Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici sur vos écrans

” l’Homme de Sable “

Court-métrage fantastico-expressionniste

de moua

Avec la participation de

Falang (http://www.falang.deviantart.com),

Axel Goepfer ( http://les-clowns.blogspot.comhttp://loinetcesttresbien.blogspot.com) et

Nicolas Jeudy (http://www.myspace.com/eleonborgia)

 

 

Avant le film, tout a commencé d’un rêve. Et puis, ce rêve est devenu poème, que voici:

L’Homme de Sable

Chut, ne pleure pas, je t’en prie…
Elle contemple la lune haute dans le ciel, et l’enfant toujours crie
Elle imprime d’une main un balancement au berceau,
Tout en tenant sa plume bien haut. Elle ne veut pas s’endormir, mais elle n’arrive pas à écrire.
C’est ainsi tous les soirs. Quand enfin son enfant s’endort, il est déjà très tard.
Elle n’a plus que la force de se coucher dans son lit.
Elle résiste, refuse, ouvre les yeux bien grands,
Mais la nuit quand même dans ses bras la prend.
Elle s’enfonce alors dans ses draps et dans la poix noire de son sommeil meurtri.
L’Homme Etoile entre par la fenêtre et se pose, léger, sur son lit.
Le tic-tac mécanique de toutes les montres qu’il porte à sa ceinture s’enhardit, puis faiblit.
Une étrange lueur bleutée émane de lui.
Il caresse son front, repousse une jolie mèche noire et perçoit ses rêves.
Ce ne sont que corps mutilés, cadavres, cris, espoirs déchirés, sans aucune trêve. Il recule de frayeur.
Cela lui fait peur, même à lui qui a tout vu pourtant à cette heure
La violence de ses pensées est cruelle,
Elle ressemble à l’assaut de mille soldats sur une citadelle.
Il endort l’enfant sans peine, mais pour sa mère il ne peut rien.
C’est une adulte, elle n’est plus sensée être dans le besoin.
Elle ne doit pas, elle n’a pas le droit d’avoir ses soins.
Mais le lendemain soir, l’Homme de Sable revient.
Pour endormir l’enfant, mais pour sa mère aussi
Il a décidé de braver les lois de son monde, de soigner ses cauchemars, Même si de lui il ne doit être plus rien,
Et pour qu’ils s’envolent, de leur ouvrir une porte. Il a prévu pour ce faire tout un attirail de poudres.
Il y en a des dizaines, il y en a de toutes sortes
Poudres d’étoiles ou de sable de lune éblouissantes,
Poudres scintillantes, changeantes, poudres
Comme un grain de poussière dansant dans le soleil
Délicats pollens, à de légers flocons de neige pareils.
Il s’approche de la jeune femme et l’observe un instant.
Quelque part, au fond de son être, un tic-tac sonne.
Est-ce le tic-tac de toutes ses montres qui de nouveau résonne? Non, c’est bien différent, et c’est bien meilleur aussi.
Il souffle sur elle ses poudres délicates, Il essaye sur elle tous ses sortilèges, toute sa magie,
Et sa jolie tête s’apaise, ses cils cessent de battre. Pour ce soir, il a réussi.
Et chaque soir l’Homme de Sable revient par la fenêtre,
Pour endormir l’enfant, mais pour la mère aussi. Et chaque soir il voit un cauchemar s’envoler et disparaître.
Chaque soir il sent battre un peu plus fort le tic-tac dans sa poitrine
Chaque soir il apaise la jeune femme de ses mains,
Et chaque soir il devient un peu plus humain.
Le dernier soir, l’homme de sable a vaincu les peurs de la jeune femme.
Il a détruit ses cauchemars, repoussé ses chimères, vaincu ses monstres noirs
Le dernier soir, la jeune femme ouvre les yeux et le voit
Or jamais aucun humain ne l’a vu jusque-là…
Le dernier soir devient le premier jour
Le premier jour où l’homme de sable connaît l’amour…

Voici l’interview de Falang, l’une des principales actrices (en réalité la seule, l’autre étant en plastique) de ce film!

- Bonjour Falang, vous venez de tourner dans “l’Homme de Sable”. Est-ce votre première apparition sur le grand écran?

Pas exactement, ayant déjà fait les figurantes dans un long métrage japonais, adapté du manga Nodame Cantabile, et qui fit un détour sur Paris pour y tourner quelques scènes de concert classique fin 2009… J’ignore si la chose sera jamais visible dans nos contrées, mais ce fut une expérience amusante, notamment de voir comment fonctionne la direction du figuration de groupe… sans compter qu’entendre hurler en japonais et à applaudir un orchestre en playback toute la sainte journée, c’est quelque chose ! ^^

Concernant “L’Homme de Sable”, il s’agit en revanche de ma première expérience (non théâtrale) en tant qu’actrice… soit filmée en gros plan, et non perdue dans une foule… J’espère que vous ne trouverez pas que mon jeu frôle le talent d’un tubercule…

Mais non enfin, je suis sûre que vous avez plus de charisme qu’un tubercule… Alors, qu’avez-vous pensé de cette première expérience?

