inventé le premier personnage, celui-ci est apparu dans ce monde : l’Onyreïdée.

Ce premier personnage, cette première histoire ont été rejoints par des milliers, une infinité d’autres qui les ont complétés depuis lors. Car une Idée est unique, elle prend juste différents aspects.

Psyché fur la première de ces idées. Comme elle obtint des ailes de papillon pour avoir triomphé des obstacles que lui avait tendus la jalouse Vénus, l’on peut dire que ce fut la première fée, et c’est sur ses ailes que les premières idées ont été données aux hommes.

Les idées de ce monde portent plusieurs noms. Elles s’appellent des Concepts, des Pensées, des Idées, Eidè, mais ce sont toujours la même chose. Pour les nommer, moi, j’utiliserai le mot Psychées, avec un E, car elles s’envolent comme des fées invisibles pour se poser sur nous. Après tout, on dit bien que quelqu’un qui trouve l’inspiration a été touché du doigt par une muse, alors pourquoi pas un papillon? Et les muses ne sont-elles pas des fées ?

Les Psychées sont depuis le début des temps humains de plus en plus nombreuses dans l’Onyreïdée. A force, elles éprouvent le besoin de ne plus se côtoyer les unes les autres. Alors elles redescendent vers les humains, et quand elles nous frôlent, leur frisson fait jaillir en nous leur essence. Nous nous retrouvons porteurs de leur âme, et voilà qu’une nouvelle idée jaillit.  

Vous comprenez donc pourquoi les idées ne sont jamais neuves. Une même fée peut toucher plusieurs personnes, et le plus souvent en même temps: à se dégourdir les ailes, elles font frissonner plusieurs humains, de leur grande envergure. Alors quand vous avez la sensation étrange d’avoir déjà lu un livre, vu un film, ou écouté une musique, c’est tout simplement la même psychée, mais qui s’est développé différemment selon la personnalité dans laquelle elle a été accueillie.
Certaines sont plus présentes que d’autres, et nous les appelons Clichés, ou Stéréotypes. D’autres se font discrètes, elles se nomment Originalité, Singularité ou Folie.

Mais aujourd’hui, les humains ont bien de la peine à faire naître de nouvelles Psychées. Elles sont  presque toutes sorties des têtes de nos ancêtres. Il semblerait que les frontières de l’Onyreïdée soient en train de se dessiner, et que ce monde qui potentiellement ne connaissait aucune limite, s’en créé. Je suis d’une génération sans imagination, qui se contente d’attendre le frisson des Psychées, au lieu de créer les siennes.

 

            Il arriva qu’une fée décide un jour de prendre forme humaine, de s’incarner dans un être. Les frôler de ses ailes était trop peu pour elle. Il lui fallait plus qu’un frisson. A la naissance de Violette, elle prit place, sans malice et sans façon, dans son imagination. Elle grandit avec elle, et la fit grandir. Pourquoi l’avait-elle choisie, elle ? Je n’en sais rien. Ce fut peut-être l’idée de porter le nom d’une toute petite fleur qui la charmait. Il faut dire que cette psychée-là était très romantique.

 

Violette Linzen était donc une fée, ce qu’elle ignora pendant fort longtemps. Et sans le savoir, elle pouvait lier ces deux mondes: l’Onyreïdée avec la réalité.