C’était très exaltant ! Cela m’a procuré un plaisir inouï, avec la satisfaction de se sentir incroyablement motivée et enthousiaste ! D’autant que j’étais entourée de gens de talent, infiniment sympathiques ! On a d’ailleurs finalement tourné à vitesse grand V, tant l’entente était cordiale et entraînante !

La renouvelleriez-vous?

Avec grand plaisir, je dis oui ! Quand vous voulez : aujourd’hui, demain… C’est à la fois amusant et instructif ! Et puis cela donne envie de surpasser et d’explorer de nouveaux horizons… J’ai ainsi entendu parler d’un projet ambitieux de film d’horreur impliquant des poupées, qui feront passer Chucky pour un enfant de choeur… Mais je ne peux malheureusement pas vous donner plus de détails, car tout dépend de notre géniale réalisatrice Orfée, qui garde soigneusement ses idées comme autant de petits bijoux dans un coffre, aimant ménager le suspens. ^^

Comment s’est passé le tournage?

Comme je disais, très très bien. La réalisatrice savait où elle allait et ce qu’elle faisait, tout en conservant cette part d’imagination intuitive, qui laissait le champ libre à l’improvisation. Alex et moi-même pouvions faire des suggestions et discuter avec elle de nos scènes. Le tout donc dans une entente parfaite, très détendante. J’avais personnellement une certaine appréhension à l’idée de participer à un projet d’une telle ampleur, mais tout s’est fait le plus simplement du monde.

J’ai vu que vous aviez créé les affiches pour l’Homme de Sable, pouvez-vous nous parler de votre travail et de vos influences?

C’est un style que je développe depuis quelques années maintenant et auquel j’ai réussi, depuis un an environ, à donner une forme qui me convient. J’aime l’utilisation de l’encre de Chine pour créer une opposition noir / blanc nette, sans nuance d’aucune sorte. C’est un genre qui m’est venu en regardant Fred Astaire et Ginger Rogers danser ensemble dans les films des années 30, où la mise en scène jouait sur une opposition tranchée entre le noir des fracs et le blanc des robes.

Sinon, dans le tracé des lignes, je m’inspire directement de trois influences : l’Art Déco, l’Art Nouveau et l’Expressionnisme Allemand, ce dernier ayant eu une grande influence dans mes goûts cinéphiles.

Enfin, avant de nous quittez, quelque mots pour nous donner envie d’aller voir le film?

“Quand la poésie et la tendresse s’unissent

Au front des veuves, deuil et chagrin s’affadissent

Pleurs suffoqués deviennent des rires en grelot

Et au cœur de l’hiver, Amour redevient beau

Laissez-vous envoûter par cet Homme de Sable

Seigneur de la Nuit, Enchanteur des plus aimables

Devant lequel les cauchemars ne durent pas

Les étouffant dans l’âme, un baiser pour combat”

 

Et bien, pour quelques mots, c’est un très beau poème! Merci Falang!

 

Et voici l’interview de la réalisatrice. Commentaire de l’intéressée : “N’importe quoi, ces questions !” ^^+

- Bonjour Orfée. Tout d’abord, parlez-nous des origines d’un tel projet.

I had a dream, a dream who… (non, sans rire, je vais parler en français^^) L’homme de sable m’est effectivement apparu dans un rêve. J’ai eu la vision de cet être merveilleux qui s’occupait, dans les années 40, d’une mère et de sa fille. Dans mon rêve, l’homme de sable était bleu translucide et l’enfant avait quatre ans, mais ce sont deux choses qu je n’ai pas réussi à refaire On ne trouve pas facilement sous la main une petite fille de quatre ans qui joue la comédie Ensuite, ce rêve, je l’ai retranscris dans un dessin, puis dans un poème, et enfin dans un scénario, que j’ai réussi, je l’espère, à porter à l’écran avec le plus de fidélité possible par rapport à ce que j’avais en tête.

- Votre univers est particulièrement poétique. Quelles sont vos influences ?

Pour ce film-là, ce sont donc mes rêves, en grande partie, qui en sont à l’origine. C’est d’ailleurs pour cela que l’image est bleue dans le film. Ensuite, le cinéma expressionniste, les sketchs de Buster Keaton, et bien sûr, les films de Burton avec lesquels j’ai grandi! Je ne prétends pas les égaler, loin de là, mais je pense que mes spectateurs y verront quelques clin d’oeils

- C’est la première fois que vous tournez un film sans être devant la caméra. Cela ne vous a-t-il pas manqué ? Et que pouvez-vous nous dire de votre travail de réalisatrice ?

Ah, non, ça ne m’a pas manqué du tout, au contraire! Si j’ai jusque-là j’ai tourné toute seule, c’est juste que je ne pouvais pas faire autrement! Mais si à l’avenir je peux éviter de montrer à tous ma sale tronche et mon jeu qui, pour le coup, est l’égale de celui d’un tubercule, je ne vais pas me priver! C’était vraiment une expérience géniale, tellement plus libre que les précédentes (c’est vrai quoi, pour une fois j’ai pu faire autre chose que des plans fixes ! Bon, c’est vrai que pour ce premier film, je suis un peu l’Ed Wood du XXIème siècle, parce que j’avais tendance à crier “parfait, c’est génial!” à tout bout de champ, et que la moitié des prises ont été faites en une fois

Je me rends compte aussi que c’est la première fois que je tourne un film qui ne soit pas comique, et c’est bien plus dur à faire, que de montrer ses émotions sans les enrober d’ironie. Dans celui-ci, je ne me cache pas sous l’humour. Si c’est nul, je ne pourrais pas dire: “C’était fait exprès voyons!”

- Renouvelleriez-vous cette expérience de diriger d’autres acteurs ?

Ah oui alors, et je ne vais pas me priver! Je veux en faire mon métier, c’est clûr, et je vais me donner les moyens pour! Et même si vous trouvez ça complètement nul ce que je fait, je m’en fiche, maintenant, je sais que je ne pourrais plus vivre sans…

- Quels projets vous tiennent à coeur actuellement ? Prévoyez-vous un nouveau film ?

Actuellement, j’ai prévu de reprendre mes études, dans le cinéma justement! Alors mes projets (j’en ai des milliers), je les laisse tous par écrit, car d’ici octobre prochain, je ne crois pas que j’aurais le temps de m’y remettre… Par contre, j’ai découvert que j’adorais travailler en collaboration: c’est l’émotion la plus géniale du monde que de voir ses rêves prendre corps; alors si d’aucuns parmi vous aiment mon travail et veulent que nous montions des projets ensemble, qu’ils se manifestent! (Dans la limite d’un volontariat bien sûr, je ne suis pas encore Burton pour vous payer

- Votre film sera présenté à Cannes par la magnifique Isabelle Adjani. Que ressentez-vous ?

Je suis circonspecte… je ne savais pas que les drogues dures étaient autorisées dans le journalisme, Mademoiselle. En plus de cela, Adjani, elle est finie. je vais bientôt la remplacer!

- Enfin, quelques mots pour décrire votre film.

Puisque ma charmante actrice a fait dans la poésie, je ne vais pas suivre ses traces

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Fermez vos sens à votre extérieur et ne faites plus fonctionner que vos sentiments les plus profonds. Imaginez un masse nuageuse, et faites en sortir le corps le plus parfait: posez-y le premier sourire de vos souvenirs, le premier regard brillant, le premier éclat de rire, les traits les plus doux, les ailes les plus délicates, et enfin, donnez lui votre voix intérieure: me voici ! je suis votre Imagination. Posez moi sur votre épaule, approchez moi de votre oreille et laissez-moi là le temps d’une histoire :

Il était une fois, il n’y a pas très longtemps, une jeune femme, et son enfant …

 

Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, voici en exclusivité… l’interview exclusivement exclusive d’Axel Goepfer, qui interprète avec brio l’homme de Sable qui donne son nom au film! (Et oui, le meilleur pour la fin!)

Bonjour Axel. Tout d’abord, parlez-nous de votre rôle, vous jouez… un marchand de sable??.

Bonjour à vous. Oui c’est ça un marchand de sable. Tout le monde connaît ce personnage depuis “Bonne nuit les petits”. Alors ici, nous avons voulu revisiter le mythe et insister sur le côté marchand. Mon personnage est un opportuniste fini qui raquette les enfants insomniaques pleurant dans leur lits. Plus actuel, quoi.

Il apparaît que ce n’est pas la première expérience de ce genre à laquelle vous participez, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours?

Oui c’est vrai. J’ai moi-même beaucoup raquetté étant plus jeune. Seul, ou en bande. J’ai toujours aimé ça.

Que pouvez-vous nous dire du tournage?

Le riz cantonnais était dégueulasse!

Vous êtes ici sur un forum consacré à Tim Burton, avez-vous des liens particuliers avec ce réalisateur? (Vous pouvez répondre non, on ne vous lynchera pas)?

Un peu. Mais je voudrais utiliser cet espace de parole pour dire que moi aussi j’ai été abusé par Polanski. Affreusement. J’ai cru que c’était un grand cinéaste et puis j’ai vu son dernier film. Un dégoût.

Enfin, quelques mots pour nous donner envie de voir ce film?

Vous n’avez rien de mieux à faire, ne mentez pas.

Avez-vous des choses à rajouter?

Enfin une vraie question! Un peu de sérieux.

Alors.

Merci à Emmanuelle d’avoir fait ce court. Vu sa joie à le faire, ça ne peut être que réussi. Je lui souhaite d’en faire beaucoup, avec le même plaisir de partager ses rêves.

Merci à Falang d’avoir joué le jeu. Le visionnage rendra évident qu’elle sait jouer, en dépit de ses craintes. Et bravo pour les affiches, elles sont sensationnelles! Les dessins sortent du papier.

Merci à tous ceux qui rêvent en cadrage et pellicules, ne vous arrêtez pas. Je vous donne rendez-vous dans les arts.

 

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, La bande-Annonce!

Et enfin, le 5 août 2010, L’Homme de Sable sort enfin sur vos écrans!